mercredi 19 septembre 2012

Swap [01], Swap Whovien,

Moi qui n'étais ce matin qu'une ignorante de ces pratiques de blogs lointains et inconnus, voilà que je m’intéresse à la culture de mes voisins et que j'adhère à cette méthode fructueuse de partage : le Swap. Comment ai-je cédé si facilement à ces pratiques alors que j'aime traîner en forêts pour jouer les barbares ? C'est simple : j'ai vu une boîte bleue dans le ciel infini.
Mais passons, laissez-moi déjà vous expliquer le principe du Swap pour autres sauvages de mes contrées : le Swap est donc porté sur l'échange d'une passion mise en commun grâce à un thème choisi (littérature horreur, époque précise, etc.). Quelqu'un qui a la bonté d'organiser ce volage de colis organise donc des inscriptions, puis, chaque personne sont mises par binômes après avoir rempli un questionnaire (à propos de ce que l'on a, ce qui nous fait envie, ce qu'on n'aime pas, etc.). Ensuite, nous avons quelques semaines pour préparer le colis de notre partenaire (en prenant en compte les réponses de son questionnaire), tandis que de son côté, il fait de même.
À la fin, tout le monde reçoit le colis dans la même période et on ouvre nos trésors à un jour précis (c'est plus courtois pour les retards éventuels, on commence pas à manger quand tout le monde n'est pas arrivé à table !). Simple et efficace pour qui aime donner et recevoir, le thème de Doctor Who, à l'occasion de la saison 7, m'a convaincu d'essayer mon premier Swap.
Avouez que Doctor Who pour une première expérience, c'est parfait.
Léna et Marine sont donc les organisatrices de ce Swap et ont préparé un article que je laisse ici :


Avant de vous exposer les différentes dates, voici le contenu minimum du colis (je précise au cas où : ça serait chouette si les différents objets que vous envoyez soient emballés dans un papier cadeau) :
-1 livre mettant directement en scène le Doctor (en français chez les éditions Milady) ou un livre sur la série en elle-même (The Brillant Book, livres de décryptage, …) ou un livre en rapport avec les différents personnages historiques que le Doctor rencontre (Dickens, Shakespeare, Agatha Christie, la reine Victoria, Mme de Pompadour, Van Gogh…).
-2 objets en rapport avec le Doctor (mug, figurine, bijou, tournevis sonique, peluche, poster, calendrier, marque-pages, déco…) faits main ou non.
-1 DVD portant directement sur la série ou mettant en scène un acteur de la série.
-1 boisson (thé, café…) + 1 petite gourmandise
(dans ce colis type, vous avez le choix d’envoyer soit 2 livres soit 1 livre + 1 DVD)

Alors ce swap s’organiserait en plusieurs temps :
-Inscriptions du samedi 1er septembre au samedi 29 septembre-Envoi des questionnaires le dimanche 30 septembre, afin de mieux cibler ce que vous possédez déjà concernant le Doctor, mais aussi cibler vos préférences (ça serait bête que vous vous retrouviez avec 2 livres identiques ou avec un poster de Van Gogh alors que vous n’appréciez pas ce peintre !)
-Date maximum de renvoi du questionnaire à Marine ou à Léna : le dimanche 21 octobre-Tirage au sort des binômes (si vous vous voulez être avec quelqu’un en particulier, c’est possible de créer les binômes avant le tirage au sort) du lundi 22 au mercredi 24 octobre et on vous envoi donc le questionnaire rempli de votre swappé
-Date d'envois des colis : du samedi 1er au samedi 15 décembre-Date d’ouverture des colis (oui oui, on l’ouvre en même temps) : le lundi 24 ou mardi 25 décembre (pour fêter Noël bien sûr, mais surtout pour fêter l’épisode spécial qui introduira la nouvelle compagne du Doctor !) + publication d'un petit article pour montrer votre colis reçu :-) (si vous n'avez pas de blog, vous pouvez nous envoyer une ou deux photos, qu'on publiera)
Une fois que vous vous engagé dans ce swap, ça serait bien que vous vous teniez au timing… pour ne pas que votre swappé se retrouve sans son colis au bout du temps imparti, et que tout le monde puisse l’ouvrir en même temps.
Pour les inscriptions, il suffit de laisser un commentaire sur cet article ou celui-ci, en indiquant votre adresse e-mail dans votre message (vous pouvez aussi leur envoyer celle-ci par MP).

Voici la liste des prochains compagnons du Doctor :

- Aeyrine
- Angélina
- Amandine
- D.Lockhart
- Elise
- Lucille
- Marine / Léna
- Ollie
- Pops / Sofynet
- Romain
- Skyangel
- Stef
[Je précise que je ne me porte pas responsable de mises à jour, le mieux serait d'aller voir sur les blogs de Léna et Marine pour les dernières infos]


dimanche 16 septembre 2012

Le Crime de Paragon Walk, d'Anne Perry,


Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l’inspecteur Pitt, chargé de l’affaire, se heurte à l’hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l’élite.
Les façades respectables de Paragon Walk se lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges.
Quatrième de couverture par 10-18, collection Grands détectives.
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J’enchaîne donc dans la série de Charlotte et Thomas Pitt avec ce troisième tome, Le crime de Paragon Walk, qui s’en sort aussi avec un 3/5. Le drame, car j’étais tentée de mettre un 4 mais de trop grosses déceptions me donnaient envie de mettre 2 : j’ai donc fini par couper la poire en deux.


Déjà, j’appuie les autres chroniques (comme celle du blog Mes Autres Mondes) sur la multitude de discussions presque futiles, peu utiles à l’enquête, mais je ne m’en plains pas : bizarrement, ça m’a amusé (je précise que je lis la série de Charlotte et Thomas Pitt plus pour l’époque que pour me chauffer les méninges). Quoique, à côté de ces conversations sans le moindre indice, je trouvais l’enquête bien recherché avec des thèmes nouveaux qui collent très bien à l'époque Victorienne [spoiler]l’occultisme avait après tout un certain succès à cette époque[/spoiler], ça, déjà, ça valait un 4/5. Par contre, Anne Perry a ce défaut que j’avais déjà noté dans le précédent tome Le Mystère de Callander Square ; il n’y a pas de conclusion. La chute du livre est si rapide qu’on prend ça un peu pour un cliffhanger. Donc un sentiment d’inachèvement qui, selon moi, frôlait le 2/5.

Laissons l’enquête de côté et intéressons-nous aux personnages. Là encore, du cliché total sur la bourgeoisie victorienne mais encore une fois, ça reste amusant. Le vrai défaut dans cette galerie de personnages, c’est que certains d’entre eux donnent l’impression qu’ils vont avoir énormément d’importance, des surprises à dévoiler et au final… Rien. Un flop, mes amis. Et ils n’étaient pourtant même pas suspectés comme coupable. Je penche donc à nouveau vers le 2/5. Le contre-balancier pour le 4/5 vient des personnages Tante Vespasia, qui a été un véritable coup de cœur, et Jessamyn, dame de la Haute par excellence mais je sais pas, j’ai beaucoup aimé son personnage à elle aussi.

Qu’en est-il alors de Charlotte et Thomas ? Un point qui me déçoit énormément : on ne s’intéresse absolument pas à leur vie privée. Entre Le Mystère de Callander Square et Le crime de Paragon Walk, il s’est déjà écoulé un an. Je conçois qu’il n’y a pas des meurtres et des mystères toutes les 2 deux semaines à Londres… Quoique… Mais on n’a pas le temps de pleinement apprécier les personnages dans leur « milieu naturel » et les évènements n’ont aucun impact sur leur vie. Car j’avoue, je me suis presque prise à détester Charlotte dans ce tome-ci (ça vaut un 2/5 ça), elle devient superficielle au contact de la bourgeoisie, voire mesquine et hautaine, elle n’est plus la Charlotte de L'Étrangleur de Cater Street où, nous, lecteurs de 2012, auraient approuvé ses coups de gueule. Mais ce qui m’a vraiment déçu, c’est que Thomas n’a aucune importance dans cette transformation et c’est à peine si il le remarque. En somme : aucune répercutions.
Je ne sais pas : je trouvais le policier touchant quand il se prenait à rêver d’offrir de somptueuses robes à sa Charlotte, pourquoi ne pas approfondir un peu quitte à faire éclater quelques disputes ? C’est un couple après tout, ils connaissent des hauts et des bas…

Une des couvertures anglaises (pour la version numérique)

Heureusement, la vie privée des Ashworth rattrape le tout. Emily reste fidèle à elle-même [spoiler]malgré sa grossesse[/spoiler] et George prend de l’importance sur le plan sentimental. Bref, on a un couple réaliste avec des conclusions touchantes, je dirais même que je vais finir par préférer ce couple à celui de Charlotte et Thomas en fait. Ce qui donne un nouveau 4/5.

Résultats des courses :
• 4/5 : 3
• 2/5 : 3
Alors laissons un p’tit 3/5 pour faire plaisir à tous.

La question se pose encore : vais-je continuer la série de Charlotte et Thomas Pitt ? Définitivement. Déjà parce que j’ai acheté le tome 4 donc ça serait bête de le laisser de côté et de le revendre dans quelques années comme un vulgaire torchon et que je suis tentée d’acheter les tomes 5 et 6. Mais je sens que ce serait bientôt la bonne série d’Emily et George Ashworth que plutôt la série de Charlotte et Thomas Pitt.

Pour information, 10|18 réédite toutes les couvertures. Ça m’embête un peu de changer comme ça, mais je préfère les couleurs de cette réédition, les tableaux, par chance, restent les mêmes (ou presque).

Ce billet est ma quatrième participation au challenge Victorien dans la section Charles Dickens, organisé par Arieste (mille mercis à elle d'ailleurs). Tout est expliqué sur cet article si vous voulez nous rejoindre !



Le coffret en question.
             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• À savoir qu’en France, un coffret est sorti en réunissant les trois premiers tomes.
• Et pour ceux qui veulent les lire, chroniques des tomes précédents :
             • Tome 1, L'Étrangleur de Cater Street
             • Tome 2, Le Mystère de Callander Square







mercredi 12 septembre 2012

Fargo Rock City, confessions d'un fan de Heavy Metal en zone rurale, de Chuck Klosterman


Wyndmere, Dakota du Nord, 498 habitants, 1983. Chuck Klosterman a 11 ans lorsque son frère aîné ramène un jour à la ferme familiale, non loin de la ville de Fargo immortalisée par les frères Coen, le chef-d'œuvre de Mötley Crüe, Shout At The Devil. L'univers tonitruant et vénéneux du glam metal en fusion va changer la vie de notre jeune rural à la nuque dégagée. Durant toutes les années 80, le collégien -comme des légions d'adolescents du monde entier- punaisera les posters de Kiss, Poison, Cinderella, Helloween, Guns N'Roses et autres W.A.S.P. sur les murs de sa chambre. Chuck Klosterman a beaucoup aimé le heavy metal. Il en connaît tous les groupes. Toutes les subtilités. Tous les codes et les clichés. Toutes les mythologies. C'est ce qui rend ce livre exalté, décalé, plein de finesse et d'humour, unique en son genre. À la fois analyse historique, critique culturelle et hilarant journal d'un kid métallo en plein Midwest, Fargo Rock City est une formidable plongée dans un hard rock peroxydé et moulé dans le cuir clouté. Une vibrante lettre d'amour à un genre très souvent méprisé par la critique. Un hymne éclatant, enfin, à la jeunesse et au rock & roll.
Quatrième de couverture par Rivages.
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« Aujourd’hui encore, « In-A-Gadda-Da-Vida » est aussi heavy que du plutonium à usage militaire. »
P.30

Étant une grande fan de tout ce qui est rock et metal, je connaissais déjà quelques biographies sympathiques de la collection Camion Noir (notamment ceux à propos de Metallica) mais jamais encore je n’avais vu un livre traitant du Heavy Metal en lui-même et ainsi exposé au milieu de Virgin. Même pas sous des piles de livres pour combattre l’anorexie (pardonnez-moi du terme, mais on en BOUFFE de ces bouquins), pas le bouquin corné et mal rangé, déchiré que personne ne prendra. Non : Fargo Rock City, confessions d'un fan de Heavy Metal en zone rurale, avec ses jolies vaches maquillées à la Kiss, pouvait attirer n’importe quel regard. Dont le mien. Et voilà que je passais en caisse pour acheter cet ouvrage intriguant.

La bouille de l'auteur.

Vous vous doutez que si les noms tels que Skid Row, Mötley Crüe et Van Halen ne vous disent rien, je vous déconseille fortement de lire Fargo Rock City. Après tout, tout est dans le titre ; pourquoi un fan de Beatles lirait ce livre ? Comment un fan de rap pourrait s’intéresser à ce bouquin si il ne connaît rien au heavy metal ?
Mais pour ceux qui écoute encore Shout at the Devil (dont il est grandement question dans le livre), … And Justice for All et Nevermind (loin d’être du metal mais il est quand même mentionné plusieurs fois dans le livre) en regrettant de ne pas avoir eu 14 ans dans les années 80 ou en regrettant de ne pas pouvoir remonter le temps, Fargo Rock City pourrait vous intéresser.

Mecs ou filles ? La question qui
perturba le petit Chuck Klosterman 


Avec quelques bribes d’autobiographie, d’interviews et d’analyses, Chuck Klosterman aborde des questions presque philosophiques sur ce courant qui s’est multiplié à une vitesse folle dans les années 80, comme : est-ce que le Heavy Metal est apparu par hasard à cette époque ? Les groupes devaient-ils uniquement composer de la musique que le public veut entendre ou devraient-ils faire de la musique comme bon leur semble ? Le Heavy Metal est-il vraiment responsable des cas de suicides et de violence chez les jeunes ? Bref, de quoi faire réfléchir durant la lecture grâce à l’écriture de Chuck Klosterman.





« Tom Keifer ne s’est pas réveillé un beau matin avec cette coiffure (même si, par moments, on aurait pu croire que c’était le cas). […] Je suis certain que personne ne s’est jamais suicidé en écoutant Long Cold Winter, mais Tom parlait quand même de la vie et de la mort. Judas Priest poussait soi-disant des gamins à pointer un flingue sur leur tempe ; Cinderella me faisait faire la même chose, mais avec un sèche-cheveux. »
P. 70
Mais aussi des sujets plus légers, comme sur le fait que le clavier était un instrument qui désignait un groupe de metal qui craint. Ou encore, cette mode de cheveux longs, etc. 



C’est d’ailleurs un point de j’ai aimé : Chuck Klosterman emploie un style très oral, on ne lit pas, on l’entend parler, nous raconter. Comme dans une conversation, on écoute les arguments de l’autre en se disant qu’on est d’accords ou au contraire, que ce mec est un crétin et qu’il ne peut pas avoir raison. Loin d’avoir la langue dans sa poche, l’auteur mitraille même les groupes qu’il aime. Mais c’est à prendre à la légère, il n’a pas écrit ce livre pour cracher sur des groupes. Je pense qu’il faut avoir un certain humour, une certaine ouverture d’esprit pour apprécier Fargo Rock City.

« Écouter Clapton, c'est recevoir un massage sensuel de la femme que vous aimez depuis dix ans ; écouter Van Halen, c'est passer la meilleure nuit de sexe de votre vie avec trois élèves infirmières canon rencontrées dans un Tastee Freez. » 
P. 33
Bon. Niveau écriture par contre, la lecture est loin d’être évidente car elle est entrecoupée ponctuellement de références à la culture américaine des années 80, autant dire que Google m’a bien servi. Fargo Rock City n’est pas un roman, c’est un hybride entre l’autobiographie amère et l’étude ironique du Heavy Metal. Mais il y a quand même des passages touchants, comme ce passage où Chuck Klosterman partage un moment avec une fille qu’il aimait à l’époque du nom de Janet Veit, personnellement, ça m’a fait sourire niaisement. Après, je suis une gonzesse, c’est normal.

Une des couvertures américaines. 
« L’illusion occultiste a toujours été en grande partie ce que j’adorais dans le heavy metal. Le diable m’intriguait plus que le sexe et les drogues réunis, parce que j’avais l’impression que Satan était partout. Je pensais honnêtement que j’avais plus de chances de rencontrer Satan que de rencontrer une pute ou un dealer. »
P. 149
En somme, Fargo Rock City est une étude intelligente et sympa dans le ton à propos du Heavy Metal qui n’est pas seulement une musique de brutes, de bourrins (d’ailleurs, c’est faux, les metalleux sont des crèmes, des ours et certains sont de vrais intellos), Chuck Klosterman nous le prouve et même si la gloire du metal est mort en même temps des le XXème siècle, au moins la culture musicale n’a pas tout à fait disparu et ce livre apporte une certaine réjouissance.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Pas tellement sur le bouquin (quoique cela pourrait intéresser Chuck Klosterman) mais sur une étude psychologique. Certains ignorent peut-être que je suis en psychologie et que un de mes groupes préférés est Metallica (Mes groupies les plus fidèles le savent, au moins). Vous imaginez donc ma joie quand j’ai vu une image de Lars, le guitariste, dans un de mes manuels d'école. J’en viens au fait : une étude montre que plus les membres de Metallica avaient les cheveux longs, plus ils vendaient de CDs. Influence inconsciente ? Faut-il avoir une chevelure à la Raiponce pour être le plus gros vendeur de CDs ? Je vous laisse méditer, de mon côté, je reste sceptique face à cette étude.

mercredi 5 septembre 2012

Basil, de W. Wilkie Collins,



Un jeune homme s’engage dans un mariage qui ne tarde pas à se révéler un guet-apens…
Où la bonne société victorienne nous découvre le dessous -peu reluisant- de ses crinolines.
Quatrième de couverture par Phébus libretto.
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Lire du Wilkie Collins, c’était dans ma liste des 1000 choses à faire avant de mourir (numéro 327, entre Toucher le torse musclé d’un ouvrier russe stakhanoviste et Philosopher avec un ivrogne sur l’existence des poussins bleus) et bien c’est maintenant chose faîte. Et c’est bien parti pour lire d’autres œuvres de ce populaire auteur victorien.

Et un portrait de l'auteur par Rudolph Lehmann (1880) pour la route

Déjà, vous avez compris que Basil a été une bonne découverte pour moi. Une très bonne je dirai même. Peut-être pas excellente, mais il s’agit de mon premier Collins et selon les rumeurs, la Dame en Blanc et Pierre de Lune sont eux excellents. Mais venons en au fait : Basil, malgré le bon moment que j’ai passé, ne serait pas à mettre dans n’importe quelles mains. J’entends par là qu’on à affaire à du classique pur et dur, le roman victorien dans toute sa splendeur. Ceux qui ne s’entendent pas avec le genre et fuient les classiques comme la peste et bien, il vaut mieux ne pas s’approcher de Basil.
Enfin, je ne dirai pas que vous ratez quelque chose (enfin, presque), car comme on dit, chacun ses goûts.

Maintenant, je m’adresse à vous, mes précieux amis, passionnés de classique et de littérature victorienne. Déjà, j’avoue que mon admiration pour l’auteur W. Wilkie Collins a été imminent dès la préface qui s’intitule « À l’honorable Mr. Charles James Ward ». J’ai ressenti un véritable élan de sympathie en lisant ce paragraphe :

« Aux personnes qui refusent les principes généraux exposés ici ; qui estiment que le romancier n’a d’autre rôle que celui d’amuseur ; qui répugnent à trouver dans les livres des allusions honnêtes et sérieuses à des sujets auxquelles elles pensent dans le particulier et qu’elles évoquent partout en public ; qui voient des sous-entendus là où il n’y en a pas, et des insinuations inconvenantes qui n’existent pas davantage ; qui placent leur innocence dans le verbe, et non dans la pensée ; dont la moralité réside au bout de la langue, sans jamais aller jusqu’au cœur ; à ces personnes, je considérerais comme une perte de temps ou pis encore d’offrir de plus amples éclaircissements quant à mes motifs que ceux, bien suffisants, que j’ai déjà exposés [dans les paragraphes précédents la citation]. Ce n’est pas à elles que je m’adresse dans ce livre, et jamais je n’envisagerai de m’adresser à elles dans aucun autre. »

Sans grande raison d’ailleurs, mais je me suis tout de suite sentie proche de l’auteur qui prend son rôle très à cœur dans son travail et donne de la richesse à des avis sincères habillés de récits fictifs. Bref, Mr. Collins, dès que je vous croise au paradis, on va boire un verre tous les deux (ou on ira dans un opium den à la rigueur).

Et après cette longue intro concernant la découverte de l’auteur, j’expose enfin mon avis concernant Basil.
Première édition du roman,
Datant de 1856
Si mon opinion, en fermant le livre, s’est révélé positif, ce n’était pas le cas au début… Disons que le narrateur prend énormément de temps à installer le décor. Et quand je dis énormément, c’est qu’il faudra attendre d’être arrivé à la moitié du livre pour découvrir le véritable intérêt : le drame qui attend notre héros et ses compagnons. Sinon, durant toute la première partie, ce n’est que descriptions des alentours, récits linéaires sur le quotidien d’un brave gentleman qui passe ses journées dans l’oisiveté et qui tombe amoureux de la façon la plus simple qui soit.
Pas particulièrement palpitant quand on pense que Collins est considéré comme un des précurseurs du roman à sensation. Ça fait même tache en fait.
Heureusement, ces longueurs sont rattrapées par un atout qu’on trouve rarement dans un livre : du talent. Dans Basil, la narration est soutenue avec un certain style loin d’être plat, sans pour autant en faire des tonnes. Et pourtant, il s’agit d’un ouvrage qui, selon son auteur, souffre d’un manque de maîtrise, encore novice… Tudieu. Faudra que je lise ses ouvrages les plus populaires alors !

Enfin, une fois passé ce dur labeur qu’on traverse avec indulgence et patience, les doutes arrivent. Rien n’est révélé dans Basil, tout est gardé, on laisse mijoter l’inquiétude avant les vagues de frissons. Je ne révélerai rien de ce qui s’y passe, naturellement, mais les retournements de situation et les réponses se sont avérés très efficaces sur moi. En gros : un puzzle prenant et dont la conclusion n’arrive qu’à la fin. 

Les relations abordées (notamment celle de Basil et sa femme, Margaret) m’ont totalement ému, car elles poussent les sentiments à l’extrême et ne laissent pas insensible. Car au fond, on redoute de vivre ce que vivent les pantins de Basil. De plus, Collins met une telle force dans les dialogues que les lire ont eu autant d’effet que si les paroles m’étaient adressées :

Petit faible pour la couverture
de Phébus (j'aime cette édition ♥)
« - C’est parce que je vous ai compris, monsieur, que je pars. J’ai mérité votre colère, et je me suis soumis sans un murmure à tout ce qu’elle était capable de m’infliger. Si vous ne voyez dans ma conduite envers vous aucune atténuation de ma faute, si vous ne pouvez envisager la honte et le tort que j’ai subis sans qu’un peu de pitié se mêle à votre douleur, je crois avoir le droit de demander que votre mépris soit silencieux, et que les dernières paroles que vous m’adressez ne soient pas des paroles d’insulte. »
p. 208



J’aborde d’ailleurs un point que j’ai aimé dans le roman : les personnages. Je ne parlerai que de Basil pour ne pas gâcher la surprise : Basil est donc le gentleman par excellence de l’époque victorienne et réunit à lui tout seul tout l’esprit de l’époque. Jeune et romantique, innocent et naïf, passionné mais bon malgré tout. En bref : j’ai été touchée par le personnage, de même que j’ai adoré Margaret, Mrs. Sherwin, Clara, Mannion… En fait, j’ai même été incapable de détester les personnages les plus abjectes (sauf peut-être Mr. Sherwin au vu de son comportement vis-à-vis de son épouse, vous comprendrez pourquoi en le lisant).

En quelques mots, Basil a été une bonne découverte, un plaisir qui a nourri mon amour pour les romans victoriens puisque ce livre réunit passion douloureuse, romance tragique et mesquinerie hypocrite. Très dans la lignée de Jane Eyre (en plus bref) en fait : ou du moins, ce que j’ai ressenti en lisant Basil a été aussi fort que lorsque j’ai lu Jane Eyre.
Bref, esclaves de la littérature victorienne, jetez-vous sur Basil et possiblement, les autres romans de Collins.

J'en profite pour inclure ce billet comme étant ma première participation au challenge Victorien (vous me connaissez, je résiste pas à ce siècle) dans la section Charles Dickens, organisé par Arieste (mille mercis à elle d'ailleurs). Tout est expliqué sur cet article si vous voulez nous rejoindre !



             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Il s’agit du second roman de W. Wilkie Collins, qui remua toute la population de Londres si paisible et, vous le savez, sans reproche. Bien entendu. Non, plus sérieusement : Basil aurait fait scandale car il dénonce le mécanisme hypocrite du mariage de l'époque, les dangers des sociétés basses et hautes, etc. Bref, pas de quoi nous faire rougir, nous, bêtes dévergondées du XXIème siècle.

mardi 4 septembre 2012

Top Ten Tuesday [06],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.





Le thème de cette semaine est...
Les 10 livres à lire cet automne (Votre PAL pour cet automne)
En espérant m'y tenir.

Il s'agirait du plus triste, mais peu importe. Je serai vaillante. Aussi vrai que j'aime le thé, je commencerai la tome 3 du Trône de Fer aussitôt la dernière page du tome 2 tournée.

Parce que je le zieutais depuis un moment et qu'il est enfin dans ma bibliothèque, pourquoi me priver ?

Sire Cédric est un auteur qui me tente depuis un moment : les genres qu'il aborde me plaisent, j'entends beaucoup de bonnes critiques à son sujet (notamment L'Enfant des Cimetières) et j'adore ses cheveux (bien sûr que c'est une raison). Donc L'Enfant des Cimetières m'attend sur mes étagères et j'ai hâte de le lire et découvrir enfin l'auteur.

Roman dont j'avais entendu parler et que, lorsque je l'ai acheté, le vendeur m'a dit, horrifié, "Bon sang, j'ai lu ce livre, impossible de dormir par la suite ! Je vous souhaite du courage !". Forcément, loin d'être découragée, mais plutôt convaincue, j'ai décidé que je relèverai le défi.

Un roman qui promet d'être très farfelu, il m'a suffit de lire le passage sur le genre de fille qu'aimait chaque groupe (perso, pour ma part c'est "Skid Row : donc les sex-machines à gros seins, sans visage, sans nom (avec un cœur  d'or)" et "Metallica : Rien de tout cela", bref, je ne suis pas sûre de plaire au (plus tellement) magnifique Sebastian Bach comme je manque de "gros seins") pour me convaincre de le lire très prochainement.
Pour les amateurs, l'image utilisé représente la chanteuse de The Distillers : Brody Dalle. J'ai eu un vrai coup de foudre pour ce groupe il y a cinq, six ans et je le conseille aux fans de punk/grunge.

Dans la ligné rock encore, Poppy Z. Brite me manque un peu (son style, ses idées...), alors je vais sûrement me laisser tenter par Alcool bientôt, surtout que j'ai le tome 2 aussi : autant en profiter.

Depuis que je sais qu'il s'agit de la traductrice française de Poppy Z. Brite, Mélanie Fazi m'intéresse pas mal. Notre-Dame-aux-Écailles est le seul ouvrage que j'ai réussi à trouver d'elle, et comme il s'agit de nouvelles, ce livre peut donner un avant-goût. Bref, je m'arrangerai pour le lire dans les mois suivants.

De l'Historique pur et dur, c'est la mention de l'Hôtel-Dieu qui m'a convaincu de m'intéresser à ce livre, avec toute la médecine de l'époque et la condition des femmes... Le lire durant la période de la rentrée serait plutôt bénéfique vu mes études en fait.

Car il prend la poussière depuis Noël et que j'en entends beaucoup de bien (malgré mes appréhensions), j'espère me décider à lire la Maison de Soie avant Octobre et découvrir enfin si Anthony Horowitz a vraiment ressuscité Sherlock Holmes. En tous cas, je croise les doigts.

Et enfin, ce livre anorexique dont le résumé présage que l'aventure risque d'être sympathique. Je compte donc le lire avant que l'Hiver arrive pour découvrir enfin ce Folio intriguant.


À un prochain mardi !

vendredi 31 août 2012

Bilan Mensuel : Août 2012 [04],


L’été se termine et on sent la rentrée et le froid qui pointe le bout de son nez. Ou pas. L’automne n’est pas prêt d’arriver, les jours sont encore longs, et des Fac n’ouvrent qu’en Octobre mais pour ma part, je retrouve bientôt ma routine de Fac, qui m’avait presque manqué. Mais je dis bien presque.  
Mais trêve de bavardage et voilà la petite liste des romans finis ce mois-ci (j’inclus Le Crime de Paragon Walk, comme il me reste quelques pages, je pense le finir demain, donc bon).


Quant au tome 2 du Trône de Fer, je savoure encore et toujours, c’est vraiment une saga que je ne veux pas dévorer à l’excès et prendre le temps de l’apprécier pleinement, bien que j’enchaîne en fait les tomes. Et aussi parce que, sachant quelques détails du troisième tome, je redoute et je repousse ma lecture tout en étant impatiente…

Et j’ai beau me dire que ma PAL pourrait m’occuper des hiver entiers, je ne peux pas m’empêcher de rajouter des invités encore et encore… Surtout que je n’ai pas été très raisonnable ce mois-ci (et encore, il y a beaucoup d’ouvrages que les libraires n’avaient plus, il y aurait trois ou quatre livres en plus sans ça).


Sinon, concernant mes lectures futures, celles d’automne… Je ne dis rien, comme le prochain Top Ten Tuesday porte dessus et que ma liste est déjà prévue~

Bonne rentrée pour ceux qui reprennent et à bientôt.

Le Bal des louves, La Chambre maudite, de Mireille Calmel,

Décembre 1500. Au pied des remparts du château de Montguerlhe, gît une jeune fille. Parce qu’elle était trop belle et qu’elle s’est refusée à son maître, le seigneur François de Chazeron, il a fait pendre son mari, il l’a violé, battue, marquée au fer rouge. Puis l’a faite jeter aux loups.
Mais les loups ne la toucheront pas. Elle est des leurs.
Cachée dans la forêt, à la tête de sa meute, Isabeau n’a qu’un seul mot à l’esprit : vengeance !
Quatrième de couverture par Pocket. 
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Quiconque s’intéresse au style historique a sûrement entendu parler de Mireille Calmel, cette écrivain française à la vie particulière et qui respire uniquement que par les mots qu’elle écrit. Si j’adore me plonger dans un livre pour fuir vers une autre époque, un autre monde… Je privilégie surtout mes genres favoris qui sont les enquêtes et l’horreur. Mais enfin, j’étais plutôt intriguée par Mireille Calmel et certains de ses titres me faisaient envie (je pense à Lady Pirate et Le Chant des Sorcières en particulier) mais je voulais commencer par des ouvrages moins connus… Histoire de garder, comme on dit, le meilleur pour la fin.

Quand on fait connaissance avec un auteur, dès les premières pages, le style influence beaucoup sur l’avis final… En tous cas, ça marche comme ça avec moi. Le style de Mireille Calmel n’est pas désagréable mais il n’est pas spectaculaire non plus. Cela dit, il y a quand même un certain talent de narration (ouais parce que, pour moi, un bon écrivain, c’est quelqu’un qui fait des métaphore toutes les quatre lignes.).
Le décor n’est pas sans charme : un hiver rude, en Auvergne durant la cruelle Renaissance en plus de mystères qui grignotent les forêts alentours. Ça fait rêver quoi et toute cette ambiance est très bien installée et rajoute un aspect à l’intrigue. Mais si le roman démarre vite et bien, j’ai trouvé que l’histoire s’essoufflait durant la première moitié. Disons qu’il n’y a pas que la vengeance d’Isabeau mise en scène. Le scénario se porte sur le sort d’Isabeau, mais aussi sur de l’alchimie, la quête de Phillipus et les amours de Huc de La Faye (personnage que j’aime bien d’ailleurs mais pétard de sorts, il m’a donné envie de m’arracher les cheveux !)… Bref, le problème se pose alors : quand vous aimez plus une intrigue que les autres, vous avez hâte d’y revenir. Et si vous supportez mal une intrigue, il faudra prendre votre mal en patience.
Après, toutes ces intrigues apportent un avantage : la trame en devient est complexe, travaillée. C’est riche, réfléchi en plus d’être très bien mené. Il y a des bons retournements de situations, des mystères bien conservés… En clair, le récit est loin d’être plat et aborde des sujets qui plairont à la plupart des lecteurs. Même moi qui ne suis pas friande de romance, j’ai été assez captivée bien que… des claques se perdaient.

Les ruines du château de Montguerlhe sous la neige (pour mettre de l'ambiance).
Source de la photo.

Enfin, outre la romance qui m’a à la fois agacé et charmé (c’était plus de l’impatience qu’autre chose en fait…), il y a un gros plus à ce livre : le fantastique. Mireille Calmel aborde le mythe du loup-garou bien connu mais de façon originale : elle l’aborde de façon légère. Pas de too much, pas de la légende lourde et cliché… Rien de tout ça et même, un peu à la façon d’Un Vampire Ordinaire, le mythe pourrait presque convaincre, prenant des propositions réalistes.
Un point que j’ai énormément aimé donc.

Concernant les personnages, là encore, une galerie diverse et appréciable, offrant des portraits dignes des vieilles légendes. Comme dit plus haut, j’ai eu un certain coup de cœur pour Huc de la Faye mais surtout Albérie. Et bien entendu, Isabeau, assez classique mais tout de même intéressante.

Le tableau dont est tiré le détail de la couverture : Tristan et Isolde, par Sir Blair Leighton.

Puis-je donner un avis concret pour ce livre ? Non, pas sans avoir lu la suite. Car si il y a un reproche que je peux faire, ce serait les quelques longueurs, tandis que pour les appréciations seraient pour la richesse de l’intrigue et l’ambiance passionnante. Mais je ne peux pas juger avec une telle fin et sans connaître la conclusion de l’histoire.
Donc au final, lirai-je d’autres livres de Mireille Calmel ? Oui, car ça vaut quand même le coup (et qu’il paraît que d’autres romans de sa plume sont meilleurs) et mieux encore : je lirai le second et dernier tome qui est déjà sur ma bibliothèque.

Le tableau d'où vient le loup de la couverture : Ivan Tsarevich riding the Grey Wolf, de Wiktor Michailowitsch Wasnezow (Виктор Михайлович Васнецов)

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Comme le montre la photo, le château de Montguerlhe existe bel et bien. Ou plutôt, a réellement existé. Qu’en est-il alors de l’effroyable François de Chazeron et de la triste Isabeau ? Si je n’ai récupéré de François que ce site (pour ceux qui n’ont pas lu le livre et veulent le lire, je ne conseille pas d’aller voir la page, il n’y a pas vraiment de spoils, mais sait-on jamais, car moi-même, je crois que je me suis spoilée… Mais en gros, c’est une fiche sur la généalogie du vrai personnage), mais Mireille Calmel précise dans une interview que l’histoire a réellement existé… Ou du moins, le mythe est bien né sur les terres d’Auvergne et qu’il a été complété/romancé dans Le Bal des Louves.