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vendredi 9 février 2018

L'ours est un écrivain comme les autres, de William Kotzwinkle,

Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint un écrivain.
Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New-York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des Lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…
Quatrième de couverture par 10|18.
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Comment dire ? C’était… bizarre. Absurde.
Comme un Picasso, L’ours est un écrivain comme les autres a de bonnes intentions et des idées riches pour un résultat pas très joli. Voire qui tombe un peu à côté dans le cas du roman de William Kotzwinkle.

Que je vous explique le but de cette trame : en présentant un ours dont personne ne soupçonne la véritable identité, en mettant l’accent sur le pouvoir de l’argent et du sexe et en plaçant des dégénérés qui ne lisent jamais sur les trônes du monde littéraire, l’auteur écrit une vive critique de la société littéraire moderne.
Le personnage central est un ours qui est pris pour l’héritier littéraire d’Hemingway : ses crises de joie le poussent à se rouler par terre et à se frotter le dos, ce qui sont interprétées comme des crises d’épilepsie (et un auteur handicapé par un souci de santé, ça émeut), ses réponses grommelées et qui regroupent le peu de vocabulaire qu’un ours peut articuler sont prises pour des éclairs de génie, des réparties hautement philosophiques.
Bref, c’est absurde mais ça fait sourire !

« Elliot sait que je ne l’appelle que lorsque j’ai quelque chose de spécial. Vous voulez un café ?
— Sucre, grogna l’ours, prononçant avec soin le mot le plus important de son maigre vocabulaire.
— Margaret, apportez-nous un café, voulez-vous, avec beaucoup de sucre. Merci. » Boykins sourit à l’ours. « Personne ne vous a jamais dit à quel point vous ressemblez à Hemingway ?
— Qui ?
— Qui, en effet ! Il se peut fort bien que vous soyez celui qui va le reléguer dans l’oubli. »
P. 27

Sauf que les blagues les plus courtes sont les meilleures : quand elles s’étendent sur presque 300 pages et s’amplifient, la plaisanterie perd de sa saveur. Au programme : zoophilie (deux fois), une métamorphose sortie un peu de nulle part et des dialogues absurdes. Tout ça pour ralentir le rythme de lecture avec d’autres scénarios amorcés… et avortés ! Bref, on aurait pu se passer de pas mal de scènes linéaires avant une conclusion qui vient relever un peu le tout.

Alors oui, il y a de l’idée et le livre a eu son petit succès mais franchement, le traitement n’est pas assez abouti. La plume réussit cependant à instaurer une ambiance typiquement bûcheron nord-américain qui donne envie de voir les vastes forêts du Maine, mais ça, c’est parce que ces passages parlent à l’ourse en moi.
Autrement, je suis restée sur ma faim à cause d’un ennui qui est apparu pour la seconde moitié. 

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Récent en France, L’ours est un écrivain comme les autres, The Bear Went Over the Mountain pour le titre original, est en réalité un livre publié depuis vingt ans, en 1996 ! Comme quoi, le sujet est encore actuel et ne change pas.


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jeudi 25 janvier 2018

Un cadavre dans la bibliothèque, d'Agatha Christie,

Le colonel Bentry est contrarié : on l’a tiré de son sommeil pour lui faire constater un fait particulièrement vexant : une femme, une inconnue, a été trouvée étranglée dans sa bibliothèque. Heureusement que la demeure des Bentry est voisine de St. Mary Mead, où réside Miss Marple…
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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J’ai délaissé un peu Hercule Poirot pour aller à la rencontre de miss Marple… sans être charmée plus que ça. Si je retrouve l’humour de la Reine du Crime, visiblement infatigable et c’est tant mieux, le personnage de la vieille fille enquêtrice manque de saveur dans ce policier au rythme boiteux.

Ce n’est pas la première fois que je remarque ce défaut chez Agatha Christie : la brièveté de ses romans permet une lecture rapide mais elle n’est clairement pas accordée au nombre de personnages présents.  Et c’est dommage car les interactions sont toutes hautes en couleurs : miss Marple avec son amie Mrs Bentry qui est aussi suffoquée qu’excitée d’avoir la scène de crime dans sa bibliothèque, le prétentieux Basil Blake qui représente le jeune dévergondé et n’a pas peur des "poulets"... Mais les acteurs de cette enquête sont bien trop nombreux et le lecteur peut se perdre assez facilement. Et à force de brouiller les pistes, c’est le fil de la lecture qui est embrouillé.
D’autant plus que les clichés les empêchant de se démarquer.
[ci-contre : illustration signée Corona]
Ce qui se démarque par contre, c’est la modernité du récit ! Beaucoup moins guindée qu’une enquête à la Hercule Poirot, venez rencontrer la jeune société anglaise débauchée vue par Agatha Christie et miss Marple ! Soirées bien arrosées, jeunes femmes sexy... J’ai adoré voir une femme "comme il faut" comme miss Marple dans cet univers très spécial, même si j’aurais aimé la voir plus souvent : miss Marple reste très discrète même si cet effacement est logique si on pense qu’une adorable retraitée ne peut bien évidemment pas mener une enquête.
Mais enfin, un contexte qui sort de l’ordinaire. Le tout avec beaucoup d’humour et de légèreté bien sûr, malgré le contexte.

Agatha Christie tape un petit peu plus fort qu’avec Poirot niveau enquête : le côté sensation est bien présent, digne d’un fait divers accrocheur. Seul le motif s’inscrit dans le très classique, faisant perdre du souffle à l’énigme, mais les rebondissements sont présents.

Malheureusement, si j’ai pour objectif de lire tous les Hercule Poirot (même les pastiches récents), il n’en sera pas de même avec les histoires de miss Marple : le personnage est très sympathique mais n’a pas le même cachet que le policier retraité belge, retirant un peu de saveur aux romans. Par chance, la plume vive de la Reine du Crime frappe encore et toujours !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Ce livre a été lu à l’occasion d’une lecture commune, vous trouverez d’autres critiques ici : l’avis de Grizelda,


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vendredi 30 juin 2017

Autobiographie d'une Courgette, de Gilles Paris,

« Elle ressemble à une poupée de chiffon toute molle et ses yeux sont grands ouverts. Je pense aux films policiers où des tas de femmes se font tuer et après elles ressemblent à des tas de chiffons toutes molles et je me dis “c’est ça, j’ai tué maman.” »
Ainsi commence l’aventure d’Icare, alias Courgette, un petit garçon de neuf ans. Paradoxalement, la vie s’ouvre à lui après cette tragédie. Placé dans un foyer, il pose avec une naïveté touchante son regard d’enfant sur un monde qu’il découvre et qui ne l’effraie pas. De forts liens d’amitié se créent entre et ses camarades. Et puis, il tombe amoureux de Camille…
Quatrième de couverture par J’ai Lu.
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« On va s’asseoir dans l’herbe au bord de la rivière.
– T’as pas froid ? dit Raymond.
– Non.
Et il enlève son blouson et il m’enveloppe dedans. Des fois les grandes personnes, ça écoute que dalle. »
P. 54

J’ai toujours beaucoup admiré l’écriture de Mathias Malzieu : cette capacité à aborder des sujets adultes avec une plume enfantine fait que chaque histoire du chanteur de Dionysos est un plaisir à double intonation. Mais je me rends compte, après ma lecture d’Autobiographie d’une Courgette, que Gilles Paris possède également ce talent.
Autobiographie d’une Courgette est un de ces curieux mélanges : un sujet difficile avec une narration innocente. La naïveté ne cache pas la tristesse mais l’accompagne, elle lui donne une autre allure. Et finalement, Autobiographie d’une Courgette donne plus envie de sourire que de pleurer.

Ce roman aborde un thème qui me touche : les enfants en foyers. Ceux qui n’ont plus d’amour et sont trop vieux (à 9 ans !) pour être adoptés. J’ai été émue par chaque enfant, aussi bien Courgette, Simon, Béatrice, Alice, Ahmed (j’avoue, j’ai ri énormément à cause des pleurs récurrents du petit Ahmed qui ont un côté comique avec la narration de Courgette), les deux frères qui jouent au jeu du dictionnaire… Et bien sûr, Camille, mais ironiquement, c’est celle que j’ai le moins aimée.
Un sujet assez difficile mais loin de faire pleurer : ce roman est espiègle, donne le sourire, fait du bien. Comme le premier éclat de rire après une période particulièrement difficile. Il y a un humour agréable, bien que le ton « enfant » peut rebuter : il faut s’y habituer, mais une fois le ton adopté, on arrive à apprécier cette narration proche de celle d’un enfant de 9 ans et qui répète « et… et… et… et… et… ».

Il se finit toutefois de façon assez abrupte et je n’ai pas approuvé tous les choix scénaristiques… [spoiler] Que Raymond adopte Courgette et Camille, d’accord, mais en sachant que les deux sont amoureux… Ce n’est qu’une amourette si ça se trouve, mais j’ai trouvé un côté un peu malsain. Ensuite, la facilité avec laquelle le fils de Raymond accepte son nouveau frère et sa nouvelle sœur : certaines familles ont cette chance de pouvoir réunir les membres qui ne partagent pas toujours le même sang, mais d’expérience et celle des autres, c’est une aubaine rare. [/fin du spoiler]
Hormis ça, c’est une lecture très sympathique que je ne regrette pas et je garderai un bon souvenir du petit Icare, pardon ! Courgette et de ses copains qui vont me manquer…
« L’église, c’est la maison au bon Dieu qui y est jamais.
Ça m’étonne pas, vu qu’il fait toujours méga froid dans sa maison. Le bon Dieu, Il est pas idiot, Il est bien au chaud dans les nuages avec le soleil qui Le chauffe au-dessus et Il se protège des gens qui ont toujours un truc à Lui demander.
– Surtout de l’argent, dit Simon. »
P. 89

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• C’est auprès des Pressoirs du Roy, avec sa directrice Jacqueline Vialatte et l’équipe, que Gilles Paris a recueilli des conseils afin d’écrire Autobiographie d’une Courgette.
• Je conseille vivement le film qui adapte ce roman : c’est une petite perle d’animation qui ne dure qu’une heure mais qui fait rêver tout du long.

mercredi 27 janvier 2016

La Couleur des Sentiments, de Kathryn Stockett,

En 1962, à Jackson, Mississipi, chez les Blancs, ce sont les Noires qui font le ménage et élèvent les enfants. Sans mot dire, sous peine de devoir prendre la porte. Est-ce le cas de Caroline, l’employée des Phelan, dont on n’a plus aucune nouvelle ? Mais franchement, qui s’en soucierait ? Ses amies, Minny et Aibileen, et surtout Skeeter, la propre fille des Phelan. La jeune étudiante blanche et les deux employées noires vont lier une alliance imprévisible pour « comprendre ».
Quatrième de couverture par Audiolib.
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Il y a un an, j’ai vu l’adaptation de La Couleur des Sentiments qui avait fait pas mal de bruits tant le jeu des actrices a été couronné de succès. J’ai beaucoup ri et j’ai versé ma petite larme à la fin et malgré ce ressenti positif, je n’ai jamais cherché à me plonger dans le livre, imaginant que cela ferait peut-être trop redondant...
Et puis à la bibliothèque, je suis tombée sur l’audiobook.


Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de préciser ce qu’est un audiobook, mais grosso modo c’est un roman lu par une ou plusieurs personnes (douées d’une voix talentueuse la plupart du temps) et cela le transforme en CD. Mais ce que je tiens surtout à faire, en revanche, c’est défendre le format : si le numérique est la cible de nombreux débats, les audiobook n’a pas besoin de discuter et on passe directement à l’affirmation « ceux qui voient bien et écoutent des audiobook sont des fainéants ».
Mais le concept de l’audiobook me fascine bien plus que le débat autour du numérique et La Couleur des Sentiments est donc mon premier pas dans ce format… Et je suis ravie de l’expérience !
Déjà, un audiobook demande autant de concentration qu’une lecture papier : je ne pouvais pas mettre mes écouteurs et faire quelque chose de trop absorbant. En revanche, pendant que je cuisine (sérieux : vous avez déjà essayé de faire des cannelés avec un livre dans les mains ?), pendant que je passe le balai, pendant que je me promène ou même quand je m’épile, alors je me sens moins frustrée de ne pas avoir un livre sous les yeux ! Et le fait d’être lu apporte une autre vision, une nouvelle sonorité. Il y a des livres qui devraient être lus à voix haute.
Pareil : j’adore m’endormir en écoutant des histoires. Jusqu’à maintenant, je me concentrais sur les sagas mp3, comme Adoprixtoxis, Reflets d’Acide ou le très connu Donjon de Naheulbeuk… Mais je les connais presque par cœur maintenant. Pour changer, j’ai donc suivi la vie d’Aibileen, Minny et Skeeter avec les oreilles quand mes yeux étaient piqués de fatigue.

Déjà, une mention positive pour Audiolib d’avoir choisi trois narratrices différentes qui apportaient une certaine vivacité aux personnages. J’applaudis très fort le travail de Nathalie Hons, celle qui prête sa voix grave à Aibeleen : son timbre grave et presque désabusé apporte tout le charme de cette bonne femme. Par contre, j’ai moins aimé la voix de Nathalie Hugo mais je blâme plus la personnalité de miss Skeeter, un personnage que je pensais apprécier plus que ça... De façon surprenante, la miss Skeeter du livre est très différente de celle du film qui semble avoir été faite sur mesure pour l’actrice.

Mais la vraie richesse de ce livre ne vient pas vraiment des personnages (si on prend Hilly Holbrook, elle reste très cliché dans son genre : c’est la sale peste parfaite juste en surface), ce sont les relations nouées qui fascinent.
C’est un livre plein de bons sentiments qui apprend que la couleur d’une personne ne devrait pas avoir d’importance, l’ambiance n’est pas spécialement lourde ou réellement dramatique : on est loin des griffes antisémites de la Seconde Guerre Mondiale ou de la question sur l’âme des noirs sous la Renaissance. La Couleur des Sentiments n’est pas un livre sombre : il s’agit d’une lutte rythmé avec des notes d’humour et d’audace qui allège la tristesse du contexte. La morale est relativement discrète et le livre traite des relations entre les noirs et les blancs mais aussi entre les femmes, tantôt blanches, tantôt noires, tantôt mariées, tantôt célibataires…
Et ça fait du bien de ne pas se cantonner à un seul aspect et d’exploiter le contexte historique un peu plus.
[ci-contre, l’auteur et Octavia Spencer qui a été applaudie pour son rôle de Minny Jackson dans l’adaptation cinématographique.]

Bien que j’ai été déçue par miss Skeeter (que j’ai trouvée quelque peu geignarde dans le roman… Sûrement la faute au film de m’avoir fait voir une tête brûlée qui s’affirme non-stop), j’ai aimé sa trame : vivre en tant qu’écrivain est difficile. Surtout quand on est une femme. Surtout quand on vit dans les années 1960.
Mais la trame que j’ai préférée, c’est celle entre Minny et Celia Foote. Je pense même que Celia Foote est celle que j’ai adorée le plus : entre Minny et Celia, c’est le récit d’une timide amitié entre une forte tête assez sensible et une naïve qui a autant de cœur que de force.

Par contre, je n’ai rien remarqué de spécial concernant l’écriture ou la traduction malgré quelques comparaisons bien choisies et une ambiance vraiment installée : l’avantage des voix sert à bien différencier les narratrices et apporte une certaine diversité. Même si il n’y a pas une musicalité renversante, l’émotion traverse quand même les mots mais ce n’est pas la plume la plus marquante que j’ai pu écouter…


En clair, un livre frais et agréable qui apporte des notes positives. Je ne regrette pas la lecture en fin de compte car j’avais une impression de vide avec la fin du film et effectivement : beaucoup de conclusions manquent à l’appel. Cela dit, deux ou trois chapitres de plus n’aurait pas été de refus car je serais curieuse de voir l’évolution de chaque foyer ! Tant pis, ça n’empêche pas La Couleur des Sentiments d’être un livre sympathique mais n’en attendez pas trop non plus : son succès est aussi porté par le film et on parle autant du roman que de l’adaptation.

J’en profite pour valider l’idée 6 du Challenge des 170 Idées, certes, je suis un peu jeune pour avoir eu exactement le même vélo-promeneur, mais c’était presque ça !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Un petit scandale a éclaté avec ce livre : Abilene Cooper qui a travaillé pour le frère de l’auteur pendant douze ans a accusé Kathryn Stockett de s’être trop appuyée sur sa vie et que La Couleur des Sentiments serait une biographique publiée sans son accord et où elle n’a pas touché le moindre revenu. Bien sûr, Kathryn Stockett a démenti. En revanche, à la fin du livre, une brève nouvelle intitulée Un peu trop tard (Too Little Too Late) permet à l’auteur de partager sa propre expérience (à la façon de miss Skeeter avec Constantine) avec sa propre maid Demetrie.

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mardi 17 novembre 2015

Le Huitième Sortilège, de Terry Pratchett,

Octogénaire, borgne, chauve et édenté, Cohen le Barbare, le plus grand héros de tous les temps, réussira-t-il à tirer Deuxfleurs et Rincevent des griffes de leurs poursuivants ?
Question capitale, car le tissu même du temps et de l’espace est sur le point de passer dans l’essoreuse. Une étoile rouge menace de percuter le Disque-Monde et la survie de celui-ci est entre les mains du sorcier calamiteux : dans son esprit (très) brumeux se tapit en effet le… huitième sortilège !
La suite de l’épopée la plus démente de la fantasy, avec, dans les seconds rôles, une distribution prestigieuse : le Bagage, l’In-Octavo, Herrena la harpie, Kwartz le troll, Trymon l’enchanteur maléfique et, naturellement, La Mort…
Quatrième de couverture par Pocket.
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« La Mort ne répondit pas. Il regardait Spold à la façon d’un chien qui lorgne un os, sauf que dans le cas présent c’étaient plutôt les os qui lorgnaient le chien. »
P. 34

Avec ce second tome des Annales du Disque-Monde, je me rapproche à pas de géant vers le qualificatif « grande admiratrice de Terry Pratchett », et pourtant, j’ai trouvé ce tome assez moyen par rapport à La Huitième Couleur qui avait été un vrai coup de cœur.
Paradoxalement, il confirme de plus en plus mon intérêt pour cet auteur anglais.
Paradoxalement… Ouais, effectivement : Pratchett s’y connaît en paradoxes.

Une carte qui sera bien utile !

Là où j’ai été moins emballée par cette seconde partie des aventures de Deuxfleurs et Rincevent, c’est qu’on explore moins l’univers du Disque-Monde. Ou plutôt : on explore l’univers à travers des prophéties magiques et qui annoncent la fin du monde… Comme la plupart des prophéties, en fait. Mais quant aux mœurs, à la géographie, à la gastronomie ou à la culture, Le Huitième Sortilège est moins touristique que La Huitième Couleur et les prouesses de l’imagination de Pratchett sont moins visibles. Par contre, la plume reste toujours aussi délicieuse et j’applaudis une fois de plus la qualité de la traduction : Patrick Couton fait un travail remarquable.
On a quand même quelques surprises, bien qu’elles restent classiques en Fantasy et se résument globalement à des parodies : une guerrière en armure de cuir qui ne la dévoile pas trop (logique et vrai pied-de-nez), un barbare des steppes qui est perclus de rhumatismes et à qui il manque des dents, une prophétie peu claire et qui soulève des psychoses… Une bonne dose d’humour qui utilise à outrance les références et fait plaisir aux lecteurs de Fantasy les plus passionnés.

Quant aux personnages, Rincevent et Deuxfleurs sans oublier le Bagage sont au mieux de leur forme et sont rejoints par Cohen le Barbare, un personnage hilarant et qui anime bien les pages aux côtés de Bethan qui ne manque pas de piment non plus.
Et sans oublier les fameux trolls aussi qui apportent une touche de tourisme comme je les ai aimées dans La Huitième Couleur, avec les explications autour de leur survie et le trafic à propos de leurs dents en diamant. Des créatures que je serais ravie de revoir…

Avec Le Huitième Sortilège, Pratchett obéit aux règles classiques de la Fantasy : après avoir présenté le décor dans le premier tome, place à l’action et à un fil conducteur moins farfelu qu’une visite menée par un mage trouillard. Et l’auteur joue la carte à fond : une prophétie funeste où la magie joue un grand rôle, tout ce qu’il y a de plus simple dans le genre et pourtant, je ne sentais pas le filon pleinement exploité, l’humour est présent mais pas assez…
Une intrigue au final dont j’aurais pu me passer.

Un tome un peu en dessous du précédent mais qui me rapproche de ce talentueux rêveur et ayant La Huitième Fille dans ma bibliothèque, je continuerai bien évidemment les aventures qui se déroulent sur le Disque-Monde.

Grâce au touriste Deuxfleurs et son appareil à images qu’il a à son cou, je peux valider l’idée n°28 du Challenge des 170 Idées !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le Huitième Sortilège est le seul tome de la saga Les Annales du Disque-Monde à être une suite directe du tome précédent, sinon, tous les autres tomes peuvent se lire indépendamment et chacun obéit parfois à des trames qui se croisent aléatoirement.
Un plan assez utile pour ceux qui, comme moi, voudront reste fidèle à l’avancement des aventures :


samedi 17 octobre 2015

L'Orbe de Xaraz, de John Lang,

Après leurs précédentes mésaventures, les héros du Donjon de Naheulbeuk pensaient enfin pouvoir se la couler douce, mais il faut croire qu’une telle activité ne figure pas au programme de leur fiche de personnage ! Jugez plutôt : l’un des leurs est resté sur le carreau, et aucun d’eux ne maîtrise le sort de résurrection.
Direction Waldorg, la cité des magiciens, qui regorge de gens compétents, mais un brin susceptibles. Avec leur chance coutumière, nos aventuriers arrivent une fois encore au mauvais endroit et au plus mauvais moment…
Quatrième de couverture par J’ai Lu.
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« La pluie c’est moche, c’est froid et ça fait rouiller les haches. Et je parle même pas de la cotte de mailles, je vais encore passer deux heures à la faire sécher ! Par toutes les enclumes du Grand Forgeron, ces humains sont vraiment des bons à rien. Les Elfes aussi d’ailleurs, je suis certain que la pluie est une de leurs inventions merdiques pour faire pousser les salades. »
P. 72

Le véritable plaisir, le nec plus ultra de L’Orbe de Xaraz, c’est qu’il s’agit d’une aventure du Donjon de Naheulbeuk dont je ne savais rien, c’était donc une vraie surprise. Est-ce que j’ai eu l’impression que ce n’était pas du Naheulbeuk à cause du format ? Pas du tout : lire n’empêche pas d’imaginer les voix, l’humour reste à son comble et j’ai même découvert un avantage : la version papier permet d’explorer plus longtemps des passages qui n’auraient pas le même impact qu’au format mp3. Je vais même en choquer certains : L’Orbe de Xaraz possède même un petit côté psychologique et une dose de drame.

Si comme moi vous vous êtes attaché à la compagnie des Fiers de Hache, L’Orbe de Xaraz ne vous fera pas monter les larmes aux yeux maiiiiis… pas loin, pas loin. Chaque personnage va connaître une évolution un peu plus intime à cause de la mort de l’un d’entre eux. [spoiler d’un détail inutile, mais enfin…] En tant que nana, je me suis toujours demandé comment se sentait la Magicienne face à l’Elfe qui fait tourner la tête de tous les hommes. Pour tout dire, j’ai vécu la situation d’être dans un bar avec des copains et d’une amie avec un tour de poitrine bien plus imposant que le mien : je vous le jure, l’injustice est clairement ressentie. Et c’est avec une certaine "joie" qu’on assiste à quelques piques jalouses et des complexes personnels de la Magicienne ! Ça paraît anodin, mais j’aimais déjà beaucoup ce personnage et ce côté « féminin » (réaliste, même) la rend un peu plus attachante. [/fin du spoiler d’un détail inutile, mais enfin…]
Leurs relations aussi évoluent d’une certaine manière. Et cela n’annonce que du bon pour la suite.

L’Orbe de Xaraz n’est pas seulement une plongée plus poussée dans la tête de nos zéros, toutefois : une quête occupe bien évidemment la trame. Je l’ai trouvée très travaillée, bourrée de quiproquos et de situations délicates (surtout quand on devine les erreurs plutôt gravissimes de la troupe de nuls et qu’on attend de voir les conséquences…).
Les références sont multiples et l’ambiance gâtera toujours autant les amateurs de Fantasy.
Comme pour le premier tome, on a droit aux bilans cérébraux des personnages et à quelques illustrations de Marion Pionsot : l’univers Naheulbeuk est donc pleinement au rendez-vous et chaque fan devrait être comblé.

Une très bonne lecture et c’est sans surprise que je vais continuer l’aventure avec le prochain tome Le Conseil de Suak !

Héhé, et il y a un chouette souvenir dans mon livre.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• À la page 338, il y a une référence à une vidéo parodique avec le Pot-au-feu qui reprend des extraits des films du Seigneur des Anneaux : pour les curieux, vous pouvez voir la vidéo ici.
• Une fois que vous aurez terminé de lire ce tome, vous pourrez zieuter ce bonus publié le 15 Janvier 2016 : une double-page du journal Le Postillonneur de Glargh qui relate les événements qui se déroulent à la fin de L’Orbe de Xaraz.

mercredi 15 juillet 2015

La Huitième Couleur, de Terry Pratchett,

Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde en forme de disque est juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur le dos d’une tortue.
À Ankh-Morpork, l’une des villes de ce Disque-Monde, les habitants croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l’air tellement inoffensif, bonhomme chétif fidèlement escorté par un Bagage de bois magique circulant sur une myriade de petites jambes.
Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la guilde des voleurs et celle des assassins ; mission périlleuse et qui va les conduire loin : dans une caverne de dragons et peut-être jusqu’aux rebords du disque.
Car Deuxfleurs appartenait à l’espèce la plus redoutable qui soit : c’était un touriste…
Quatrième de couverture par Pocket.
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Tout d’abord, je tiens à remercier mon ours pour m’avoir prêté ce livre d’un auteur récemment disparu mais que je voulais rencontrer depuis longtemps. Terry Pratchett a laissé derrière lui une bibliographie bien fournie et je ne savais quel livre lire, jusqu’à ce que le premier tome, La Huitième Couleur, me soit confié et je regrette de le rendre car ce fut un vrai coup de cœur !
(m’en fiche, je l’achèterai avec le second tome dans l’édition illustrée par Marc Simonetti, hop)

L’illustration, signée Josh Kirby, a été utilisée pour l’édition anglaise et celle de l’Atalante et de Pocket. 
« Dans un ensemble lointain de dimensions récupérées à la casse, dans un plan astral nullement conçu pour planer, les tourbillons de brumes stellaires frémissant et s’écartent…
Voyez…
La tortue la Grande A’Tuin apparaît, elle fend d’une brasse paresseuse l’abîme interstellaire, ses membres pesants recouverts d’un givre d’hydrogène, son antique et immense carapace criblée de cratères météoritiques. De ses yeux vastes comme des océans, encroûtés de chassie et de poussière d’astéroïdes. Elle fixe le But Ultime.
Dans son cerveau plus grand qu’une ville, avec une lenteur géologique, Elle ne songe qu’au Fardeau.
Une bonne partie du fardeau est évidemment due à Bérilia, Tubul, Ti-Phon l’Immense et Jérakine, les quatre éléphants géants dont les larges épaules bronzées par les étoiles soutiennent le disque du Monde que la longue cataracte enguirlande sur son vaste pourtour et que surplombe le dôme bleu layette des Cieux.
L’astropsychologie n’est toujours pas parvenue à établir à quoi ils pensent. »
P. 7

Avec une telle introduction, j’ai été conquise dès le début. Certes, j’ai eu du mal à me familiariser avec cet univers, mais aidée d’une carte et d’un guerrier Pratchettien, j’ai vite pris mes aises et j’ai ri du début à la fin !

Déjà, pour lire du Pratchett, il faut connaître la Fantasy : l’auteur s’adresse aux fins amateurs du genre et les régale d’une satyre gentille et délicieusement absurde. Ceux qui ne trouvent pas leur bonheur auprès de dragons immenses, de barbares armés jusqu’aux dents, de sorciers savants mais décalés ou de dryades sauvages ne trouveront pas plus de joie chez Pratchett. En revanche, ceux qui ont épousé ce genre littéraire depuis des années et parlent aussi bien le khûzdul que le dothraki risquent d’être ravis par le monde délirant de Terry Pratchett.

Même si on ne l’explore pas entièrement en un tome, on voyage déjà beaucoup dans La Huitième Couleur, 
la carte vous aidera certainement.

J’ai envie de comparer La Huitième Couleur à La Couette de l’Oubli mais ce serait uniquement pour donner un autre ordre d’idée : l’humour de Pratchett est moins parodique que celui de John Lang, mais ils délirent autant l’un que l’autre !
Mais plus que son humour, c’est son imagination que j’applaudie : des dragons transparents, des trolls aquatiques, une couleur qui n’existe pas, un bois enchanté, un vin à base de méduses… Pratchett nous entraîne dans son univers, un univers complet et que j’ai hâte de découvrir à travers la suite des aventures du mage Rincevent et le touriste Deuxfleurs et les autres tomes.

Concernant les personnages, d’ailleurs, ce ne sont pas des pâles figures dans un monde en couleurs : ils ajoutent tout le piment dans ce plat british aux étranges saveurs. Rincevent, le mage raté aussi peureux d’un lapin sauvage mais qui cache bien des atouts, Deuxfleurs, aussi joyeux et aventurier qu’un Hobbit (je l’ai imaginé plus d’une fois avec des pieds nus et velus d’ailleurs…), Hrun, pas franchement intelligent mais désabusé à souhait et bien sûr, les fans de Pratchett l’attendent… La Mort. Cynique, fier, terrifiant… Et incroyablement sympathique (Tant qu’il ne vient pas pour nous !). Je suis heureuse de savoir que c’est un personnage qu’on croise régulièrement et je commence à comprendre le succès qui le berce dans cette communauté.

La dernière chose qui a réussi à me convaincre, c’est la plume de Pratchett, j’ai l’impression que le traducteur Patrick Coulon a fourni un très bon boulot aussi car les phrases sont vivantes, fluides. Malgré le côté délirant, j’ai trouvé une certaine aisance dans la narration qui guide le lecteur et le perd le moins possible. Le ton est maintenu et les dialogues ne manquent pas de charme.
En plus d’avoir un sens de l’humour efficace et des idées à la pelle, Pratchett pouvait se vanter de savoir écrire.

Pocket réédite tous les tomes du Disque-Monde et laisse les couvertures entre les mains du talentueux Marc Simonetti qui, une fois de plus, impressionne par ses talents d’illustrateurs tout en rendant hommage au récit.
(qui reflète parfaitement l’esprit du livre, au passage)

Cette découverte est donc la plus belle de l’année, mon premier vrai coup de cœur et je suis heureuse d’avoir enfin lu un roman de Terry Pratchett, malgré mon train de retard. Mais enfin, découvrir l’auteur après son décès et pousser d’autres lecteurs à en faire autant, n’est-ce pas lui donner un semblant d’immortalité ?
La Mort risque de ne pas aimer ça…

Autant le récit que la couverture m’évoquent des notions de liberté. Alors ouais, on voit peut-être pas la même chose, on ne ressent peut-être pas la même impression, mais voilà, sachant que cette idée est relativement floue, je raccroche cette chronique au numéro 152 du Challenge des 170 Idées (en plus, la liberté correspond plutôt bien au passage en question) :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Il y a un certain désaccord concernant la particularité de Deuxfleurs qu’on décrit comme ayant "quatre yeux", certains artistes lui ajoutent donc des lunettes tandis que d’autres prennent l’expression au pied de la lettre en le dotant vraiment de quatre yeux… Je vous propose de comparer les illustrations respectives de Simonetti et Kirby (en zoomant sur celui qui descend les marches) pour admirer la confrontation.
• Cela amusera les grands fans (dont moi) : la Huitième Couleur a été adaptée en téléfilm en 2008 et c’est Christopher Lee qui a doublé la Mort.

dimanche 21 juin 2015

La Couette de l'Oubli, de John Lang,

Jouez hautbois, résonnez trompettes, les héros du Donjon de Naheulbeuk reprennent du service ! Ils se croyaient sortis d’affaire après avoir rempli leur contrat… que nenni ! En rapportant à leur commanditaire, le sorcier Gontran Théogal, la douzième statuette de Gladeulfeurha, ils ont œuvré à leur insu pour l’avènement de Dlul, le dieu du sommeil et de l’ennui, qui menace d’engloutir le monde dans la Grande Couette de l’Oubli Éternel. Il va bien falloir que quelqu’un s’y colle, mais entre les guerres de religion qui agitent les terres de Fhang, les objectifs incertins des Oracles et le déplorable humour nain, ça s’annonce compliqué !
Quatrième de couverture par J’ai Lu.
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« Il y avait là un problème de taille, en cela que la plupart de ces groupes étaient persuadés d’être les seuls au courant de la remise de la statuette et demandaient des explications, menaçaient d’en venir aux mains, d’invoquer truc ou machin et de déchaîner les foudres de la colère de tel démon plurimillénaire. »
P. 204

Oui, c’est vrai, je me suis aussi posée la question plus d’une fois : quel intérêt de lire Le Donjon de Naheulbeuk quand on peut écouter les mp3 ? Ce qui influençait tout d’abord ce préjugé, c’est que je ne suis pas très portée sur les romans d’humour, mais quand j’ai commencé La Couette de l’Oubli, j’étais dans une sale période d’angoisse et de stresse et j’avais besoin de m’évader dans un livre qui arriverait à me donner le sourire.
Et bien pari réussi pour La Couette de l’Oubli ! 

En fait, le seul bémol de la version papier est causé par l’absence des noms des personnages, entraînant une petite redondance étrange entre des "Ranger", des "Magicienne" et des "Elfe" (à l’oral et dans les dialogues, ça passe mieux quoi), cela dit, l’écriture reste agréable et ne fait pas si script que ça pour contredire certaines chroniques. En tout cas, que ce soit à travers les paroles ou la plume, John Lang garde cet humour désabusé efficace et tout le monde est parodié, des boss jusqu’aux PNJ, pour notre plus grand plaisir.

 Deux cartes qui seront utiles !

Pour l’histoire, je suis mauvais juge pour le coup : j’avais repris la suite des aventures de la Compagnie des Fiers de Hache en bande-dessinée pour découvrir la fin de l’histoire pour finalement m’arrêter un tome avant la fameuse conclusion, je connaissais donc déjà une bonne moitié de ce roman.
Ce que je peux dire, c’est que je pense continuer à suivre les périples dans le format narrativisé plutôt que dessiné, préférant la plume acerbe aux dessins de Marion Poinsot, mais ce n’est qu’une légère infidélité car à chaque chapitre (à peu près), une illustration de sa main vient accompagner le récit. Sans oublier, bien entendu, les bulletins cérébraux des personnages qui ajoutent du rythme au roman, partageant leur point de vue bien privé et conservant la personnalité bien trempée (mais pas très maligne) de cette troupe pas aidée.
[Pour être franche, j’ai toujours un petit pincement au cœur quand il leur arrive des soucis : finalement, on s’y attache très vite, à ces imbéciles]

Et pour mon roman, j’ai même une illustration de la main de John Lang, souvenir de Trolls et Légendes 2015.

Quoiqu’il en soit, j’avais hâte de découvrir le dénouement (heh, depuis le temps tout de même) et je n’ai pas été déçue car le ton est maintenu jusqu’au bout, toujours avec de l’action et beaucoup de conneries, me faisant rire plus d’une fois.
Pour briser quelques clichés, c’est même un récit qui parlera aux non-rôle-playistes : tant que vous aimez la Fantasy, vous serez à l’aise dans cette gentille satyre féerique et ce, même sans connaître la moindre note de musique de Skyrim ou de WoW. Pour les autres étrangers, bon, ça fera autant rire qu’un discours politique, par contre...
Mais sait-on jamais ?
« — Ça fait moins d’une pièce d’or de l’heure ! C’est minable, annonça le Nain.
Il avait de la suite dans les idées, depuis tout petit. Enfin, depuis plus petit qu’il ne l’était. »
P. 14

Je suis donc ravie d’avoir le tome suivant, L’Orbe de Xaraz, dans ma bibliothèque car c’est une aventure que je ne connais pas du tout et la surprise sera totale.
Maintenant, si j’entends quelqu’un me demander l’intérêt de lire les aventures des Fiers de Hache, je pourrais lui fournir des arguments honnêtes et lui dire que j’étais moi aussi dans l’erreur avant de m’y mettre.
Étant donné les heures de rire que j’aie eues grâce à cette saga et les kilomètres de répliques échangées entre amis, je ne pense pas me tromper en joignant cette chronique à l’idée 81 du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Il est conseillé d’écouter les deux premières saisons en mp3 car La Couette de l’Oubli est le troisième arc du Donjon de Naheulbeuk : pour comprendre comment ces aventuriers se sont retrouvés dans un tel pétrin, je vous redirige ici.
• Pour éviter une certaine redondance des dialogues, en revanche, je vous conseille de lire ce premier roman avant d’écouter les fichiers de la saison 3 qui sont les épisodes 31 à 42 (bon allez, si vous voulez vraiment les écouter, cédez pour le 36 Le Troisième Étage).
• Les citations sont juste des bouts qui me plaisaient, mais si vous voulez de vrais extraits gratuits, vous en trouverez huit ici !