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mardi 4 décembre 2012

Journal d'un Ange, de Pierre Corbucci,

On raconte beaucoup de choses sur le Paradis, mais rarement quel divin panier de crabes il abrite. Les archanges se tirent dans les pattes, se jalousent, et la situation économique est telle qu'on envisage de revendre le Purgatoire aux Enfers. Alors, quand des anges gardiens commencent à disparaitre en série, le Ciel s'assombrit au-dessus d'Eriel, ange inquisiteur chargé de l'enquête.
Mais retrouver des anges gardiens perdus dans la nature humaine en pleine Coupe du monde de football s'avèrera bien plus difficile que de faire passer un chameau par le chas d'une aiguille.
Quatrième de couverture par Folio, SF.
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Une lecture qui me faisait de l’œil plus grâce à sa couverture qu’à son titre. Il faut reconnaître que, des histoires d’anges, il y en a déjà un petit paquet. Pourtant, on est très loin de La Cité des Anges et autres œuvres auréolées de pureté.

C’est le principal atout de cette nouvelle selon moi : cette réécriture sympathique du Paradis. On dira que, calquer la vie quotidienne humaine sur l’organisation du Paradis, il y a mieux avant de crier au génie. Cependant, Pierre Corbucci s’en tire bien en créant toute une organisation envenimée même chez les messagers de Dieu, recyclant la hiérarchie existant dans la Kabbale et tout ce qui touche à l’Angélologie. Ce qui donne des personnages donc intéressants dans un décor qu’on découvre et avec lequel on doit se familiariser (j’ai fait pas mal d’allers-retours avec le lexique en fin de livre pour me remémorer tous les cercles avec leur chef et couleur) : de l’innovation par rapport aux œuvres angéliques connues.

Si le décor est bien installé avec des éléments intéressants, l’enquête est le point qui m’intéressait le plus dans Journal d’un Ange. Et là, j’avoue que j’ai été assez déçue… Le principe partait très bien mais je trouve le roman trop court, trop brouillon et la conclusion ne m’a pas tellement convaincue. Je ne veux pas en dévoiler, mais l’idée de départ, qui touche à la condition des anges, était très intéressante. Mais pas assez creusée…
J’ai aussi eu du mal à rentrer dans le récit au début à cause du style de l’auteur que je trouvais un peu particulier. Le roman est malheureusement si court que, à peine je m’y suis habituée que le récit était déjà fini.
Donc deux points qui ont pas mal gâché l’ensemble du décor, ce qui est affreusement dommage car ma lecture partait très bien.

Cela dit, si Pierre Corbucci écrit un autre livre à propos des anges (même avec le personnage Eriel que j’ai apprécié mine de rien), un peu plus long, je pense que je me laisserai tenter.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Eriel est un ange inventé, contrairement à Kamael (dit aussi Camael, voire Kemuel), Cassiel, etc. Bien évidemment, Gabriel, Michael, Lucifer et compagnie sont des anges qui existent aussi dans la Bible.
• L’image qui orne la couverture est un autoportrait du dessinateur Bastien Lecouffe-Deharme (moi qui trouvais des ressemblances avec le chanteur Voltaire…).

Les illustrations de Bastien Lecouffe-Deharme connaissent un certain succès avec Folio.

mardi 24 juillet 2012

L'Heure de l'Ange, d'Anne Rice,


Lucky, Toby ou encore Tommy… son nom importe peu. L’important, c’est sa discrétion, son professionnalisme, sa compétence à exécuter froidement les cibles qu’on lui désigne. Après un contrat particulièrement éprouvant, Lucky est abordé par un mystérieux inconnu, un certain Malchiah. Ce Malchiah sait tout de lui, dispose de pouvoirs stupéfiants, et prétend être son ange gardien. Il lui offre de racheter ses crimes en sauvant des vies plutôt que de les prendre, et d’aider une famille juive au Moyen Âge accusée de meurtres rituels.
Est-ce un ange, un rêve ou un cauchemar ?
Quatrième de couverture par Michel Lafon
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C’est avec honnêteté que j’avoue ici qu’il s’agit de mon premier Anne Rice. Après, je ne me suis jamais targuée d’être sa plus fidèle fan alors que je n’ai que vu le film Entretien avec un Vampire. Mais c’est un détail qui n’est pas négligeable car je ne comparerai donc pas l’Heure de l’Ange aux autres travaux d’Anne Rice, sachant qu’une grande majorité des fans d’Anne Rice ont accueilli ce livre froidement car finis les bains de sang, la volupté des vampires et les danses endiablées des démons et des sorcières, Anne Rice s’est rangée dans la religion et touche à une branche du surnaturel plus lumineuse.

Maintenant, concernant ma première impression donc concernant Anne Rice. J'ai lu des critiques sur sa plume et elles ne m’ont pas menti, Anne Rice a une façon de s’exprimer très riche et très baroque, avec des détails à foison et des métaphores récurrentes. Ça ne m’a pas dérangé, loin de là. J’ai beaucoup aimé les descriptions d’Églises et la sensation très sereine que le bouquin dégage. Pour dire, j’allais souvent lire quelques pages dans une Église pour m’imprégner de l’univers et c’était particulièrement efficace.
Donc l’univers, selon moi, rien à redire… En tous cas, au début.

Ce qu'on a l'impression de voir 80% du roman.

Je n’irai pas comme certains lecteurs à dire que le roman est bourré de moralité et de propagande comme « Sois bon et le Seigneur te le rendras », j’ai pas eu l’impression de cette naïveté dans le roman. Par contre, j’ai eu la nette impression d’un vide. De la part des anges, de la part des personnages. Bref, si au début c’était supportable et que ça offrait un air mystérieux, cette impression trop lisse, trop parfaite donne au final un roman très plat, très stagne. Un peu comme le premier de la classe qui a tout le temps les cheveux plaqués avec du gel et sa cravate impec’, ça cache un truc, vous voulez le découvrir… Mais en fait ça cache strictement rien.

Donc sans connaître les œuvres d’Anne Rice, je m’attendais à une part sombre, genre la morale du Ying et le Yang, que tous les anges ne sont pas si gentils, que des démons vont débarquer et faire douter Toby. Mais au final, rien. Même les anges disparaissent. Un peu frustrée donc.
N’étant pas très fan des voyages temporels (sauf quand c’est à bord d’un TARDIS, ça chance la donne), le prétendus voyages intergalactiques/paradisiaques m’ont un peu fait grincer des dents et le charme était rompu. Surtout que l’ambiance historique du Moyen-âge n’a pas réussi à me happer, je n’ai pas été fascinée par ces vieilles villes meurtries avec des habitants violents et perdus. Sans compter que la mission manque cruellement d’action, de rythme… Et qu’on le prend pour une besogne sans suite…

Ce premier tome démarrait donc dans un enchantement divin (superbe jeu de mots, je m’applaudis moi-même), j’étais aux anges (aller, applaudissez encore) mais finalement, l’Heure de l’Ange avait un effet un peu soufflet. Après, sans avoir l’impression d’avoir une secte à ma porte qui essaye de me vendre leurs livres, la morale n’est pas un truc aussi lourd que laissent entendre les fans, c’est plus l’aspect trop saint, trop docile qui m’a dérangé. Après, le roman est court et Anne Rice réserve peut-être ses idées pour la suite ?

La version poche de l'Heure de L'Ange, par J'ai Lu.
Vous m'expliquerez la présence de la femme alors que Malchiah ressemble bien à un homme... ?

Par chance, j’avais le tome 2 sous le coude. Je ne veux pas mélanger deux chroniques en même temps mais comme j’ai abandonné cette seconde lecture au bout d’une trentaine de pages, dur de faire une chronique. Disons que le gamin avec son iPhone m’a fait cracher mes yeux (je ne supporte pas les iPhone surtout chez les jeunes gamins de 10 ans…) et l’effet lissage bien propret s’est tout d’un coup alourdi au possible, genre Famille Parfaite. 
Donc je demande à tous ceux qui ont terminé le tome… Est-ce que cette sensation dure ou tout n’est qu’un leurre et la vie/rédemption de Toby ne saura pas aussi facile que ça en a l’air ?
Parce que pour mon cas, le charme s’est très vite envolé et si je lis un autre Anne Rice, ce sera pour sa plume et par curiosité pour ses travaux antérieurs.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Malchiah, le nom de l'ange gardien de Toby, serait inspiré du nom hébreu apparaissant dans la Bible Malchijah. Mais Malchijah est un nom attribué à des personnes et ne correspond à aucun nom d'ange connu dans l'angélologie ou la kabbale. Est-ce que cela en révèlerait un peu plus sur le singulier personnage ? On croise les doigts.
• Le roman a été bien souvent critiquée par les fan d’Anne Rice qui ressortent la triste citation de C’était mieux avant. Anne Rice aurait fini d’écrire sur les vampires et les monstres qui ont bâti sa popularité pour s’adonner désormais à la religion apparemment.