A dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu'elle le maîtrise encore avec difficulté...Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l'aimer, l'invite au bal de printemps de l'école. Une marque d'attention qu'elle n'aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d'un renouveau ! Loin d'être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c'est compter sans l'aigreur et la mesquinerie des autres élèves.Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?
Quatrième de couverture par J'ai lu.
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Lorsque j’ai appris qu’il s’agissait du premier roman de Stephen King, j’avoue que je suis restée sur le derrière une bonne dizaine de minutes : c’est un pari risqué de commencer une carrière avec un livre en mêlant plusieurs styles de narration et en se débrouillant bien au final. Carrie présente donc un récit original, recoupé en récits littéraires, interviews, articles de presse, lettres… Bref, un cocktail qui touche à tous les genres et où Stephen King fait ses preuves dans ce merveilleux petit roman, accolant déjà ses phrases qui se répètent et finissent par hanter l’esprit.
Dans Carrie, l’auteur touche déjà aux caricatures de l’American Way of Life, en plus ou moins exagérés : les familles banales au vernis impeccable, les dangereux chrétiens puritains, les lycéennes superficielles et hargneuses, les boucs-émissaires qui ne donnent pas envie d’être protégés… Quoique, Carrie est, dans son genre, à la fois attirante et repoussante. Faible et forte au point de devenir dangereuse, on ne sait si on éprouve de la compassion sincère ou de la peur qui nous oblige à s’incliner devant ce personnage aux traits pourtant doux. Effroi ou admiration, si Carrie fera peut-être rêver les têtes de truc par son pouvoir effrayant, il est sûr et certain d'une chose : qu'elle fera trembler chaque lecteur.
Un sujet donc classique, la victime qui se redresse dans un bain de sang, et pourtant qui est monstrueusement efficace. Au point de devenir cruel.
Mais Carrie n’est pas l’unique personnage, les autres ne servent pas uniquement à meubler le décors et ont leurs propres convictions, leur motivation… De quoi faire grincer nos dents ou nous tirer les larmes des yeux. Je ne préfère pas en dévoiler plus, surtout pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de le lire ou même de voir le film.
Une légende noire que toute personne qui se dit esclave de la littérature fantastique devrait lire si il veut que sa réputation reste valable… Déjà pour découvrir le début réussi de Stephen King et parce que malgré l’excellent film, 98 minutes de pellicule ne sont pas capable de retranscrire tout l’intérêt de ce roman.
Autre que l’horreur je veux dire.
Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• S’il s’agit du premier bébé de Stephen King, Carrie n’était pas loin de l’avortement. Ugh, ça fait bizarre dit comme ça. Mais remercions son épouse Tabitha King d’avoir sauvé le début d’une carrière longue et prometteuse car à cause des problèmes d’alcool et les refus décourageant d’éditeur que Stephen King accumulait, il était prêt à jeter le manuscrit. Et c’est Tabitha King qui a insisté pour que son mari passe le récit à une maison d’édition et… Qu’il soit enfin accepté !
• Un film, fidèle pour retracer le plus gros de l’histoire, est sorti en 1976 signé par Brian De Palma. Mais si la frayeur est bien retranscrit et que Sissy Spacek nous montre un talent d’actrice remarquable… Il manque quelque chose du roman, de toute la moralité cruelle et blessante. Mais cela permet de lire le livre même après avoir vu le film avec toutes les libertés que s’accorde De Palma sur la fin. Et on lui dit merci !
• Un remake/seconde adaptation dont le tournage commencera courant 2013 et signée par Kimberly Peirce mettra en scène Chloë Moretz qui reprendra le rôle de Carrie. Plutôt déçue car je ne l’ai vu que dans Dark Shadows et elle ne m’a pas spécialement convaincue, d’autant plus qu’elle a été choisie parmi Dakota Fanning, Emily Browning, Lily Collins et Isabella Heathcote (j'aurai préféré Isabella Heathcote pour ma part). Mais je ne crache pas non plus et je verrai si, dans ce rôle qui a donné une chance inouïe à Sissy Spacek, Chloë Moretz saura aussi bondir pour de vrai et me charmera enfin. D’autant plus qu’elle aura une partenaire de qualité car la production a choisi l’impressionnante Julianne Moore pour jouer la folle Mrs. White. Chloë Moretz est donc gagnante.








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