samedi 19 mai 2012

Carrie, de Stephen King,


A dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu'elle le maîtrise encore avec difficulté...
Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l'aimer, l'invite au bal de printemps de l'école. Une marque d'attention qu'elle n'aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d'un renouveau ! Loin d'être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c'est compter sans l'aigreur et la mesquinerie des autres élèves.
Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?
Quatrième de couverture par J'ai lu.
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Lorsque j’ai appris qu’il s’agissait du premier roman de Stephen King, j’avoue que je suis restée sur le derrière une bonne dizaine de minutes : c’est un pari risqué de commencer une carrière avec un livre en mêlant plusieurs styles de narration et en se débrouillant bien au final. Carrie présente donc un récit original, recoupé en récits littéraires, interviews, articles de presse, lettres… Bref, un cocktail qui touche à tous les genres et où Stephen King fait ses preuves dans ce merveilleux petit roman, accolant déjà ses phrases qui se répètent et finissent par hanter l’esprit.

Dans Carrie, l’auteur touche déjà aux caricatures de l’American Way of Life, en plus ou moins exagérés : les familles banales au vernis impeccable, les dangereux chrétiens puritains, les lycéennes superficielles et hargneuses, les boucs-émissaires qui ne donnent pas envie d’être protégés… Quoique, Carrie est, dans son genre, à la fois attirante et repoussante. Faible et forte au point de devenir dangereuse, on ne sait si on éprouve de la compassion sincère ou de la peur qui nous oblige à s’incliner devant ce personnage aux traits pourtant doux. Effroi ou admiration, si Carrie fera peut-être rêver les têtes de truc par son pouvoir effrayant, il est sûr et certain d'une chose : qu'elle fera trembler chaque lecteur.
Un sujet donc classique, la victime qui se redresse dans un bain de sang, et pourtant qui est monstrueusement efficace. Au point de devenir cruel.
Mais Carrie n’est pas l’unique personnage, les autres ne servent pas uniquement à meubler le décors et ont leurs propres convictions, leur motivation… De quoi faire grincer nos dents ou nous tirer les larmes des yeux. Je ne préfère pas en dévoiler plus, surtout pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de le lire ou même de voir le film.

Une légende noire que toute personne qui se dit esclave de la littérature fantastique devrait lire si il veut que sa réputation reste valable… Déjà pour découvrir le début réussi de Stephen King et parce que malgré l’excellent film, 98 minutes de pellicule ne sont pas capable de retranscrire tout l’intérêt de ce roman. 
Autre que l’horreur je veux dire.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• S’il s’agit du premier bébé de Stephen King, Carrie n’était pas loin de l’avortement. Ugh, ça fait bizarre dit comme ça. Mais remercions son épouse Tabitha King d’avoir sauvé le début d’une carrière longue et prometteuse car à cause des problèmes d’alcool et les refus décourageant d’éditeur que Stephen King accumulait, il était prêt à jeter le manuscrit. Et c’est Tabitha King qui a insisté pour que son mari passe le récit à une maison d’édition et… Qu’il soit enfin accepté !
• Un film, fidèle pour retracer le plus gros de l’histoire, est sorti en 1976 signé par Brian De Palma. Mais si la frayeur est bien retranscrit et que Sissy Spacek nous montre un talent d’actrice remarquable… Il manque quelque chose du roman, de toute la moralité cruelle et blessante. Mais cela permet de lire le livre même après avoir vu le film avec toutes les libertés que s’accorde De Palma sur la fin. Et on lui dit merci !
• Un remake/seconde adaptation dont le tournage commencera courant 2013 et signée par Kimberly Peirce mettra en scène Chloë Moretz qui reprendra le rôle de Carrie. Plutôt déçue car je ne l’ai vu que dans Dark Shadows et elle ne m’a pas spécialement convaincue, d’autant plus qu’elle a été choisie parmi Dakota Fanning, Emily Browning, Lily Collins et Isabella Heathcote (j'aurai préféré Isabella Heathcote pour ma part). Mais je ne crache pas non plus et je verrai si, dans ce rôle qui a donné une chance inouïe à Sissy Spacek, Chloë Moretz saura aussi bondir pour de vrai et me charmera enfin. D’autant plus qu’elle aura une partenaire de qualité car la production a choisi l’impressionnante Julianne Moore pour jouer la folle Mrs. White. Chloë Moretz est donc gagnante.


vendredi 18 mai 2012

Millénium: Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes, de Stieg Larsson,


Après avoir perdu un procès en diffamation, Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, démissionne de la revue Millénium et ressasse son dépit. Il est contacté par un magnat de l’industrie qui lui confie une enquête vieille de quarante ans : sur l’île abritant l’imposante propriété familiale, sa nièce, Harriet Vanger, a naguère disparu, et il reste persuadé qu’elle a été assassinée.
Si ce n’est pas exactement le hasard qui réunit Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, réchappée des services sociaux et génie de l’informatique, c’est une vraie chance, car la jeune femme va bien vite s’imposer comme le meilleur atout du journaliste pour élucider l’affaire.
L’intolérance, l’hypocrisie, la violence et le cynisme de notre monde contemporain - au niveaux politique, économique, social, familial - sont les ressorts de ce polar addictif, au suspense insoutenable, qui a enthousiasmé des millions de lecteurs.
Quatrième de couverture par Babel, collection Poche.
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Moi qui râle sur tous les bouquins qui font (trop) de bruits… Tout est passé : Harry Potter, Twilight, Da Vinci Code… Et même Millénium ! Bref, c’est une manie que je regrette principalement par la suite (y a qu’à voir avec Harry Potter maintenant) et je présente donc mes plates excuses à Millénium de l’avoir autant dénigré.

Alors, que dire sur ce bouquin qui a connu un succès impressionnant ? Déjà, et le plus important pour un bouquin qui se classe dans la section polar, on peut reconnaître une grande qualité apportée à la trame de l’enquête. Un détail qui m’a fait plaisir : le mensonge. C’est drôle que dans certains livres d’enquête, il n’y a que le criminel qui ment ! Là, toutes les doutes s’accumulent, les mensonges et les zones sombres et sur tous les thèmes. Monstres du business, la famille Vanger est composée d’ordures et donc, pas facile de trouver la vérité à une multitude de mystères dans ce milieu hostile.
Alors on peut se sentir perdu (personnellement, j’ai été perdue par tous ces noms suédois, comme je n’ai pas du tout l’habitude) mais l’auteur propose une avancée progressive, logique et très créative. Même la trame en elle-même est originale et vaut le coup d’œil.

Ensuite : les personnages. Hahaaa. Qui ne connaît pas Lisbeth Salander qui est, pour moi, un nouveau personnage phare dans la littérature policière ? Décalée mais travaillée, l’entendre penser et s’aventurer est un vrai plaisir et je pense que je n’ai pas été la seule à avoir ressenti une énorme vague de compassion pour elle. Cela dit, malgré toute la qualité du personnage, elle n’est pas la seule à être intéressante. Bien sûr, Mikael Blomkvist qui est un protagoniste qui nous change des autres personnages : homme à femmes, divorcé, qui tente d’arrêter de fumer, fin limier… Un monsieur tout-le-monde bien sympathique et unique. J’ai beaucoup aimé Erika également, qui a malgré tout un rôle dans cette affaire. Et bien d’autres mais j’ai peur de rentrer dans les spoils.

Millénium est donc un excellent polar qui peut se vanter d’une réputation en or et méritée. Réfléchi, complexe, il est parfait pour les personnes qui veulent de vrais puzzles intellectuels et qui demandent des histoires riches en personnages particuliers et intéressants.
Sinon, c’est que vous êtes désespérément aigri…

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Plus de gens ont vu les deux films (suédoise et américaine) mais si je peux me permettre un conseil… Les deux ont leurs qualités et leurs gros défauts mais pour connaître Millénium, lisez le livre. Il est cent fois plus complet. Dans les films, j’ai l’impression d’être bombardé d’informations, dans le roman, le rythme est plus calme.
• Les éditions poches mettent du temps à sortir. Pour ceux qui veulent savoir quand sortira le 3 (car j’attends avant de lire le 2 pour enchaîner avec le dernier tome), il sera disponible, a priori, en Janvier 2013. Un peu de patience…


Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children, de Ransom Riggs,


A horrific family tragedy sets sixteen-year-old Jacob journeying to a remote island off the coast of Wales, where he discovers the crumbling ruins of Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children. As Jacob explores its abandoned bedrooms and hallways, it becomes clear that the children were more than just peculiar. They may have been dangerous. They may have been quarantined on a deserted island for good reason. And somehow—impossible though it seems—they may still be alive.
Quatrième de couverture par Quirk.
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Je crois que je vais lancer une pétition contre les résumés qui disent (en partie) n’importe quoi. Surtout la fin. Je sais pas, dire que c’est le grand-père de Jacob Portman qui racontait ces histoires et finir par un « As Jacob explores its abandoned bedrooms and hallways, it becomes clear that the children weren't fairy tales at all. » aurait mieux collé à la trame. Disons que je reproche à ce résumé d’être "trop effrayant" par rapport à ce que ce bouquin offre en réalité. Et pour cause, ça a causé cet affreux avis mitigé qu’il m’a laissé.

Pour commencer par un bon point : l’allure. Je sais qu’on ne juge pas un livre à sa couverture, mais l’ensemble est aussi fascinant qu’un vieil album photo vintage trouvé dans un marché au puces. Je fais d’ailleurs prendre un bain de poussière à mon bouquin pour qu’il est la même odeur de vieux maintenant. Beaucoup de clichés font penser à Diane Arbus, ce qui n’est pas surprenant vu son amour pour les gens extraordinaires. Mais j’aime son travail et cette ambiance semblable apporte beaucoup de charme au roman.

Mais ça ne fait pas tout. Quoique le second point fort est d’ordre esthétique aussi : le style. C’est d’ailleurs un niveau d’anglais qui est loin d’être lourd et compliqué et donc que je conseille à ceux qui veulent se lancer dans leur premier roman anglophone qui est accessible à beaucoup. Le style en lui-même est donc très agréable, rebondit et aux comparaisons assez rigolotes bien digne d’un adolescent blasé et cynique de 16 ans. Justement, le héros, Jacob Portman, est vraiment sympathique. Garçon un peu turbulent qui n’arrive pas à trouver sa place, il se lance dans une quête d’indentification par rapport à son grand-père, comme à côté son père est loin d’être une icône masculine convaincante...
Mince. Et je m’égare à dresser la psychologie du point de vue Freudien du héros. Bref.
Les autres personnages aussi sont bien sympas et vous vous en doutez : les Peculiar Children valent le coup d’œil. Je ne les cite pas tous puisque le mystère qui les entoure vous charmera plus longtemps mais juste pour reconnaître les noms, j’ai adoré Millard, Fiona et Enoch. Et non, je n’ai malheureusement pas accroché à Emma dont je me suis méfiée la plupart du roman. Bon, au risque de vous spoiler un peu mais c’est juste un élément de ma grosse déception de ce bouquin : l’intrigue amoureuse.

Je vous explique rapidement le topo. Emma déteste Jacob. Jacob a peur d’Emma. Elle le déteste car il ressemble à son grand-père et qu’elle en était amoureuse. Alors pourquoi diable tombe-t-elle amoureuse de lui après ? Et ce, en quelques pages ? Et comment diable Jacob peut-il l’aimer à son tour en sachant très bien que c’est parce qu’il ressemble à son grand-père ?
Je ne leur souhaite pas une mauvaise vie mais… Ça va trop vite ! Seulement après le mariage les enfants… Nan, c’est faux, pas à ce point... Mais même si ce sont de simples sentiments, j’ai trouvé vraiment la progression aussi rapide et torché qu’un exercice en maths mené par un littéraire. Tout comme certains détails un peu expédiés à la va-vite, comme un colis, qui facilitent la trame de l’histoire. Si vous voulez, ça m’a fait l’effet d’un Alice au Pays des Merveilles incroyablement bien mené au début (la première moitié du livre est pour moi nickel malgré la lenteur selon les autres lecteurs) qui a encore moins de sens que le conte de Lewis Carroll à la fin. 
Alors question existentielle : Jacob Portman prendrait-il des champignons ?

Plus sérieusement, je trouve que Ransom Riggs a fait une excellente intro, j’ai été charmée par ces mystères, ces secrets vus par un garçon perspicace. Mais il avait trop souvent recourt à la facilité selon moi par la suite… Surtout qu’il prévoit une suite (ah, autre point négatif pour moi, une surprise-série, je m’y attendais pas…), c’était dans ses cordes de garder plus d’informations pour plus tard et ne pas s’adonner à la simplicité.

Au final, une conclusion qui m’a déçue car je ne m’attendais pas à quelque chose d'aussi léger, en plus d’une progression qui m’a laissé sur ma faim malgré les points positifs. Cela dit, je lirai sûrement la suite lorsqu’elle sortira et je ne m’arrêterai que si le second tome me déçoit de la même façon… Ou si la série promet d’être trop longue.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Tim Burton en personne marchande déjà avec l’auteur pour faire une adaptation de Miss Peregrine's Home for Peculiar Children. Mais Tim Burton n’étant pas un abonné des suites, je me demande si il ne changera pas la fin du roman, des détails ou si il attendra plus de tomes. Et selon vous ?
• Les photos côtoient un bon nombre de dessins signés par l’auteur. Mais certaines photos sont également de lui, même si la plupart sont signées Robert Jackson, pour la majorité, suivi de Peter Cohen, Roselyn Leibowitz, David Bass, Julia Lauren, etc.
NOUVEAU La version française est sortie le 31 Mai 2012 grâce aux Éditions Bayard Jeunesse et traduit par les soins de Sidonie Van den Dries. Le titre français est Miss Peregrine et les enfants particuliers.

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mardi 15 mai 2012

Top Ten Tuesday [01],



Et oui ; je viens de découvrir le Top Ten Tuesday grâce à Bea285 (merci au passage~). Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. 
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.
Le thème de cette semaine ne m’inspirant pas des masses, je reprends le thème du 22 Novembre 2011 qui est le suivant :
Les 10 manies, habitudes littéraires que vous avez...
(Celui de la semaine prochaine est déjà prêt par contre, donc je participerai sans faute.)

     1. J’adore acheter des livres d’occasion,
Ce n’est pas un côté radin ou quoi… Quoique, quand certains livres font près de 30 euros, on est bien contents de les trouver à seulement 10 euros. Mais c’est surtout parce qu’on sent que le livre a déjà vécu, il a même une odeur différente et j’en apprécie même les plis de la tranche.

     2. Pourtant, j’ai horreur quand la tranche est cassée,
Certains éditeurs impriment de façon à nous obliger à écarteler notre pauvre roman. Et c’est pour moi insupportable : la tranche est pliée, cassée et on a beau tourner les pages, y a toujours ce pli qui nous rappelle « Hé, t’as niqué ton bouquin à ce niveau-là, tu te souviens de cette page que t’as maltraité, hein ? »

     3. J’essaye de ne pas me laisser influencer par la couverture,
Habitude qui va bien avec le thème de la semaine prochaine. On dit toujours de ne pas juger un livre à sa couverture et certains sont des vrais petits démons : couverture et mise en page magnifiques, le paquet est nickel alors qu’en fait, il s’agit d’une grosse daube qu’on veut à tout prix revendre… Je n’ose jamais acheter de livres sans voir quelques avis maintenant.

     4. J’essaye de lire le livre avant de voir le film,
Certaines adaptations nous permettent de lire le livre sans gâcher notre plaisir (je pense à Shining, ou j’avais vu le film durant ma lecture et j’avais fini le livre sans m’ennuyer !). Certains se complètent mieux, comme Un Homme au Singulier, La Taupe… Mais c’est vrai que j’ai tendance à préférer lire le livre avant de voir le film. Ce que j’ai fait pour Millénium d’ailleurs. Et j’ai été déçue par les deux adaptations au final !

     5. J’ai toujours plusieurs bouquins en cours,
Ça peut être 2, 4, voire 6 bouquins en même temps. Plus ils sont épais et plus j’en ai en cours en fait. Je me lasse assez vite en fait et j’ai besoin d’alterner de romans si je ne veux pas totalement abandonner. Drôle d’habitude qui, malgré la surprise des gens, ne me dérange pas du tout. Jusqu’à maintenant, je ne me suis jamais mélangé entre les livres… Parce que, j’emmêle les livres avec la réalité… *facepalm*

     6. Je tiens un répertoire,
Dans un joli carnet avec Freud dessus qui nous dit « les souvenirs oubliés ne sont pas perdus », quel homme je vous jure. Bref, parce que j’en avais marre d’arriver dans des librairies et d’être incapable de me souvenir de l’auteur ou du titre et d’aller voir les pauvres vendeurs qui ne trouvaient jamais ce que je voulais, ou de ne plus me souvenir si j’avais déjà acheter ce roman ou quoi. Donc maintenant, dès que je vois un livre sur le net qui m’intéresse, je note sur ce carnet et que j’amène à chaque sortie et depuis, j’embête plus les vendeurs… Sauf quand c’est pas en rayon.

     7. J’écoute toujours de la musique durant ma lecture et j’adapte une playlist,
Musique de films, de jeux vidéo, groupes préférés… Je m’arrange toujours pour que ça colle à l’ambiance… J’aime me passer les OST de Silent Hill quand je lis du King par exemple, du classique quand c’est du Anne Perry… Parfois, y a des moments qui m’ont tellement marqué que je pourrai même citer la musique qui passait durant le passage.

     8. Je lis PARTOUT.
Un point, c’est tout. Durant le collège, je lisais même en classe dès que j’avais fini un exercice. Je lis dans le tram. Je lis quand j’attends quelqu’un. Je lis quand le film au cinéma ne se lance pas (bénie soit la lumière pendant les pubs d’ailleurs). Je lis au lit. Je lis en me brossant les dents. Je lis sur le trône et je pars pas avant d’avoir fini mon chapitre. Tant pis pour les autres.

     9. Les personnages ressemblent toujours à quelque chose dans ma tête,
Lire, c’est aussi me faire ma propre adaptation façon ciné’. Je me souviens que, en lisant Bazaar, j’imaginais le sheriff Alan Pangborn avec les traits de Colin Firth et que Leland Gaunt avait les traits de Jeremy Brett. Pareil pour les lieux, ce sont souvent des maisons où j’ai habité moi-même ou des coins de villes, etc. C’est tellement réaliste que parfois, je me dis « mince, on dirait presque un souvenir d’enfance ! ». Enfin, je me plains pas, au contraire, c’est fabuleux qu’un livre me laisse une telle empreinte.

     10. Je compte les pages,
Avant d’arriver à la moitié et puis ensuite, je compte jusqu’à la fin. Même si j’aime le livre, c’est plus pour me dire « mince, il est 3 heures du matin, si il me reste 10 pages avant le prochain chapitre, je lis, si il y en a 30, je lirai demain ». C’est aussi pour me tenir à un rythme, genre 30 à 50 pages par jours quand j’ai cours, etc.

lundi 14 mai 2012

Oscar Wilde et le Jeu de la Mort, de Gyles Brandreth,


Facétieux Oscar Wilde ! Après avoir choqué le monde par ses boutades lors de la première triomphale de l’Éventail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire : le jeu de la mort.
Chacun inscrit sur une feuille le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la Mort commence à frapper les victimes potentielles dans l’ordre exact où elles ont été tirées, le drame succède à la comédie. Flanquée de son fidèle ami Robert Sherard, et assisté par Arthur Conan Doyle et par le peintre Wat Sickert, Wilde mène l’enquête avec plus de zèle que jamais. Car son nom et surtout celui de sa femme figurent sur la liste funèbre…
Quatrième de couverture par 10-18, Grands détectives.
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Aïe, et un point de moins pour le second tome de la saga Oscar Wilde par Gyles Brandreth…

Déjà, il faut savoir que ce second tome est très semblable au premier. Donc ce que vous avez aimé : l’esprit d’Oscar Wilde, la chouette présentation, toutes ces magnifiques informations sur les années 1890 et cette narration à la Conan Doyle assez sympathique… Bref, vous retrouverez tout ça empaqueté dans ce nouvel ouvrage aux couleurs de champignons hallucinogènes.

J’ai beaucoup aimé le fait que Brandreth donne un plus grand rôle à Arthur Conan Doyle et son caractère perspicace et attentif. Même si il n’arrive pas tellement à un pied d’égalité avec Oscar Wilde. Mais passons. Ensuite, Gyles Brandreth ne se contente pas de mettre simple Oscar Wilde en scène, il retrace aussi les grandes lignes de sa vie et surtout, les premières rencontres avec le Marquis de Queensberry qui laissent une ouverture pour la suite… que certains connaissent déjà.

Mais pour les défauts… L’enquête est plus travaillée que la précédente et pourtant, inutilement complexe. Mais encore une fois, Gyles Brandreth n’arrive pas à mener son lecteur par le bout du nez. J’ai souvent eu l’impression qu’il tentait de cacher un éléphant dans une chambre sous un drap… Donc déjà, c’était douteux et ensuite, j’avais déjà beaucoup trop de réponses avant d’arriver à la conclusion… Ce qui gâche, une fois de plus, la lecture. En plus que le résultat est… Je sais pas, bien moins satisfaisant que le premier…

Une lecture très burlesque, voire presque kitsch, parfois même tirée par les cheveux mais qui peut plaire à certains lecteurs. Les grands fans d’Oscar Wilde ne seront pas déçus je pense, car l’esprit est une fois de plus grandement respecté. Mais je pense que lorsque je lirai la suite, ce ne sera pas pour faire chauffer mes méninges mais simplement savourer un p’tit voyage temporel qui est très riche en détails. L’un des grands points forts de Oscar Wilde et le Jeu de la Mort.

Ce billet est ma sixième participation au challenge Victorien dans la section Charles Dickens, organisé par Arieste (mille mercis à elle d'ailleurs). Tout est expliqué sur cet article si vous voulez nous rejoindre !


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Stephen Fry a contribué au roman de Gyles Brandreth car il est lui-même un grand admirateur d’Oscar Wilde. Il a d’ailleurs pris le rôle du poète dans le film Wilde (Jude Law jouant Lord Alfred Douglas, dit Bosie) qui est un film très réussi sur la vie d’Oscar Wilde. Personnellement, j’ai été très impressionnée par la ressemblance entre l’homme de lettres et Stephen Fry.


dimanche 13 mai 2012

Petite Cuisine du Diable, de Poppy Z. Brite,

En quatorze nouvelles, Poppy Z. Brite ouvre de nouvelles voies dans l’exploration de l’inquiétante étrangeté de nos territoires familiers. On y croise le Diable et son chat géant emprunté à Boulgakov, un médecin légiste fin gourmet, un chef génial et un démon qui ne supporte pas que l’on critique sa carte des fromages…
Quatrième de couverture par Au Diable Vauvert.
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Bon. Vos mâchoires se sont sûrement décrochées en voyant la note donnée par une grande dévouée à Brite. Et pourtant, et pourtant… Par rapport à ce que j’ai lu de Poppy Z. Brite, ce recueil de nouvelles m’a beaucoup déçu. Et ce, dès le départ. La première nouvelle intitulée "Le Diable par la queue" annonce la couleur du recueil et elle m’a laissé, non pas indifférente, mais sur ma faim. Beaucoup de nouvelles en fait donnent la sensation d’une absence de chute alors que Brite est pourtant experte en la matière. Et là, des esquisses, des trames qui annoncent des feux d’artifice et dans ma tête, le bouquet final se terminait comme un pétard mouillé.
Un peu comme dans les grands restaurants où vous avez l’argenterie de qualité, les cartes bien présentées, l’odeur alléchante et au final, sous l’énorme coupole d’argent, vous avez un maigre petit poulet avec ses trois feuilles de salade sans sauce.
La déception.

Toutefois, dans ce menu diabolique, certains plats me sont restés avec un goût agréable : je pense à la nouvelle "Rien de lui ne s’étiole" qui est de loin ma préférée. Cruelle et marquante, c’est la seule qui m’a vraiment charmé.
C’était le coquillage aux merveilles perdu au milieu du plat moules frites.

Cela dit, c’est bien parce que j’ai lu d’autres livres de Poppy Z. Brite et que, selon moi, ils valent nettement mieux que Petite Cuisine du Diable. Au moins, l’auteure garde un style assez envoûtant et arrive à partager son amour pour la Nouvelle-Orléans et la gastronomie en plus de ses connaissances sur les sujets. Une lecture qui n’est pas perdue mais qui n’est pas aussi exaltante que les autres selon moi.

En conclusion, cela ne veut pas dire que je vais allez brûler tous les autres ouvrages de Brite et que mon admiration pour cette auteure est retombée. Juste que Petite Cuisine du Diable ne me laissera pas un vif souvenir et que je ferai passer le goût… Avec d’autres romans de cette splendide sorcière !
Superbe solution, non ?

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Lorsque je dis que Poppy Z. Brite s’y connaît en matière de cuisine, c’est presque vrai. La Nouvelle-Orléans est son premier amour, certainement, mais sa seconde passion vient de son mari, qui est chef cuisinier ! Le sujet l’inspirera d’ailleurs pour une trilogie qui commence avec le roman Alcool.


Les Bienfaits de la Mort, de Lee Jackson,

Deux jeunes prostituées sont retrouvées sauvagement assassinées dans une maison close de Londres. Dans la main de l’une des victimes, un morceau de papier sur lequel est inscrite une énigmatique citation biblique. Quelques jours plus tard, un cadavre est volé dans un cimetière de la capitale. L’inspecteur Decimus Webb de Scotland Yard suspecte rapidement un lien entre ces deux macabres affaires. Si Webb connaît par cœur les dédales crasseux et les maisons cossus de la capitale britannique, il est aussi aguerri aux turpitudes de l’âme humaine. Ses investigations vont bientôt le mener jusqu’à un honorable homme d’affaires et bon père de famille, Jasper Woodrow. Au cœur des faux-semblants de la société victorienne, Webb devra user de sa légendaire perspicacité s’il veut empêcher un nouveau meurtre…
Quatrième de couverture par 10x18 (collection Grands Détectives).
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Premier livre de Lee Jackson que j’ai découvert en allant fureter dans les rayons 1800-1900 des librairies sur le net. Peu connu en France, il connaît pourtant un certain succès auprès de ceux qui veulent en savoir plus sur l’époque de Jack L’Éventreur et Oscar Wilde. Et pour cause : Lee Jackson peut se vanter me maîtriser son thème.

Donc, que dire de Les Bienfaits de la Mort ? Ce livre a deux piliers qui se divise entre le contexte historique et l’enquête malsaine ?

Je commence par son premier thème. La couverture n’est pas exceptionnelle… Elle est même plutôt monstrueuse en fait. Mais les couleurs annoncent bien l’ambiance : le vieux sépia et le brun qui bariolent les rues et inondent la Tamise, le rouge assez symbolique du crime, le jaune un peu fade, vieilli… Les caractères collent aussi à la période, tout comme la description des vêtements, des habitudes, etc. Lee Jackson fait un travail remarquable à ce niveau, rien à dire.

Mais quant à l’histoire, l’enquête, c’est tout autre chose. Déjà, l’originalité n’est pas au rendez-vous, des meurtres avec des citations bibliques, on en a vu des centaines et des centaines. Le dénouement n’est pas surprenant non plus (bon, j’ai trouvé le tueur dans le premier tiers, ça a donc gâché ma lecture, je le reconnais…) et le tout manque de rebondissements pertinents. Rien de nouveau à l’horizon et la conclusion du livre le confirme. Cela dit, la mise en scène est intéressante (on commence le livre à travers le tueur. C’est vu et revu aussi, mais Lee Jackson se débrouille bien pour cette fois).
Quand je parlais aussi des personnages… Le caractère correspond, certes, mais ils sont très plats, manquent de profondeur. Decimus Webb est bien l’un des détectives qui m’a le moins convaincu.

Alors, même si Lee Jackson offre dans Les Bienfaits de la Mort une foule d’informations sympas sur les années 1874 et c’est précisément pourquoi je me suis intéressée à l’auteur… Ça ne suffit malheureusement pas. L’enquête est trop classique pour nous faire tourner vraiment la tête et au final, le résultat ne reste jamais longtemps à l’esprit. Pour disparaître presque totalement.
C’est un bouquin sympa, facile à lire et qui ne nous fait rien perdre concrètement, pour qui s’intéresse au sujet. Mais voilà, c’est trop léger et on zappe le tout pour laisser place à des coups de cœur plus pertinents.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Lee Jackson tient un site qui est une vraie mine d’or pour les informations victoriennes. Malheureusement, il est tenu en anglais et rebutera donc ceux qui ne sont pas un minimum bilingues.