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lundi 26 mars 2018

Laëtitia, d'Ivan Jablonka,

Laëtitia Perrais avait 18 ans et la vie devant elle. Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, elle a été enlevée. Puis tuée. Par la vague d’émotion sans précédent qu’il a soulevée, ce fait divers est devenu une affaire d’État. À travers cette enquête de vie, Ivan Jablonka rend Laëtitia à elle-même. À sa liberté et à sa dignité.
Quatrième de couverture par Points.
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Tout le monde a entendu parler de Laëtitia Perrais et de Tony Meilhon. Tout le monde a entendu parler de la grève des magistrats, leur colère provoquée par les mesures que l’ancien président Nicolas Sarkozy voulait appliquer. Et tout le monde a entendu parler du livre de Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes, prix Médicis.
Je ne suis pas influencée par les prix reçus et donc je n’attendais pas forcément un chef d’œuvre, me méfiant même des critiques qui encensent trop. Mais ce livre m’a franchement mise mal à l’aise. Non pas avec son sujet, j’ai lu La Mésange et l’Ogresse, La femme qui donnait à manger aux chiens, Fils de Sam, L’AdversaireCe qui me gêne terriblement, c’est la démarche de l’auteur que j’ai trouvé suspecte, presque malhonnête.

Dans l’écriture surtout : Jablonka manque beaucoup de pudeur dans son ouvrage, détaillant sans que ce soit nécessaire. L’horreur a-t-elle besoin d’être décrite quand elle a déjà été étalée sur tous les journaux et écrans télévisés ? Les calvaires ont-ils besoin d’être répétés ? Peut-on rendre dignité et humanité à Laëtitia Perrais en en faisant une martyre avec ses détails ? Je ne pense pas.
L’ennui, c’est que l’écriture est saturée d’effets de sensation, aussi bien sur le plan de l’horreur que du plan sentimental. Ces effets pourraient marcher s’ils n’étaient pas aussi nombreux et hors de propos pour un tel sujet. Rendre hommage en produisant un livre à sensation ? Pareil, je ne partage pas la démarche.
De même : le drame que Laëtitia a vécu parle de lui-même, une personne qui reste de marbre est une personne avec de graves problèmes d’empathie. Jablonka n’a pas besoin de nous rappeler qu’elle a vécu l’horreur avec de nombreuses métaphores et répétitions, de nous rappeler qu’il faut pleurer pour elle. À titre d’exemple, j’ai admiré la pudeur d’Harold Cobert dans La Mésange et l’Ogresse : les scènes de « chasse » de Michel Fourtniret s’arrêtent au moment où la victime entre dans son véhicule. Décrire plus loin est superflu et l’imagination seule entraîne la frayeur.

Après, si on oublie qu’il s’agit d’un fait divers authentique et récent, la lecture est plutôt plaisante, rythmée. Il y a une réflexion très intéressante sur la création d’un fait divers, comment les gens s’arrachent une histoire sordide, l’utilisent à leurs fins. Mais peut-on oublier qu’une jeune femme a perdu la vie dans cette affaire ? D’autant que Laëtitia et sa sœur Jessica sont nées la même année que moi, et je ne peux m’empêcher de penser que sans cette journée "merdique" du 18 janvier 2011, Laëtitia aurait fêté également son quart de siècle l’an dernier.

« Un fait divers suppose un coupable. Un fait divers horrible exige un monstre. »
P. 142

J’ai donc eu beaucoup de mal avec ce livre, ne comprenant pas l’intention exacte d’Ivan Jablonka et j’ai préféré la pudeur et la simplicité qu’utilisent d’autres auteurs pour ce genre d’ouvrage. Leur neutralité également car certaines réflexions de Jablonka sont réductrices et à prendre avec nuances, leur place n’était donc peut-être pas dans un récit pour Laëtitia.
Et là, Laëtitia aurait retrouvé son humanité à mes yeux, mais ce roman a produit l’effet inverse..

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Ivan Jablonka a obtenu le prix Médicis en 2016 avec Laëtitia. L’édition Points, assez vendeur, propose des citations de critiques et celle de Grazia mettra de nouveau l’accent sur mon scepticisme : « Un thriller à couper le souffle ». Thriller… On a l’impression de parler du dernier Sire Cédric ou Jo Nesbø.


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vendredi 9 février 2018

L'ours est un écrivain comme les autres, de William Kotzwinkle,

Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint un écrivain.
Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New-York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des Lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…
Quatrième de couverture par 10|18.
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Comment dire ? C’était… bizarre. Absurde.
Comme un Picasso, L’ours est un écrivain comme les autres a de bonnes intentions et des idées riches pour un résultat pas très joli. Voire qui tombe un peu à côté dans le cas du roman de William Kotzwinkle.

Que je vous explique le but de cette trame : en présentant un ours dont personne ne soupçonne la véritable identité, en mettant l’accent sur le pouvoir de l’argent et du sexe et en plaçant des dégénérés qui ne lisent jamais sur les trônes du monde littéraire, l’auteur écrit une vive critique de la société littéraire moderne.
Le personnage central est un ours qui est pris pour l’héritier littéraire d’Hemingway : ses crises de joie le poussent à se rouler par terre et à se frotter le dos, ce qui sont interprétées comme des crises d’épilepsie (et un auteur handicapé par un souci de santé, ça émeut), ses réponses grommelées et qui regroupent le peu de vocabulaire qu’un ours peut articuler sont prises pour des éclairs de génie, des réparties hautement philosophiques.
Bref, c’est absurde mais ça fait sourire !

« Elliot sait que je ne l’appelle que lorsque j’ai quelque chose de spécial. Vous voulez un café ?
— Sucre, grogna l’ours, prononçant avec soin le mot le plus important de son maigre vocabulaire.
— Margaret, apportez-nous un café, voulez-vous, avec beaucoup de sucre. Merci. » Boykins sourit à l’ours. « Personne ne vous a jamais dit à quel point vous ressemblez à Hemingway ?
— Qui ?
— Qui, en effet ! Il se peut fort bien que vous soyez celui qui va le reléguer dans l’oubli. »
P. 27

Sauf que les blagues les plus courtes sont les meilleures : quand elles s’étendent sur presque 300 pages et s’amplifient, la plaisanterie perd de sa saveur. Au programme : zoophilie (deux fois), une métamorphose sortie un peu de nulle part et des dialogues absurdes. Tout ça pour ralentir le rythme de lecture avec d’autres scénarios amorcés… et avortés ! Bref, on aurait pu se passer de pas mal de scènes linéaires avant une conclusion qui vient relever un peu le tout.

Alors oui, il y a de l’idée et le livre a eu son petit succès mais franchement, le traitement n’est pas assez abouti. La plume réussit cependant à instaurer une ambiance typiquement bûcheron nord-américain qui donne envie de voir les vastes forêts du Maine, mais ça, c’est parce que ces passages parlent à l’ourse en moi.
Autrement, je suis restée sur ma faim à cause d’un ennui qui est apparu pour la seconde moitié. 

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Récent en France, L’ours est un écrivain comme les autres, The Bear Went Over the Mountain pour le titre original, est en réalité un livre publié depuis vingt ans, en 1996 ! Comme quoi, le sujet est encore actuel et ne change pas.


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jeudi 25 janvier 2018

Un cadavre dans la bibliothèque, d'Agatha Christie,

Le colonel Bentry est contrarié : on l’a tiré de son sommeil pour lui faire constater un fait particulièrement vexant : une femme, une inconnue, a été trouvée étranglée dans sa bibliothèque. Heureusement que la demeure des Bentry est voisine de St. Mary Mead, où réside Miss Marple…
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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J’ai délaissé un peu Hercule Poirot pour aller à la rencontre de miss Marple… sans être charmée plus que ça. Si je retrouve l’humour de la Reine du Crime, visiblement infatigable et c’est tant mieux, le personnage de la vieille fille enquêtrice manque de saveur dans ce policier au rythme boiteux.

Ce n’est pas la première fois que je remarque ce défaut chez Agatha Christie : la brièveté de ses romans permet une lecture rapide mais elle n’est clairement pas accordée au nombre de personnages présents.  Et c’est dommage car les interactions sont toutes hautes en couleurs : miss Marple avec son amie Mrs Bentry qui est aussi suffoquée qu’excitée d’avoir la scène de crime dans sa bibliothèque, le prétentieux Basil Blake qui représente le jeune dévergondé et n’a pas peur des "poulets"... Mais les acteurs de cette enquête sont bien trop nombreux et le lecteur peut se perdre assez facilement. Et à force de brouiller les pistes, c’est le fil de la lecture qui est embrouillé.
D’autant plus que les clichés les empêchant de se démarquer.
[ci-contre : illustration signée Corona]
Ce qui se démarque par contre, c’est la modernité du récit ! Beaucoup moins guindée qu’une enquête à la Hercule Poirot, venez rencontrer la jeune société anglaise débauchée vue par Agatha Christie et miss Marple ! Soirées bien arrosées, jeunes femmes sexy... J’ai adoré voir une femme "comme il faut" comme miss Marple dans cet univers très spécial, même si j’aurais aimé la voir plus souvent : miss Marple reste très discrète même si cet effacement est logique si on pense qu’une adorable retraitée ne peut bien évidemment pas mener une enquête.
Mais enfin, un contexte qui sort de l’ordinaire. Le tout avec beaucoup d’humour et de légèreté bien sûr, malgré le contexte.

Agatha Christie tape un petit peu plus fort qu’avec Poirot niveau enquête : le côté sensation est bien présent, digne d’un fait divers accrocheur. Seul le motif s’inscrit dans le très classique, faisant perdre du souffle à l’énigme, mais les rebondissements sont présents.

Malheureusement, si j’ai pour objectif de lire tous les Hercule Poirot (même les pastiches récents), il n’en sera pas de même avec les histoires de miss Marple : le personnage est très sympathique mais n’a pas le même cachet que le policier retraité belge, retirant un peu de saveur aux romans. Par chance, la plume vive de la Reine du Crime frappe encore et toujours !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Ce livre a été lu à l’occasion d’une lecture commune, vous trouverez d’autres critiques ici : l’avis de Grizelda,


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mercredi 27 décembre 2017

Fangirl, de Rainbow Rowell,

Cath est fan de Simon Snow.
Okay, le monde entier est fan de Simon Snow...
Mais pour Cath, être une fan résume sa vie – et elle est plutôt douée pour ça. Wren, sa sœur jumelle, et elle se complaisaient dans la découverte de la saga Simon Snow quand elles étaient jeunes. Quelque part, c’est ce qui les a aidé à surmonter la fuite de leur mère.
Lire. Relire. Traîner sur les forums sur Simon Snow, écrire des fanfictions dans l'univers de Simon Snow, se déguiser en personnages pour les avant-premières de films.
La sœur de Cath s’est peu à peu éloignée du fandom, mais Cath ne peut pas s'en passer. Elle n'en éprouve pas l'envie.
Maintenant qu'elles sont à l'université, Wren a annoncé à Cath qu'elle ne voulait pas qu'elles partagent une chambre. Cath est seule, complètement en dehors de sa bulle de confort. Elle partage son quotidien entre une colocataire hargneuse qui sort malgré tout avec un mec charmant et toujours collé à ses bottes, son professeur d'écriture inventée qui pense que les fanfictions annoncent la fin du monde civilisé, et un camarade de classe au physique alléchant qui a la passion des mots...
Mais elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter à propos de son père, aimant et fragile, qui n'a jamais vraiment été seul.
Pour Cath, la question est : va-t-elle réussir à s’habituer à cette nouvelle vie ?
Peut-elle le faire sans que Wren lui tienne la main ? Est-elle prête à vivre sa propre vie ? Écrire ses propres histoires ?
Et veut-elle vraiment grandir si c’est synonyme d’abandonner Simon Snow ?
Quatrième de couverture par Castelmore.
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J’ai entendu beaucoup de bien de ce livre, vraiment. Et j’étais très heureuse de le commencer. Mais après une cinquantaine de pages, la magie ne prenait toujours pas et elle n’a jamais pris.
Fangirl me fait penser à une sorte de sitcom basique qui présente un condensé de clichés, une série feel good pour donner le sourire (même si j’ai, de mon côté, multiplié les soupirs agacés). Et je reproche énormément de points à ce roman que je voulais pourtant apprécier…

Cath déjà. Cath est une jeune étudiante quand elle a le comportement d’une collégienne et, si elle doit représenter les communautés d’internet et les geeks, je trouve cette égérie très réductrice. On ignore si elle souffre vraiment de phobie sociale tant le trouble est mal représenté dans Fangirl : l’auteure la dote tantôt d’une timidité maladive, tantôt d’un handicap réel.
Ce trouble pauvrement amené (et qui sert surtout les retournements de situation prévus par l’auteure) l’amène presque à devenir une Mary-Sue (le terme apparaît dans Fangirl, je me permets de le reprendre) : Cath est l’auteure de fanfics de Simon Snow la plus populaire d’internet, elle est canon (puisque sa sœur jumelle l’est), elle se fait remarquer par une enseignante, auteure publiée, à cause d’un talent littéraire qui ne demande qu’à apparaître, elle a des problèmes de santé mentale (paraît-il) mais s’en sort quand Dieu le veut… Même la fin de Fangirl va dans ce sens en occultant beaucoup de parties qui méritaient d’être exploitées et en faisant de ce personnage un modèle.

Car le plus gros souci de Fangirl est là : des thèmes très intéressants, un traitement quasi-inexistant. Déjà l’alcoolisme chez les jeunes, qui est assez vite écarté finalement, sans connaître de conclusion. Les fanfics peuvent-elles être une branche littéraire ? J’avoue que j’ai lu peu de fanfics mais j’en ai écrit une flopée et j’ai toujours vu cet exercice comme étant enrichissant quand il est bien mené. Sauf que Rainbow Rowell adopte un silence agaçant pour cette question : elle ne défend pas les fanfics, n’explique pas la richesse de ces histoires, ne développe pas clairement ce que les fanfics ont apporté à son héroïne.
Et puis sérieusement : Magicath, nom de plume de Cath, est méga populaire mais ne s’implique pas plus dans le monde virtuel ? Je ne me souviens pas qu’internet était si pauvre… Elle rencontre bien une fan à un moment mais aucune suite ne sera donnée…
Et surtout, le thème qui m’a fait grimacer : le départ d’un parent, le sentiment d’abandon. C’est certainement le plus gros échec de ce roman. Cath a un comportement immature qui gomme toute l’émotion que cette trame pourrait susciter, [spoiler et moment coup de gueule] je sais ce que c’est d’être abandonnée par un parent lors d’un événement marquant, pendant l’adolescence, j’ai eu une période de rébellion, mais depuis que je suis rentrée à la fac, j’ai repris contact afin de discuter d’adulte à adulte. Je ne dis pas que mon comportement est exemplaire ou quoi, chacun gère ses problèmes à sa façon, mais j’estime qu’après un certain âge, si on peut demander à nos parents de se mettre à notre place, en tant que jeune adulte, on peut se mettre à leur place également. C’est juste une logique d’échange afin de comprendre l’un et l’autre. Le fait que Cath repousse sa mère comme une gamine qui se ferme comme une huître était agaçant, mais au-delà de ça, elle refuse même d’en parler avec sa sœur jumelle et son père. Qu’elle refuse de parler à sa mère, bon, mais le reste de sa famille ? C’était nécessaire ? [/fin du spoiler et du moment coup de gueule]
Un sujet sensible pour moi et j’ai trouvé que Rainbow Rowell ne faisait pas honneur à un problème aussi riche, notamment à cause d’un personnage casse-couilles au possible.

(j’ai même préféré Reagan malgré son attitude bizarre et ses absences qui arrangent)

Le seul détail qui sauve ce roman, c’est la romance : elle est plus complexe qu’il n’y paraît, elle est tout en pudeur et faite de découvertes… en fait, c’est bien le seul fil peaufiné de Fangirl. Même si, encore une fois, c’est un peu léger.
Levi est, bien sûr, adorable et c’est certainement le personnage le plus sympathique, même si j’ai tiqué à sa réflexion contre un autre gars qui lui sort, grosso modo, que c’est honteux de se branler devant YouPorn. Alors oui, le gars en question est un pervers, mais on est en 2017 et la masturbation est encore un sujet de moquerie ? Levi n’avait pas autre chose en réserve ?

Bref, si certains moments me motivaient à poursuivre ma lecture, j’ai sauté beaucoup de passages (notamment les fanfics quand je me rendais compte qu’elles n’apportaient rien et que, exclus du monde de Simon Snow, on a du mal à saisir toutes les subtilités). Les thèmes sont pourtant parlants, c’est bien pour ça que j’ai commencé Fangirl, mais l’auteure ne propose pas quelque chose de concret et Fangirl est, pour moi, une coquille vide…
Ceci dit, Eleanor & Park m’intéresse énormément et malgré cette déception, je lirai cette histoire.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Pour les fans, Rainbow Rowell a bel et bien écrit Carry On, afin de plonger dans la romance qui lie Simon et Baz. Les lecteurs de Fangirl n’auront pas l’impression de redondance ceci dit car la trame change et c’est une histoire totalement à part.



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lundi 13 novembre 2017

Pour Éloïse, de Magali Ségura,

Peut-on échapper à une prophétie ?
À cause de celle des Trois Fées, le prince Axel ne pourra plus jamais connaître l’amour. Pourtant, il est tombé amoureux des yeux d’Éléa, la jeune justicière qui s’oppose à l’infâme duc Korta. Pour elle, Axel affronte le Monstre de la Forêt Interdite lors d’un duel mortel. Pour elle, les résistants resserrent leurs rangs.
Chacun se lance dans un combat contre la mort. Les compagnons de la forêt décident d’armer les villageois pour contrer l’oppresseur. Parmi eux, Chloé, une petite fille de cinq ans, semble douée d’un étrange pouvoir. Est-ce l’atout majeur dont les justes ont besoin ?
Car Muht, le chef de guerre allié au duc Korta, pourrait bien devenir l’Adversaire qu’attend Éléa pour l’ultime affrontement…
Quatrième de couverture par Milady.
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La carte qui vous sera utile.

Même si le premier tome de Leïlan n’était pas un coup de cœur, j’ai vite enchaîné avec le second pour retourner dans ces forêts dangereuses et découvrir la suite de l’histoire d’Axel et Victoire.
Dans une continuité parfaite, Pour Éloïse réunit les mêmes ingrédients que son prédécesseur : végétation omniprésente, résistance et action romanesque, le lecteur ne risque pas d’être dépaysé !

Ceci dit, même si on est gâtés par quelques révélations, cette suite souffre du syndrome commun à beaucoup de seconds tomes : "le tome de transition". Les moments les plus marquants sont ceux avec la petite Chloé et Jerraïkar, j’oserais même dire qu’ils deviennent peu à peu des personnages très chers et hauts en couleurs, mais les personnages secondaires restent malheureusement trop secondaires.

Quelques longueurs viennent ralentir la lecture, notamment autour de la romance entre Axel et Victoire (qui, je dois l’avouer, ne m’atteint pas plus que ça...). C’est dommage qu’ils éclipsent presque le reste de leur compagnie qui est vraiment fascinante pourtant !

Toutefois, c’est un petit manque de souffle qui ne décourage pas : la fin est tout de même prometteuse mais Pour Éloïse n’est pas un tome qui me marquera vraiment, effacé par les tomes précédent et (certainement) suivant. Je vais me jeter sur la conclusion avec moins d’empressement… mais avec tout de même cette envie de savoir comment tout cela va se terminer.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Lire la chronique du tome précédent : Les Yeux de Leïlan.

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dimanche 29 octobre 2017

La Dame pâle, d'Alexandre Dumas,

Au cœur des Carpathes dans le sombre château de Brankovan, les princes Grégoriska et Kostaki s’affrontent pour conquérir la belle Hedwige. Or Kostaki est un vampire qui revient chaque nuit assouvir sa soif de sang auprès de la jeune femme devenue l’objet d’une lutte sans merci entre les deux frères.
Quatrième de couverture par Folio, collection à 2€.
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Après deux romans, j’ai testé Alexandre Dumas avec le format nouvelle et le thème du vampire. Mais décidément, l’auteur français le plus populaire n’arrive toujours pas à se faire une place chez mes favoris…

Mix-up entre Carmilla et Le Tour d’écrou, La Dame pâle est une nouvelle qui se lit au coin du feu mais ne possède pas du tout la même force que les deux œuvres mentionnées : Alexandre Dumas nous entraîne dans une réunion de minuit où une femme partage son histoire. Elle met en garde : les scientifiques seront sceptiques et pourtant, il ne faut pas qu’ils mettent sa parole en doute !
Tout est installé dans ce prologue : une soirée pour des histoires d’épouvante, un archétype de la femme gothique dont le teint imite celui de la lune et un public suspendu à ses lèvres. Tous les ingrédients sont là, mais chassez le naturel, il revient au galop : l’ambiance gothique est vite piétinée par l’action qu’Alexandre Dumas affectionne tant.
Bien sûr, je ne vais pas blâmer l’auteur pour sa patte mais le thème du vampire s’accorde finalement assez mal avec ce ton porté sur l’action romantique.

Enfin, "romantique", "romantique", le vampire de La Dame pâle n’est pas des plus charmants.

Je n’avais pas lu la quatrième de couverture avant ma lecture et j’ignorais totalement qui serait le vampire et, trop nourrie par les drames anglais, [spoiler malgré la quatrième de couverture] j’étais persuadée que ce serait le « gentil » frère ! Alors forcément, j’imaginais une histoire d’amour déchiré, pas quelque chose d’aussi commun que le méchant frère qui devient le vampire et ainsi de suite…[/fin du spoiler malgré la quatrième de couverture]
De plus, je ne me suis pas spécialement attachée aux deux frères, bien plus affectée par la mère et sa présence matriarcale pesante mais efficace.

Une nouvelle qui devrait être lue par les grands fans de Dumas plutôt que les mordus de vampires. Pour les classiques français qui traitent du mythe du vampire, La Morte Amoureuse répondrait peut-être plus aux attentes des amateurs de gothique.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Présentée comme une nouvelle indépendante, La Dame pâle est en réalité une histoire faisant partie du recueil Les Mille et Un Fantômes.


mardi 15 août 2017

Macbeth, de William Shakespeare,

Le général écossais Macbeth revient du combat où il a vaillamment défendu son seigneur Duncan quand, en pleine lande, trois sorcières apparaissent et lui annoncent qu'il deviendra roi. Lorsque Duncan lui rend visite pour le récompenser de sa bravoure, Macbeth, hanté par la prédiction des sorcières et poussé par sa femme, tue son hôte et s'empare du pouvoir. En proie au remords, le couple sombre peu à peu dans la folie...
Quatrième de couverture par LivrAddict.
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Aux côtés d’Hamlet, Le Songe d’une nuit d’été et Roméo et Juliette, Macbeth est une des pièces les plus connues de William Shakespeare. Malheureusement, elle ne fera pas partie de mes préférées…

Influencée par les représentations modernes et populaires, je me faisais une toute autre idée de Macbeth : quelque chose de plus sanglant, de plus violent, de plus perfide. Mais malgré la présence des trois sorcières et de l’intrigue où tout n’est que tromperie pour dévier vers le meurtre, Macbeth est surtout une pièce où la politique occupe une grande place. Hors, la politique n’est jamais aussi mal expliquée que dans une pièce de théâtre où il faut connaître suffisamment le contexte pour pouvoir se passer d’annotation. Et c’est sans compter le côté "propagande" de la pièce, similaire aux autres œuvres de Shakespeare et qui échappe quelque peu aux lecteurs du XXIème siècle.

The Three Witches from Macbeth (1775), par Daniel Gardner et ses modèles : 
Elizabeth Lamb, vicomtesse de Melbourne, Georgiana, la duchesse du Devonshire et Anne Seymour Damer.

Certains points sont réellement captivants : la présence d’une prophétie, la loyauté des hommes à l’épreuve… Mais une telle histoire prendrait de meilleures ampleurs sous la forme d’un roman. Et je donnerais cher pour une réécriture ! Enfin, on ne touche pas au Grand Shakespeare et ce vœu ne risque pas d’être réalisé, mais je peux toujours me raccrocher aux adaptations car le récit est intéressant. C’est juste navrant que le format théâtre ne lui rende pas hommage. J’étais bien plus captivée par Richard III par exemple, que je conseille.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Macbeth est la tragédie la plus courte écrite par Shakespeare. Et ça se sent, quelque part !
• Pour sa pièce, Shakespeare s’est appuyé sur les Chroniques de Raphael Holinshed qui retracent l’histoire des Îles Britanniques. Mais le dramaturge en modifie certains aspects, par pression ou par choix, par exemple : Banquo, innocent injustement assassiné, est un ancêtre de la maison Stuart, une maison à laquelle appartient Jacques Stuart, dit aussi Jacques VI roi des Écossais à partir de 1567 ou encore Jacques Ier roi d’Angleterre et d’Irlande à partir de 1603. Renvoyer une mauvaise image de la maison Stuart aurait raccourci Shakespeare d’une bonne tête...


jeudi 22 juin 2017

L'Homme Invisible, d'H. G. Wells,

C’est un drôle de client qui s’est installé à l’auberge de Mme Hall ! Vêtu d’un grand chapeau, de lunettes noires et recouvert de bandages tout autour de la tête, l’inconnu s’est enfermé dans sa chambre avec des dizaines de petites bouteilles remplies de poudre et de liquides divers.
Que prépare-t-il ? Une chose est sûre, les villageois sont loin d’être rassurés !
Quatrième de couverture repris sur LivrAddict.
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Petite, j’étais fascinée par le vieux film de L’Homme Invisible datant de 1933 : cet homme recouvert de bandages, habillé de son propre mystère intrigue. Il attire alors que son caractère abject repousse. Je me souvenais de cette impression, mais seulement vaguement. Et comme le film a totalement déserté ma mémoire, j’en ai donc profité pour redécouvrir cette histoire avec la plume du créateur, celle d’H. G. Wells.

Malheureusement, la première chose que je déplore est justement cette plume : je ne sais pas si elle vient de la traduction (qui n’est pas toujours fameuse dans les œuvres libres de droits que l’on peut trouver gratuitement sur le net), mais j’ai trouvé certains passages brouillons, d’autant plus que les scènes de lutte sont nombreuses, ce qui n’aide pas, et une absence totale de charme… Pas de descriptions d’environs, pas d’atmosphère, pas d’efforts littéraires notables. Des articles de journaux sont écrits avec plus de cœur…

Par contre, L’Homme Invisible s’inscrit parfaitement dans les prémices de la science-fiction. Et puis, quitte à avoir une écriture chirurgicale, autant aller dans le détail qui frôle la science. Je ne m’attendais donc pas à avoir une explication sur le comment devenir invisible, et pourtant, Wells s’y risque, rappelant les découvertes atomiques qui ont marqué son siècle ! Un bel effort d’imagination et, comme le veut le genre, on en vient à se demander durant la lecture si ce phénomène ne serait pas effectivement possible ?


Le film a fait de ce scientifique une des icônes « monstrueuses » d’Hollywood au début du XXème siècle, mais L’Homme Invisible n’est pas un roman effrayant, j’en attendais malheureusement trop sur sa capacité à faire frissonner. Cette nouvelle a plutôt tendance à heurter, non à faire frémir : le scientifique agace et offense, mais il aurait pu être encore plus terrifiant (être attaqué par une chose invisible, voilà de quoi perturber).

C’est tout de même une lecture que je tenais à faire avant de revoir le film de 1933 et je ne la regrette pas malgré tout.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Aujourd’hui, c’est surtout le film de 1933 qui est connu, à l’instar du Dracula de 1931 avec Bela Lugosi ou le Frankenstein de la même année avec Boris Karloff : Griffin rejoint donc les fameux Universal Monsters. Et entre nous, je le trouve bien plus charismatique dans cette adaptation que dans la nouvelle d’origine.