samedi 13 mai 2017

Les Bonnes, de Jean Genet,

Madame est bonne. Madame est riche. Madame est belle. Madame est généreuse.
Serait-ce pour ces raisons que Solange et Claire, ses deux bonnes, décident de la tuer ? La tragédie, le drame et la comédie se nouent autour de ces trois personnages à la recherche de leur identité.
Créées en 1947, Les Bonnes sont aujourd’hui la pièce de Genet la plus représentée dans le monde.
Quatrième de couverture par Belin Gallimard, ClassicoLycée.
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Si j’ai lu la pièce de Jean Genet, ce n’est pas parce que je l’avais au programme au lycée, ce n’est pas parce que je suis une fan de théâtre mais parce que je m’intéresse vivement aux représentations des faits-divers dans la littérature, et le titre des Bonnes est indissociable à l’affaire des sœurs Papin de 1933. J’ai lu la pièce de Jean Genet pour ça.
Ce qui explique ma déception, car le rapport entre l’affaire et la pièce est vraiment forcé. Les grandes lignes sont conservées : deux sœurs perturbées projettent d’assassiner leur patronne. Leur relation est ambiguë et ils ont des attitudes complexes.
Mais ça s’arrête là.

Oubliez ces deux sœurs durant votre lecture, vous ne les retrouverez pas.

Je tente de me débarrasser de la déception que j’ai ressentie durant ma lecture, car je m’attendais tout à fait à autre chose. Mais finalement, Les Bonnes me permet de confirmer que le théâtre absurde, ce n’est pas pour moi. L’idée derrière cette pièce est intéressante et des procédés sont ingénieux, ce serait de mauvaise foi que de le nier, mais Les Bonnes doivent être étudiées pour être appréciées.
Y assister simplement, le lire simplement ne peut pas aboutir à un petit plaisir lecture de théâtre.

Vous êtes prévenus : cette pièce ne tente pas d’expliquer la folie des sœurs Papin, elle ne tente pas retranscrire l’affaire sordide, c’est une pièce qui joue sur l’identité, le désir et la folie dans un genre absurde.
La pièce en soi est sympathique, si vous êtes prévenus des intentions de Jean Genet, vous serez peut-être moins sur votre faim que moi.

Grâce aux actrices Odile Grosset Grane et Lisa Pajon, je peux valider l’idée n°54 du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Jean Genet a nié s’être inspiré de l’affaire des sœurs Papin, mais l’association s’est faite d’elle-même : jouée la première fois le 19 avril 1947, l’affaire Papin a tout juste quatorze ans et les deux sœurs étranges sur scène faisaient écho à Christine et Léa Papin.
• Il va de soi que l’association, bien que démentie par l’auteur, fait que Les Bonnes se sont attirées les foudres de la critique et du public : la pièce aborde le malsain mais aussi l’homosexualité entre femmes, un thème pas facile à manipuler face à tous dans les années 1940.
• L’édition de Belin Gallimard présente un dossier très complet qui sera utile à tout collégien, lycéen ou étudiant en littérature ! Des définitions, des dates clés, des explications... Bref, de quoi comprendre la pièce sans passer forcément par un cours.



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