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vendredi 30 mars 2018

La Reine Margot, d'Alexandre Dumas,

Des «  noces vermeilles  » de Marguerite de Valois et Henri de Navarre, prélude au massacre des protestants, à la mort de Charles IX baignant dans une rosée de sang, les deux années qui s’écoulent comptent parmi les plus cruelles de l’histoire de France. Guerres civiles de religion, luttes d’influence au sein de la famille royale, complots et assassinats politiques forment la trame sombre sur laquelle se détache la figure de Margot. Beauté incomparable, dame galante, cette fille de France est aussi une femme de lettres doublée d’une redoutable politique ; Marguerite est avant tout une Valois, fille de roi, sœur de roi, femme de roi. Et le brave La Mole, ce jeune gentilhomme protestant réfugié dans l’alcôve royale pour échapper à ses assassins la nuit de la Saint-Barthélemy, sait que l’amour qu’il voue à cette perle le précipitera au cœur d’intrigues de pouvoir où la vie d’un homme n’a guère de poids.
Quatrième de couverture depuis LivrAddict.
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Aussi connu que Victor Hugo ou Molière, Alexandre Dumas a atteint l’immortalité grâce à son comte de Monte-Cristo ou ses trois (en fait quatre) mousquetaires. Ceci dit, le succès vient selon moi de des intrigues à rebondissements que de la plume-même de cet auteur. J’ai toujours regretté ce manque de poésie malgré quelques éclairs de génie et des dialogues amusants, mais les romans d’Alexandre Dumas ne me marquent pas comme ceux d’Hugo ou de Zola.
Toutefois, La Reine Margot reste une bonne lecture !


Véritable ancêtre des romans d’aventures historiques que l’on peut emporter à la plage, Alexandre Dumas dresse un décor dans un Paris rongé par la méfiance, tendu par les rivalités religieuses. Et sur cette scène austère, que des acteurs connus ! Enfin, connus : ils ont tous une page Wikipédia en tout cas, au même titre que Charlize Théron, Tom Cruise ou Natalie Portman, donc ça compte. De vrais people du XVIème siècle.
Dumas alimente la légende noire qui entoure Catherine de Médicis, offre des allures d’amour courtois à la liaison qui aurait uni la reine Margot et de La Mole (historiquement parlant, il aurait été également l’amant de François de France, dernier fils de Catherine de Médicis, mais pas l’ombre d’une allusion dans le roman... tant pis), explique le comportement ambigu de Charles IX... Les dimensions historiques sont donc totalement exploitées.
Il vaut mieux posséder quelques notions pour pouvoir situer tout ce beau monde, mais dans le fond, lire La Reine Margot, c’est comme regarder un épisode de Secrets d’Histoire : le côté romanesque est mis en avant et Dumas ne perd pas son lecteur dans des détails trop pointus. Il ne manque que la présence de Stéphane Bern, mais vous pouvez toujours le consulter si vous avez oublié jusqu'à la date du massacre de la Saint-Barthélemy.

Ce jour fatidique, parlons-en : j’ai été surprise qu’il soit à peine traité, arrivant dès le début du roman et étant vécu d’assez loin. Ce sont surtout les répercussions que le lecteur découvre, bien que cela n’empêche pas les scènes sanglantes qui possèdent un côté kitsch, mêlant violence et érotisme. Personnellement, j’adhère car c’est totalement assumé et bien représenté !

Un matin devant la porte du Louvre (1880), d’Edouard Debat-Ponsan
«  Il apparut enfin dans la rue, soutenant d'un bras sa maîtresse, à moitié nue et presque évanouie, et tenant un poignard entre ses dents. Son épée, flamboyante par le mouvement de rotation qu'il lui imprimait, traçait des cercles blancs ou rouges, selon que la lune en argentait la lame ou qu'un flambeau en faisait reluire l'humidité sanglante  »
P. 161, tome 1

Un classique qui ne posera aucun problème d’indigestion, régalant avec son esprit romanesque, avide d’aventures qui pousse les pages à défiler rapidement. Si vous aimez Dumas, il frappera à coup sûr. Si vous voulez découvrir ce colosse de la littérature française, cette version de l’histoire de la reine Margot est un bon choix, reprenant tous les codes qui font le succès de Dumas.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Ma Reine Margot a été publié en feuilleton juste après Les Trois Mousquetaires en 1844 : depuis ces œuvres, le cardinal de Richelieu et Catherine de Médicis ont une image très romancée mais tenace. Le premier, manipulateur hors-pair et glacial, la seconde, mère redoutable et adepte du poison. Les clichés que l’on connaît aujourd’hui ont été alimentés avec les livres de Dumas.

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(mon édition n’existe plus qu’en occasion sur des brocantes, je vous propose donc la version du Livre de Poche en un tome)
 

vendredi 2 mars 2018

Moby Dick, d'Herman Melville,

Moby Dick, c’est la monstrueuse baleine blanche, l’incarnation du Mal, cette figure de l’obsession et du double qui, des profondeurs glacées, accompagne le capitaine Achab habitué en surface aux combats titanesques des océans. Moby Dick est ce chef-d’œuvre total que tout le monde peut lire comme le plus formidable des romans d’aventures ; la quête aussi d’une humanité embarquée de force à bord d’une histoire qui reste pour elle un mystère…
Quatrième de couverture par Libretto.
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« Je n’ai pas arrêté d’y penser depuis lors, et ce ha, ha ! est la dernière conclusion. Pourquoi ? Parce que le rire est la plus sage et la plus facile réponse à tout ce qu’il y a de bizarre. »
P. 292

Herman Melville a réussi un exploit : me faire aimer une histoire qui se passe en mer. Moi qui exècre la vie maritime, moi qui souffre de mal de mer même sur les gros paquebots, moi qui me lasse sur les plages, agacée par le monde et les envolées de sable, j’ai aimé Moby Dick !
(Je suis une fille de montagnes, en fait)
Malgré la grande part concernant la vie des marins et la faune maritime, Moby Dick est un roman au thème obscur et très intéressant.

Fishermen at sea, peint par William Turner
Je ne vais pas vous mentir : les nombreux chapitres qui racontent comment on extrait l’ambre gris des cachalots, les différences entre les différents cétacés, toutes les mentions de monstres marins dans la littérature, tous ces passages, je les ai lus en diagonale. Si ces chapitres vous semblent affreusement longs également, vous pouvez sauter quelques pages sans rougir et sans perdre le fil de l’histoire pour autant, pas d’inquiétude.
Et si vous persévérez, vous aurez peut-être la chance d’être happé par ce voyage malheureux qui amène un équipage, dirigé par un homme qui a soif de vengeance, à affronter un cachalot invincible et immense. Mais enfin, vous connaissez l’histoire.
Ce que vous ignorez peut-être, par contre, c’est que Moby Dick n’est pas qu’une réflexion de l’homme contre la nature ou Dieu : il n’y a pas que la haine d’Achab à l’encontre de Moby Dick, il y a bien plus de trames que cette rivalité légendaire. Le premier narrateur, Ismaël, s’amourache d’un cannibale Queequeg (si, si, une romance gay, magnifique au passage) et offre de jolis moments à propos d’amitié, les conflits entre membres de l’équipage montrent la dure vie menée par ces derniers…
Et allez savoir : en le lisant, vous trouverez peut-être d’autres thèmes qui m’ont échappé. Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un roman très vaste et les interprétations sont propres à chacun.

Malgré l’épaisseur intimidante, Moby Dick se lit très vite, cela grâce à une plume claire et fluide, bien que parfois trop instructive : Melville s’efforce de dresser un magnifique cadre où l’océan est tantôt tourmenté, tantôt paisible et triste… Et au risque de me répéter : même moi qui ne suis pas fascinée par la mer, l’ambiance a réussi à me charmer.

Dutch boats in a gale, peint par William Turner
Un sacré morceau mais qui mérite quand même qu’on s’y attarde : si vous êtes motivé, si vous aimez les classiques et si vous voulez compter dans vos lectures ce monstre ultra-connu, alors plongez dans Moby Dick.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Tous les détails et connaissances partagés par l’auteur sont-ils tirés d’ouvrages compulsés ? Peut-être, mais pas seulement : Herman Melville a eu une vie assez mouvementée et a pris la mer. Certains passages sont donc probablement inspirés de sa propre expérience.


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lundi 26 février 2018

La Sève et le Givre, de Léa Silhol,

Trois fois les Parques ont parlé : Finstern, Roi de la Cour de Dorcha, doit mourir. Seule la belle Angharad peut contrecarrer la mort de Finstern, ou la précipiter. Elle ignore son propre destin, et le prix à payer pour accomplir sa mission… Dans la funeste partie d’échecs qui s’engage entre les Cours d’Ombre et de Lumière, la Reine Blanche devra trouver sa voie.
Quatrième de couverture par Points.
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Siren III par American Ghoul/Daniel Vazquez
« Il tourna vers elle son visage pointu, aux yeux semblables à des lampes :
— Il va la tuer, dit-il platement.
— Oui, c’est son but. Mais il le fera lentement. Le plaisir, Osscair, c’est ce qui perd toujours les assassins.
Souriant ironiquement, le regard blême elle ajouta :
— C’est ce qui nous perd tous. »
P. 222

Si vous vivez en France, vous attendez aussi de pied ferme la vague de froid qui va arriver. Si vous n’aimez pas l’hiver, embellissez-le avec une lecture poétique : La Sève et le Givre vous donnera une autre vision des forêts glacées, des tapis de neige et des flocons qui valsent. Le roman de Léa Silhol vous montrera en plus que la ronde des saisons cache une lutte royale et romantique.

J’ai bien conscience que le genre ne plaira pas à n’importe quel public : seuls les lecteurs sensibles aux recueils de légendes trouveront pleinement leur bonheur, et c’est un genre particulier. Il faut se laisser porter, sans poser de questions : les métaphores sont nombreuses et les descriptions offrent des visions qui n’appartiendront jamais à la réalité.
Cette plume, comme un songe qui possède sa logique, s’accorde parfaitement à une histoire d’amour tragique, totalement féerique. Les entités de La Sève et le Givre rendraient jaloux les elfes du Seigneur des Anneaux tant elles sont gracieuses, mystérieuses et semblent totalement éternelles. Et fidèles à leurs origines : neutres, ne représentant ni le Bien, ni le Mal, ils vivent selon leurs règles personnelles et chacun possède son charme.

La Sève et le Givre, c’est l’héritage de la littérature médiévale et l’influence de la Fantasy : c’est un roman absolument unique et c’est bien dommage. Par chance, Léa Silhol n’a pas rangé sa plume et a conté d’autres histoires depuis, et je les chercherai !

Photographie par Samantha Primera
« La magnificence est leur seule règle et le Mal leur bon vouloir, ils passent au cœur du monde des mortels comme une épée de cristal – trop transparente et trop fine pour être perçue des hommes, elle ne trahit son passage que par les ravages laissés comme par inadvertance derrière elle. »
P. 55


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• À la fin du livre, un lexique permet de se retrouver entre les noms, les lieux et les termes directement tirés du folklore celte comme Tír-na-nÓg, Changelings ou encore Amadán. La définition qui suit le mot en gras est l’officielle, la définition qui suit le mot en italique est celle que Léa Silhol s’est appropriée. Ainsi, pour Ankoù, on a :
« Ankou (l’) : figure de la Mort dans le foklore breton Esprit du dernier défunt de l’année précédente.
Ankou (l’) : titre du Monarque de la Cinquième Cour en Ombre. »
P. 318


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samedi 17 février 2018

Chronique du règne de Charles IX, de Prosper Mérimée,

Que le lecteur ne s’y trompe pas : en dépit de son titre, ce livre n’a rien d’une austère chronique. En prenant pour sujet la Saint-Barthélemy et les guerres de Religion qui ensanglantèrent la France du XVIe siècle, Mérimée, au plus fort de la ferveur romantique pour Walter Scott, s’attache à déjouer les codes du roman historique. Souhaitez-vous un portrait de Charles IX ? Allez plutôt « voir son buste au musée d’Angoulême », rétorque l’auteur. Vous attendez-vous à ce qu’apparaisse la reine Margot ? Vous serez déçu : « elle était un peu indisposée, et gardait la chambre »… C’est Bernard de Mergy, un parfait anonyme, qui occupe le devant de la scène : ce jeune huguenot, amoureux d’une comtesse catholique prompte au prosélytisme, est aux prises avec son propre frère, qui s’est converti. Dans cette œuvre de jeunesse, qui est aussi son unique roman, Mérimée engage avec brio une réflexion sur cette question brûlante : comment les hommes en viennent-ils à s’entretuer monstrueusement ? Et nous offre une chronique d’un genre inédit – « un ouvrage plein d’esprit à la Voltaire », disait Stendhal.
Quatrième de couverture par GF Flammarion.
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J’ai toujours été fascinée par l’événement du massacre de la Saint-Barthélemy : le contexte religieux houleux, la période historique trouble, les antécédents et les aboutissants… Historique ou fantasmé, le 24 Août 1572 est un sujet riche et complexe.
Et dans cette fausse chronique qui n’a l’air de rien par un auteur plus nouvelliste que romancier, cette date fatale prend des allures d’un roman d’aventure à la Dumas : le drame s’associe à l’action, l’amour romanesque à l’opposition entre protestants et catholiques.
« […] [Satan] porte tout un arsenal : ce sont nos péchés, armes offensives et défensives à la fois. Il me semble le voir entrer en champ clos, la Gourmandise sur le ventre : voilà sa cuirasse ; la Paresse lui sert d’éperons ; à sa ceinture est la Luxure, c’est un estoc dangereux ; l’Envie est sa dague ; il porte l’Orgueil sur la tête comme un gendarme son armet ; il garde dans sa poche l’Avarice pour s’en servir au besoin ; et pour la Colère, avec les injures et tout ce qui s’ensuit, il les tient dans sa bouche : ce qui vous fait voir qu’il est armé jusqu’aux dents. »
P. 82

Arrestation de la huguenote (1875),
par Vassili Polenov
Là où Mérimée surprend, c’est dans sa façon de faire : il retire de son roman histoire des figures mythiques comme Catherine de Médicis, la reine Margot ou Charles IX. Sang royal ou pas, toute cette galerie se colle au décor, pas le moindre relief ne les rehausse, ils font partie d’un cadre qui accueille deux frères : le capitaine George, catholique, et Bernard de Mergy, protestant. Sur leur chemin, une bande de reîtres, un audacieux raffiné du nom de Comminges ou encore une magnifique Madame de Turgis à la fois sensuelle et pieuse.
Des rencontres qui promettent une lecture rythmée et des rebondissements romanesques. Ce qui est surprenant quand on pense que Mérimée était qualifié de plat par ses contemporains littéraires !

Mais ici, la plume de Mérimée sait se montrer comique tout en communiquant les émotions, préservant le précieux mystère de certains passages ambigus (si je parle d’un rendez-vous galant avec une espagnole masquée, les lecteurs sauront de quoi je parle) ou pimentant des événements forts avec deux protagonistes hauts en couleurs.
De plus, pas le temps de s’ennuyer car le roman est relativement court et se lit avec beaucoup de facilité.

Une très bonne surprise avec ce roman historique malheureusement éclipsé par des œuvres comme Notre-Dame de Paris ou Les Trois Mousquetaires et pourtant, Prosper Mérimée n’a pas à rougir de son texte.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Il s’agit de l’unique roman de Prosper Mérimée.

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mardi 13 février 2018

Une bonne âme, d'Audrey Perri,

Londres, 1899.
Florence Jones, jeune mère célibataire, décide de faire adopter sa fille Sélina, faute de pouvoir la garder auprès d'elle. Elle se tourne alors vers Mrs Hewetson, l'une de ces fermières de bébés qui pullulent dans la capitale et qui affirme pouvoir s'occuper de son enfant. Mais Florence ignore encore que cette femme, loin d'être la bonne âme qu'elle prétend être, est déjà impliquée dans la disparition de nombreux enfants...
Quatrième de couverture par Librinova.
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« Je t’ai pris du thé noir, je ne sais pas si tu aimes ? », « j’ai réservé nos vacances, on part à la montagne, j’espère que ça te fait plaisir ? », « je suis passé à la boulangerie, je ne savais plus si tu préférais l’oranais ou le croissant aux amandes, alors je t’ai pris les deux »… Y a ce genre de phrases où on ne peut que me faire plaisir, me décevoir tient vraiment de l’impossible.
Alors quand Librinova m’a envoyé le mail de confirmation pour mon achat d’Une Bonne Âme, j’ai lu « recevez cette histoire dans le Londres victorien inspiré d’un authentique fait-divers et avec des thèmes encore très actuels, on espère que vous passerez une bonne lecture », quand les ingrédients sont réunis, la recette ne peut que fonctionner.
Et Une Bonne Âme n’est même pas retombé comme un soufflet !

Certains se plaindront de la brièveté du roman et ce serait mentir que de dire qu’une trentaine de pages aurait été de trop, mais cette longueur s’accorde au sujet : l’histoire est courte et percutante, sans avoir besoin d’imiter un journaliste, Audrey Perri fait honneur au genre du fait divers en transmettant de vives émotions tout en se débarrassant des notions de bien et de mal.

Belle of the Village (1883) par Alice Mary Havers
« Elle se surprit à penser à sa fille et réalisa qu’elle aurait aimé profiter de cette si belle matinée pour se rendre sur sa tombe. Elle y aurait réchauffé son cœur, aurait déposé son bouquet sur la dalle grise, se serait recueillie sous un soleil clément, lui aurait promis un amour éternel puis se serait glissée sans regrets dans ce qu’elle considérait comme sa dernière chance d’être heureuse. Mais aucun au revoir n’était possible car Adella avait rejoint l’une de ces tombes anonymes auxquelles seuls les plus pauvres doivent se résigner. »
P. 90

La couverture signée
par Elaine Thiebaut
Pas de manichéisme ici : Une Bonne Âme réunit deux femmes, même trois je dirais, des mères confrontées à une société qui ne voit que le rôle sacré sans les difficultés. Ada Williams, Florence Jones et Lizzie Scott sont toutes les trois très différentes, mais toutes m’ont émue : parfaitement inscrites dans l’année 1899, s’accordant aux quartiers pauvres et désemparés, ces trois personnages sont particulièrement marquants. Et cela, grâce à une jolie plume et surtout, humaine : Une Bonne Âme est une réécriture intelligente qui explore tous les esprits, se penche sur tous les passés et toutes les destinées…
J’ai même aimé l’histoire d’amour, c’est dire : elle est pudique, discrète et apporte une touche de douceur dans cette histoire amère.
Un roman très réussi qui tient la moindre de ses promesses : l’histoire touche tout en entraînant son lecteur à la fin du XIXème siècle, abordant pourtant des thèmes actuels et qui parleront à des lecteurs du XXIème.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Ada Williams et Florence Jones sont deux femmes qui ont réellement existé, mais je vous invite à mener vos recherches qu’une fois le roman terminé.
• Je ne l’ai pas mentionné dans la critique car ce détail est secondaire dans Une Bonne Âme, mais Audrey Perri est la bloggeuse Cellardoor.

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ou sur Librinova

mercredi 31 janvier 2018

Dishonored,

Dishonored est un jeu d’action/infiltration immersif, dans lequel vous incarnez un assassin aux pouvoirs surnaturels poussé par un désir de vengeance. Éliminez vos cibles grâce à un système de combat dynamique permettant de combiner les innombrables pouvoirs surnaturels, armes et gadgets à votre disposition.
Résumé par Steam.
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Assassinat, évasion de prison, vengeance anonyme… Non, il ne s’agit pas d’une adaptation du Comte de Monte-Cristo mais des mésaventures du protecteur royal Corvo Attano. Accusé d’avoir assassiné l’impératrice, il est amené à laver son nom dans le sang ou avec magnanimité. Le choix appartient au joueur et l’avenir de Corvo et de l’Empire des Îles en dépendent.


Je dois avouer que si Dishonored est un classique du monde du jeu-vidéo, je m’y suis mise assez tardivement (comme d’habitude) et je n’arrivais vraiment pas à accrocher au début avec un premier détail : une pâte graphique étrange. Je ne suis pas rebutée par le visuel d’habitude (je recommence toujours avec plaisir Black Mirror qui est un point’n’click tchèque de 2003 quand même) mais Dishonored a du potentiel sans pouvoir l’exploiter. Dans cet univers qui donne dans le dieselpunk appauvri, on reconnaît un Londres où la Tamise aurait débordé sur la ville comme la mer Adriatique sur Venise : la société est divisée entre les nobles crapuleux et les pauvres infectés de miasmes, les complots sont courants et le bonheur semble inexistant. Bref, le cadre promet et la direction artistique a fait du bon boulot, malheureusement, la qualité graphique du jeu ne suit pas.
J’étais triste de ne pas retrouver la "beauté" de ces portraits tranchés et hachurés en parcourant les quartiers de Dunwall. Je n’ai pas oublié l’année de sortie du jeu, mais enfin, Oblivion a soufflé ses douze bougies également et il est presque plus beau tout en étant un open-world.


Puis en revenant au fur et à mesure, j’ai terminé le jeu en l’espace de quelques soirées avec beaucoup de plaisir (malgré une répétition qui m’a poussée à torcher la fin assez vite tout compte fait), songeant ensuite à une explication pour cette pauvreté graphique : Dishonored est un jeu qui cherche à être fluide, rapide comme un surin qui doit frapper vite et discrètement, un jeu qui ne peut pas se permettre d’être gourmand en ressources donc.
Et si on joue à Dishonored, ce n’est pas pour se rincer l’œil mais pour éprouver les frissons du chasseur nocturne qui s’infiltre même dans les tours les plus hautes. Le jeu est un véritable parcours libre et Dishonored ne donne pas l’illusion de liberté comme Skyrim (il est tout de même moins libre que Prey, des mêmes développeurs). Le choix est laissé aux joueurs et il ne se limite pas qu’aux lignes de dialogues : les styles de jeu sont nombreux (furtif dans l’ombre, escapade sur les toits, assassinats discrets, meurtres en série…), plusieurs chemins sont possibles afin d’atteindre l’objectif de la mission et trois fins sont possibles. Le joueur peut vraiment personnaliser sa partie.
De plus, des chasses au trésor nombreuses et bien dissimulées motivent à recommencer l’aventure un certain nombre de fois. Ou tout simplement pour éprouver à nouveau le même plaisir de reprendre l’aventure de Corvo car, même si l’histoire peut sembler bateau, les rebondissements sont bien trouvés et contrebalancent avec une certaine monotonie. Heureusement que les décors sont variés, entraînant aussi bien dans les bas-fonds que les salons luxueux.


Pas le meilleur jeu de sa génération mais de vraies qualités au niveau du gameplay. Heureusement qu’une suite est depuis sortie car l’univers méritait d’être exploité davantage, ce premier Dishonored étant un tout petit peu trop mystérieux.
C’est donc avec grand plaisir que je retrouverai Corvo dans le second titre avec Emily Kaldwin. Dommage qu’il manque le brave Samuel, c’était mon chouchou…


             Quelques anecdotes sur ce jeu,
• La version originale a droit à quelques voix de stars comme Chloë Grace Moretz pour Emily, Brad Dourif offre sa voix à Piero Joplin, Lena Headey double Callista Curnow, Michael Madsen pour Daud (le gars qui joue le frère de Bill dans Kill Bill), il y a même une intervention de Carrie Fisher ! Et ce n’est pas fini niveau son : c’est le compositeur de la musique de Dexter, Daniel Licht, qui s’est chargé de la BO. Bref, que du beau monde pour Dishonored.
• Une musique celte revient assez souvent dans le jeu, siffloté par les gardes : Dishonored la nomme Drunken whaler mais les passionnés de musique folk auront reconnu Drunken sailor !

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