Affichage des articles dont le libellé est Littérature Écossaise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature Écossaise. Afficher tous les articles

jeudi 18 janvier 2018

Le Portrait du mal, de Graham Masterton,

Ils étaient prêts aux pires atrocités pour conserver l’éternelle jeunesse. Un portrait de douze personnages au visage en décomposition... La toile est l’œuvre d’un certain Waldegrave, ami d’Oscar Wilde et passionné d’occultisme, mais elle est sans valeur et plutôt médiocre. Alors pourquoi la mystérieuse Cordelia Gray veut-elle à tout prix s’en emparer ? Quel est le secret du portrait ? Qui sont ces douze personnages ? Vincent Pearson, l’actuel propriétaire du tableau, découvre un lien entre cette œuvre démoniaque et une série de meurtres particulièrement abominables qui secouent la Nouvelle-Angleterre depuis quelques mois.
Quatrième de couverture par Milady.
---

« — Mon grand-père a dit que si nous [gardions ce tableau] en notre possession, il protégerait notre famille. Et si c’est ce que mon grand-père pensait, cela me va parfaitement.
— Mais vous n’y croyez pas vraiment, allons !
— Cessez de me psychanalyser. Vous voulez une prime pour Noël, oui ou non ? »
P. 47

Séduite par Walhalla cet été, j’étais prête à remettre le couvert avec Graham Masterton qui s’affirme comme un des maîtres de l’horreur. Moins convaincue par l’histoire du portrait maudit que par celle de la demeure hantée, j’ai quand même apprécié Le Portrait du mal.

Malgré une couverture macabre et un genre qui séduit les amoureux d’épouvante, Le Portrait du mal est un roman assez soft qui se place entre l’horreur et l’enquête surnaturelle. La part policière est assez importante et contrebalance, ne faisant pas de ce livre une plongée en enfer : l’ambiance glaciale, loin du Noël magique, et les décors luxueux, couverts de peintures victoriennes, n’inspirent pas distinction et classe mais vieilleries d’un autre temps qui aurait dû s’effacer.
Masterton reprend des éléments classiques pour donner tout à fait autre chose. C’est dommage que ces efforts au niveau du cadre effacent l’essentiel : le thème du roman. Dans la même veine que Le Portrait de Dorian Gray, l’auteur joue avec l’opposition entre un portrait qui résistera aux assauts du temps et des excès et le modèle de chair et de sang qui subira le poids des années. La quête de la jeunesse et de la beauté parfaite n’est pas loin, promettant un récit fascinant mais… Le Portait du mal se révèle un peu fade, à côté, par exemple, de Coldheart Canyon de Clive Barker qui traitait du même sujet, Graham Masterton explore moins la dimension humaine, ce qui est dommage.

En plus de cette timidité concernant le thème, le roman finit par devenir brouillon à partir de la moitié : des longueurs cassent le rythme et les points forts sont au contraire trop faibles pour marquer l’esprit. C’est dommage et même si le surnaturel ne demande pas forcément d’explications afin de conserver le mystère et la peur, Masterton est bien trop vague, laissant le lecteur sur sa faim.


Les personnages par contre sont surprenants et intéressants
: un policier qui doit changer ses convictions, une famille qui tente de survivre comme des tigres, un collectionneur tiraillé entre les souhaits de ses ancêtres et l’avenir de sa famille… J’ai beaucoup aimé Cordelia Gray et ses surprenants petits… cadeaux, laissés à ses victimes.
Si vous avez peur des insectes, Le Portrait du mal vous donnera des frissons.

Sans oublier la conclusion qui laisse un agréable goût amer : je me doutais de cette fin et ce n’est donc pas la surprise qui marque, mais l’horreur qui hante jusqu’aux dernières pages, jusqu’aux derniers mots, laissant songeur une fois le livre refermé (ou la liseuse éteinte, dans mon cas).

Un bon roman d’horreur donc, mais pas le meilleur de Masterton et pas le meilleur sur le thème. Le Portrait du mal reste un honneur sympathique à Oscar Wilde mais j’aurais aimé un récit plus développé.

« Vincent ne fut pas certain d’avoir vraiment entendu le cri. Il semblait lui avoir été transmis par les os de son visage. C’était un hurlement hideux, horrifiant, un hurlement de terreur, de souffrance et de désespoir absolu. C’était le hurlement d’un homme broyé par sa propre épouvante. »
P. 242 – 243


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Si les peintures et les peintres mentionnés existent bel et bien, il va de soit que le portrait peint par Waldegrave et ce peintre-lui-même soient fictifs… quoique…


Envie de l’acheter ? (format numérique)

vendredi 18 août 2017

Walhalla, de Graham Masterton,

Craig et Effie Bellman sont tombés sous le charme de Walhalla, une superbe demeure dans la vallée de l'Hudson. Qu’importe ce que l’on peut raconter sur l’ancien propriétaire, Jack Bélias, milliardaire excentrique et joueur invétéré, qui se serait suicidé dans des circonstances mystérieuses en 1937 ! Qu’importe si la maison est en ruine ! Ils ont décidé de l’acheter et de la restaurer.
Mais, bientôt, des phénomènes étranges commencent à se produire. Craig lui-même est en train de changer. Comme si la personnalité démoniaque de Jack Bélias prenait par moments possession de lui.
Résumé trouvé sur LivrAddict.
---
« Gut ist der Schlaf, der Tod ist besser. »
P. 85

J’ai préféré reprendre le résumé que la fiche sur LivrAddict propose car la quatrième de couverture de mon édition en dévoile trop. Alors certes, certains me diront « mais c’est le schéma classique : un couple qui traverse une phase difficile tente de prendre un nouveau départ avec une magnifique demeure qui est dans leurs moyens et patatra, un fantôme/démon/esprit prend possession du mari qui devient odieux et tente d’assassiner sa femme ».
Ouais, ok, c’est une trame vue, revue et rerevue. Mais premièrement : c’est mon point faible, c’est typiquement une histoire qui s’inscrit dans le gente splatterpunk et je marche à tous les coups, deuxièmement : certains rebondissements surprennent et n’ont pas besoin d’être dévoilés dans le résumé, l’histoire connaîtra une évolution que les lecteurs ne pourront pas vraiment prédire, c’est l’avantage d’une histoire de fantômes : l’imagination de l’auteur et ses interprétations font que Walhalla se démarque des autres histoires d’horreur.

Ce qui compte finalement dans ce genre littéraire, c’est l’atmosphère et celle de Walhalla est tendrement mijotée avec précision par Graham Masterton, enrobée par des théories spirituelles originales et qui concernent les fantômes et les démons. Avec tout ce soin, le secret de la demeure nommée Walhalla est bien conservé et sera coriace à vaincre.

Au milieu de ce drame, les acteurs sont assez étranges : Effie Bellman m’a touchée dans sa condition de "Madame Craig Bellman" à l’ancienne où la femme soutient et se tait. Je me souviens d’une critique sur GoodReads qui reprochait un côté franchement misogyne dans Walhalla : si je comprends cette impression, je ne suis pourtant pas entièrement d’accord. Certaines réflexions peuvent blesser, notamment un passage où un homme explique que « si une femme reste avec un homme qui la bat, c’est qu’elle se sent exister à travers ces coups » (bon, la critique dit que ce n’est même pas quelqu’un de détestable qui sort ça, moi, je le trouvais plutôt désagréable et dérangé en fait…). Mais cela ne vaut pas pour autant dire que Graham Masterton est macho et réduit les femmes plus bas que terre, d’autant plus que les hommes dans le roman ne renvoient pas une très belle image non plus. D’ailleurs, aucun ne m’a réellement séduite.
Dans Walhalla, les hommes ont soif de pouvoir et se servent des femmes, tandis que les femmes sont à la recherche de liberté tout en étant tiraillées par leur amour pour épauler leur époux. Mais certains personnages évolueront et Effie Bellman deviendra de plus en plus intéressante. Ne vous laissez pas refroidir et retenez surtout qu’il s’agit d’un roman d’horreur qui vire vers le sale et ni les hommes, ni les femmes sont là pour être plaisants. Quoiqu’il y a Pepper Moriarty qui est sympathique !


Un récit d’horreur très sympa qui possède des moments douloureux et terrifiants, le final est assez explosif et je ne regrette pas cette lecture qui ravira aussi les amateurs d’horreur des années 80 et 90.

Grâce aux flammes, je valide l’idée 143 du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le livre n’est actuellement plus édité : les liens proposés ci-dessous sont donc des livres d’occasion, vérifiez bien les prix !

jeudi 16 juin 2016

L'Été de Cristal, de Philip Kerr,

Ancien policier, Bernie Gunther, trente-huit ans, est devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Et on disparaît beaucoup, à Berlin, en cet été 1936 où les S.A., à la veille des Jeux Olympiques, se chargent, à leur manière, de rendre la ville « accueillante » aux touristes. C’est pourtant une autre mission que lui propose Hermann Six : ce dernier ne cherche pas sa fille, assassinée chez elle, mais des bijoux disparus. Bernie se met en chasse. Et cet été-là, l'ordre nouveau qui règne sur l’Allemagne va se révéler à lui, faisant voler en éclats le peu d’illusions qui lui restent...
Quatrième de couverture par Audiolib.
---

Popularisé surtout au cinéma, le genre noir a beaucoup servi dans la littérature policière. Parmi les figures populaires, on retrouve toujours ce décor dans les rues new-yorkaises pleines de brume et de vices, les lumières artificielles qui créent des ombres chinoises et le flic (voire ex-flic) qui accumule les péchés comme le pire des criminels, traînant aussi bien dans l’alcool que dans une femme.
Les romans noirs ne m’ont jamais beaucoup fascinée malgré mon point faible pour les héros désabusés. Les clichés de la femme fatale, les courses-poursuites dans la nuit noire et les parfums de whisky m’attirent moins que les enquêteurs avec des hauts-de-forme, les victimes en corsets et le fog qui plane au-dessus de la Tamise.

Mais ici, y a un plus intéressant : le contexte des années 30 qui se concentre sur la montée du nazisme, cette angoisse qui précède l’ascension d’Hitler et la pression de la guerre prête à éclater, toute cette période historique où les disparitions étaient nombreuses et où les corruptions et trahisons circulaient, la nature humaine étant à son stade le plus vil pour mieux survivre.
Forcément, la fameuse Trilogie Berlinoise de Philip Kerr, auteur écossais qui manie aussi la plume pour les enfants, possédait d’autres atouts.

Portrait de l’auteur.

Le premier grand point positif, c’est que Philip Kerr exploite très bien ce contexte historique : on bascule même dans la période avant la Seconde Guerre Mondiale et les lecteurs néophytes comme moi pourraient apprendre bien des choses (même des mots allemands) concernant cette décennie qu’on ignore un peu trop souvent.
À l’instar des romans qui se passent pendant la guerre, L’Été de Cristal possède cette ambiance oppressante et capable d’émouvoir à cause de sa réalité : les disparitions, les exécutions secrètes… Si le roman de Kerr est fictif et (la majorité de) ses personnages aussi, les drames de ces années sont bien réels et le lecteur s’en retrouve vite ému.
Petit détail en plus : l’histoire se déroule en Allemagne. En 1936, les allemands sont les "seuls" et "premiers" à souffrir de ce nazisme qui gagne de plus en plus d’adeptes : si les échos dans les pays étrangers font froid dans le dos, les berlinois et leurs compatriotes sont les premiers à assister à cette naissance et le choix de l’année et du pays est donc une excellente idée.

Cette fameuse photo de 1936 où une personne ne fait pas le salut nazi avec le reste de la foule.

Ce support historique fait que j’ai eu de nombreux petits pincements au cœur : certes, Bernhard Gunther (Bernie pour les intimes) n’est pas devenu mon enquêteur favori et je le trouve un peu trop emprisonné dans l’image du détective privé cynique, mais les rencontres et les destins de chacun sont pour le moins pimentés et certains drames retournent l’estomac.
Petite mention pour la demoiselle Inge d’ailleurs, personnage classique dans son genre mais efficace, je m’y suis attachée à mon grand dam.

Quant à l’enquête, elle est sympathique et intrigante : les fausses-pistes sont nombreuses, les suspects sont à la pelle et la fin est habilement amenée avec beaucoup de noirceur. Et bizarrement, malgré tout le côté sombre et sale que sert Philip Kerr, l’auteur est doué pour adopter un ton humoristique et les dialogues claquent, j’ai souri plus d’une fois.

En conclusion, un très bon roman noir avec un style désabusé qui correspond au protagoniste. De plus, la voix de Julien Chatelet donne une âme à Bernie et le ton est bien donné grâce à cette narration très bien choisie.
Je ne finirai peut-être pas la série car ce n’est pas pour autant mon genre, mais pour les amateurs d’Histoire et curieux d’enquêtes glauques, ce roman noir pourrait plaire !


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le titre original est March Violet, un titre qui est plus adéquat quand on pense à l’anecdote qu’il y a derrière : les Violettes de Mars font référence aux fleurs violettes qui fleurissent en grand nombre en Mars… comme les cartes des adhérents au parti nazi : quand les allemands ont constaté que le mouvement gagnait de l’ampleur, beaucoup ont pris leur carte in extremis et étaient vus comme des "arrivistes". Un peu à la mode hipster, c’était bien en 1936 de dire « j’avais ma carte du parti nazi avant tout le monde ». En allemand, ce petit surnom moqueur est Märzveilchen.
• La Trilogie Berlinoise est une intégrale qui réunit L’Été de Cristal, La Pâle Figure et Un Requiem Allemand, mais les aventures de Bernhard Gunther ne s’arrêtent pas là et continuent sur sept autres tomes, avec un huitième tout neuf qui vient de sortir.



lundi 24 novembre 2014

Les Aventures de Sherlock Holmes [Tome 3], d'Arthur Conan Doyle,


Il vit à Londres, au 221B Baker Street, à la fin du dix-neuvième siècle. Il a des idées un peu bizarres… Il se passionne pour certaines branches de la science. Il est assez calé en anatomie, est un chimiste de premier ordre qui, malgré des études très décousues et excentriques, a amassé un tas de connaissances peu ordinaires. Il n’est pas aisé de le faire parler, bien qu’il puisse être assez expansif quand l’envie lui en prend. Il joue du violon.
Il a un métier : dénouer des énigmes étranges auxquelles il est le seul à pouvoir apporter une solution.
Il a un défaut : il affectionne les drogues.
Il a un ami : le docteur Watson, témoin et narrateur de ses aventures.
Son créateur, Arthur Conan Doyle, a inventé le récit policier moderne.
Il s’appelle Sherlock Holmes.
Quatrième de couverture par Omnibus.
---


« — Cela signifie qu’il y a une affaire en cours, je suppose ?
— Oui monsieur ; il est à fond là-dessus en ce moment. Je m’inquiète pour sa santé. Il est de plus en plus pâle et maigre, et il ne mange rien. « Quand désireriez-vous dîner, monsieur Holmes ? » lui a demandé Mme Hudson. « À sept heures et demi, après-demain », a-t-il dit. Vous savez comment il est lorsqu’une affaire l’inspire. »
P. 707

Rencontré il y a maintenant plus de cinq ans, j’avais dans l’objectif d’acheter toutes les nouvelles et tous les romans d’Arthur Conan Doyle qui met en scène son célèbre détective Sherlock Holmes. J’avais opté pour les éditions Omnibus car les trois tomes sont bilingues et y sont représentées les illustrations de Sidney Paget, illustrations d’époque. Depuis, ni Holmes, ni son fidèle Watson n’ont quitté ma vie de lectrice : ils se sont immiscés dans des pastiches, des adaptations, des clins d’œil dans des romans policiers… Et même à un cours de de criminologie de trois heures où l’enseignante mettait l’accent sur les méthodes de déductions et tout ce que l’œuvre de Doyle a apporté à la police (ce n’est pas pour rien si un programme de la police anglaise se nomme HOLMES 2).
Et pourtant, il fallait bien que je finisse par m’en séparer. Ou presque. Si j’ai acheté les trois tomes, c’était pour les lire, et si j’ai dévoré les deux premiers en l’espace de deux ans, j’ai longtemps repoussé la lecture du dernier tome. Ce n’est que grâce au Challenge Écosse que j’ai fini par me pousser un peu au cul et à me lancer dans ces dernières enquêtes.
Je dois dire que j’ai été très surprise : Doyle s’autorise plus d’anecdotes, d’humour et dote même son héros d’un côté plus humain, comme si Holmes en était venu à délaisser son image de cerveau penseur. Placé face à de situations assez sentimentales et violentes, Sherlock Holmes devient plus réaliste que jamais, surtout aux côtés de son ami Watson.
Je n’ai pas regretté cette lecture : Doyle ne perd pas la main dans la construction de mystères intelligents même si il délaisse un peu les méthodes. Mes impressions en détails ci-dessous…
Pour rappeler un peu le premier et le second articles, je note les romans et aventures au cas par cas avec mes impressions, à savoir que la note finale n’est pas une moyenne de toutes les notes ci-dessous, c’est une impression générale.


             • La Vallée de la Peur (titre original, The Valley of Fear, publié en Décembre 1915) 3/5
Dernier roman de Sherlock Holmes, La Vallée de la Peur offre une enquête qui peut s’étendre et se compléter. Je n’ai pas été totalement emballée cependant car le récit se rapproche un peu trop de celui d’Une Étude en Rouge à mon goût, le plaisir de la rencontre en moins.
Doyle nous entraîne tout d’abord dans un décor typiquement anglais : un magnifique château médiéval, des douves humides et des nuits glauques qui, grâce à leur tranquillité et leur silence, permettent à des crimes de s’opérer. Bien sûr, tout ce début était à mon goût, surtout grâce à cette remarque de Watson : l’existence quasi-éternelle d’un château perturbée par un meurtre victorien qui fait l’effet d’une fausse note. Une pointe de modernité qui entache cette fresque médiévale si parfaite.
[Ci-contre, La jeune fille à l’agneau, de Jean-Baptiste Greuze, un tableau au goût d’un redoutable professeur.]
Le mystère est aussi riche que le décor : les indices sont intéressants et les énigmes ne se démêleront pas facilement. La conclusion, en tout cas, ne sera pas uniquement apportée par Holmes, un autre élément s’ajoutera.
Je serai franche : j’ai eu du mal à accrocher à la suite du récit. Le décor bascule trop brusquement et c’était très dur de retrouver le fil tout en gardant en mémoire les indices du début.
Le final rattrape un peu le tout, mais voilà, mon intérêt était bien tassé.
La Vallée de la Peur reste un roman très sympathique mais, quand on a déjà lu Une Étude en Rouge, il y a comme une impression de redondance. D’autant plus que le format n’est, selon moi, pas pleinement exploité par Doyle.

Son Dernier Coup d’Archet,
             • Wisteria Lodge (titre original, The Adventure of Wisteria Lodge, publié la première fois en Août 1908) 4/5
Avec Wisteria Lodge, on se retrouve dans une demeure aussi immense que l’énigme qui fera la joie de Sherlock Holmes et du docteur Watson (enfin, presque pour ce dernier…) : un client suspecté, des rituels macabres, une victime à l’honnêteté questionnable, des intentions décalées et une apparition effrayante et presque surnaturelle ! Bref, Doyle a de quoi occuper son lecteur avec cette nouvelle où les filons sont nombreux et la conclusion est surprenante !
Je regrette juste que, à la façon d’Anne Perry, Doyle délaisse quelques indices qui sont trompeurs, ainsi, l’idée que je me faisais sur l’ambiance était fausse, mais ce défaut est rattrapé par un élément de taille, ou un personnage plutôt : l’inspecteur Baynes. Mais je n’en dis pas plus, cela pourrait gâcher les surprises du personnage~
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dès le début, Sherlock Holmes fait allusion à La Ligue des Rouquins et Cinq Pépins d’Orange, nouvelles apparues dans les Aventures de Sherlock Holmes.
• C’est une des aventures où Watson annonce une date, 1892, mais Holmes est sensé faire le mort et ne réapparaît qu'en 1894.
             • Le Cercle Rouge (titre original, The Adventure of the Red Circle, publié la première fois en Mars 1911) 3/5
Si Doyle fait toujours preuve d’imagination même dans ce recueil, il faut reconnaître qu’il faut attendre un peu avant d’assister à des prouesses d’originalité : le schéma du Cercle Rouge se rapproche un peu trop de celui de La Vallée de la Peur. [spoiler]On enchaîne trois fois à la suite avec des organisations criminelles[/spoiler] et il y a un effet un peu redondant, un rythme très lassant.
L’énigme est pourtant au départ très captivante avec des indices intrigants, poussant à la curiosité. Mais voilà, le thème m’a quelque peu ennuyée et la fin n’a pas réussi à me recaptiver.

             • Les Plans du Bruce-Partington (titre original, The Adventure of the Bruce-Partington Plans, publié la première fois en Décembre 1908) 3/5
Déjà, le vrai plaisir des Plans du Bruce-Partington, c’est la présence de Mycroft Holmes. C’est d’ailleurs la dernière fois qu’on le rencontre et il faut bien en profiter. Et si cette énigme ne manque pas de charme, la note assez mitigée vient du fait que c’est moi qui ai déconné : persuadée que j’avais déjà lu la nouvelle, j’ai visionné l’épisode de la série Granada. Je me souvenais du tour avec les volets, de l’agitation dans la gare, l’astuce des rails… Bref, je n’avais eu aucune surprise.
Mais le bon signe dans tout ça, c’est que l’enquête est digne des plus célèbres nouvelles de Doyle et que l’adaptation m’a tellement marquée que dès le début de ma lecture, ma mémoire était totalement rafraîchie.
             • Le Détective Agonisant (titre original, The Adventure of the Dying Detective, publié la première fois en Novembre 1913) 4/5
Arthur Conan Doyle ne manque pas d’imagination malgré sa plume assez chirurgicale et pauvre : pour Le Détective Agonisant, le lecteur se retrouve aussi désemparé que Watson devant la détresse d’un Sherlock Holmes mourant à petit feu. Comment le détective agonisant pourrait résoudre une énigme en étant cloué au lit, suant et délirant. Pire : il refuse l’aide de son fidèle ami médecin.
L’énigme est donc complètement éclipsée par cette angoisse et apparaît bien soudainement grâce à un retournement de situation magnifiquement orchestré ! Doyle s’est encore une fois surpassé pour le grand plaisir de ses lecteurs.
Une excellente nouvelle qui répondra aux attentes des curieux.

             • La Disparition de Lady Frances Carfax (titre original, The Disappearance of Lady Frances Carfax, publié la première fois en Décembre 1911) 5/5
Si on aborde souvent le vol ou le meurtre, Doyle n’a pas tellement utilisé le thème de la disparition et pourtant, lorsqu’une victime est kidnappée, il nous sert un p’tit bijou : je pense à L’École du Prieuré par exemple, mais je pourrais maintenant citer La Disparition de Lady Frances Carfax.
Mouvementée et complète, l’enquête réserve de nombreuses surprises et ne fera pas bâiller son lecteur. Le rythme ne s’essouffle même pas au bout et offre même une conclusion qui fait froid dans le dos, distillant un peu d’horreur dans ce monde criminel… Encore une preuve que Sherlock Holmes, contrairement à son frère Mycroft, a tout intérêt à s’activer quand il est sur un mystère.
Une excellente nouvelle qui pourra satisfaire les connaisseurs comme les moins aguerris des histoires de Doyle.

             • Le Pied-du-Diable (titre original, The Adventure of the Devil’s Foot, publié la première fois en Décembre 1910) 3/5
À la fois terrifiante et intrigante, Le Pied-du-Diable est un mystère aux éléments très complexes. Si les motifs ne sont pas vraiment obscurs, c’est l’arme du crime qui surprendra les lecteurs : pervers et ingénieux, Doyle ajoute des candidats à sa collection de criminels dangereux.
La conclusion n’était pas vraiment à mon goût à cause d’un élément mélodramatique qui était peut-être un peu de trop pour moi… Mais je retiendrai cette nouvelle dans tous les cas grâce à son côté effrayant.
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Parfois traduite "L’Aventure du Pied du Diable".
•  Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place Le Pied-du-Diable à la neuvième place.
             • Son Dernier Coup d’Archet (titre original, His Last Bow, publié la première fois en Septembre 1917) 2/5
Oulah ! Comme j’ai été perturbée par cette (trop) longue introduction à propos d’espionnage. J’avais pourtant hâte d’arriver à ces nouvelles car j’étais curieuse de voir la transition les séduisantes années 1880 vers celles, nettement plus sombres, qui précèdent la Guerre de 14-18. Et bien j’ai été assez déçue… Je m’attendais à une ambiance paranoïaque, des craintes capables de transpercer les deux héros populaires, un ciel gris qui précède un orage violent et terrifiant mais finalement, rien de tout ça !
Je regrette que Doyle n’ait pas exploré le thème de la guerre imminente (surtout du point de vue d’un ancien soldat comme Watson) et j’ai donc très vite oublié l’énigme dont le déroulement est assez floue, puisque le détective et son fidèle compagnon apparaissent bien trop tard…
Boh. Tant pis…
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• La traduction française ne permet pas le jeu de mots qu’utilise Doyle : His Last Bow peut vouloir dire Son Dernier Coup d’Archet comme Sa Dernière Révérence. C’est la première traduction qui est habituellement gardée, en clin d’œil à la passion d’Holmes pour le violon.
source
Les Archives de Sherlock Holmes,
             • L’Illustre Client (titre original, The Adventure of the Illustrious Client, publié la première fois en Novembre 1924) 5/5
Arthur Conan Doyle reprend du poil de la bête et ça fait plaisir, car si L’Illustre Client m’a fait quelques fois penser à Un Scandale en Bohème, cette nouvelle peut se targuer d’être originale et addictive. La petite touche de suspense se marie très bien au côté humain exploité chez les personnages, qu’on les connaisse ou non.
Les thèmes romantiques s’entrechoquent dans L’Illustre Client : un croqueur de femmes, une vengeance passionnelle, un amour destructeur… Les personnages secondaires sont complètement animés par des sentiments très vifs et il s’agit certainement de la seule nouvelle où Holmes et Watson se retrouvent piégés dans ce tourbillon expressif de haine, les réactions des éléments leur échappant à plusieurs reprises.
Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette nouvelle qui, malgré l’absence de mystère, reste néanmoins surprenante et capte l’attention du lecteur.

             • Le Soldat Blafard (titre original, The Adventure of the Blanched Soldier, publié la première fois en Octobre 1926) 2/5
Si le choix de la narration était très intéressante, j’avoue que j’ai été assez déçue par Le Soldat Blafard. J’ai eu l’impression de tourner un peu en rond au bout de quelques pages et la solution, bien qu’attendrissante, n’est pas spectaculaire et fait retomber la nouvelle à plat. Sans compter que le happy-ending était un peu de trop.
Le véritable avantage avec Le Soldat Blafard est la proximité du lecteur avec Holmes : descriptions acerbes, pensées amusantes… On redécouvre le célèbre personnage et on se rend compte que l’automate possède non seulement un cerveau actif mais aussi un cœur en or. 
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Il s’agit de la première nouvelle narrée par Holmes lui-même.
             • La Pierre de Mazarin (titre original, The Adventure of the Mazarin Stone, publié la première fois en Octobre 1921) 5/5
Voilà un autre coup de cœur dans ce recueil avec La Pierre de Mazarin : des situations comiques mais intenses, des retournements de situation théâtrales, des dialogues dynamiques… Dur de s’ennuyer avec cette nouvelle où j’ai adoré chaque élément. J’avais remarqué que Doyle se permettait de doter ses personnages d’un sens de l’humour plus prononcé, accentuant aussi leur humanité et La Pierre de Mazarin confirme cette impression que j’avais : Holmes est plus excentrique que jamais, surtout ici.
Ce n’est pas l’énigme mais les tactiques du détective qui vous feront chauffer les méninges.
J’en garderai un excellent souvenir et sera une des nouvelles que je relirai avec un grand plaisir !
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Il s’agit de la première nouvelle narrée par un narrateur totalement extérieur au récit (hétérodiégétique, si vous voulez briller en société). Un choix qui permet des possibilités de narration sans ambiguïtés.
             • Les Trois-Pignons (titre original, The Adventure of the Three Gables, publié la première fois en Septembre 1926) 2/5
Bon, en tout franchise, je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette nouvelle que j’ai trouvé assez plate, brouillon et obscure. Seuls les personnages apportent la touche d’intérêt dans Les Trois-Pignons, même le duo célèbre reste touchant et on ne se lasse toujours pas de leur alliance ingénieuse.
Mais voilà, une aventure dont peuvent se passer les plus timides lecteurs de Doyle…

             • Le Vampire du Sussex (titre original, The Adventure of the Sussex Vampire, publié en Janvier 1924) 4/5
Les fins connaisseurs n’ignorent pas qu’Arthur Conan Doyle, médecin et enquêteur non confirmé, s’est beaucoup intéressé au surnaturel à la fin de sa vie, comme bon nombre de compères à cette époque. Entre la mode des clichés post-mortem et les légendes urbaines qui font la popularité de l’Angleterre, même un scientifique comme Doyle ne pouvait pas résister aux charmes du fantastique et je suis bien contente de voir qu’il a osé confronter son détective cartésien à un mort-vivant imaginaire.
Toutefois, comme pour le Chien de Baskerville, le lecteur ne doit pas s’attendre à une conclusion magique mais bien à une réponse terre-à-terre : on reste dans le domaine de la science, dans le pur concret. Sauf que cela n’enlève rien à la qualité du mystère, ni à l’esthétique du délit et encore moins au côté touchant de la conclusion.
Une nouvelle intéressante, originale et très émouvante qui répondra aux attentes des grands lecteurs doyliens.

Les clichés post-mortem étaient particulièrement populaires pendant l’Ère Victorienne 
et les familles pensaient conférer un semblant d’immortalité à leurs disparus.

             • Les Trois Garrideb (titre original, The Adventure of the Three Garridebs, publié la première fois en Octobre 1924) 5/5
Une nouvelle que j’ai adoré grâce à ses notes humoristiques (il n’y a qu’à voir la situation cocasse du début) et ses moments intenses : ceux qui veulent une preuve de l’amitié qui rattache Holmes et Watson, lisez Les Trois Garrideb, vous ne serez pas déçu.
Le criminel m’a aussi plu car particulièrement audacieux et tordu, se démarquant de ses compères, rendant l’énigme très difficile à percer.
À lire pour le plaisir !

             • Le Pont de Thor (titre original, The Problem of Thor Bridge, publié en Mars 1922) 4/5
Bien que sympathique, Le Pont de Thor est un récit que je juge un peu plat. Ce qui est dommage vu la qualité de l’énigme qui se rapproche beaucoup du style d’Agatha Christie au passage : les fans d’Hercule Poirot et de Miss Marple seront sûrement enchantés de la tragédie entre madame Gibson et mademoiselle Dunbar. La platitude vient surtout du manque d’indice et de la résolution à tendances abracadabrantes du mystère.
Toutefois, je ne regrette pas cette lecture mais un petit détail manquant fait que la nouvelle aurait pu être un véritable coup de cœur.

             • L’Homme qui rampait (titre original, The Adventure of the Creeping Man, publié la première fois en Mars 1923) 3/5
Loin de L’Estropié (The Crooked Man dans le titre original) dans Les Mémoires de Sherlock Holmes ou encore de L’Homme à la Lèvre Tordue dans Les Aventures de Sherlock Holmes, on assiste à un vrai cas de contorsionniste dans L’Homme qui Rampait ! À tel point que j’ai eu l’impression de lire une nouvelle d’Edgar Poe ou de Stephen King.
Il n’y a pas tellement de délit, juste un sombre mystère où un homme est désincarné et ressemble à un animal étrange, un monstre rampant.
La solution est intéressante mais assez facile en réalité. Une nouvelle très sympathique mais qui peut être ignorée, sauf si vous voulez lire le canon entier.
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Traduit aussi en "L’Homme qui rampait".
• À la page 903, il y a une référence aux Hêtres-Dorés, nouvelle qui est rangée dans Les Aventures de Sherlock Holmes.
             • La Crinière du Lion (titre original, The Adventure of Lion’s Mane, publié la première fois en Novembre 1926) 3/5
Après toutes ces nouvelles, on pourrait penser que Doyle ne puisse plus nous surprendre. Et pourtant ! La Crinière du Lion est vraiment originale et se démarque de toutes les autres aventures de Sherlock Holmes. On change aussi de décor : Doyle nous permet de visiter le lieu de retraite de son détective et de rencontrer rapidement ses nouveaux compagnons, Watson ne l’ayant pas rejoint dans les Cornouailles.
Bien sûr, personne ne peut surpasser le sympathique médecin mais ce paysage en bord de plage change et apporte une touche de nouveauté. Même l’énigme est inhabituelle, tout comme le coupable…
Mais je n’en révèle pas plus pour ne pas gâcher les effets de surprise. Pourtant, si je suis presque tombée de ma chaise, quelque chose fait que je n’ai pas réussi à accrocher davantage à La Crinière du Lion…
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Il s’agit de la seconde et dernière nouvelle narrée par Holmes lui-même.
Les magnifiques couvertures des éditions Penguin pour 
La Vallée de la Peur, Son Dernier Coup d’Archet et Les Archives de Sherlock Holmes.

             • La Pensionnaire Voilée (titre original, The Adventure of the Veiled Lodger, publié la première fois en Janvier 1927) 5/5
La Pensionnaire Voilée est une nouvelle un peu particulière qui s’adresse plus aux lecteurs confirmés qu’aux nouveaux curieux : si il y a quelques mystères, ils seront servis sur un plateau et Holmes ne démontrera pas ici sa science de la déduction. Peut-on classer La Pensionnaire Voilée comme un policier ? Je le classerais plutôt dans la section dramatique car la dimension humaine occupe une très grande place : la cliente est particulièrement émouvante et son histoire ne peut laisser insensible, même pas un ancien soldat comme Watson ou un détective comme Holmes. Forcément, j’ai beaucoup aimé cette confrontation entre ces hommes et la détresse d’une telle femme, très loin de la relation enquêteurs-cliente.
Une histoire qui marque non grâce à ses énigmes (bien qu’elles soient intéressantes) mais par sa conclusion et sa cliente exceptionnelles.

             • Shoscombe Old Place (titre original, The Adventure of Shoscombe Old Place, publié la première fois en Mars 1927) 4/5
J’avoue que j’ai eu très peur lors du début, avec cette conversation sur les courses de chevaux car je me souviens que Flamme d’Argent, dans Les Mémoires de Sherlock Holmes, m’avait profondément ennuyée. Et finalement, ce n’est pas une question de courses, pour mon plus grand bonheur ! On tombe même plutôt dans le macabre avec une vérité peu reluisante et complexe qui se dévoile grâce à des indices logiques.
Une excellente surprise.

             • Le Marchand de Couleurs Retraité (titre original, The Adventure of the Retired Colourman, publié la première fois en Décembre 1926) 4/5
Le recueil touche à sa fin mais Arthur Conan Doyle reste fidèle à lui-même avec cette nouvelle qui mérite sa place aux côtés des plus grandes aventures, des plus connues : des tours de passe-passe, des indices logiques avec des révélations adéquations, un coupable étrange et mémorable… Et surtout, un Watson au devant de la scène comme dans La Cycliste Solitaire. Ça fait toujours plaisir à voir quand Watson prend aussi les devants et mène une partie de l’enquête.
Une très bonne nouvelle qui m’a surprise jusqu’au bout.

             • La Boîte en Carton (titre original, The Adventure of the Cardboard Box, publié en Janvier 1893) 4/5
Écrit bien avant les nouvelles de ce troisième tome des éditions Omnibus, on retrouve nettement l’ambiance des débuts de Doyle avec une ère Victorienne bien plus marquée. Ce qui est un bel avantage si on considère le côté assez gore de la nouvelle qui m’a rappelé un petit peu L’Aliéniste.
Sordide et brutale, La Boîte en Carton aborde des sujets sensibles et plutôt sombres, n’enviant rien aux détails croustillants d’un fait-divers réel. Bien sûr, les éléments de départ sont très intrigants et mènent vers un mystère complet bien que simple.
Cette dernière nouvelle lue me marquera par sa finalité et sa qualité.
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Bien que publié dans le Strand en Janvier 1893, la nouvelle La Boîte en Carton n’a pas été retenue dans le recueil des Mémoires de Sherlock Holmes, elle n’a rejoint ses consœurs qu’avec l’édition américaine. Choix d’Arthur Conan Doyle ou des éditeurs ? Ce n’est pas clair si ce n’est que les personnes à l’époque avaient jugé la nouvelle trop explicite.

Afternoon, par Suwi, pour finir sur une note douce et tranquille.

Ce n’est pas ni roman, ce n’est pas une nouvelle mais c’est une lettre. Un dernier petit mot alors sur cette fameuse lettre qui est supposée être la dernière que Watson ait reçu d’Holmes. Autant vous dire que cette minuscule et bête indication m’a achevée, me tirant quelques petites larmes car vous savez ce qu’on dit : finir un livre, c’est comme perdre un ami. Forcément, finir cette longue saga me laisse un gros vide dans le cœur semblable à celui que j’avais ressenti en lisant le dernier tome d’Harry Potter.
Que puis-je dire d’autre si ce n’est que c’est bien fini et qu’il ne me reste plus qu’à porter le deuil avec des pastiches ?

Au revoir messieurs Sherlock Holmes et John Watson, vous allez énormément me manquer.

Ainsi, je termine mon Challenge Sherlock Holmes, ayant lu toutes les nouvelles et tous les romans du canon. Grâce à la nationalité d’Arthur Conan Doyle, je boucle aussi mon Challenge d’Écosse in extremis. Et enfin, je tenais à réserver l’idée n°66 du Challenge des 170 Idées, faisant honneur au nez en bec-d’aigle du plus célèbre détective d’Angleterre :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Contrairement aux tomes 1 et 2, Omnibus n’a pas respecté l’ordre chronologique dans ce troisième tome. J’ai remarqué aussi un petit relâchement au niveau de la traduction avec pas mal de fautes d’orthographe, mais bon, lisant aussi la version anglaise, je n’y ai pas prêté plus attention.
• Pour ceux que cela intéresse : chronique du tome 1 et chronique du tome 2.

vendredi 28 février 2014

Les Aventures de Sherlock Holmes [Tome 2], d'Arthur Conan Doyle,

Il vit à Londres, au 221B Baker Street, à la fin du dix-neuvième siècle. Il a des idées un peu bizarres… Il se passionne pour certaines branches de la science. Il est assez calé en anatomie, est un chimiste de premier ordre qui, malgré des études très décousues et excentriques, a amassé un tas de connaissances peu ordinaires. Il n’est pas aisé de le faire parler, bien qu’il puisse être assez expansif quand l’envie lui en prend. Il joue du violon.
Il a un métier : dénouer des énigmes étranges auxquelles il est le seul à pouvoir apporter une solution.
Il a un défaut : il affectionne les drogues.
Il a un ami : le docteur Watson, témoin et narrateur de ses aventures.
Son créateur, Arthur Conan Doyle, a inventé le récit policier moderne.
Il s’appelle Sherlock Holmes.
Quatrième de couverture par Omnibus.
---
« — Mon Dieu ! Êtes-vous de la police vous-même ?
— Non.
— Alors en quoi cette affaire vous regarde-t-elle ?
— C’est l’affaire de tout le monde que justice soit faite. »
P. 113

Après avoir chroniqué le premier tome des Aventures de Sherlock Holmes réunies par l’éditeur Omnibus, je m’attaque enfin au second tome !
Pour rappeler un peu le premier article, je note les romans et aventures au cas par cas avec mes impressions, à savoir que la note finale n’est pas une moyenne de toutes les notes ci-dessous, c’est une impression générale.

Les Mémoires de Sherlock Holmes [2],
             • Le Rituel des Musgrave (titre original, The Musgrave Ritual, publié en Mai 1893) 4/5
Il se dégage une ambiance plaisante du Rituel des Musgrave : manoir d’époque, énigme oubliée, jardins vastes… On s’éloigne donc des rues pavées et des bâtiments londoniens pour explorer un peu de campagne en compagnie d’un jeune Holmes en solo’.
L’énigme est originale bien qu’assez simple, la conclusion en revanche est surprenante avec un élément de surprise efficace. Les personnages secondaires sont sympathiques et bien qu’elle n’est que mentionnée, j’ai beaucoup apprécié Rachel Howells, cette galloise à « l’âme de Celte passionnée » P. 41.
Une nouvelle très agréable qui me laissera un bon souvenir.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place Le Rituel des Musgrave à la onzième place.
• Dans la première version, celle publiée dans le Strand, la strophe « Le sixième après le premier. » dans le rituel familial des Musgrave n’apparaissait pas. Il a été ajouté lors de la publication des Mémoires complètes.

             • Les Propriétaires de Reigate (titre original, The Reigate Squires, publié en Juin 1893) 4/5
Si je devais conseiller une nouvelle à un néophyte dans cet univers holmésien, je choisirais certainement Les Propriétaires de Reigate car on assiste à tout le savoir de Doyle : la logique redoutable de l’énigme, la relation attachante entre Watson et Holmes, l’habilité du détective à enquêter, jouer la comédie, dénoncer les coupables ou encore épater la galerie… Bref, tout ce qu’il faut connaître des Aventures de Sherlock Holmes ne peut pas être réuni en une seule et même enquête mais Les Propriétaires de Reigate illustre bien la richesse des récits de Doyle grâce à la qualité de l’intrigue qui semble même farfelue, des relations fournies (tant sur l’amitié du fameux duo que sur la coopération des policiers, etc.) et une conclusion renversante et vivante.
Peut-être pas ma préférée à cause de quelques points trop vite expédiés, mais une nouvelle que je relis quand même de temps en temps avec plaisir.

« — Je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter. J’ai toujours trouvé qu’il y avait de la méthode dans sa folie.
— Certains diraient qu’il y a de la folie dans sa méthode. »
P. 59

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place Les Propriétaires de Reigate à la douzième place.
• Les Propriétaires de Reigate est une des nouvelles qui n’a pas été adaptée par la série Granada avec Jeremy Brett, David Burke et Edward Hardwicke.

             • L’estropié (titre original, The Crooked Man, publié en Juillet 1893) 2/5
Je dois avouer que j’ai été légèrement déçue par L’estropié. Si l’intrigue est sympathique et prometteuse, sa conclusion finit un peu en queue de poisson je trouve : rapide, Doyle ne nous laisse pas le temps de nous attacher aux personnages, à apprécier les déductions de Holmes [spoiler] il y a même un indice qui ne sert au final à rien [/spoiler]. Le récit aurait pu être plus intéressant sous forme de roman je pense, en nouvelle, l’enquête est bien trop brève.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Le titre varie entre L’estropié et Le Tordu selon les éditions.

             • Le patient à demeure (titre original, The resident patient, publié en Août 1893) 4/5
Encore une très bonne enquête fidèle à l’esprit de la saga : une situation incongrue que seul Holmes pouvait prendre au sérieux et à cœur, des relations humaines, des retournements de situations qui n’empêcheront pas une conclusion agitée.
Une nouvelle classique mais plaisante.

             • L’Interprète Grec (titre original, The greek interpreter, publié en Septembre 1893) 5/5
Ma note s’explique par deux mots simples : Mycroft Holmes. L’Interprète Grec, en plus d’être une enquête intéressante et palpitante, est la seule nouvelle où on rencontre un parent de Sherlock Holmes. Et cette particularité est clairement une qualité ! D’autant plus que j’ai eu un vrai coup de cœur pour le personnage de Mycroft : indolent, asocial mais tout de même avenant, et surtout, plein de surprises. J’espère le recroiser dans une autre aventure et pas uniquement en mentionné.
Quant à l’enquête, elle possède aussi des points uniques et des moments sont mémorables. Si la conclusion ne m’a pas spécialement marqué, c’est uniquement à cause de l’apparition de Mycroft Holmes, et non de la qualité de l’énigme.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dans Le Meurtre aux Chandelles, Gyles Brandreth partage la théorie que Mycroft Holmes aurait été inspiré par Oscar Wilde, puisque le poète était un ami d’Arthur Conan Doyle. Malheureusement, l’amitié des deux écrivains et la ressemblance « de géant » entre Wilde et Mycroft sont les "seules" preuves de cette hypothèse.

             • Le traité naval (titre original, The Adventure of the Naval Treaty, publié en Octobre - Novembre 1893) 5/5
Cette fois, c’est au tour de Watson de révéler un peu son passé et ses relations, on apprend même qu’il avait un bouc-émissaire avec ses amis, le petit salaud, ce qui fait plaisir car Doyle est assez avare concernant les informations de ses deux protagonistes. D’autant plus que je me suis attachée à Percy Phelps et sa fiancée, Annie Harrison.
Le mystère est bien ficelé et la conclusion est des plus originales. Une des meilleures enquêtes de Sherlock Holmes à mon avis.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• C’est une des plus longues nouvelles de Sherlock Holmes, c’est pourquoi le Strand a divisé le récit en deux et l’a publié dans deux numéros, celui d’Octobre et de Novembre 1893.
• À la page 195, Watson mentionne l’aventure de La Deuxième Tache, un récit qui sortira des carnets secrets en 1904 et qui figurera dans Le Retour de Sherlock Holmes.
• À la page 237, Sherlock Holmes vante le "Système de mensurations de Bertillon", ou dit tout simplement Bertillonnage de nos jours. Il va de soi qu'il s'agit d'un système réel que le criminologue français, Alphonse Bertillon, a inventé dans le but de rattraper plus rapidement les criminels récidivistes dont les caractéristiques physiques étaient déjà enregistrées dans ses documents. Une figure à connaître dans l'histoire de la criminologie car sans lui, on marquerait peut-être encore les délinquants au fer rouge.

Une planche de bertillonnage parmi tant d'autres car il en existe une quantité incroyable.

             • Le Dernier Problème (titre original, The final problem, publié en Décembre 1893) 5/5
Que dire sur Le Dernier Problème, cette terrible nouvelle qui promettait d’être la toute dernière aventure de Sherlock Holmes ? J’avoue que, même si je n’en étais qu’à la moitié du tome et qu’une troisième m’attendait, la conclusion effroyable m’a quand même laissé sans voix et avec une épine dans le cœur.
Il n’y a pas à proprement parler d'enquête, il s’agit plus d’une course poursuite assez intense. Les rebondissements sont nombreux et il y a un certain malaise constant et efficace.
Une nouvelle bien évidemment une histoire phare qu’il faut lire lorsque l’on est fan de Sherlock Holmes.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place Le Dernier Problème à la quatrième place. (Il s’était appliqué pour supprimer son héros détesté *sort*)

Le Chien des Baskerville (titre original, The Hound of the Baskervilles, publié entre Août 1901 et Mai 1902) 5/5
Je suis heureuse de pouvoir dire que la première fois que j’ai lu Le Chien des Baskerville, c’était dans le maquis corse et que s’il était moins brumeux que les landes du Devonshire, je ressentais pleinement la solitude de Watson et de Sir Henry au beau milieu de la nuit, très loin de la civilisation (sauf qu’à la place de chien des Enfers, c’étaient des sangliers qui couraient autour de la maison). Grande fan du paranormal, j’étais heureuse de voir enfin l’esprit cartésien d’Holmes confronté à une histoire démoniaque : car on a beau habiter Baker Street et craindre seulement l’ennui, l’ambiance qui se dégage du Chien des Baskerville ferait frémir n’importe quel détective.

Cela dit, bien qu’il s’agit d’un excellent roman, je n’ai jamais bien saisi l’engouement pour Le Chien des Baskerville. Je ne parle pas de son succès en soi car il le mérite, mais de ses nombreuses adaptations : comparé à Une Étude en Rouge et le Signe des Quatre, il est vrai que Le Chien des Baskerville est un roman bien meilleur, mais pourquoi tant d’adaptations quand d’autres nouvelles, tout aussi excellentes, sont oubliées ?

             Quelques anecdotes sur ce roman,
• Seul Arthur Conan Doyle semblait vouloir porter le deuil de Sherlock Holmes depuis Le Dernier Problème, car aucun lecteur, même pas sa propre mère Mrs Doyle, semblait vouloir oublier le célèbre détective. À force de plaintes, de prières et d’encouragements, le père spirituel de Sherlock Holmes écrit finalement ce roman qui est d’ailleurs intemporel, complètement détaché du drame qui a horrifié les fans en Décembre 1893. Arthur Conan Doyle cédera complètement à la pression un an plus tard en publiant La Maison Vide, la première nouvelle du Retour de Sherlock Holmes.

Le Retour de Sherlock Holmes,
             • La Maison Vide (titre original, The Adventure of the Empty House, publié le 26 Septembre 1903) 4/5
[En raison de flemme aiguë, je vais me lancer dans mon impression de La Maison Vide plus tard...]

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• C’est la première nouvelle à paraître dans un numéro du magazine américain Collier's Weekly. Toutefois fidèle au Strand, La Maison Vide n’est apparue dans le magazine anglais qu’en Octobre 1903, soit un mois plus tard.
• Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place La Maison Vide à la sixième place.

             • L’entrepreneur de Norwood (titre original, The Adventure of the Norwood Builder, publié le 31 Octobre 1903) 5/5
Encore une fois, j’applaudis les personnages secondaires que présente Doyle : la situation originale de John McFarlane a rendu immédiatement le personnage très sympathique. Car un client soupçonné et même recherché au moment de la rencontre avec Holmes, on ne croise cette situation que dans L’entrepreneur de Norwood.
L'enquête est assez unique aussi et même si on peut deviner le dénouement, il est tellement farfelu que je n'ai pas trop osé y croire au début.
La nouvelle commence très bien, se déroule très bien et se conclut très bien : définitivement une de mes aventures préférées.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Arthur Conan Doyle vivait dans le quartier de Norwood et visualisait donc très bien les lieux de cette nouvelle : le The Anerley Arms est d’ailleurs un pub qui existe encore.

             • Les Hommes Dansants (titre original, The Adventure of the Dancing Men, publié le 5 Décembre 1903) 5/5
Avec Les Hommes Dansants, Arthur Conan Doyle a inventé un code, un système par lesquels les connaisseurs peuvent communiquer. C'est une des nouvelles les plus connues, après Le Chien des Baskerville en tout cas, et elle mérite entièrement son succès : il y a l'originalité, des passages assez forts et des prouesses intellectuelles d'Holmes renversantes.
Tout ce qu'on peut attendre d'une histoire de Doyle.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place Les Hommes Dansants à la troisième place.

             • La Cycliste Solitaire (titre original, The Adventure of the Solitary Cyclist, publié le 26 Décembre 1903) 5/5
J’ai habituellement du mal avec les personnages féminins, mais Arthur Conan Doyle a un véritable don, capable de doter certaines clientes d’une force singulière rehaussée d’un charme victorien, mélange que j’avais déjà croisé chez Violet Hunter dans Les Hêtres-Dorés et que je retrouve chez cette cycliste solitaire, Violet Smith (ça vient peut-être du nom en fait…).
Si l’histoire est un tantinet trop romanesque, l’énigme est sympathique bien que loin d’être spectaculaire, mais c’est l’ambiance qui sauve à mes yeux l’histoire de La Cycliste Solitaire : il y a un côté campagne et assez frais qui est agréable.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Arthur Conan Doyle n’était pas particulièrement fier de cette nouvelle qu’il jugeait inférieure aux trois précédentes dans Le Retour de Sherlock Holmes. Même son éditeur n’était pas complètement emballé puisqu’ils jugeaient que, dans la première version, Sherlock Holmes n’était pas assez impliqué.

             • L’École du Prieuré (titre original, The Adventure of the Priory School, publié le 30 Janvier 1904) 5/5
Parfois, une ambiance particulière suffit pour que mon avis final soit très positif. Dans L’École du Prieuré, il y a une vieille école stricte, une campagne immense et déserte et des secrets de famille entachés de crimes. Comme quoi, il m'en faut pas beaucoup !
Les personnages sont, encore une fois, sympathiques : j'ai particulièrement aimé le Duc de Holdernesse et ses relations alentours.
Sans compter que j'ai particulièrement aimé la conclusion de ce mystère.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place L’École du Prieuré à la dixième place.

             • Peter le Noir (titre original, The Adventure of Black Peter, publié le 27 Février 1904) 3/5
Si les châteaux délabrés et les landes lugubres me plaisent dans mes lectures, les histoires de marins ne sont pas vraiment ma tasse de thé en revanche. Les indices restent intéressants (avec même un "indice piège" !), l'énigme recherchée mais mon intérêt ne va pas plus loin.
Assez dommage car j'ai quand même été touché par la situation du coupable.

             • Charles Augustus Milverton (titre original, The Adventure of Charles Augustus Milverton, publié le 26 Mars 1904) 5/5
Si je devais sélectionner mes nouvelles favorites, Charles Augustus Milverton en ferait partie. Déjà, grâce au charisme de ce fameux Charles Augustus Milverton : je le trouve plus impressionnant que le vil professeur Moriarty, plus vicieux. C’est même dommage qu’il n’apparaisse qu’une unique fois, dans une seule aventure, car il n’a d’ailleurs rien à envier à l’intelligence du Napoléon du Crime vu que sa malice pousse Holmes a commettre de nombreux écarts de justice et au sens moral, [spoiler] je ne songe pas seulement au cambriolage, mais à comment Holmes séduit une bonne pour arriver à ses fins avec, évidemment, aucune intention de l’épouser vraiment. [/spoiler] Dans ces situations extrêmes, on découvre d’autres aspects de la personnalité de Holmes et du renouveau dans l’amitié qui le lie à Watson.
J’ai également aimé cette conclusion enrobée de mystères et qui m’a laissé très pensive une fois les dernières lignes lues.
Une nouvelle unique et de qualité mais que je conseillerai plutôt aux connaisseurs Holmésiens qui apprécieront mieux la complexité que le nouveau lecteur.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Si Charles Augustus Milverton n’a pas plus existé que Sherlock Holmes, il a quand même lui aussi un modèle réel : le maître-chanteur du nom de Charles Augustus Howell qui a longtemps harcelé des artistes, incluant Dante Gabriel Rossetti. Il est mort dans d’étranges circonstances en 1890, [spoiler sur la fin de la nouvelle] soit 9 ans après la mort de Charles Augustus Milverton dont la nouvelle se déroule en 1899. [/fin du spoiler sur la fin de la nouvelle]
• La série Granada n’a pas adapté cette nouvelle sous forme d’épisode mais de film sous le nom de « Le Maître Chanteur d’Appledore ».
• Bien qu’ils n’ont canoniquement aucun lien, un épisode de la série russe, avec Vasily Livanov en Sherlock Holmes et Vitaly Solomin en John Watson, fait de Charles Augustus Milverton un compère du redoutable Professeur Moriarty.

             • Les Six Napoléon (titre original, The Adventure of the Six Napoleons, publié le 30 Avril 1904) 5/5
Bien sûr qu'on lit les Aventures de Sherlock Holmes pour les énigmes dévoilées par le célèbre détective et narrées par le fidèle Watson, mais il existe d'autres personnages phares comme Lestrade ! Et j'ai été ravie de le voir de nouveau présent dans cette nouvelle, après L’entrepreneur de Norwood.
C'est dommage que l'enquête soit si courte, une nouvelle plus longue, voire un roman, ne m'aurait pas dérangé. Surtout qu'il y a des éléments originaux et tout se termine sur une affaire plus sérieuse qu'on pourrait le prédire, avec en bonus une scène très touchante et révélatrice de la personnalité d'Holmes.
Bref, une enquête vraiment réussie !

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Rien à voir avec la nouvelle, mais j'avais envie d'applaudir la scène finale de l'épisode 7 de la saison 2 de Granada, le jeu d'acteur de Jeremy Brett est très impressionnant et très émouvant. Si vous avez le temps d'admirer la scène avec Jeremy Brett, n'hésitez pas !

             • Les Trois Étudiants (titre original, The Adventure of the Three Students, publié en Juin 1904) 3/5
Si la note finale des Trois Étudiants m'a plu et les indices m'ont intrigué, je n'ai pourtant pas été emballée plus que ça par cette enquête. Peut-être à cause de la simplicité du mystère car j'avoue avoir eu des doutes sur le bon suspect bien trop tôt dans l'histoire, ce qui a gâché un peu mon plaisir.
Des personnages qui resteront dans ma mémoire mais la nouvelle risque d'être assez vite oubliée...

             • Le Pince-nez en Or (titre original, The Adventure of the Golden Pince-Nez, publié en Juillet 1904) 4/5
Intriguée par le titre, j'avoue que j'ai pas mal accroché à cette nouvelle. Le lecteur part quand même d'un "bête" pince-nez à une affaire d'injustice chez des révolutionnaires ! L'indice ne manque pas d'originalité et les déductions restent toujours aussi plausibles. C'est dommage que l'histoire m'a donné une impression de limité, quelque chose de retenu et c'est ce qui m'a dérangé.
Une histoire cependant plaisante et qui me restera en mémoire.


             • Le Trois-quarts Disparu (titre original, The Adventure of the Missing Three-Quarter, publié en Août 1904) 3/5
Le rugby n’est pas une des passions de Sherlock Holmes. Ça pourrait presque bien tomber puisque ce n’est pas un sujet que j’apprécie tant que ça non plus. Sauf que ce sport sert de décor dans le Trois-quarts Disparu et j'ai eu du mal à démarrer cette nouvelle.
L'histoire, dans son intégralité, pourrait être très plaisante mais elle s'arrête plus ou moins brusquement, bien trop rapidement à mon goût et c'est assez dommage.

             • Le Manoir de l’Abbaye (titre original, The Adventure of the Abbey Grange, publié en Septembre 1904) 4/5
Voilà une nouvelle que je jugerais plus sentimentale qu'intellectuelle, peu en accord avec l'esprit logique d'Holmes mais qui devient assez unique ! L'énigme est relativement simple car des schémas sont repris de d'autres nouvelles (le recyclage, c'est bon que pour les poubelles), mais elle permet de révéler les personnalités d'Holmes et Watson.
Pas une excellente enquête, mais une nouvelle humaine qui réjouira les grands fans des héros de Doyle.

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• C'est l'unique histoire où Holmes dit "the game is afoot" P. 1084, une citation bien connue mais qui est véridique contraitement au "Elementary, my dear Watson".

             • La Deuxième Tache (titre original, The Adventure of the Second Stain, publié en Décembre 1904) 4/5
Déjà, lire que "[Holmes] a définitivement quitté Londres et se consacre à l'étude et à l'élevage des abeilles dans les Downsdu Sussex" (P. 1131), ça fait mal. Ça fait même très mal. Holmes à la retraite alors qu'il me reste encore un tome d'Omnibus, mais la vérité est là : il ne me reste plus qu'un tome et j'ai déjà lu une bonne moitié des aventures de mon détective et médecin favoris.
Mais je réserverai un paragraphe où je pourrais chouiner au dernier tome, je passe plutôt à la nouvelle qui est, certes pas la meilleure, mais est très sympathique. À mes yeux, c'est une des enquêtes les plus complètes, tant dans la compléxité que dans la richesse des personnages. Je me suis beaucoup attachée à Lady Hilda Trelawney Hope et cette nouvelle est une des "preuves", j'ai envie de dire, qu'Holmes n'est pas un parfait misogyne.
La nouvelle souffre juste d'un début un peu lent mais se termine rapidement et sur une jolie note amusante. Doyle ne m'a pas déçu, encore une fois !

             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place La Deuxième Tache à la huitième place.
• On revoit le dénommé Oberstein deux nouvelles plus tard, dans Les Plans de Bruce-Partington.

Avec cette longue chronique, je valide le second tiers de mon Challenge Holmésien et l'Idée n°11 du Challenge des 170 Idées (même si c'est plus un pince-nez qu'une paire de lunettes).
http://lectures-de-vampire-aigri.blogspot.fr/2012/09/cahllenge-02-le-challenge-holmesien.html http://lectures-de-vampire-aigri.blogspot.fr/2013/11/challenge-04-le-challenge-de-170-idees.html

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Comme pour le premier tome, Omnibus est une édition bilingue avec les illustrations de Sidney Paget.