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mercredi 23 août 2017

Coldheart Canyon, de Clive Barker,

Star de cinéma sur le déclin, Todd Pickett décide, afin de s’acheter quelques mois supplémentaires au sommet du box-office, de recourir discrètement à la chirurgie. Le résultat, catastrophique, l’oblige à trouver en urgence une demeure à l’écart du feu des projecteurs. Ce sera Coldheart Canion, l’ancienne résidence de Katya Lupi, gloire de l’âge d’or hollywoodien dont on disait qu’elle y donnait autrefois des soirées de débauche très prisées par le gotha mondain. De découvertes étranges en surprises macabres, Todd s’apercevra – à des dépens – que les rumeurs étaient bien en deçà de la réalité.
Quatrième de couverture par J’ai Lu, Fantastique.
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« « Tu n’as qu’à mettre fin à tes jours », me répondit-il. À l’entendre, c’était si simple. « Tranche-toi la gorge. Dieu comprend.
— Il comprend ?
— Bien sûr. Ce monde, c’est l’Enfer Regarde autour de toi. Que vois-tu ? »
Je lui dis ce que je voyais. Le feu, la fumée, la terre noircie.
« Qu’est-ce que je te disais ? répondit-il. C’est l’Enfer. » »
P. 66

Si j’ai commencé à découvrir Clive Barker avec son roman le plus connu, Hellraiser, il ne s’agit pas du plus populaire. Curieusement, j’avais Coldheart Canyon depuis plus longtemps dans ma PAL mais j’avais repoussé la lecture sur plusieurs années... J’ai finalement dévoré cette petite merveille et si Hellraiser n’était pas assez abouti à mon goût, cette seconde lecture vient renforcer mon idée que Clive Barker est un auteur talentueux.

Quand nous lisons du Clive Barker, quand nous lisons du splatter-punk, c’est que nous sommes à la recherche de frissons, d’horreur qui dépasse l’entendement avec en même temps des thèmes très humains. Et l’auteur parvient à nous entraîner dans un monde totalement inconnu où les délires se multiplient à travers les rêves, les visions et les fantasmes. Quelques points de repère sont toutefois nécessaires et le lecteur suit un fil conducteur qui s’affiche d’emblée : la quête de la plastique parfaite, celle que possèdent les grandes stars hollywoodiennes, celle qui, une fois sur pellicule, est à l’abri du temps et ne peut pas être altérée.
Le sujet de l’âge d’or hollywoodien est omniprésent et ce, jusqu’au style littéraire : métaphores et comparaisons tournent autour de cet univers audiovisuel. L’histoire se déroule sur les pages avec autant de fluidité qu’un film se déroule sur une pellicule.

Les étudiants et passionnés de cinéma se régaleront de reconnaître certains visages…
Les lecteurs croiseront Clara Bow, Rudolph Valentino, Mary Pickford ou encore Douglas Fairbanks, 
mais sous quelle forme ?


Avec un thème aussi intéressant, j’ai vite été emportée. Ce thème très humain se mêle au fur et à mesure à un monde occulte et leur association est d’un charme troublant. Il va falloir, comme quand vous êtes face au surnaturel, accepter ce qui échappe à la logique, ce qui surprend et renverse les lois de la nature. Si vous laissez Clive Barker vous prendre par la main, il y a de grandes chances que vous soyez enchanté !
Des moments ont été particulièrement marquants et sont en même temps chargés de poésie quand ils sont beaux ou au contraire, horribles quand la peur et la violence s’en mêlent ! Je pense à une certaine fuite dans l’océan, la mort très fleurie (littéralement) de quelqu’un… Vous découvrirez de beaux passages écrits avec soin.

Une merveilleuse découverte qui marie très bien l’horreur, l’art, les forces démoniaques et la nature humaine. Autant dire que le résultat est curieux mais efficace ! Si tous les éléments vous séduisent, lisez cette perle !

Grâce à la couverture, je peux valider l’idée numéro 30 du Challenge des 170 Idées (c’est une bien belle chaise d’ailleurs) :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Clive Barker a perdu son père alors qu’il commençait à écrire Coldheart Canyon : ce roman était au départ plus bref, finalement, après son deuil, l’auteur a repris le projet et s’est rendu compte que cette histoire s’est amplifiée pour devenir un beau pavé bébé.


vendredi 18 août 2017

Walhalla, de Graham Masterton,

Craig et Effie Bellman sont tombés sous le charme de Walhalla, une superbe demeure dans la vallée de l'Hudson. Qu’importe ce que l’on peut raconter sur l’ancien propriétaire, Jack Bélias, milliardaire excentrique et joueur invétéré, qui se serait suicidé dans des circonstances mystérieuses en 1937 ! Qu’importe si la maison est en ruine ! Ils ont décidé de l’acheter et de la restaurer.
Mais, bientôt, des phénomènes étranges commencent à se produire. Craig lui-même est en train de changer. Comme si la personnalité démoniaque de Jack Bélias prenait par moments possession de lui.
Résumé trouvé sur LivrAddict.
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« Gut ist der Schlaf, der Tod ist besser. »
P. 85

J’ai préféré reprendre le résumé que la fiche sur LivrAddict propose car la quatrième de couverture de mon édition en dévoile trop. Alors certes, certains me diront « mais c’est le schéma classique : un couple qui traverse une phase difficile tente de prendre un nouveau départ avec une magnifique demeure qui est dans leurs moyens et patatra, un fantôme/démon/esprit prend possession du mari qui devient odieux et tente d’assassiner sa femme ».
Ouais, ok, c’est une trame vue, revue et rerevue. Mais premièrement : c’est mon point faible, c’est typiquement une histoire qui s’inscrit dans le gente splatterpunk et je marche à tous les coups, deuxièmement : certains rebondissements surprennent et n’ont pas besoin d’être dévoilés dans le résumé, l’histoire connaîtra une évolution que les lecteurs ne pourront pas vraiment prédire, c’est l’avantage d’une histoire de fantômes : l’imagination de l’auteur et ses interprétations font que Walhalla se démarque des autres histoires d’horreur.

Ce qui compte finalement dans ce genre littéraire, c’est l’atmosphère et celle de Walhalla est tendrement mijotée avec précision par Graham Masterton, enrobée par des théories spirituelles originales et qui concernent les fantômes et les démons. Avec tout ce soin, le secret de la demeure nommée Walhalla est bien conservé et sera coriace à vaincre.

Au milieu de ce drame, les acteurs sont assez étranges : Effie Bellman m’a touchée dans sa condition de "Madame Craig Bellman" à l’ancienne où la femme soutient et se tait. Je me souviens d’une critique sur GoodReads qui reprochait un côté franchement misogyne dans Walhalla : si je comprends cette impression, je ne suis pourtant pas entièrement d’accord. Certaines réflexions peuvent blesser, notamment un passage où un homme explique que « si une femme reste avec un homme qui la bat, c’est qu’elle se sent exister à travers ces coups » (bon, la critique dit que ce n’est même pas quelqu’un de détestable qui sort ça, moi, je le trouvais plutôt désagréable et dérangé en fait…). Mais cela ne vaut pas pour autant dire que Graham Masterton est macho et réduit les femmes plus bas que terre, d’autant plus que les hommes dans le roman ne renvoient pas une très belle image non plus. D’ailleurs, aucun ne m’a réellement séduite.
Dans Walhalla, les hommes ont soif de pouvoir et se servent des femmes, tandis que les femmes sont à la recherche de liberté tout en étant tiraillées par leur amour pour épauler leur époux. Mais certains personnages évolueront et Effie Bellman deviendra de plus en plus intéressante. Ne vous laissez pas refroidir et retenez surtout qu’il s’agit d’un roman d’horreur qui vire vers le sale et ni les hommes, ni les femmes sont là pour être plaisants. Quoiqu’il y a Pepper Moriarty qui est sympathique !


Un récit d’horreur très sympa qui possède des moments douloureux et terrifiants, le final est assez explosif et je ne regrette pas cette lecture qui ravira aussi les amateurs d’horreur des années 80 et 90.

Grâce aux flammes, je valide l’idée 143 du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le livre n’est actuellement plus édité : les liens proposés ci-dessous sont donc des livres d’occasion, vérifiez bien les prix !

mardi 4 juillet 2017

Le Spleen de Paris, de Charles Baudelaire,

Lorsqu’il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de « bagatelles », il a pleinement conscience de ce qu’ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s’inaugure de manière capitale dans ces textes qui visent à capter l’étrangeté du quotidien de son temps, ce n’est rien moins qu’une forme littéraire nouvelle. Rimbaud et Mallarmé vont s’en souvenir très vite – et bien d’autres après eux.
Bien que le poète y songeât depuis 1857, l’année des Fleurs du Mal, Le Spleen de Paris ne parut que deux ans après sa mort, en 1869. Ses poèmes en prose constituaient pourtant à ses yeux le « pendant » de ses pièces en vers, et les deux livres, en effet, se font écho à maints égards. Mais, à la différence des Fleurs du Mal, ce n’est pas ici un recueil composé qui nous est offert : un espace de liberté, bien plutôt, où le flâneur témoigne d’un nouveau regard venu à l’homme moderne pour lequel la réalité multiplie ses images…
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche, Classiques de Poche.
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Au lycée, j’avais acheté Les Fleurs du Mal et Le Spleen de Paris pour un projet en art, et finalement je me suis contentée du premier recueil et j’avais repoussé la lecture du second… Jusqu’à récemment (bien des années plus tard, donc).
J’avais vraiment adoré Les Fleurs du Mal et ce côté franchement dérangé de Charles Baudelaire (le gars se teignait les cheveux en vert par exemple). Il en va de même pour Le Spleen de Paris : cinquante poèmes qui ne sont pas des poèmes comme on l’entend, mais l’absence de rimes et de mètres ne retire rien à leur style.

Les sujets qui font rêver, les images composées de traits de peinture et les chutes rappellent bien un recueil de poésie. Il y a un côté "tranche de vie" où Baudelaire observe la société que tour à tour il admire et exècre. Sa plume peut traduire un amour pudique ou au contraire laisse exploser un mépris presque violent. C’est quand même l’auteur qui compare son public à un chien, hé !
« Un musicien a écrit l’Invitation à la valse ; quel est celui qui composera l’Invitation au voyage, qu’on puisse offrir à la femme aimée, à la sœur d’élection ? »
XVIII. L’invitation au voyage

Ce recueil fait traverser un vrai panel d’émotion : rire, nostalgie, hébétement, curiosité, colère, choc… Le Spleen de Paris est un recueil en harmonie et qui, en même temps, surprend par sa diversité. Même s’il peut sembler intemporel, c’est une virée dans les années 1860 avec cette colère du poète contre la société grouillante et son besoin de briller, d’être couronné de succès par un public. Baudelaire n’est pas un romantique pour rien. Voire un rebelle.
C’était le petit punk avant l’heure et s’il avait connu Sid Vicious, il aurait écrit des poèmes sur lui et les Sex Pistols.
Un recueil excellent si on aime l’esprit particulier de Baudelaire, Le Spleen de Paris peut même se lire en une soirée sans paraître indigeste.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Imaginé en 1857 à l’instar des Fleurs du Mal, Le Spleen de Paris n’est publié qu’en 1871, soit deux ans après la mort de Baudelaire.
• Le Spleen de Paris peut se trouver désormais gratuitement et légalement, comme sur Bouquineux par exemple.

lundi 3 juillet 2017

Le Combat de l'Épouvanteur, de Joseph Delaney,

« Le district de Pendle est infesté de sorcières, me dit l’Épouvanteur. La plupart du temps, elles se chamaillent et se tirent dans les pattes. Mais si elles s’entendent autour d’un projet commun, leur pouvoir en est grandement renforcé. Oui, voilà le pire qui puisse arriver : que les clans ennemis s’unissent. »
Les sorcières de Pendle deviennent de plus en plus malfaisantes. Le plus inquiétant, c’est que les trois clans – les Deane, les Malkin et les Mouldheel – préparent une alliance. Ensemble, ils seraient capables d’invoquer le Diable en personne ! Tom et son maître vont se rendre là-bas pour éviter le pire. Mais, avant, Tom Ward doit passer chez lui pour récupérer les malles que sa mère lui a laissées en héritage. Or, une fois sur place, il découvre que la ferme a été ravagée, la grange brûlée…
Quatrième de couverture par Bayard, Jeunesse.
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Même si les couvertures sont toutes très belles, l’édition française a ce côté "grimoire" auquel je ne résiste pas.

Jusqu’à maintenant, la saga de L’Épouvanteur me laissait soit des impressions très positives, soit des impressions très négatives : Le Combat de l’Épouvanteur arrive finalement à se placer entre ces deux sentiments, faisant une lecture presque mitigée bien qu’il me laisse encore de bons souvenirs !

Je préfère commencer par le premier point négatif bien qu’il y ait un léger risque de spoil : Le Combat de l’Épouvanteur est un tome transitoire, le quatrième volet qui lance vraiment une longue aventure. Beaucoup d’événements étaient devinés et n’ont pas réussi à me surprendre et je me doutais bien de ce qui se passerait à la fin du tome. Joseph Delaney était particulièrement original jusqu’ici, mais cette nouvelle trame ne peut pas se vanter de la même qualité. Ceci dit, si le point de départ reste commun, il peut évoluer en quelque chose de vraiment génial, j’ai bon espoir que cela arrive d’ailleurs, car Le Combat de l’Épouvanteur est quand même un bon tome.

Si j’ai commencé à lire cette saga, c’est pour l’importante place qu’occupe la sorcellerie et à l’instar du premier roman, on nage en pleine magie noire. Les sorcières sont aussi nombreuses qu’à un Sabbat, déchaînées comme lors d’une nouvelle lune et aussi malsaines que des démons. Je les ai toutes adorées. Avec toujours un gros coup de cœur pour Alice qui confirme son importance.
Ce sont surtout les personnages féminins qui me fascinent dans cette saga : malgré les événements précédents des tomes antérieurs, la présence de la mère de Tom est toujours quelque part et dévoile quelques secrets. Pour être franche : la découverte de ce qui se trouve dans les malles a été vraiment un moment fort, et tout ce suspens vaut clairement le détour.
Sans oublier, bien sûr, des moments qui glacent d’effroi grâce à des créatures dignes des légendes les plus sombres...

Donc oui, je trouve que Le Combat de l’Épouvanteur est coincé dans un entre-deux : il conserve cette ambiance typique des autres tomes de la saga, conserve ce charme qui rend hommage à Halloween, mais il traîne car prépare des événements qui se dérouleront pendant plusieurs tomes. Ce tome quatre se fait un peu oublier pour vite passer à la suite et rentrer dans le vif du sujet !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Les chroniques des tomes précédents :

lundi 26 juin 2017

La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour, de Victor Hugo,

Dans une contrée germanique du Moyen-Âge, le beau Pécopin et la belle Bauldour s’aiment d’un amour partagé et leurs pères les ont fiancés. Grand chasseur, le jeune homme est souvent absent et sa belle, grande fileuse, se désennuie auprès de sa quenouille en attendant que le mariage les unisse pour toujours. Mais alors qu’approche le jour des noces et que tous les deux s’en réjouissent, dans une clairière Pécopin rencontre un comte et sa troupe de cavaliers : éblouis par son talent de chasseur, ils l’enrôlent pour une longue aventure loin de la belle Bauldour.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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J’adore le Moyen-âge, j’adore le XIXème siècle, j’adore Victor Hugo. Alors un texte qui réunit ces trois passions, ça donne quoi ? Une excellente lecture.
Victor Hugo a écrit La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour dans un double-esprit : parodier les textes médiévaux et leur rendre hommage. Comme ceux d’aujourd’hui, les lecteurs du XIXème avaient perçu le côté un peu burlesque des légendes du Moyen-âge, mais les romantiques tenaient ces récits ancestraux en haute estime, et Victor Hugo laisse deviner un certain attachement également.


Outre le talent d’imiter la narration du XIIème siècle tout en modernisant son histoire, Victor Hugo, comme à son habitude, démontre un humour déconcertant (surtout quand on le compare avec toutes les photos qui le montrent avec sérieux, voire morosité) : La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour fait rire, réjouit mais ne pousse pas à la moquerie. C’est vraiment un texte qui séduira les médiévistes, adeptes des amours courtois, jusqu’a satisfaire les passionnés du XIXème et de Victor Hugo, même si cela nécessitera une lecture plus profonde.

Une excellente lecture où je ne me suis pas ennuyée une seule fois, avec une fin renversante. La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour est aussi surprenante que celles, plus anciennes, qui ont bercé notre enfance et avec un charme unique, unique car capable d’associer deux époques totalement différentes.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Malgré la renommée de l’auteur, La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour est très peu connue : pourtant publié de son vivant et sans être rattaché à un recueil, cette parodie du Moyen-âge est certainement l’une des (rares) œuvres de Victor Hugo où les articles sont assez rares (et pas une seule fois mentionnée sur la page Victor Hugo de Wikipédia).
• Comme la majorité des œuvres publiées au XIXème siècle, vous pouvez trouver La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour gratuitement sur internet. Le texte est assez court, donc c’est moins fastidieux à lire que tout Notre-Dame de Paris sur une page web, n’hésitez pas !


mercredi 26 avril 2017

Dracula, de Bram Stoker,

Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le comte Dracula, nouveau propriétaire d’un domaine à Londres. À son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.
Très vite, il se rend à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…
Grand classique de la littérature de vampires, best-seller de tous les temps après la Bible, Dracula est une source d’inspiration inépuisable.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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La bannière de Google pour les 165 ans de Bram Stoker.

Il y a pile 119 ans et 11 mois, la maison d’édition Archibald Constable and Company publiait à Westminster le roman phare et intemporel de Bram Stoker : Dracula. Avec un tel surnom, je ne pouvais pas passer à côté du roman vampirique le plus connu à travers le monde.
Et bien ça y est : le vampire aigri a lu Dracula ! Un de mes deux objectifs de cette année, le second étant de lire du H. P. Lovecraft.

Un premier mot concernant les déceptions que Dracula a causées : oui, il s’agit d’un roman épistolaire où le lecteur ne lit que des lettres ou des extraits de journaux intimes. Si certains curieux ont des difficultés avec ce genre littéraire, il vaut mieux connaître ce détail avant de se lancer dans cette lecture.
Pour ma part, je n’ai pas trop saisi l’intérêt car Bram Stoker n’exploite pas pleinement ce style : les écritures ne ressemblent toutes, ne se démarquent pas et les extraits desservent même quelques événements de la lecture. Même si quelques détails ressortent bien, Dracula n’est pas le meilleur représentant du genre, à côté des Liaisons Dangereuses par exemple.

Ce que le genre épistolaire dessert vraiment ici, c’est la noirceur du roman. J’ai été très surprise de voir toute l’audace de ce roman qui a pourtant été publié en 1897 : sanglant, érotique, malsain… La lutte manichéenne par la suite atténue la dimension cruelle mais enfin, Bram Stoker n’a rien à envier à Pierre Lemaître avec des nourrissons dévorés par des vampires, des séductions osées avec des descriptions très charnelles et des événements surprenants à faire froid dans le dos.
Je pense ceci dit qu’une narration directe aurait permis de mieux rentrer dans l’atmosphère. Mais peut-être que cette barrière était nécessaire au risque de passer par la trappe de la censure ?


Les hommes sont assez insipides dans Dracula, mais la force vient des femmes (même si Mina se fait jeter à la trappe pour sa propre sécurité à un moment : Bram Stoker vivait au XIXème et pas au XXIème, ça se sent, autrement, il se serait attiré les foudres des féministes, l’idée m’a faite rire !). Mina et Lucy sont deux personnages que j’ai trouvés très intéressants : victimes toutes désignées d’un vampire, les étreintes monstrueuses attendent le lecteur à certains chapitres, faisant rêver et cauchemarder à la fois.
L’une contrebalance avec ces démons suceurs de sang, étant un exemple de pureté, l’autre est une innocente qui est noyée dedans : les scènes où Lucy est convalescente sont très longues, trop même, et auraient pu être abrégées pour amener plus vite vers les moments forts de ce personnage, des moments où j’ai été vraiment émue.

La fin abrupte me pose problème même si la tension est au rendez-vous. Cette lutte manichéenne est typique de l’époque et c’est aujourd’hui un peu facile à lire. Ceci dit, ça n’empêche pas l’auteur de faire du comte Dracula un personnage très charismatique : j’ai adoré cet homme, ce méchant, cette ombre. Il apparaît assez peu finalement mais il est là quand même, il est présent et il échappe même aux lecteurs. Et ce jeu est très impressionnant.

« On ne pouvait distinguer personne d’autre sur le pont. Une terreur incroyable s’empara de tous les témoins quand ils comprirent que c’était par suite d’un véritable miracle que le navire avait trouvé le port, sans que nul le conduisît, hormis la main d’un cadavre ! »
P. 124

Ce que j’ai retenu finalement de Dracula, c’est que le vampire a des paumes poilues. Erk. Et que ce roman peut sans peine s’inscrire dans les classiques à lire.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le comte Dracula aurait été inspiré par Henry Irving (1838 – 1905) qui n’est pas moins que le premier acteur à recevoir en récompense le titre de chevalier en 1895. Les deux hommes étaient proches et se connaissaient, Bram Stoker, un an après la mort d’Henry Irving a publié une biographie de son ami en deux volumes intitulé Personal Reminiscences of Henry Irving. (Entre nous, Henry Irving est certainement un ancêtre de Benedict Cumberbatch)
• L’édition du Livre de Poche propose un extrait de Dracula l’Immortel qui a été écrit par Dacre Stoker (le neveu lointain de Bram Stoker) et Ian Holt, d’après les notes de Stoker : l’auteur avait fait une liste de personnages qui n’apparaissent pas tous, notamment l’inspecteur Cotford et qui a sa place dans Dracula l’Immortel.



mardi 7 mars 2017

Black Mirror II,

Jeune étudiant américain à la vie parfaitement normale, Darren vient d’être embauché dans un magasin de photo. Sa vie prend pourtant un tour dramatique lorsqu’une jolie jeune femme prénommée Angelina entre dans la boutique. Très vite, les drames s’accumulent pour Darren : sa mère est victime d’un accident, il découvre que son patron cache un lourd secret et Angelina disparaît.
Pris dans ce terrible engrenage, Darren décide de mener sa propre enquête. Son investigation le mène très rapidement vers la ville anglaise de Willow Creek, rendue tristement célèbre par une série de meurtres atroces douze ans plus tôt…
Quatrième de couverture par Micro Application.
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Black Mirror II est le jeu pour lequel j’ai écrit ma toute première critique de jeu-vidéo : mais j’ai évolué et je pense que mon style s’est amélioré (je ne pouvais pas vraiment faire pire sauf en le faisant exprès), adorant ce jeu, il fallait bien que je lui accorde un digne article !
Pour les curieux, je laisse l’article à disposition : j’avais choisi de belles images, tout de même.


Il faut savoir que j’ai commencé à jouer à Black Mirror II pour m’aérer l’esprit un été : je venais de déménager (la vente s’était mal passée car le dossier avait été perdu deux fois), j’avais peur de perdre contact avec mes amis et j’allais plonger, un mois plus tard, dans l’étrange monde de la fac. Pour couronner le tout, j’avais rapporté une saloperie de bactérie d’un voyage.
Je m’en souviendrai de cet été 2010 : j’étais complètement amorphe et je me suis rappelée que je possédais la suite du premier jeu, Black Mirror, que j’avais tant aimé. Et dès les premières minutes du jeu, j’ai été transportée.


Le début est pourtant assez déconcertant : au revoir villages rustiques, manoirs gothiques et météo anglaise et hello ! bord de plage américain, jeune étudiant cynique, cris de mouette lointains et diner coloré. On fait la rencontre de Darren Michaels qui a la parole acérée et un humour bien personnel, ce qui change beaucoup du précédent protagoniste, Samuel Gordon, plus guindé, sérieux et renfermé.
Alors spin-off ou suite ?
Déjà, ce changement de ton donne un nouveau souffle à Black Mirror : plus dynamique, plus vivant, le jeu est plus animé. Enfin bon, ça reste un point’n’click classique, rien de très folichon !


Ce qui fait la force de ces jeux, c’est leurs énigmes et leur ambiance, et comme pour son prédécesseur, Black Mirror II a tout bon pour ces deux points.
Les énigmes sont variées : puzzles, indices à dénicher, combines, mémorisation, logique… Et ce ne sont pas de simples puzzles sur un seul et même écran : le jeu vous pousse à explorer, à tester, à chercher. Souvent, les point’n’click se contentent d’énigmes en un seul plan (lettre déchirée à rassembler, code à rentrer…), Black Mirror II propose de vrais casse-têtes.


Pour l’ambiance, même si le début change de son prédécesseur, on retrouve vite le cadre où s’est déroulée l’enquête de Samuel. Ça provoque même un contraste durant la partie, une vraie chute. Il n’est pas obligatoire de jouer au premier Black Mirror, mais c’est vivement conseillé : le lien existe et c’est émouvant de revisiter Willow Creek. D’autant plus que le château Black Mirror est inaccessible en tant qu’étranger et qu’on se languit de pouvoir enfin parcourir lieux à nouveau !
Les musiques sont par contre d’un tout autre style : elles sont assez inégales mais elles ont eu la chance de se trouver sur un CD audio, contrairement aux musiques précédentes, malheureusement, car celles-ci sont quasiment introuvables… (même en téléchargement dans les recoins les plus sombres, oui, oui, j’ai cherché)

Les suites ne sont habituellement pas très bonnes, voire inutiles : ce n’est pas le cas de ce second opus. Ça change du premier titre, mais c’est tant mieux ! Il n’y a pas de copié-collé et l’histoire proposée tient la route.

Bref, Cranberry Production a tout bon avec ce Black Mirror II et, avec un tel cliffhanger, ça donne envie de découvrir le dernier jeu de cette superbe trilogie.


             Quelques anecdotes sur ce jeu,
• Suite un peu éloignée de Black Mirror, il est quand même conseillé d’avoir joué au premier : l’émotion de retourner dans ce décor et de reconnaître des personnages qui ont bien changé en 12 ans, c’est un peu comme retrouver de vieux amis d’enfance. Et bien sûr, pour la compréhension de l’histoire. Cela dit, ce n’est pas tout à fait indispensable. À savoir quand même qu’un coffret qui réunit toute la trilogie est disponible en France.
• Selon certaines sources, de nombreuses scènes (surtout vers la fin qui est nettement plus glauque que le début) ont été inspirées par les films de Dario Argento. Et bien d’autres encore. Par exemple, Darren cite entre autres un de ses films préférés, Les Baleines du mois d’Août, car certains décors s’en rapprochent. Un petit clin d’œil de la part des développeurs, donc.
• Vous débloquez des bonus en prenant en photo certains éléments (toujours prendre en photo avant d’examiner). Par exemple, le bonus grosse-tête pour changer la taille de la tête, ce qui donne un côté comique :