mercredi 28 juin 2017

Héros ou Couple inoubliables [21],

              

Organisé par Cassie56, le rendez-vous hebdomadaire Héros ou Couple Inoubliables permet de laisser une trace, un article à propos d’un personnage héroïque ou d’une romance qui vous a marqué, ému ou ravi en répondant à trois questions.
Aucun jour n’est fixé, mais j’ai opté les mercredis pour mon blog.






    → Pourquoi ce personnage ?
Bessy Buckley, de son vrai nom Daisy O’Toole, est la meilleure narratrice d’un roman qui se déroule au XIXème siècle, juste derrière Jane Eyre.
      → Est-ce le personnage principal ?
Oui, unique narratrice de La Servante Insoumise, sa propre histoire.
      → Quel aspect particulier du personnage vous a tant plu ?
Son authenticité : le roman a été écrit dans les années 2000 et se déroule dans les années 1860, forcément, j’ai tout d’abord été choquée par le langage très décontracté. Et puis finalement, après réflexion, je me disais que tout le monde ne parlait pas de façon correcte à l’époque, Bessy a été élevée dans les bas-fonds irlandais et à dix ans, elle en a vu plus que la plupart des femmes qui ont la cinquantaine. Et une fois habituée, le contexte historique se pose sans heurt.
La psychologie du personnage va plus loin : véritable enfant-femme, Bessy a besoin d’un modèle maternel et, bien que servante, elle ne cherche que l’approbation de sa patronne Madame Reid. Cette relation ajoute une dimension et le lecteur s’attache à ce bout de femme.
Bessy n’est pas parfaite : elle peut être capricieuse, jalouse, désinvolte, impulsive... Mais elle fait vraie, authentique. Et la fin montre qu’il s’agit d’une jeune femme sensible et qui sait se montrer généreuse.

lundi 26 juin 2017

La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour, de Victor Hugo,

Dans une contrée germanique du Moyen-Âge, le beau Pécopin et la belle Bauldour s’aiment d’un amour partagé et leurs pères les ont fiancés. Grand chasseur, le jeune homme est souvent absent et sa belle, grande fileuse, se désennuie auprès de sa quenouille en attendant que le mariage les unisse pour toujours. Mais alors qu’approche le jour des noces et que tous les deux s’en réjouissent, dans une clairière Pécopin rencontre un comte et sa troupe de cavaliers : éblouis par son talent de chasseur, ils l’enrôlent pour une longue aventure loin de la belle Bauldour.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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J’adore le Moyen-âge, j’adore le XIXème siècle, j’adore Victor Hugo. Alors un texte qui réunit ces trois passions, ça donne quoi ? Une excellente lecture.
Victor Hugo a écrit La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour dans un double-esprit : parodier les textes médiévaux et leur rendre hommage. Comme ceux d’aujourd’hui, les lecteurs du XIXème avaient perçu le côté un peu burlesque des légendes du Moyen-âge, mais les romantiques tenaient ces récits ancestraux en haute estime, et Victor Hugo laisse deviner un certain attachement également.


Outre le talent d’imiter la narration du XIIème siècle tout en modernisant son histoire, Victor Hugo, comme à son habitude, démontre un humour déconcertant (surtout quand on le compare avec toutes les photos qui le montrent avec sérieux, voire morosité) : La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour fait rire, réjouit mais ne pousse pas à la moquerie. C’est vraiment un texte qui séduira les médiévistes, adeptes des amours courtois, jusqu’a satisfaire les passionnés du XIXème et de Victor Hugo, même si cela nécessitera une lecture plus profonde.

Une excellente lecture où je ne me suis pas ennuyée une seule fois, avec une fin renversante. La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour est aussi surprenante que celles, plus anciennes, qui ont bercé notre enfance et avec un charme unique, unique car capable d’associer deux époques totalement différentes.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Malgré la renommée de l’auteur, La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour est très peu connue : pourtant publié de son vivant et sans être rattaché à un recueil, cette parodie du Moyen-âge est certainement l’une des (rares) œuvres de Victor Hugo où les articles sont assez rares (et pas une seule fois mentionnée sur la page Victor Hugo de Wikipédia).
• Comme la majorité des œuvres publiées au XIXème siècle, vous pouvez trouver La Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour gratuitement sur internet. Le texte est assez court, donc c’est moins fastidieux à lire que tout Notre-Dame de Paris sur une page web, n’hésitez pas !


jeudi 22 juin 2017

L'Homme Invisible, d'H. G. Wells,

C’est un drôle de client qui s’est installé à l’auberge de Mme Hall ! Vêtu d’un grand chapeau, de lunettes noires et recouvert de bandages tout autour de la tête, l’inconnu s’est enfermé dans sa chambre avec des dizaines de petites bouteilles remplies de poudre et de liquides divers.
Que prépare-t-il ? Une chose est sûre, les villageois sont loin d’être rassurés !
Quatrième de couverture repris sur LivrAddict.
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Petite, j’étais fascinée par le vieux film de L’Homme Invisible datant de 1933 : cet homme recouvert de bandages, habillé de son propre mystère intrigue. Il attire alors que son caractère abject repousse. Je me souvenais de cette impression, mais seulement vaguement. Et comme le film a totalement déserté ma mémoire, j’en ai donc profité pour redécouvrir cette histoire avec la plume du créateur, celle d’H. G. Wells.

Malheureusement, la première chose que je déplore est justement cette plume : je ne sais pas si elle vient de la traduction (qui n’est pas toujours fameuse dans les œuvres libres de droits que l’on peut trouver gratuitement sur le net), mais j’ai trouvé certains passages brouillons, d’autant plus que les scènes de lutte sont nombreuses, ce qui n’aide pas, et une absence totale de charme… Pas de descriptions d’environs, pas d’atmosphère, pas d’efforts littéraires notables. Des articles de journaux sont écrits avec plus de cœur…

Par contre, L’Homme Invisible s’inscrit parfaitement dans les prémices de la science-fiction. Et puis, quitte à avoir une écriture chirurgicale, autant aller dans le détail qui frôle la science. Je ne m’attendais donc pas à avoir une explication sur le comment devenir invisible, et pourtant, Wells s’y risque, rappelant les découvertes atomiques qui ont marqué son siècle ! Un bel effort d’imagination et, comme le veut le genre, on en vient à se demander durant la lecture si ce phénomène ne serait pas effectivement possible ?


Le film a fait de ce scientifique une des icônes « monstrueuses » d’Hollywood au début du XXème siècle, mais L’Homme Invisible n’est pas un roman effrayant, j’en attendais malheureusement trop sur sa capacité à faire frissonner. Cette nouvelle a plutôt tendance à heurter, non à faire frémir : le scientifique agace et offense, mais il aurait pu être encore plus terrifiant (être attaqué par une chose invisible, voilà de quoi perturber).

C’est tout de même une lecture que je tenais à faire avant de revoir le film de 1933 et je ne la regrette pas malgré tout.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Aujourd’hui, c’est surtout le film de 1933 qui est connu, à l’instar du Dracula de 1931 avec Bela Lugosi ou le Frankenstein de la même année avec Boris Karloff : Griffin rejoint donc les fameux Universal Monsters. Et entre nous, je le trouve bien plus charismatique dans cette adaptation que dans la nouvelle d’origine.









mercredi 7 juin 2017

Héros ou Couple inoubliables [20],

              

Organisé par Cassie56, le rendez-vous hebdomadaire Héros ou Couple Inoubliables permet de laisser une trace, un article à propos d’un personnage héroïque ou d’une romance qui vous a marqué, ému ou ravi en répondant à trois questions.
Aucun jour n’est fixé, mais j’ai opté les mercredis pour mon blog.






    → Pourquoi ce couple ?
Car j’ai vraiment été touchée par ce couple durant ma partie : l’émotion vient en grande partie de la musique The Poet and The Muse, et je tenais à les inscrire dans les couples inoubliables.
    → Est-ce le couple principal ?
Pas vraiment : le couple principal est celui entre Alan et Alice Wake, mais enfin, j’ai nettement préféré ce couple en arrière-plan.
    → Quel aspect particulier de la relation vous a tant plu ?
Le côté clair-obscur de ce couple : avec The Poet and The Muse, on comprend tout l’amour qui liait Thomas et Barbara. Le fait qu’ils se retrouvent séparés non pas à cause de la mort (puisque Barbara meurt en se noyant) mais des pouvoirs occultes du lac ne brise pas leur relation : Barbare représente l’ombre, la noirceur, Thomas représente la lumière, l’éclat qui trouble presque. Et comme on se rend compte à la fin du jeu : ces deux forces sont complémentaires, elles ont besoin de l’une et de l’autre pour exister. Comme pour un couple.
Et j’ai trouvé ce contraste personnifié très beau.

(Et puis, je n’oublie la dame à la lumière, amoureuse de Thomas Zane, celle qui est devenue folle avec la nuit)

mardi 23 mai 2017

Top Ten Tuesday [28],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.





Mon thème pour aujourd’hui est…
Les 10 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, selon moi

Histoire de sortir des sentiers battus : si vous voulez lire des nouvelles d’Arthur Conan Doyle mais que vous ne vous sentez pas le courage de tout lire, j’ai sélectionné selon moi les nouvelles moins connues mais excellentes, celles qui valent la lecture.
J’ai juste inclus Un Scandale en Bohême car c’est un incontournable, mais le reste est peut-être bien évident.

#1
#2
#3
#4
#5
#6
#7
#8
#9
#10
#11

Je compte faire le même thème avec Hercule Poirot mais après la lecture des grands classiques comme Le Crime de lOrient Express.
À un prochain mardi !

lundi 22 mai 2017

Six mois dans la vie de Ciril, de Drago Jančar,

Un matin, Ciril joue la Marche turque de Mozart dans le métro de Vienne et croise l’étonnant Štefan Dobernik – slovène comme lui. En quelques secondes, la vie du jeune violoniste bascule Le lendemain, il rentre à Ljubljana dans la voiture de Štefan et devient son plus proche conseiller au sein de l’énigmatique D & P Investments. Là, il retrouve ses rêves et ses amours d’étudiant, passés au moulin du temps. Son épopée dérisoire ne dure que six mois, mais ceux-ci veulent tout dire…
Quatrième de couverture par Phébus.
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« Et elle attend que ça s’éclaircisse. Entre elle, Štefan et la femme de Štefan. Que Štefan n’aime plus, depuis longtemps déjà, pourtant il vit avec elle et ajourne toujours la décision qu’il aurait dû prendre il y a belle lurette. La décision, c’est se séparer de cette femme auprès de qui il vit et ensuite vivre avec elle qui n’est pas ici pour, éternellement, se cacher et attendre. Štefan peut prendre des décisions, ça, elle le savait bien, tous les jours, de grandes décisions, mais cette décision-là, manifestement il n’est pas capable de la prendre. »
P. 98

J’avoue que je n’aurais jamais lu ce livre (ou ne serait-ce qu’un auteur slovène) sans La Comédie du Livre 2017 : forcément, c’est grâce à eux que j’ai découvert ce très bon roman et je les remercie de m’avoir offert Six mois dans la vie de Ciril. Sans compter que j’ai accompagné l’auteur durant sa visite du salon et j’ai été ravie d’avoir eu cette fonction.
Alors un grand merci !

J’avoue encore que je n’étais pas très partante au début de cette lecture : ce n’est pas le genre de roman que j’ai l’habitude de lire et je n’en connais pas assez sur l’histoire de la Slovénie, j’avais peur d’être perdue. Mais finalement, j’ai vraiment aimé Six mois dans la vie de Ciril !

Déjà, bravo pour la traduction car il s’agit d’un roman porté sur la musique, la musicalité est très présente : Ciril Kraljevič est violoniste, Mme Dobernik écoute régulièrement des opéras (plus exactement Madame Butterfly, Cio-Cio-San), les concerts viennent animer le décor… Cet univers se reflète dans l’écriture digne d’un poème où les éléments sont récurrents et se répètent comme un refrain.
Pourtant, ce n’est pas un roman avec pour thème la musique, cet art sert de fond à un thème plus social : le fait de prendre sa vie en main. Ciril est un jeune homme qui souhaite vivre de sa musique mais baisse les bras après s’être heurté à quelques refus, il est embarqué dans le monde du chantier (côté patron, pas ouvrier) et découvre une mentalité étrange, inspirée par le capitalisme. Mais les prises de décision ne concerne pas seulement le plan professionnel, elles concernent aussi la vie sentimentale.

Bon, ce n’est pas un roman qui donne envie de rire, loin de là, il est plutôt déprimant même car, sans être trash, ces six mois dans la vie de Ciril se résument à une descente aux enfers de Mai à Novembre… Finalement, Drago Jančar démontre dans ce roman ce que, selon lui, il ne faut pas faire de votre vie.
Curieusement, si Ciril en a énervé plus d’un avec son côté passif, je n’ai pas été agacée par ce personnage (qui mérite un coup de pied au derche, c’est vrai, m’enfin) : perdu dans un nouveau monde à découvrir, je comprenais sa retenue. Mais enfin, celle que j’ai beaucoup aimé, finalement, c’est la femme de Štefan : personne plein de détresse, j’ai été très émue à cette femme-là.


Un roman donc très réussi, aussi bien sur le plan littéraire que sur le plan thématique puisque Drago Jančar aborde dans Six mois dans la vie de Ciril le passage à l’âge « vraiment adulte », la recherche d’une identité (qui parlera plus aux slovènes, qui viennent d’un pays récent, qu’aux français) et l’importance de se prendre en main avec une attention soignée, jouant avec la musique des mots.
Une lecture que je conseille pour les curieux de la littérature slovène.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• L’idée de ce roman est venue à Drago Jančar lors d’un voyage à Vienne : pendant deux semaines, un violoniste jouait régulièrement, jusqu’au jour où Jančar lui a parlé en slovène, se rendant compte que le musicien était slovène également. Mais le lendemain, le violoniste n’était plus là et l’auteur est rentré en Slovénie en se demandant bien qui était le violoniste et pourquoi il n’était plus là.

dimanche 21 mai 2017

Funérailles Célestes, de Xinran,

Funérailles célestes est une histoire d’amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d’une femme et d’une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique.
En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l’espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s’enrôle dans l’armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l’a préparée – le silence, l’altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d’errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.
Quatrième de couverture par les Éditions Philippe Picquier.
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Aperçu sur le blog d’Encres et Calames, Sia a partagé une chronique tellement enthousiaste que j’avais noté ce titre. À la base, bien qu’intéressée par l’Asie et son histoire, je n’aurais pourtant jamais remarqué ce roman, donc merci à Sia car je serais passée à côté d’un bien beau récit.

Plus qu’une opposition entre le Tibet et la Chine, Funérailles Célestes est un voyage dans l’inconnu poussé par l’amour : Wen n’est pas émouvante en soi mais par sa vie où, quelques mois tout juste après son mariage, son mari Kejun est envoyé loin d’elle au Tibet. C’est son aventure qui touche le cœur, sa détermination et son courage. Et le roman suit un double chemin : l’histoire d’amour à laquelle Wen refuse de renoncer et la découverte d’une autre culture pourtant voisine. L’équilibre entre ces deux fils est maintenu tout le long du roman.

C’est un très bon récit pour découvrir le Tibet sans tomber dans le roman "carte postale" : les paysages sont décrits avec justesse, sans verser dans une poésie qui maquille la réalité, et surtout, la culture est mise en avant. On se retrouve entre les tibétains comme notre nez se retrouve entre les pages, humant l’air rare en oxygène. On imagine sans peine ces montagnes immenses qui agrandissent davantage le ciel et donnent le vertige, vertige décuplé par la quête de Wen qui n’aura de réponse qu’à la fin de Funérailles Célestes : retrouvera-t-elle son amour ?
Les personnages sont un peu transparents, comme floutés dans ce décor immense, perdus dans cette nature. Certains passages font brouillon : il ne s’agit pas d’une lecture précise, elle reflète au contraire la peinture asiatique avec des lignes qui laissent imaginer, des esquisses épurées. Un rendu curieux mais finalement très agréable.

Un roman fort qui transporte aussi bien géographiquement que spirituellement et où je ne peux en dire davantage : ce serait briser le charme du roman de Xinran. Mais si vous voulez être ému, accordez un peu de votre temps à ce livre de 200 pages à peine, il vaut le coup.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le titre fait référence à une pratique funéraire qui existe au Tibet. Ce n’est pas un vrai spoil, mais la découverte est essentielle : je ne détaillerai donc pas ici, je vous redirige donc vers Wikipédia si vous êtes trop curieux. Attention, les images peuvent heurter.
• Le roman s’achève sur une anecdote curieuse : Funérailles Célestes serait le véritable témoignage d’une chinoise qui a longtemps vécu au Tibet et qui a confié son histoire à Xinran qui n’a plus eu de nouvelles depuis. Ce roman est une bouteille à la mer pour retrouver cette femme très curieuse.
• Xinran est le pseudonyme d’une femme de lettres chinoise mais qui écrit en anglais, possède la nationalité britannique et habite à Londres : d’où la double-nationalité de cette chronique.