vendredi 18 mai 2012

Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children, de Ransom Riggs,


A horrific family tragedy sets sixteen-year-old Jacob journeying to a remote island off the coast of Wales, where he discovers the crumbling ruins of Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children. As Jacob explores its abandoned bedrooms and hallways, it becomes clear that the children were more than just peculiar. They may have been dangerous. They may have been quarantined on a deserted island for good reason. And somehow—impossible though it seems—they may still be alive.
Quatrième de couverture par Quirk.
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Je crois que je vais lancer une pétition contre les résumés qui disent (en partie) n’importe quoi. Surtout la fin. Je sais pas, dire que c’est le grand-père de Jacob Portman qui racontait ces histoires et finir par un « As Jacob explores its abandoned bedrooms and hallways, it becomes clear that the children weren't fairy tales at all. » aurait mieux collé à la trame. Disons que je reproche à ce résumé d’être "trop effrayant" par rapport à ce que ce bouquin offre en réalité. Et pour cause, ça a causé cet affreux avis mitigé qu’il m’a laissé.

Pour commencer par un bon point : l’allure. Je sais qu’on ne juge pas un livre à sa couverture, mais l’ensemble est aussi fascinant qu’un vieil album photo vintage trouvé dans un marché au puces. Je fais d’ailleurs prendre un bain de poussière à mon bouquin pour qu’il est la même odeur de vieux maintenant. Beaucoup de clichés font penser à Diane Arbus, ce qui n’est pas surprenant vu son amour pour les gens extraordinaires. Mais j’aime son travail et cette ambiance semblable apporte beaucoup de charme au roman.

Mais ça ne fait pas tout. Quoique le second point fort est d’ordre esthétique aussi : le style. C’est d’ailleurs un niveau d’anglais qui est loin d’être lourd et compliqué et donc que je conseille à ceux qui veulent se lancer dans leur premier roman anglophone qui est accessible à beaucoup. Le style en lui-même est donc très agréable, rebondit et aux comparaisons assez rigolotes bien digne d’un adolescent blasé et cynique de 16 ans. Justement, le héros, Jacob Portman, est vraiment sympathique. Garçon un peu turbulent qui n’arrive pas à trouver sa place, il se lance dans une quête d’indentification par rapport à son grand-père, comme à côté son père est loin d’être une icône masculine convaincante...
Mince. Et je m’égare à dresser la psychologie du point de vue Freudien du héros. Bref.
Les autres personnages aussi sont bien sympas et vous vous en doutez : les Peculiar Children valent le coup d’œil. Je ne les cite pas tous puisque le mystère qui les entoure vous charmera plus longtemps mais juste pour reconnaître les noms, j’ai adoré Millard, Fiona et Enoch. Et non, je n’ai malheureusement pas accroché à Emma dont je me suis méfiée la plupart du roman. Bon, au risque de vous spoiler un peu mais c’est juste un élément de ma grosse déception de ce bouquin : l’intrigue amoureuse.

Je vous explique rapidement le topo. Emma déteste Jacob. Jacob a peur d’Emma. Elle le déteste car il ressemble à son grand-père et qu’elle en était amoureuse. Alors pourquoi diable tombe-t-elle amoureuse de lui après ? Et ce, en quelques pages ? Et comment diable Jacob peut-il l’aimer à son tour en sachant très bien que c’est parce qu’il ressemble à son grand-père ?
Je ne leur souhaite pas une mauvaise vie mais… Ça va trop vite ! Seulement après le mariage les enfants… Nan, c’est faux, pas à ce point... Mais même si ce sont de simples sentiments, j’ai trouvé vraiment la progression aussi rapide et torché qu’un exercice en maths mené par un littéraire. Tout comme certains détails un peu expédiés à la va-vite, comme un colis, qui facilitent la trame de l’histoire. Si vous voulez, ça m’a fait l’effet d’un Alice au Pays des Merveilles incroyablement bien mené au début (la première moitié du livre est pour moi nickel malgré la lenteur selon les autres lecteurs) qui a encore moins de sens que le conte de Lewis Carroll à la fin. 
Alors question existentielle : Jacob Portman prendrait-il des champignons ?

Plus sérieusement, je trouve que Ransom Riggs a fait une excellente intro, j’ai été charmée par ces mystères, ces secrets vus par un garçon perspicace. Mais il avait trop souvent recourt à la facilité selon moi par la suite… Surtout qu’il prévoit une suite (ah, autre point négatif pour moi, une surprise-série, je m’y attendais pas…), c’était dans ses cordes de garder plus d’informations pour plus tard et ne pas s’adonner à la simplicité.

Au final, une conclusion qui m’a déçue car je ne m’attendais pas à quelque chose d'aussi léger, en plus d’une progression qui m’a laissé sur ma faim malgré les points positifs. Cela dit, je lirai sûrement la suite lorsqu’elle sortira et je ne m’arrêterai que si le second tome me déçoit de la même façon… Ou si la série promet d’être trop longue.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Tim Burton en personne marchande déjà avec l’auteur pour faire une adaptation de Miss Peregrine's Home for Peculiar Children. Mais Tim Burton n’étant pas un abonné des suites, je me demande si il ne changera pas la fin du roman, des détails ou si il attendra plus de tomes. Et selon vous ?
• Les photos côtoient un bon nombre de dessins signés par l’auteur. Mais certaines photos sont également de lui, même si la plupart sont signées Robert Jackson, pour la majorité, suivi de Peter Cohen, Roselyn Leibowitz, David Bass, Julia Lauren, etc.
NOUVEAU La version française est sortie le 31 Mai 2012 grâce aux Éditions Bayard Jeunesse et traduit par les soins de Sidonie Van den Dries. Le titre français est Miss Peregrine et les enfants particuliers.

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