dimanche 10 novembre 2013

L'Aliéniste, de Caleb Carr,

New York 1896.
Un meurtrier auprès duquel jack l'Éventreur fait piètre figure sème aux quatre coins du Lower East Side les cadavres d'adolescents atrocement mutilés sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics. Révolté par tant d'indifférence, Theodore Roosevelt, alors préfet, fait appel à ses amis John Schuyler Moore, chroniqueur criminel, et Laszlo Kreizler, aliéniste spécialiste des maladies mentales, pour élucider cette énigme terrifiante.
Leurs procédés sont révolutionnaires ! En étudiant les crimes, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l'assassin, l'identifier et l'arrêter. Ils ont peu de temps : le meurtrier continue à frapper.
Les obstacles se multiplient mais rien ne pourra les arrêter...
Quatrième de couverture par Pocket
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J’imagine que tout lecteur qui s’intéresse aux thrillers a déjà entendu au moins une fois le nom de Caleb Carr, plus précisément le titre de son roman L’Aliéniste. Personnellement, je l’ai connu avec des éloges, servi avec des compliments, saupoudré de louanges et enrobé de bave de fan. Peut-être de façon excessive car au final, j’attendais un peu trop de cette enquête.
Toutefois, L’Aliéniste ne fut pas une déception complète !

 L’œuvre et son auteur.

Ce qui m’a poussé à lire L’Aliéniste, hormis les critiques, c’est bien évidemment l’époque. Vous l’aurez compris : 1896 ! je n’ai pas résisté au voyage temporel que me promettait les pages. L’ambiance historique est donc relativement bien installée bien que j’ai regretté qu’il n’y ai pas plus de descriptions en dehors de l’enquête, histoire de peindre un peu plus le décor. Autrement, la mentalité des personnages et les méthodes d’investigation sentent bon le XIXème siècle et, très important à mes yeux, on perçoit les recherches menées par Caleb Carr !
Ensuite, la seconde raison est bien évidemment le titre. Autrefois, les fous étaient appelés plutôt aliénés et bien évidemment, psychologue a "remplacé" aliéniste. Car si certains auteurs de policiers se contentent d’utiliser des policiers, des gendarmes, des détectives privés… Caleb Carr s’enfonce dans la complexité et l’originalité en mettant en scène des spécialistes de branches différentes en plus de les connecter durant son récit. On passe alors de sergents à politiciens, journalistes à psychologues, gros bras à anthropologues. Bien sûr, s’invitent des avis divers, des opinions tranchés, des caractères décalés…

Seulement, c’est dans la galerie de personnages que je coinçais un peu. Autant j’ai adoré Laszlo Kreizler, Cyrus et les frères Isaacson, autant j’avais beaucoup de mal avec Sara Howard à certains moments et mon avis concernant John Moore passait du très bon au très mauvais (avant de s’achever définitivement sur de l’agacement pur et simple). Je ne ressens pas toujours un tel ennui à cause de certains personnages, mais là, c’est plus fort que moi [spoiler social] notamment quand l’enquête était entrecoupée par les « crises de jalousie » de John Moore qui jugeait que Sara Howard et Laszlo Kreizler se rapprochaient trop alors que je sentais à dix kilomètres que c’était pour tout, sauf de la romance. Le voir péter des crises me donnait plus souvent l’occasion de râler que de rire. [fin du spoiler social]
Sans spoiler, je dirais simplement que j’ai aimé la psychologie du tueur et la parcours mené par les enquêtes pour pouvoir la façonner à partir des indices laissés.

Théodore Roosevelt accompagné de ses collègues fictifs,
Laszlo Kreizler, John Moore, Sara Howard, Marcus Isaacson, Lucius Isaacson, Cyrus et Stevie Taggert

En revanche, même schéma pour les interactions, certaines sont plaisantes, intéressantes, enrichissantes et puis d’autres… Je renvoie les lecteurs au spoiler social quoi. Certains aléas affectifs font que l’enquête piétonne et cela rajoute un côté réaliste, sauf que ces ralentissements n’étaient finalement pas à mon goût. Pas du tout en fait, me poussant même à faire une pause alors que j’atteignais les derniers chapitres.

The Street (1903), la photo d'Alfred Stieglitz qui aura servi pour de nombreuses couvertures.

En somme, je dirais que L’Aliéniste est un livre très instructif concernant la criminologie d’époque et est conforme à l’année que l’auteur aborde. Je regrette juste des personnages quelque peu clichés qui m’ont donné l’impression de faire traîner l’enquête qui est en plus d’une remarquable richesse.
L’Aliéniste reste cependant un classique du policier qu’il faut lire au moins une fois.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• À savoir que Caleb Carr a écrit « une suite » du nom de l’Ange des Ténèbres. Quoique suite n’est pas le mot le plus exact, il s’agit plutôt d’une nouvelle enquête où l’on retrouve bon nombre des personnages de L’Aliéniste, à savoir Sara Howard, Laszlo Kreizler, John Moore, les frères Isaacson et d'autres.

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