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samedi 18 novembre 2017

Une Nuit sans lunes, de Magalie Ségura,

Le jour de l’affrontement final approche.
Jerry sait maintenant qu’Éléa n’est pas le Champion des Fées qui affrontera l’infâme duc Korta. C’est Axel qui va devoir jouer ce rôle. Son père, le roi de Pandème, était arrivé à cette même conclusion des années auparavant. Mais craignant pour son fils, il lui demande de revenir à ses côtés, en Akal, où l’alliance des deux royaumes a été scellée. Pourtant le peuple de Leïlan a besoin d’Axel : Korta met le pays à feu et à sang, obligeant les habitants de la Forêt Interdite à se sacrifier avant le Dernier Combat, pour assurer ainsi sa victoire contre les Fées. C’est l’heure où les derniers masques tombent. De cruels dilemmes assaillent chacun des héros de Leïlan. La situation semble désespérée, mais les Fées n’ont peut-être pas encore dit leur dernier mot…
Quatrième de couverture par Milady.
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« J’étais prêt à mourir… pour une simple vision de bonheur. »

Alors là, j’avoue que je suis bluffée ! Si j’avais trouvé le second tome assez fade et sans force réelle, le troisième et dernier tome de Leïlan est nettement meilleur et, comme je l’avais prédit, Pour Éloïse se fera complètement effacé entre mes impressions de Les Yeux de Leïlan et d’Une Nuit sans lunes.

Qu’est-ce que ce tome final a de plus que ses deux prédécesseurs ? Des rebondissements qui motivent la lecture déjà. Dans Pour Éloïse, j’avais trouvé beaucoup de temps morts et des passages qui tournaient régulièrement autour des mêmes questions : Une Nuit sans lunes est moins répétitif et tous les personnages ont leur importance et s’avancent au-devant du lecteur.
Même si j’arrive à apprécier Axel et Victoire, leur alchimie n’est pas du tout ma priorité, leur préférant celle de Jerraïkar et Imma, ou encore celle de Sélène et Erwan. D’autres personnages pour eux-mêmes aussi : bien sûr, la petite Chloé (qui mériterait presque une saga à elle toute seule !), San (le loup, oui, j’adore les loups et j’aime beaucoup San) et même Muht qui a réussi à me convaincre jusqu’au bout.
Aucun personnage n’est oublié, chacun à sa conclusion et Magali Ségura arrive même à en faire évoluer dans cette extrême fin, comme la princesse Éloïse dont le changement rapide mais logique fascine.

Tour de force au niveau des acteurs de ce dernier acte mais également au niveau de l’ambiance : Ségura nous avait habitués aux forêts denses, à la nature vierge et puissante. Dans ce tome, le lecteur côtoie bien plus la cour royale, les châteaux et les villages plus communs que ceux des résistants. Et sa plume arrive à nous dresser ce décor avec la même aisance, tapant plus dans la maturité d’ailleurs !
Si la saga avait au début des allures de Fantasy jeunesse, on se dit que les livres peuvent aussi tomber entre les mains d’adultes et conquérir des cœurs plus âgés.
On peut toujours reprocher une pointe de manichéisme, certes, mais Magali Ségura ne tombe pas dans le cliché absolu et arrive à nuancer son univers : sans spoiler, tous les méchants ne meurent pas et tous les gentils ne survivent pas forcément. Comme quoi, il n’y a pas que des facilités sur le chemin de cette compagnie de rebelles.

D’accord : beaucoup de lecteurs trouveront les révélations évidentes et sans surprises (et encore, certains rebondissements m’ont étonnée), mais si on se prête au jeu, si on s’attache, Une Nuit sans lunes représente un bien beau final qu’on sent écrit avec cœur. La fin n’est pas abrupte et l’auteure nous berce dans ce monde d’illusions jusqu’au bout, avant de nous laisser avec quelques rêves.
C’est sans aucune hésitation que je vais m’intéresser à l’autre saga de l’auteure : Éternité.

« Il se jetait sur Korta, comme si la mort de cet homme était la raison de sa naissance. »

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Les critiques des deux tomes précédents (avec les cartes) :
1 – Les Yeux de Leïlan
2 – Pour Héloïse


Envie de l’acheter ? (format numérique)


mardi 11 juillet 2017

Les Yeux de Leïlan, de Magali Ségura,

Il est un royaume mystérieux que l’on nomme Leïlan, le Pays des Illusions.
Depuis qu’un drame affreux a frappé la famille royale, ses frontières sont fermées et son peuple est opprimé par l’infâme duc Korta.
Une rencontre pourrait tout changer : celle d’un jeune messager, Axel, et d’une fascinante jeune fille aux yeux bleus. Mais un secret entouré de sorcellerie les sépare et rend leur amour impossible.
Pourtant, autour d’eux, l’espoir renaît : un justicier insaisissable met les hommes du duc en échec. Qui est ce héros dont l’identité cachée est jalousement défendue ? Quelle est cette étonnante compagnie qui partage ses exploits ?
À votre tour de tomber amoureux des yeux de Leïlan…
Quatrième de couverture par Milady.
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J’avais croisé Magali Ségura au Trolls & Légendes de 2015, les couvertures sélectionnées par la maison d’édition Milady avaient attiré mon regard, mais je ne m’étais pas approchée du stand parce que, premièrement, je n’avais rien lu et deuxièmement, mon budget ne me permettait pas plus de dépenses. Mais j’avais noté le nom ! Forcément, j’ai sauté sur l’OP menée par Bragelonne et j’ai enfin découvert un des mondes de l’auteure : le pays mystérieux que l’on nomme Leïlan.

Déjà, un point qui m’a marquée d’office : l’illustration de Miguel Coimbra rend hommage à l’atmosphère de ce premier tome. Si vous aimez la verdure, les forêts et les plantes, cette lecture vous entraînera loin dans un labyrinthe sylvain. Le vert est omniprésent et sous ces cimes, le lecteur respire des parfums fleuris, admire la beauté d’une nature puissante, tout en restant dans l’ombre préservée par les arbres et renforcée par de nombreux moments nocturnes. Magali Ségura invite tous les symboles du mystère à se réunir autour de son histoire : des nuits bleutées, un masque partagé, des prophéties à interpréter, des rencontres hasardeuses et énormément de secrets.
Malheureusement, les non-dits en masse créent une certaine confusion à certains passages : ironiquement, des passages qui devaient sembler évidents pour l’auteure l’étaient moins pour moi (les sariclès par exemple, pendant longtemps on ignore ce que c’est et lors de leur apparition, il n’y a pas plus d’informations, me laissant un peu confuse…), tandis que des révélations qui surprennent des personnages coulaient de source pour moi (et je pensais qu’ils étaient au courant aussi !)
Pour ce premier tome, il faudra donc s’accrocher et se montrer patient. Au moins, la trame n’est pas usée dès Les Yeux de Leïlan et se préserve pour la suite.

J’ai pris la liberté de retoucher la carte car la police était pixelisée et je n’arrivais pas à lire.
En espérant que cette nouvelle police vous aidera durant votre lecture !

Mais il y a de beaux efforts d’imagination qui font de Leïlan une terre unique en son genre et j’ai hâte d’explorer cet univers dans les deux tomes suivants car, à l’instar du protagoniste Axel, on entre doucement et on ne visite que deux lieux (même s’ils sont emblématiques), trop peu pour faire un vrai voyage touristique.

Il en va de même pour les personnages : il y a foule dès ce premier tome (je ne m’attendais pas à un tel monde tout d’abord) et quand la place de ce premier tome doit être autant partagé, le développement semble manquer de finition, pourtant, on s’attache et on veut tous les revoir dans les tomes suivants, en découvrir davantage.
La romance est assez présente et même une aigri comme moi n’a pas été dérangée par ces idylles : leur promptitude est expliquée (ou sous-entendue) et a un certain charme.

Les Yeux de Leïlan fait un peu "tome introductif" mais il appelle à découvrir la suite, à démêler enfin tous ces mystères et à découvrir ce pays qui surprend même ses voisins !
Je suis bien contente d’avoir la trilogie dans ma liseuse, pour le coup.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Magali Ségura imagine les traits de Heath Ledger (notamment dans Chevalier) pour Axel… et c’est bon à savoir : je l’avais imaginé bien plus frêle et je pensais qu’il avait 17 ans au début de ma lecture… Il a grandi bien vite, le Prince, en l’espace de quelques pages, ahah !


jeudi 26 janvier 2017

Le Retour du Roi, de J. R. R. Tolkien,

Tandis que le continent se couvre de ténèbres, annonçant pour le peuple des Hobbits l’aube d'une nouvelle ère, Frodon poursuit son entreprise : il lui faut à tout prix atteindre le Mont du Destin.
Mais le Seigneur des Ténèbres mobilise ses troupes. L’ennemi est partout et Frodon doit s’engager dans un dangereux périple à travers le Pays Noir...
Les derniers combats de la guerre de l’Anneau s’achèvent dans un fracas d’apocalypse.
Quatrième de couverture par Pocket.
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« – […] Mithrandir ! cria Ingold. Mais vous arrivez avec des nouvelles de malheur et de danger, selon votre coutume, et à ce que l’on dit.
– Parce que je ne viens guère que lorsque mon aide est nécessaire, répondit Gandalf. »
P. 21

Avec ce troisième tome (que je considère comme étant le quatrième, en fait), j’achève la lecture de cette importante saga de Fantasy. Et même si je n’ai pas été transportée comme je l’avais voulu, je dois avouer que je clos cette aventure avec un petit pincement au cœur.
On retrouve donc la compagnie de l’anneau dispersée, divisée et occupée à mener à bien les projets. Si certains lecteurs se plaignaient du côté champêtre du premier tome, ce tome-là exaucera leur vœu : l’action est bien présente et les batailles s’enchaînent, les armées défilent et, bien entendu, des têtes tombent dans les camps.
Pas le temps de niaiser ici et les pages n’ont jamais tourné aussi vite : aucune trame souffre d’un temps mort et une fois attachée aux personnages (je voue désormais un culte à Eowyn), cette dernière partie de cette épopée est entraînante.

Si La Communauté de l’Anneau adoptait un ton similaire aux légendes celtes plutôt « douces », ici, on sent clairement l’inspiration des sagas nordiques : Le Retour du Roi verse dans un registre plus épique et promet une conclusion scintillante, portée par une plume toujours aussi agréable, bien qu’un peu vieillie.
Mais ce qui me marque le plus dans ce roman finalement, ce n’est pas ces batailles et ces héros de guerre : c’est la seconde conclusion qui est vraiment poignante. Il est toujours difficile de fermer un livre, même quand ce n’est pas un coup de cœur, mais Le Retour du Roi est certainement un des plus durs à reposer : le ton final est mélancolique et Sam, certainement mon préféré de tous, est dans une situation bien triste…
J. R. R. Tolkien sait dire au revoir, c’est indéniable, et même si je n’ai pas été tout à fait conquise par son univers aperçu à travers la communauté de l’anneau, je lirai les ouvrages complémentaires.

            Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Je ne comptais pas en faire mention dans ma chronique, mais vu la popularité de la saga, une petite mise-en-garde s’impose : il y a pas mal de fautes de frappe et de syntaxe dans l’édition Pocket, donc ceux qui veulent absolument une belle édition digne de leur amour pour Tolkien, celle-ci est à éviter...
• J’ai voulu faire comme pour la chronique du second tome et partager les musiques composées par Tolkien Ensemble, un groupe danois qui a donné l’air à tous les vers de Tolkien, mais puisqu’ils n’ont pas de chaîne officielle sur Youtube, la plupart des musiques sont supprimées en raison de droits d’auteurs…

jeudi 11 février 2016

The Witcher,

Incarnez Geralt de Rivia, créature mi-humaine, mi-magique, mais surtout mercenaire redoutable dans sa quête pour retrouver sa mémoire.
Résumé par JeuxVideo.com
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Je l’ai toujours dit : si j’étais un homme, je garderais mes cheveux longs et je charmerais toutes les jolies filles. Et il se trouve que j’ai eu ma révélation en terminant The Witcher : si j’étais un homme, je serais Geralt de Riv.
Oh, un homme mutant, certes.

J’avoue pourtant que The Witcher n’a pas été un coup de cœur immédiat : je l’avais acheté en soldes sur Steam (avec la suite, The Witcher 2 : Assassins of Kings) avant de l’installer un an après à cause d’un urgent besoin de m’aérer l’esprit durant un été.
J’avais bien aimé mais sans l’envie de passer des nuits blanches dessus, non que le jeu était mauvais, mais je me sentais perdue : amnésique, le héros doit réapprendre le monde dans lequel il vit en même temps que le joueur mais j’étais bien trop larguée pour apprécier mon avancement.
Finalement la décision était prise : je devais lire la saga du Sorceleur qui a inspiré la trilogie des jeux avant de me jeter dans l’aventure. Et finalement, en maniant le vocabulaire et la géographie de l’univers de Sapkowski, je suis (enfin) tombée sous le charme de The Witcher sur le support jeu-vidéo.


Le jeu est-il mieux que le livre ? De mon propre avis, le jeu complète le livre. Les monstres laissent rapidement la place aux intrigues politiques dans la version papier, mais action oblige, le jeu vous laisse traquer les vampires et les noyeurs tout votre soûl. Les quêtes secondaires permettent, à la façon des nouvelles, d’explorer cette dichotomie humain/monstre qui tiraille tant le héros qui est entre l’homme et le monstre. C’est dommage qu’on ne retrouve pas plus les personnages du roman mais la brochette que le jeu propose est suffisamment intéressante et intervient à quelques reprises.
C’est sûr, l’équipe exploite pleinement l’univers que Sapkowski a laissé et jouer au jeu permet une autre approche, une intrusion dans ce Moyen-âge funèbre.

Par contre, je déplore des défauts techniques qui gâchent l’aventure : on sent que c’est une petite équipe qui a programmé ce premier titre. Trop de quêtes qui peuvent être ratées, des chapitres mal sectionnés, des indicateurs qui ne sautent pas au visage... J’ai raté pas mal d'événements en pensant pouvoir les faire plus tard : problème, The Witcher n’est pas un open world et vous avez très peu de chances de pouvoir revenir sur vos pas...
Donc ce point a été décevant car un petit détail pour prévenir le joueur avant de passer au chapitre suivant aurait été pas mal...


Pour sauver le jeu, en plus de personnages (évidemment) intéressants et un univers (encore évidemment) intriguant, The Witcher propose une interface intelligente et originale : j’ai aimé le détail du médaillon qui tremble en présence de monstres, remplaçant la carte basique avec les petits points rouges pour montrer les méchants, j’ai aimé ce système d’alchimie où ce ne sont pas les ingrédients mais les molécules qu’ils contiennent qui font les potions.
The Witcher se démarque donc de ses homologues RPG Fantasy avec ce genre de petits détails qui lui sont propres.


En revanche, si Geralt est plutôt fidèle (pour un amnésique), je regrette énormément un certain changement chez certains personnages déjà connus : Triss étant le meilleur exemple. Adorable petite sœur au profil de "petite sœur" dans les livres, elle devient une rouquine fatale dans le jeu et réunit toutes les personnalités aguichantes et séductrices des autres sorcières du roman.
C’est simple : si je la trouvais mignonne dans les romans, ici, elle est abjecte à mes yeux.
Et si j’ai eu un petit pincement au cœur à chaque référence à Ciri ou Yennefer, j’ai amèrement regretté leur absence dans cette adaptation… Comme si elles n’étaient pas importantes alors qu’on voit Shani.
Autant dire : j’ai choisi Shani à Triss dans le jeu. Les sorcières, ça va un temps : les femmes médecins forte tête ont leur charme aussi~


Quant aux graphismes, ils n’ont pas à rougir sachant leur âge et le plus marquant se situe dans les plans et les paysages. Les villes sont relativement animées et le charme est présent, les couchers de soleil jettent des lueurs étoilées dans les yeux du joueur et on fond devant la beauté des eaux qui reflètent la lune, le tout porté par une musique bien présente et efficace.
Un petit mot : les influences celtes sont très discrètes et on retrouve surtout un souffle de musiques slaves (origine polonaise oblige), l’OST de The Witcher n’a pas de semblable chez ses semblables et possède donc une playlist unique.

Si certains choix scénaristiques sont pour moi douteux et qu’on peut pointer de nombreux défauts de jouabilité malgré une interface pratique, The Witcher est malgré tout un jeu très bon. J’ai hésité entre le 3/5 ou le 4/5 et puis j’ai jeté mon dévolu sur la seconde note : il n’y a pas beaucoup de jeu qui peut se vanter de m’avoir pousser à lire une saga de sept tomes en un an.


Tout un chapitre est consacré à un univers très arthurien, entre un Roi Pêcheur, une Dame du lac... avec qui on peut coucher, d’ailleurs. Si, si : sa carte "érotique" (une des moins érotiques du jeu en fait) est . (On pourrait penser que le jeu vise un public masculin, mais les cartes, obtenues quand une fille s’ajoute à la liste des amantes, sont très jolies, on ne peut pas le nier ! Je laisse juger entre celle avec une elfe ou encore la première avec Triss et quelques autres ici...) Sans compter une ambiance assez chevaleresque d’ailleurs durant ce chapitre qui est sûrement le plus beau...
Donc le premier jeu de Witcher peut s’ajouter au Challenge Arthurien :

             Quelques anecdotes sur ce jeu,
• Inspiré de livres d’Andrzej Sapkowski. Il n’est pas obligatoire de les lire mais… Pour ma part, d’expérience, je le conseille pour ne pas être paumé entre les différents royaumes : je vous invite à voir ma chronique du premier tome et du troisième tome (les deux premiers tomes étant des recueils de nouvelles, l’histoire démarre vraiment au tome 3).
• Différence avec The Witcher "simple" : The Witcher : Enhanced Edition est une version comprenant moult améliorations et ajouts par rapport au jeu original avec notamment un éditeur de scénario, une tripotée de personnages supplémentaires et deux aventures inédites. Le coffret comprend également deux CD audio (bande originale et musiques inspirées par le jeu) ainsi qu’une nouvelle d’Andrzej Sapkowski.

mardi 17 novembre 2015

Le Huitième Sortilège, de Terry Pratchett,

Octogénaire, borgne, chauve et édenté, Cohen le Barbare, le plus grand héros de tous les temps, réussira-t-il à tirer Deuxfleurs et Rincevent des griffes de leurs poursuivants ?
Question capitale, car le tissu même du temps et de l’espace est sur le point de passer dans l’essoreuse. Une étoile rouge menace de percuter le Disque-Monde et la survie de celui-ci est entre les mains du sorcier calamiteux : dans son esprit (très) brumeux se tapit en effet le… huitième sortilège !
La suite de l’épopée la plus démente de la fantasy, avec, dans les seconds rôles, une distribution prestigieuse : le Bagage, l’In-Octavo, Herrena la harpie, Kwartz le troll, Trymon l’enchanteur maléfique et, naturellement, La Mort…
Quatrième de couverture par Pocket.
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« La Mort ne répondit pas. Il regardait Spold à la façon d’un chien qui lorgne un os, sauf que dans le cas présent c’étaient plutôt les os qui lorgnaient le chien. »
P. 34

Avec ce second tome des Annales du Disque-Monde, je me rapproche à pas de géant vers le qualificatif « grande admiratrice de Terry Pratchett », et pourtant, j’ai trouvé ce tome assez moyen par rapport à La Huitième Couleur qui avait été un vrai coup de cœur.
Paradoxalement, il confirme de plus en plus mon intérêt pour cet auteur anglais.
Paradoxalement… Ouais, effectivement : Pratchett s’y connaît en paradoxes.

Une carte qui sera bien utile !

Là où j’ai été moins emballée par cette seconde partie des aventures de Deuxfleurs et Rincevent, c’est qu’on explore moins l’univers du Disque-Monde. Ou plutôt : on explore l’univers à travers des prophéties magiques et qui annoncent la fin du monde… Comme la plupart des prophéties, en fait. Mais quant aux mœurs, à la géographie, à la gastronomie ou à la culture, Le Huitième Sortilège est moins touristique que La Huitième Couleur et les prouesses de l’imagination de Pratchett sont moins visibles. Par contre, la plume reste toujours aussi délicieuse et j’applaudis une fois de plus la qualité de la traduction : Patrick Couton fait un travail remarquable.
On a quand même quelques surprises, bien qu’elles restent classiques en Fantasy et se résument globalement à des parodies : une guerrière en armure de cuir qui ne la dévoile pas trop (logique et vrai pied-de-nez), un barbare des steppes qui est perclus de rhumatismes et à qui il manque des dents, une prophétie peu claire et qui soulève des psychoses… Une bonne dose d’humour qui utilise à outrance les références et fait plaisir aux lecteurs de Fantasy les plus passionnés.

Quant aux personnages, Rincevent et Deuxfleurs sans oublier le Bagage sont au mieux de leur forme et sont rejoints par Cohen le Barbare, un personnage hilarant et qui anime bien les pages aux côtés de Bethan qui ne manque pas de piment non plus.
Et sans oublier les fameux trolls aussi qui apportent une touche de tourisme comme je les ai aimées dans La Huitième Couleur, avec les explications autour de leur survie et le trafic à propos de leurs dents en diamant. Des créatures que je serais ravie de revoir…

Avec Le Huitième Sortilège, Pratchett obéit aux règles classiques de la Fantasy : après avoir présenté le décor dans le premier tome, place à l’action et à un fil conducteur moins farfelu qu’une visite menée par un mage trouillard. Et l’auteur joue la carte à fond : une prophétie funeste où la magie joue un grand rôle, tout ce qu’il y a de plus simple dans le genre et pourtant, je ne sentais pas le filon pleinement exploité, l’humour est présent mais pas assez…
Une intrigue au final dont j’aurais pu me passer.

Un tome un peu en dessous du précédent mais qui me rapproche de ce talentueux rêveur et ayant La Huitième Fille dans ma bibliothèque, je continuerai bien évidemment les aventures qui se déroulent sur le Disque-Monde.

Grâce au touriste Deuxfleurs et son appareil à images qu’il a à son cou, je peux valider l’idée n°28 du Challenge des 170 Idées !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
Le Huitième Sortilège est le seul tome de la saga Les Annales du Disque-Monde à être une suite directe du tome précédent, sinon, tous les autres tomes peuvent se lire indépendamment et chacun obéit parfois à des trames qui se croisent aléatoirement.
Un plan assez utile pour ceux qui, comme moi, voudront reste fidèle à l’avancement des aventures :


samedi 17 octobre 2015

L'Orbe de Xaraz, de John Lang,

Après leurs précédentes mésaventures, les héros du Donjon de Naheulbeuk pensaient enfin pouvoir se la couler douce, mais il faut croire qu’une telle activité ne figure pas au programme de leur fiche de personnage ! Jugez plutôt : l’un des leurs est resté sur le carreau, et aucun d’eux ne maîtrise le sort de résurrection.
Direction Waldorg, la cité des magiciens, qui regorge de gens compétents, mais un brin susceptibles. Avec leur chance coutumière, nos aventuriers arrivent une fois encore au mauvais endroit et au plus mauvais moment…
Quatrième de couverture par J’ai Lu.
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« La pluie c’est moche, c’est froid et ça fait rouiller les haches. Et je parle même pas de la cotte de mailles, je vais encore passer deux heures à la faire sécher ! Par toutes les enclumes du Grand Forgeron, ces humains sont vraiment des bons à rien. Les Elfes aussi d’ailleurs, je suis certain que la pluie est une de leurs inventions merdiques pour faire pousser les salades. »
P. 72

Le véritable plaisir, le nec plus ultra de L’Orbe de Xaraz, c’est qu’il s’agit d’une aventure du Donjon de Naheulbeuk dont je ne savais rien, c’était donc une vraie surprise. Est-ce que j’ai eu l’impression que ce n’était pas du Naheulbeuk à cause du format ? Pas du tout : lire n’empêche pas d’imaginer les voix, l’humour reste à son comble et j’ai même découvert un avantage : la version papier permet d’explorer plus longtemps des passages qui n’auraient pas le même impact qu’au format mp3. Je vais même en choquer certains : L’Orbe de Xaraz possède même un petit côté psychologique et une dose de drame.

Si comme moi vous vous êtes attaché à la compagnie des Fiers de Hache, L’Orbe de Xaraz ne vous fera pas monter les larmes aux yeux maiiiiis… pas loin, pas loin. Chaque personnage va connaître une évolution un peu plus intime à cause de la mort de l’un d’entre eux. [spoiler d’un détail inutile, mais enfin…] En tant que nana, je me suis toujours demandé comment se sentait la Magicienne face à l’Elfe qui fait tourner la tête de tous les hommes. Pour tout dire, j’ai vécu la situation d’être dans un bar avec des copains et d’une amie avec un tour de poitrine bien plus imposant que le mien : je vous le jure, l’injustice est clairement ressentie. Et c’est avec une certaine "joie" qu’on assiste à quelques piques jalouses et des complexes personnels de la Magicienne ! Ça paraît anodin, mais j’aimais déjà beaucoup ce personnage et ce côté « féminin » (réaliste, même) la rend un peu plus attachante. [/fin du spoiler d’un détail inutile, mais enfin…]
Leurs relations aussi évoluent d’une certaine manière. Et cela n’annonce que du bon pour la suite.

L’Orbe de Xaraz n’est pas seulement une plongée plus poussée dans la tête de nos zéros, toutefois : une quête occupe bien évidemment la trame. Je l’ai trouvée très travaillée, bourrée de quiproquos et de situations délicates (surtout quand on devine les erreurs plutôt gravissimes de la troupe de nuls et qu’on attend de voir les conséquences…).
Les références sont multiples et l’ambiance gâtera toujours autant les amateurs de Fantasy.
Comme pour le premier tome, on a droit aux bilans cérébraux des personnages et à quelques illustrations de Marion Pionsot : l’univers Naheulbeuk est donc pleinement au rendez-vous et chaque fan devrait être comblé.

Une très bonne lecture et c’est sans surprise que je vais continuer l’aventure avec le prochain tome Le Conseil de Suak !

Héhé, et il y a un chouette souvenir dans mon livre.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• À la page 338, il y a une référence à une vidéo parodique avec le Pot-au-feu qui reprend des extraits des films du Seigneur des Anneaux : pour les curieux, vous pouvez voir la vidéo ici.
• Une fois que vous aurez terminé de lire ce tome, vous pourrez zieuter ce bonus publié le 15 Janvier 2016 : une double-page du journal Le Postillonneur de Glargh qui relate les événements qui se déroulent à la fin de L’Orbe de Xaraz.

samedi 10 octobre 2015

La Vallée des Loups, de Laura Gallego Garcia,

Il existe de par le monde quelques Hautes Ecoles de Magie, secrètes et élitistes. Dana a l’incroyable chance d’être choisie comme élève par le Maître de la Tour de la Vallée des Loups. Mais pourquoi elle ? Y aurait-il un rapport avec l’existence de Kai, ce jeune garçon qu’elle seule peut voir et entendre ? Ou avec cette mystérieuse prisonnière qui l’appelle à son secours ? Dana devra désobéir à son Maître pour venir en aide à cette étrange femme qui lui ordonne de partir à la recherche d’une licorne. Mais les loups de la Vallée semblent décidés à ne pas la laisser faire...
Quatrième de couverture par J’ai Lu.
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« « Mais personne ne donne jamais de réponse claire, ici ? »
Fenris se mit à rire. Dana le regarda, surprise. C’était la première fois en cinq ans qu’elle le voyait rire.
« C’est la croix des apprentis ! s’exclama-t-il. Personne ne leur dit rien jusqu’à ce qu’ils soient consacrés mages. Ils vivent sous le poids d’une montagne de questions sans réponse. » »
P. 136

J’avais repéré ce livre depuis un moment sans savoir qu’il s’agissait en fait d’un livre jeunesse. Mais finalement, après l’avoir croisé en librairie, j’ai sauté le pas pour découvrir la trilogie des Chroniques de la Tour.


Bon, si je ne suis pas super emballée par ce premier tome, j’avoue que le côté innocent de cette histoire est efficace : on retombe un peu en enfance, on retrouve une fraîcheur naïve qui fait plaisir de temps en temps. C’est toutefois un livre à réserver pour une petite fille : malgré quelques passages effrayants et une histoire d’amour loin d’être rose, l’atmosphère est dominée par une influence typiquement féminine. On y croise des légendes de licornes pures (on est loin des licornes violentes de Sapkowski), une jeune héroïne qui s’affirme, beaucoup d’étincelles en couleurs et d’étoiles sur du rose... On évite bien sûr le cliché tendance de la magical girl kitsch, hein, mais voilà : un petit garçon sera peut-être moins enchanté par le récit de Garcia.

Pour ma part, malgré quelques surprises gâchées car j’avais de sérieux doutes, j’ai quand même apprécié cette histoire qui est mine de rien travaillée. Pas du tout linéaire, l’évolution de Dana est intéressante et on découvre avec elle : le lecteur est mis à l’écart de certains secrets et devra, comme l’héroïne, avancer pour connaître toutes les vérités.
Le seul défaut que je reproche vraiment à ce premier tome des Chroniques de la Tour, c’est que l’apprentissage magique est expédiée sous la trappe : je ne m’attendais pas à un Harry Potter ou au tome La Guilde des Magiciens, mais un peu plus de détails sur l’enseignement magique n’aurait pas été de trop à mon avis vu mon amour pour les ambiances académiques. J’ai donc été déçue d’avoir ce côté scolaire en moins, car je l’attendais, me faisant des idées...

Dana, l’elfe Fenris et la naine Marita, illustrations de Marcelo Perez.

Si Dana n’est pas une héroïne exceptionnelle dans le genre Fantasy, sa relation avec Kai l’est et d’autres personnages ont le mérite d’apporter beaucoup d’originalité, comme Fenris ou encore le Maître.

Un livre donc un peu trop jeunesse mais agréable à glisser entre deux lectures de Dark Fantasy pour sa dose de féerie et qui en fait un joli conte à se ressasser de temps en temps. Je ne vais pas me jeter sur la suite demain, mais le second tome est dans ma wish-list.

Grâce à la couverture, je peux valider l’idée 27 du Challenge des 170 Idées :

            Quelques anecdotes sur ce jeu,
• Il existe un tome zéro qui met en avant l’elfe Fenris. Cela dit, comme il a été écrit après la trilogie, le lire à la fin ne pose pas de soucis et garde même des surprises pour La Vallée des Loups.