Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d’un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu’ils se croient à l’abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d’un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d’embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp.
Leur martyre ne fait que commencer...
Quatrième de couverture par J’ai Lu.
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« – Je te tuerai, murmura Helbrand d’une voix blanche.
– Tu essaieras sans doute tôt ou tard…
– Non… Je ne suis pas de ceux qui essaient. Je te tuerai, je te le jure. »
P. 319
Après le succès du one-shot Druide, Oliver Peru se lance dans sa première saga : Martyrs.
Bien que Druide remplissait toutes ses fonctions, j’avais été triste de savoir que je ne remettrai plus les pieds dans La Forêt d’Obrigan et ses collègues. Mais quand on commence Martyrs, c’est le monde de Palerkan qui ouvre ses bras : un pays vaste, des cantons nombreux, une farandole de personnages… le décor est planté pour plusieurs tomes.
Je ne connais pas la différence entre l’édition "grand format" (que j’ai) et le format poche. La carte est dans la couverture avec un petit rabat, le format poche doit proposer la carte sans couleurs et imprimée sur une "simple" page, je suppose ?

Plusieurs détails m’ont plu : les cartes de tarot qui sont illustrées par Peru lui-même et qui ont un vrai rôle dans le roman (loin des photos-décorations de Miss Peregrine et les Enfants Particuliers), le lien fraternel entre Irmine et Helbrand, la présence des fantômes encore bien mystérieuse, la tradition qui devient une malédiction pour la famille Yrassen…
Il n’y a que la romance entre Irmine et Kassis qui n’arrive pas vraiment à me faire rêver, à voir comment tout ça va évoluer. Par contre, là où j’ai de suite accroché, c’est pour le lien entre Akinessa la Main Douce et Opimer le Fauconnier, bien plus intéressant à mes yeux et j’ai hâte de voir ce qu’il deviendra par la suite !
Mais d’autres personnages éveillent l’intérêt : je pense au roi Karmalys surtout, tout en complexité et originalité, Helbrand, les Arsekers encore bien mystérieux… Martyrs propose une galerie riche.

Peru m’a donc mis au défi : le portrait d’un de ses personnages préférés et je devais deviner avec ma lecture.
Je suis ravie de voir qu’il aime le roi Karmalys : est-ce que cela implique qu’il aura une place de choix jusqu’au bout ? Sauf si Oliver Peru est le petit-fils de George R. R. Martin.
Et puis j’ai tenu mon "engagement" auprès de Peru : j’avais dit que je le lirai dans mes montagnes et j’ai emporté ce tome dans ma valise pour pouvoir le lire dans une forteresse naturelle. Je me sentais plus libre de Kassis, quand même… Un contexte qui a aidé à me plonger dans le récit, mais ceci dit, les décors ne sont pourtant pas souvent décrits dans Martyrs, les descriptions en général sont plutôt discrètes en fait ! Contrairement à Balzac, Peru ne fait pas de playlist de tout ce qu’il voit pour ambiancer votre vision du monde.
Oliver Peru réserve davantage de place pour la trame– Enfin, les trames, les intrigues de Martyrs et elles sont nombreuses ! Surnaturelles, politiques, affectives… En principe, il y en a pour tous les goûts. Certes, certains éléments se devinent plus ou moins facilement, mais ça ne gâche pas le plaisir pour autant.
Les deux membres de la royauté connus. Deux personnages que j’adore et que je suivrai avec plaisir.
Bref, un très, très bon tome de Fantasy où j’ai aimé tous les ingrédients et il est probable qu’il séduise les amateurs du genre quand l’action s’invite et tissé sur des trames intelligentes. Une histoire prometteuse pour la suite !
Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Toutes les illustrations, couverture incluse, sont de la main d’Oliver Peru.
• Il est possible de lire le premier chapitre ici.