lundi 24 novembre 2014

Les Aventures de Sherlock Holmes [Tome 3], d'Arthur Conan Doyle,


Il vit à Londres, au 221B Baker Street, à la fin du dix-neuvième siècle. Il a des idées un peu bizarres… Il se passionne pour certaines branches de la science. Il est assez calé en anatomie, est un chimiste de premier ordre qui, malgré des études très décousues et excentriques, a amassé un tas de connaissances peu ordinaires. Il n’est pas aisé de le faire parler, bien qu’il puisse être assez expansif quand l’envie lui en prend. Il joue du violon.
Il a un métier : dénouer des énigmes étranges auxquelles il est le seul à pouvoir apporter une solution.
Il a un défaut : il affectionne les drogues.
Il a un ami : le docteur Watson, témoin et narrateur de ses aventures.
Son créateur, Arthur Conan Doyle, a inventé le récit policier moderne.
Il s’appelle Sherlock Holmes.
Quatrième de couverture par Omnibus.
---


« — Cela signifie qu’il y a une affaire en cours, je suppose ?
— Oui monsieur ; il est à fond là-dessus en ce moment. Je m’inquiète pour sa santé. Il est de plus en plus pâle et maigre, et il ne mange rien. « Quand désireriez-vous dîner, monsieur Holmes ? » lui a demandé Mme Hudson. « À sept heures et demi, après-demain », a-t-il dit. Vous savez comment il est lorsqu’une affaire l’inspire. »
P. 707

Rencontré il y a maintenant plus de cinq ans, j’avais dans l’objectif d’acheter toutes les nouvelles et tous les romans d’Arthur Conan Doyle qui met en scène son célèbre détective Sherlock Holmes. J’avais opté pour les éditions Omnibus car les trois tomes sont bilingues et y sont représentées les illustrations de Sidney Paget, illustrations d’époque. Depuis, ni Holmes, ni son fidèle Watson n’ont quitté ma vie de lectrice : ils se sont immiscés dans des pastiches, des adaptations, des clins d’œil dans des romans policiers… Et même à un cours de de criminologie de trois heures où l’enseignante mettait l’accent sur les méthodes de déductions et tout ce que l’œuvre de Doyle a apporté à la police (ce n’est pas pour rien si un programme de la police anglaise se nomme HOLMES 2).
Et pourtant, il fallait bien que je finisse par m’en séparer. Ou presque. Si j’ai acheté les trois tomes, c’était pour les lire, et si j’ai dévoré les deux premiers en l’espace de deux ans, j’ai longtemps repoussé la lecture du dernier tome. Ce n’est que grâce au Challenge Écosse que j’ai fini par me pousser un peu au cul et à me lancer dans ces dernières enquêtes.
Je dois dire que j’ai été très surprise : Doyle s’autorise plus d’anecdotes, d’humour et dote même son héros d’un côté plus humain, comme si Holmes en était venu à délaisser son image de cerveau penseur. Placé face à de situations assez sentimentales et violentes, Sherlock Holmes devient plus réaliste que jamais, surtout aux côtés de son ami Watson.
Je n’ai pas regretté cette lecture : Doyle ne perd pas la main dans la construction de mystères intelligents même si il délaisse un peu les méthodes. Mes impressions en détails ci-dessous…
Pour rappeler un peu le premier et le second articles, je note les romans et aventures au cas par cas avec mes impressions, à savoir que la note finale n’est pas une moyenne de toutes les notes ci-dessous, c’est une impression générale.


             • La Vallée de la Peur (titre original, The Valley of Fear, publié en Décembre 1915) 3/5
Dernier roman de Sherlock Holmes, La Vallée de la Peur offre une enquête qui peut s’étendre et se compléter. Je n’ai pas été totalement emballée cependant car le récit se rapproche un peu trop de celui d’Une Étude en Rouge à mon goût, le plaisir de la rencontre en moins.
Doyle nous entraîne tout d’abord dans un décor typiquement anglais : un magnifique château médiéval, des douves humides et des nuits glauques qui, grâce à leur tranquillité et leur silence, permettent à des crimes de s’opérer. Bien sûr, tout ce début était à mon goût, surtout grâce à cette remarque de Watson : l’existence quasi-éternelle d’un château perturbée par un meurtre victorien qui fait l’effet d’une fausse note. Une pointe de modernité qui entache cette fresque médiévale si parfaite.
[Ci-contre, La jeune fille à l’agneau, de Jean-Baptiste Greuze, un tableau au goût d’un redoutable professeur.]
Le mystère est aussi riche que le décor : les indices sont intéressants et les énigmes ne se démêleront pas facilement. La conclusion, en tout cas, ne sera pas uniquement apportée par Holmes, un autre élément s’ajoutera.
Je serai franche : j’ai eu du mal à accrocher à la suite du récit. Le décor bascule trop brusquement et c’était très dur de retrouver le fil tout en gardant en mémoire les indices du début.
Le final rattrape un peu le tout, mais voilà, mon intérêt était bien tassé.
La Vallée de la Peur reste un roman très sympathique mais, quand on a déjà lu Une Étude en Rouge, il y a comme une impression de redondance. D’autant plus que le format n’est, selon moi, pas pleinement exploité par Doyle.

Son Dernier Coup d’Archet,
             • Wisteria Lodge (titre original, The Adventure of Wisteria Lodge, publié la première fois en Août 1908) 4/5
Avec Wisteria Lodge, on se retrouve dans une demeure aussi immense que l’énigme qui fera la joie de Sherlock Holmes et du docteur Watson (enfin, presque pour ce dernier…) : un client suspecté, des rituels macabres, une victime à l’honnêteté questionnable, des intentions décalées et une apparition effrayante et presque surnaturelle ! Bref, Doyle a de quoi occuper son lecteur avec cette nouvelle où les filons sont nombreux et la conclusion est surprenante !
Je regrette juste que, à la façon d’Anne Perry, Doyle délaisse quelques indices qui sont trompeurs, ainsi, l’idée que je me faisais sur l’ambiance était fausse, mais ce défaut est rattrapé par un élément de taille, ou un personnage plutôt : l’inspecteur Baynes. Mais je n’en dis pas plus, cela pourrait gâcher les surprises du personnage~
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Dès le début, Sherlock Holmes fait allusion à La Ligue des Rouquins et Cinq Pépins d’Orange, nouvelles apparues dans les Aventures de Sherlock Holmes.
• C’est une des aventures où Watson annonce une date, 1892, mais Holmes est sensé faire le mort et ne réapparaît qu'en 1894.
             • Le Cercle Rouge (titre original, The Adventure of the Red Circle, publié la première fois en Mars 1911) 3/5
Si Doyle fait toujours preuve d’imagination même dans ce recueil, il faut reconnaître qu’il faut attendre un peu avant d’assister à des prouesses d’originalité : le schéma du Cercle Rouge se rapproche un peu trop de celui de La Vallée de la Peur. [spoiler]On enchaîne trois fois à la suite avec des organisations criminelles[/spoiler] et il y a un effet un peu redondant, un rythme très lassant.
L’énigme est pourtant au départ très captivante avec des indices intrigants, poussant à la curiosité. Mais voilà, le thème m’a quelque peu ennuyée et la fin n’a pas réussi à me recaptiver.

             • Les Plans du Bruce-Partington (titre original, The Adventure of the Bruce-Partington Plans, publié la première fois en Décembre 1908) 3/5
Déjà, le vrai plaisir des Plans du Bruce-Partington, c’est la présence de Mycroft Holmes. C’est d’ailleurs la dernière fois qu’on le rencontre et il faut bien en profiter. Et si cette énigme ne manque pas de charme, la note assez mitigée vient du fait que c’est moi qui ai déconné : persuadée que j’avais déjà lu la nouvelle, j’ai visionné l’épisode de la série Granada. Je me souvenais du tour avec les volets, de l’agitation dans la gare, l’astuce des rails… Bref, je n’avais eu aucune surprise.
Mais le bon signe dans tout ça, c’est que l’enquête est digne des plus célèbres nouvelles de Doyle et que l’adaptation m’a tellement marquée que dès le début de ma lecture, ma mémoire était totalement rafraîchie.
             • Le Détective Agonisant (titre original, The Adventure of the Dying Detective, publié la première fois en Novembre 1913) 4/5
Arthur Conan Doyle ne manque pas d’imagination malgré sa plume assez chirurgicale et pauvre : pour Le Détective Agonisant, le lecteur se retrouve aussi désemparé que Watson devant la détresse d’un Sherlock Holmes mourant à petit feu. Comment le détective agonisant pourrait résoudre une énigme en étant cloué au lit, suant et délirant. Pire : il refuse l’aide de son fidèle ami médecin.
L’énigme est donc complètement éclipsée par cette angoisse et apparaît bien soudainement grâce à un retournement de situation magnifiquement orchestré ! Doyle s’est encore une fois surpassé pour le grand plaisir de ses lecteurs.
Une excellente nouvelle qui répondra aux attentes des curieux.

             • La Disparition de Lady Frances Carfax (titre original, The Disappearance of Lady Frances Carfax, publié la première fois en Décembre 1911) 5/5
Si on aborde souvent le vol ou le meurtre, Doyle n’a pas tellement utilisé le thème de la disparition et pourtant, lorsqu’une victime est kidnappée, il nous sert un p’tit bijou : je pense à L’École du Prieuré par exemple, mais je pourrais maintenant citer La Disparition de Lady Frances Carfax.
Mouvementée et complète, l’enquête réserve de nombreuses surprises et ne fera pas bâiller son lecteur. Le rythme ne s’essouffle même pas au bout et offre même une conclusion qui fait froid dans le dos, distillant un peu d’horreur dans ce monde criminel… Encore une preuve que Sherlock Holmes, contrairement à son frère Mycroft, a tout intérêt à s’activer quand il est sur un mystère.
Une excellente nouvelle qui pourra satisfaire les connaisseurs comme les moins aguerris des histoires de Doyle.

             • Le Pied-du-Diable (titre original, The Adventure of the Devil’s Foot, publié la première fois en Décembre 1910) 3/5
À la fois terrifiante et intrigante, Le Pied-du-Diable est un mystère aux éléments très complexes. Si les motifs ne sont pas vraiment obscurs, c’est l’arme du crime qui surprendra les lecteurs : pervers et ingénieux, Doyle ajoute des candidats à sa collection de criminels dangereux.
La conclusion n’était pas vraiment à mon goût à cause d’un élément mélodramatique qui était peut-être un peu de trop pour moi… Mais je retiendrai cette nouvelle dans tous les cas grâce à son côté effrayant.
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Parfois traduite "LAventure du Pied du Diable".
•  Dans sa liste des 12 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle place Le Pied-du-Diable à la neuvième place.
             • Son Dernier Coup d’Archet (titre original, His Last Bow, publié la première fois en Septembre 1917) 2/5
Oulah ! Comme j’ai été perturbée par cette (trop) longue introduction à propos d’espionnage. J’avais pourtant hâte d’arriver à ces nouvelles car j’étais curieuse de voir la transition les séduisantes années 1880 vers celles, nettement plus sombres, qui précèdent la Guerre de 14-18. Et bien j’ai été assez déçue… Je m’attendais à une ambiance paranoïaque, des craintes capables de transpercer les deux héros populaires, un ciel gris qui précède un orage violent et terrifiant mais finalement, rien de tout ça !
Je regrette que Doyle n’ait pas exploré le thème de la guerre imminente (surtout du point de vue d’un ancien soldat comme Watson) et j’ai donc très vite oublié l’énigme dont le déroulement est assez floue, puisque le détective et son fidèle compagnon apparaissent bien trop tard…
Boh. Tant pis…
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• La traduction française ne permet pas le jeu de mots qu’utilise Doyle : His Last Bow peut vouloir dire Son Dernier Coup d’Archet comme Sa Dernière Révérence. C’est la première traduction qui est habituellement gardée, en clin d’œil à la passion d’Holmes pour le violon.
source
Les Archives de Sherlock Holmes,
             • L’Illustre Client (titre original, The Adventure of the Illustrious Client, publié la première fois en Novembre 1924) 5/5
Arthur Conan Doyle reprend du poil de la bête et ça fait plaisir, car si L’Illustre Client m’a fait quelques fois penser à Un Scandale en Bohème, cette nouvelle peut se targuer d’être originale et addictive. La petite touche de suspense se marie très bien au côté humain exploité chez les personnages, qu’on les connaisse ou non.
Les thèmes romantiques s’entrechoquent dans L’Illustre Client : un croqueur de femmes, une vengeance passionnelle, un amour destructeur… Les personnages secondaires sont complètement animés par des sentiments très vifs et il s’agit certainement de la seule nouvelle où Holmes et Watson se retrouvent piégés dans ce tourbillon expressif de haine, les réactions des éléments leur échappant à plusieurs reprises.
Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette nouvelle qui, malgré l’absence de mystère, reste néanmoins surprenante et capte l’attention du lecteur.

             • Le Soldat Blafard (titre original, The Adventure of the Blanched Soldier, publié la première fois en Octobre 1926) 2/5
Si le choix de la narration était très intéressante, j’avoue que j’ai été assez déçue par Le Soldat Blafard. J’ai eu l’impression de tourner un peu en rond au bout de quelques pages et la solution, bien qu’attendrissante, n’est pas spectaculaire et fait retomber la nouvelle à plat. Sans compter que le happy-ending était un peu de trop.
Le véritable avantage avec Le Soldat Blafard est la proximité du lecteur avec Holmes : descriptions acerbes, pensées amusantes… On redécouvre le célèbre personnage et on se rend compte que l’automate possède non seulement un cerveau actif mais aussi un cœur en or. 
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Il s’agit de la première nouvelle narrée par Holmes lui-même.
             • La Pierre de Mazarin (titre original, The Adventure of the Mazarin Stone, publié la première fois en Octobre 1921) 5/5
Voilà un autre coup de cœur dans ce recueil avec La Pierre de Mazarin : des situations comiques mais intenses, des retournements de situation théâtrales, des dialogues dynamiques… Dur de s’ennuyer avec cette nouvelle où j’ai adoré chaque élément. J’avais remarqué que Doyle se permettait de doter ses personnages d’un sens de l’humour plus prononcé, accentuant aussi leur humanité et La Pierre de Mazarin confirme cette impression que j’avais : Holmes est plus excentrique que jamais, surtout ici.
Ce n’est pas l’énigme mais les tactiques du détective qui vous feront chauffer les méninges.
J’en garderai un excellent souvenir et sera une des nouvelles que je relirai avec un grand plaisir !
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Il s’agit de la première nouvelle narrée par un narrateur totalement extérieur au récit (hétérodiégétique, si vous voulez briller en société). Un choix qui permet des possibilités de narration sans ambiguïtés.
             • Les Trois-Pignons (titre original, The Adventure of the Three Gables, publié la première fois en Septembre 1926) 2/5
Bon, en tout franchise, je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette nouvelle que j’ai trouvé assez plate, brouillon et obscure. Seuls les personnages apportent la touche d’intérêt dans Les Trois-Pignons, même le duo célèbre reste touchant et on ne se lasse toujours pas de leur alliance ingénieuse.
Mais voilà, une aventure dont peuvent se passer les plus timides lecteurs de Doyle…

             • Le Vampire du Sussex (titre original, The Adventure of the Sussex Vampire, publié en Janvier 1924) 4/5
Les fins connaisseurs n’ignorent pas qu’Arthur Conan Doyle, médecin et enquêteur non confirmé, s’est beaucoup intéressé au surnaturel à la fin de sa vie, comme bon nombre de compères à cette époque. Entre la mode des clichés post-mortem et les légendes urbaines qui font la popularité de l’Angleterre, même un scientifique comme Doyle ne pouvait pas résister aux charmes du fantastique et je suis bien contente de voir qu’il a osé confronter son détective cartésien à un mort-vivant imaginaire.
Toutefois, comme pour le Chien de Baskerville, le lecteur ne doit pas s’attendre à une conclusion magique mais bien à une réponse terre-à-terre : on reste dans le domaine de la science, dans le pur concret. Sauf que cela n’enlève rien à la qualité du mystère, ni à l’esthétique du délit et encore moins au côté touchant de la conclusion.
Une nouvelle intéressante, originale et très émouvante qui répondra aux attentes des grands lecteurs doyliens.

Les clichés post-mortem étaient particulièrement populaires pendant l’Ère Victorienne 
et les familles pensaient conférer un semblant d’immortalité à leurs disparus.

             • Les Trois Garrideb (titre original, The Adventure of the Three Garridebs, publié la première fois en Octobre 1924) 5/5
Une nouvelle que j’ai adoré grâce à ses notes humoristiques (il n’y a qu’à voir la situation cocasse du début) et ses moments intenses : ceux qui veulent une preuve de l’amitié qui rattache Holmes et Watson, lisez Les Trois Garrideb, vous ne serez pas déçu.
Le criminel m’a aussi plu car particulièrement audacieux et tordu, se démarquant de ses compères, rendant l’énigme très difficile à percer.
À lire pour le plaisir !

             • Le Pont de Thor (titre original, The Problem of Thor Bridge, publié en Mars 1922) 4/5
Bien que sympathique, Le Pont de Thor est un récit que je juge un peu plat. Ce qui est dommage vu la qualité de l’énigme qui se rapproche beaucoup du style d’Agatha Christie au passage : les fans d’Hercule Poirot et de Miss Marple seront sûrement enchantés de la tragédie entre madame Gibson et mademoiselle Dunbar. La platitude vient surtout du manque d’indice et de la résolution à tendances abracadabrantes du mystère.
Toutefois, je ne regrette pas cette lecture mais un petit détail manquant fait que la nouvelle aurait pu être un véritable coup de cœur.

             • L’Homme qui rampait (titre original, The Adventure of the Creeping Man, publié la première fois en Mars 1923) 3/5
Loin de L’Estropié (The Crooked Man dans le titre original) dans Les Mémoires de Sherlock Holmes ou encore de L’Homme à la Lèvre Tordue dans Les Aventures de Sherlock Holmes, on assiste à un vrai cas de contorsionniste dans L’Homme qui Rampait ! À tel point que j’ai eu l’impression de lire une nouvelle d’Edgar Poe ou de Stephen King.
Il n’y a pas tellement de délit, juste un sombre mystère où un homme est désincarné et ressemble à un animal étrange, un monstre rampant.
La solution est intéressante mais assez facile en réalité. Une nouvelle très sympathique mais qui peut être ignorée, sauf si vous voulez lire le canon entier.
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Traduit aussi en "L’Homme qui rampait".
• À la page 903, il y a une référence aux Hêtres-Dorés, nouvelle qui est rangée dans Les Aventures de Sherlock Holmes.
             • La Crinière du Lion (titre original, The Adventure of Lion’s Mane, publié la première fois en Novembre 1926) 3/5
Après toutes ces nouvelles, on pourrait penser que Doyle ne puisse plus nous surprendre. Et pourtant ! La Crinière du Lion est vraiment originale et se démarque de toutes les autres aventures de Sherlock Holmes. On change aussi de décor : Doyle nous permet de visiter le lieu de retraite de son détective et de rencontrer rapidement ses nouveaux compagnons, Watson ne l’ayant pas rejoint dans les Cornouailles.
Bien sûr, personne ne peut surpasser le sympathique médecin mais ce paysage en bord de plage change et apporte une touche de nouveauté. Même l’énigme est inhabituelle, tout comme le coupable…
Mais je n’en révèle pas plus pour ne pas gâcher les effets de surprise. Pourtant, si je suis presque tombée de ma chaise, quelque chose fait que je n’ai pas réussi à accrocher davantage à La Crinière du Lion
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Il s’agit de la seconde et dernière nouvelle narrée par Holmes lui-même.
Les magnifiques couvertures des éditions Penguin pour 
La Vallée de la Peur, Son Dernier Coup d’Archet et Les Archives de Sherlock Holmes.

             • La Pensionnaire Voilée (titre original, The Adventure of the Veiled Lodger, publié la première fois en Janvier 1927) 5/5
La Pensionnaire Voilée est une nouvelle un peu particulière qui s’adresse plus aux lecteurs confirmés qu’aux nouveaux curieux : si il y a quelques mystères, ils seront servis sur un plateau et Holmes ne démontrera pas ici sa science de la déduction. Peut-on classer La Pensionnaire Voilée comme un policier ? Je le classerais plutôt dans la section dramatique car la dimension humaine occupe une très grande place : la cliente est particulièrement émouvante et son histoire ne peut laisser insensible, même pas un ancien soldat comme Watson ou un détective comme Holmes. Forcément, j’ai beaucoup aimé cette confrontation entre ces hommes et la détresse d’une telle femme, très loin de la relation enquêteurs-cliente.
Une histoire qui marque non grâce à ses énigmes (bien qu’elles soient intéressantes) mais par sa conclusion et sa cliente exceptionnelles.

             • Shoscombe Old Place (titre original, The Adventure of Shoscombe Old Place, publié la première fois en Mars 1927) 4/5
J’avoue que j’ai eu très peur lors du début, avec cette conversation sur les courses de chevaux car je me souviens que Flamme d’Argent, dans Les Mémoires de Sherlock Holmes, m’avait profondément ennuyée. Et finalement, ce n’est pas une question de courses, pour mon plus grand bonheur ! On tombe même plutôt dans le macabre avec une vérité peu reluisante et complexe qui se dévoile grâce à des indices logiques.
Une excellente surprise.

             • Le Marchand de Couleurs Retraité (titre original, The Adventure of the Retired Colourman, publié la première fois en Décembre 1926) 4/5
Le recueil touche à sa fin mais Arthur Conan Doyle reste fidèle à lui-même avec cette nouvelle qui mérite sa place aux côtés des plus grandes aventures, des plus connues : des tours de passe-passe, des indices logiques avec des révélations adéquations, un coupable étrange et mémorable… Et surtout, un Watson au devant de la scène comme dans La Cycliste Solitaire. Ça fait toujours plaisir à voir quand Watson prend aussi les devants et mène une partie de l’enquête.
Une très bonne nouvelle qui m’a surprise jusqu’au bout.

             • La Boîte en Carton (titre original, The Adventure of the Cardboard Box, publié en Janvier 1893) 4/5
Écrit bien avant les nouvelles de ce troisième tome des éditions Omnibus, on retrouve nettement l’ambiance des débuts de Doyle avec une ère Victorienne bien plus marquée. Ce qui est un bel avantage si on considère le côté assez gore de la nouvelle qui m’a rappelé un petit peu L’Aliéniste.
Sordide et brutale, La Boîte en Carton aborde des sujets sensibles et plutôt sombres, n’enviant rien aux détails croustillants d’un fait-divers réel. Bien sûr, les éléments de départ sont très intrigants et mènent vers un mystère complet bien que simple.
Cette dernière nouvelle lue me marquera par sa finalité et sa qualité.
             Quelques anecdotes sur cette nouvelle,
• Bien que publié dans le Strand en Janvier 1893, la nouvelle La Boîte en Carton n’a pas été retenue dans le recueil des Mémoires de Sherlock Holmes, elle n’a rejoint ses consœurs qu’avec l’édition américaine. Choix d’Arthur Conan Doyle ou des éditeurs ? Ce n’est pas clair si ce n’est que les personnes à l’époque avaient jugé la nouvelle trop explicite.

Afternoon, par Suwi, pour finir sur une note douce et tranquille.

Ce n’est pas ni roman, ce n’est pas une nouvelle mais c’est une lettre. Un dernier petit mot alors sur cette fameuse lettre qui est supposée être la dernière que Watson ait reçu d’Holmes. Autant vous dire que cette minuscule et bête indication m’a achevée, me tirant quelques petites larmes car vous savez ce qu’on dit : finir un livre, c’est comme perdre un ami. Forcément, finir cette longue saga me laisse un gros vide dans le cœur semblable à celui que j’avais ressenti en lisant le dernier tome d’Harry Potter.
Que puis-je dire d’autre si ce n’est que c’est bien fini et qu’il ne me reste plus qu’à porter le deuil avec des pastiches ?

Au revoir messieurs Sherlock Holmes et John Watson, vous allez énormément me manquer.

Ainsi, je termine mon Challenge Sherlock Holmes, ayant lu toutes les nouvelles et tous les romans du canon. Grâce à la nationalité d’Arthur Conan Doyle, je boucle aussi mon Challenge d’Écosse in extremis. Et enfin, je tenais à réserver l’idée n°66 du Challenge des 170 Idées, faisant honneur au nez en bec-d’aigle du plus célèbre détective d’Angleterre :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Contrairement aux tomes 1 et 2, Omnibus n’a pas respecté l’ordre chronologique dans ce troisième tome. J’ai remarqué aussi un petit relâchement au niveau de la traduction avec pas mal de fautes d’orthographe, mais bon, lisant aussi la version anglaise, je n’y ai pas prêté plus attention.
• Pour ceux que cela intéresse : chronique du tome 1 et chronique du tome 2.

vendredi 14 novembre 2014

Richard III, de William Shakespeare,

« Ma conscience a mille langues, et chaque langue raconte une histoire, et chaque histoire me condamne comme scélérat. Le parjure, le parjure, au plus haut degré, le meurtre, le meurtre cruel, au plus atroce degré, tous les crimes, poussés au suprême degré, se pressent à la barre criant tous Coupable ! coupable ! »
Ô roi criminel, maître des cruautés et des traîtrises, la démesure de ton ambition t’a fait commettre les pires violences. Souviens-toi de tes victimes, le roi Henry VI, Clarence, son frère, les deux jeunes innocents exécutés dans la tour de Londres, Buckingham et tant d’autres, crains leur vengeance, car après le crime vient le châtiment, Marguerite l’a prédit...
Quatrième de couverture repris sur LivrAddict.
---

« De la sorte, je couvre la nudité de ma scélératesse à l’aide de vieux lambeaux dérobés au Livre sacré, et j’ai la mine d’un saint tout en donnant à plein dans le rôle de démon. »
P. 97

Pour ma première chronique dans le domaine du théâtre, je tape dans du haut, dans du connu : le très adoré, ou très redouté, Messire Shakespeare, avec son redouté, ou en fait adoré, Richard III. J’avais déjà plus ou moins approché Shakespeare avec des extraits de Roméo & Juliette, de Songes d'une Nuit d'Été, mais Richard III est celui où je me suis le plus investie.

Une chose est sûre : je ne suis pas devenue une passionnée Shakespearienne après cette lecture. Cela dit, retenez que ma chronique concerne uniquement une lecture, je n’ai jamais vu de représentation, je ne note pas les adaptations vues, je ne critique pas l’œuvre complète de Shakespeare mais uniquement mon expérience avec la lecture de Richard III. Forcément, je n’ai pas eu de foudroyant coup de cœur... Cela dit, ce fut une bonne lecture et une approche assez enrichissante.

Mon avis se mitige en fait à cause d’une opposition bien marquée : j’ai adoré l'histoire, j’ai adoré les personnages mais l’œuvre est tellement condensée que la rapidité m’a laissée sur ma faim. Voir une adaptation m’aurait laissée une impression bien différente je pense. J’aurai aimé plus de passages entre Lady Anne et Richard par exemple. Cependant, je n’oublie pas que les moments très forts sont ponctués par des répliques géniales et cinglantes, la joute verbale entre Lady Anne et Richard pour mentionner le meilleur mais également l’accusation de Richard contre Hastings, les malédictions de la Reine Marguerite et j’en passe...
Le personnage de Richard est aussi fabuleux, combien de fois j’ai ri tout en l’insultant à voix haute ! Et puis cette cour qui l’entoure, l’ascension qui le porte... Je garderai un très bon souvenir de cet antagoniste mis sur le devant de la scène.

Bon, Shakespeare, ce n’est pas encore le grand amour, mais son pari est réussi dans le fond : je vais chercher pour voir une adaptation théâtrale de Richard III et avoir une nouvelle approche avec cette pièce.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• L’édition Aubier est sympathique car bilingue, ce qui permet une comparaison et d’avoir le plaisir de lire l’anglais d’origine tout en trichant avec la traduction française qui n’est pas d’une qualité mauvaise (et par chance un peu modernisée).
• La majorité des personnages de cette pièce sont des personnages historiques : Richard III, ancien Duc de Gloster, Clarence , les Princes de la Tour... Cela dit, la Guerre des Deux Roses est représentée de façon plus dramatique et tous les événements sont condensés : ne citez pas cette pièce dans un devoir d’histoire, vous risquez de passer pour un gland.

Les Vacances d'Hercule Poirot, d'Agatha Christie,

Hercule Poirot aimerait bien passer des vacances tranquilles. Une petite île, un hôtel agréable, une cuisine soignée, des pensionnaires charmants... Tout irait pour le mieux si, parmi les estivants, ne rôdait pas une de ces femmes fatales qui font faire bien des bêtises aux hommes.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
---

J’étais assez loin de la mer durant mes voyages d’Août, contrairement à Hercule Poirot qui coulait de beaux jours dans une station balnéaire. Mais enfin, comme le détective privé, je prends rarement des livres "vacances" où je me repose les nerfs et je ne dis jamais non à une petite énigme de la Reine du Crime. Et je n’ai pas regretté d’avoir glissé Les Vacances d’Hercule Poirot dans ma valise : c’est définitivement une des enquêtes les plus ingénieuses.

Torquay ou le lieu de naissance dAgatha Christie : 
on peut imaginer que les côtes anglaises sous le soleil est un sujet qu’elle maîtrise aussi bien que lÉgypte Antique.

Déjà, le contexte est sympathique : Agatha Christie endort son lecteur dans ce coin reposant où le soleil est omniprésent au-dessus des magnifiques et riches ladies qui sont allongées sur les plages, les jeunes hommes au style preppy qui se dépensent sur les terrains de tennis ou les randonnées au bord des falaises. Les gens ont le porte-feuille bien garni, le visage bien tartiné de crème satinée et les sourires sont éclatants. Et surtout, les secrets sont sombres et nombreux...
Petit élément perturbateur au crâne d’œuf dans ce milieu un peu bobo : Hercule Poirot, qui jette un brin d’humour avec ses moustaches si parfaites, son indolence à toute épreuve et son sens de l’observation aiguisé. C’est toujours un véritable plaisir de retrouver ce personnage à la fois insupportable par son orgueil et attendrissant par son humanité.
Mais pas de compagnon ici, Poirot est tout seul face à cette galerie de suspects qui joueront dans un épisode à faire froid dans le dos. Cela dit, cela ne l’empêche pas de se créer des liens intéressants avec par exemple une ado’ mal dans sa peau ou encore une sulfureuse reine aux faiblesses cachées pour ne citer que les meilleurs.

Le crime est précédé par une atmosphère travaillée digne d’un orage d’été. Une tension palpable et un début de désillusion très prometteur qui conduisent le lecteur à un crime aux premiers abords simples mais d’une ingéniosité diabolique, sans compter un contexte assez léger qui renforce la laideur des cadavres. La Reine du Crime s’est véritablement surpassée ici !
Je n’en dirai évidemment pas plus par peur de gâcher une énigme si bien menée et si peaufinée, toutefois, Agatha Christie possède encore et toujours ce défaut de réunir trop de personnages pour le format de ses histoires et un petit plan pourrait s’imposer :

Les Vacances d’Hercule Poirot est donc un tome excellent et j’en garderai un excellent souvenir, ne serait-ce que grâce aux personnages plus humains qu’ils n’y paraissent et des retournements de situation qui confirment le succès de la formidable Agatha Christie.
Prochain rendez-vous avec Poirot : Le Chat et les Pigeons pour articuler le schéma vacances-rentrée.

Grâce à cette couverture qui sent bon l’Été pendant ce mois de Novembre, je peux rattacher ma chronique à l’idée n°X du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• À la page 13, il y a une référence à Mort sur le Nil où Linnet Ridgeway, la victime, est citée et Hercule Poirot, pour avoir éclaircit le mystère, est adulé.

jeudi 13 novembre 2014

Bilan Mensuel : Octobre 2014 [27],


Il s'agit définitivement du bilan le plus en retard de toute ma carrière du blog et je tiens à demander pardon : je comptais écrire activement les chroniques de mes lectures d'été, de passer sur vos domaines pour prendre des nouvelles littéraires et de fêter dignement Halloween et au final, j'ai été surprise en étant coincée dans mon cercueil ! J'avais oublié que mon pauvre vieux dos ne supportait plus les sacs remplis de 10kg de livres et j'en ai payé le prix pendant ces quelques semaines.
Je ne savais même plus qu'un vampire pouvait agoniser autrement qu'avec la tête tranchée et un pieu dans le cœur. Heureusement que j'ai survécu à ce lumbago, sciatique et je-ne-sais quoi d'autre !
Mais enfin, je suis de nouveau aussi forte qu'un chêne et un kiné' prend soin de moi depuis quelques jours, ce qui me permet de redevenir active et de sortir enfin de ma crypte !

Pour le bilan de ce mois, les lectures dont je me souviens se résument à quatre œuvres :
(cliquez sur les couvertures pour accéder aux chroniques disponibles)

Quant aux achats, ils sont divers et variés et resteront les derniers adoptés avant un moment. Fossoyeur, ça se paie bien mais enfin, je ne gagne pas des millions et j'économise pour un petit voyage pour assister au salon Trolls et Légendes. Qui aurais-je le plaisir de croiser là-bas si vous n'avez pas peur d'un vampire aigri et en plus tordu du dos ?


Quant aux challenges, je suis fière de dire que j'ai bouclé le Reading Challenge en atteignant mes 40 lectures, je songe à corser pour l'an prochain et viser les 50 lectures...
Quant aux autres, ils avancent doucement mais sûrement, celui d'Écosse se termine dans 17 jours, ce qui me laisse le temps d'achever ma dernière participation : le troisième et dernier tome des Aventures de Sherlock Holmes !

En espérant que mes vertèbres et mes nerfs ne me fassent plus de caprices pendant un long moment pour que je puisse me tenir à mes obligations, sur ce, mes chères et chers tendres lecteurs, bonne fin de semaine !

mardi 21 octobre 2014

Le Sang des Elfes, d'Andrzej Sapkowski,

Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors quelle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez lenfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, lantre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et lampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour semparer d'elle et nhésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins...
Quatrième de couverture par Milady.
---

Je reprends donc avec plaisir la suite, ou plutôt le début, des grandes aventures du sorceleur Geralt, accompagné de sa Destinée, la princesse Ciri. Très (trop) prise par la rentrée, il me tardait vraiment de replonger dans l'univers d’Andrzej Spakowski, d’autant plus que j’en ai fini avec les nouvelles introductives et que Le Sang des Elfes, propulsant vraiment le lecteur dans l’aventure de Geralt et Ciri grâce à son format roman, j’avais hâte de me confronter de nouveau à cette saga.

Ceux qui connaissent les chroniques du Dernier Vœu et L’Épée de la Providence seront peut-être surpris de la note assez mitigée pour Le Sang des Elfes : effectivement, si j’ai été très emballée par les deux premiers volumes de nouvelles, je n’ai pas trouvé le premier roman suffisamment à la hauteur. Mais que je vous raconte tout ça…

Quelques couvertures des coins de l’Europe pour se représenter l’ambiance.

Déjà, c’est une grande chance que j’ai commencé à lire l'édition de Milady et non celle de Bragelonne qui fait du Sang des Elfes le premier volume de la saga du Sorceleur : sans l’avant-goût des premières nouvelles, j'aurais vite décroché aux périples de Geralt, Ciri, Triss Merigold (qui me plaît nettement plus que dans le jeu, au passage...) et Yennefer. Je n’ai pas détesté ce tome, le seul défaut que je peux lui reprocher, c’est d’être trop introductif. Il y a énormément de clins d’œil aux premières rencontres avec Geralt et des personnages comme Yennefer, Yarpen Zigrin, Ciri et j’en passe, forcément, je conseille vivement aux nouveaux lecteurs de suivre la publication de Milady plutôt que celle de Bragelonne.
Andrzej Sapkowski nous offre donc une série de longues introductions des personnages majeurs à sa saga, remettant plus les pendules à l’heure, rafraîchissant surtout la mémoire de ses lecteurs plutôt que de leur faire vivre dintenses voyages en pays imaginaire.
Attention toutefois, on sent les changements, on devine le calme avant la tempête et les complots commencent à se tisser.

Profitez de la bouille de la princesse, car petite Ciri deviendra grande (très vite).

J’ai regretté d’avoir trop d’informations dès ce début en fait, tant d’éléments politiques, tactiques de guerre et d’alliances ou de trahisons que je me demande si j’ai bien retenu tous les détails du Sang des Elfes ?
D’un autre côté, mon attachement pour ces personnages, notamment Ciri, s’est amplifiée ! J’ai adoré cette petite demoiselle à la fois garçon-manqué et princesse éduquée, à la fois jeune ignorante et redoutable graine magique, à la fois orpheline et protégée par un père chasseur et une mère stérile. On aperçoit déjà un étrange triangle familial avec Ciri au centre et j’ai hâte de voir ces relations évoluer, de les voir mises à l’épreuve. C’est sûrement ce détail qui a vraiment sauvé Le Sang des Elfes à mes yeux.
Toutefois, je n’oublie pas les moments forts qui persistent dans ce tome, [spoiler] rien que la bataille contre les membres de Scoia’tael et la mort presque absurde de ces elfes conservateurs m’a bien marquée [/spoiler].

Le Sang des Elfes n’est pas un mauvais tome, loin de là, mais en comparaison, c’est celui qui m’a le moins transportée. Je ne m’arrête pas pour autant ici dans la saga du Sorceleur, certainement pas et j’attaquerai très bientôt le tome suivant, Le Temps du Mépris, toujours aussi affamée d’aventures sanglantes et des guerres raciales.

Bien que la carte ne soit pas officielle, elle aide à se repérer dans ce monde de brutes.

Bon, on ne change pas, mon Challenge Dark Fantasy sera en partie complété grâce à la saga du Sorceleur, et c’est sans surprise que je rattache cette chronique au Challenge. J’ai été très surprise de voir beaucoup d’influences norroises dans ce tome, surtout au niveau du vocabulaire, Le Sang des Elfes rejoint donc aussi le Challenge Vikings !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Il ny a aucune carte officielle pour la saga du Sorceleur. La plus populaire, celle que je propose dans ma chronique, est une carte fan-made qui vient de Russie et bien qu’elle comporte quelques erreurs, c’est la plus esthétique et la plus proche de la vérité.

vendredi 17 octobre 2014

Le Moine, de Matthew Gregory Lewis,

À l’époque de l’Inquisition, Ambrosio, prieur du couvent des Capucins à Madrid, est admiré pour sa vertu et la pureté de sa foi. Les fidèles se bousculent pour assister à ses célébrations de messes et tremblent devant ses sermons.
Cet homme rigide et pur ne se sent d’amitié que pour un jeune moine, Rosario. Mais celui-ci va révéler sa véritable identité et la vie du prieur va basculer, entraînant de nombreuses victimes dans les pires infamies...
Quatrième de couverture repris de LivrAddict.
---
« Honte à l’âme pusillanime qui n’a pas le courage d’être ami sûr ou ennemi déclaré ! »
P. 295 - 296

Quand mon cœur s’empêtre dans l’émotion ou dans la peur durant une lecture, quand je reste accrochée aux lignes jusqu’aux heures les moins raisonnables, alors je pense que je peux dire, sans me tromper, que ce livre est un véritable coup de cœur. À mes yeux, Le Moine est tout simplement une pure merveille du genre gothique, une perle noire que je place sur un écrin de velours.
Il y a bien longtemps que mon petit cœur ne s’était pas emballé comme ça et Matthew Lewis m’a captivé jusqu’aux dernières lignes de son premier roman.

Quelques couvertures, toutes les trois représentant très bien l'ambiance.

Le Moine relate un scénario classique dans la fiction religieuse : la foi du plus pieux moine ébranlée par les tentations, révélant ses faiblesses humaines. Classique mais à la fois rare ! Car quel livre peut se vanter d’avoir présenté ces tragédies aussi bien que dans Le Moine ? Quel auteur a osé pousser le vice aussi loin que Lewis ? Son récit s’est englué dans les thèmes les plus morbides, n’épargnant rien à son lecteur.
J’ai admiré l’audace de Lewis et l’ambiance qu’il a réussi à transmettre dans son œuvre, j’ai aimé ses personnages et son sujet osé. Mais je reprends bout à bout...

Déjà, Le Moine était à la base un roman éponyme : Ambrosio, Le Moine. Mais le protagoniste peut se nommer aussi Ambrosio, le tenté, Ambrosio, le narcissique, Ambrosio, l’infortuné... Tant de titres qui peuvent marcher ! J’ai trouvé ce moine très complet, très réaliste. Orgueilleux comme un coq mais à la fois ignorant comme un agneau, il est aussi innocent, capricieux et violent qu’un enfant.
Il accumule les conneries et les faux-pas et pourtant, pas une seule fois je l’ai détesté, prenant davantage pitié de ce personnage très tragique (quelle bonne chrétienne je fais).
Bien sûr, si je lui pardonnais, ce n’est pas à cause de Vincent Cassel sur la couverture (ce détail ne joue que 5%...), mais à cause de sa relation très complexe avec Mathilde. Je n’en dirais pas plus, mais cette femme m'a tout simplement fascinée. Déstabilisante, surprenante, riche et complexe, les moments les plus forts du roman ne se font jamais sans Mathilde. L’ombre d'Ambrosio surgit toujours à la moindre éclaircie et apporte son lot de surprises.
Forcément, ce duo ténébreux a un peu éclipsé les autres personnages... Même si je n’en garderai pas un souvenir aussi vif, je me souviendrai de la pauvre Antonia, du récit un peu déstabilisant et finalement captivant de Raymond, de la force d’Elvire, l’adorable Théodore qui apporte des lueurs dans ce roman noir et bien sûr, Agnès. Agnès qui restera enfermée dans le secret même dans ma chronique car je ne veux absolument rien dévoiler !
Sans oublier les créatures qu’on croise aux détours des pages...

« — Grand saint François ! [...] Savez-vous que le suicide est le plus grand des crimes ? Que vous perdez votre âme ? Que vous renoncez à tout salut ? Que vous vous préparez des tourments éternels ?
— Peu m’importe, peu m’importe, répliqua-t-elle avec véhémence ; ou votre main me guidera au paradis, ou la mienne va me vouez à l’enfer. »
P. 77

Tant de personnages différents des uns des autres qui connaîtront tous un destin plus ou moins jalonné de drames et d’épreuves. Matthew Lewis soulève par ces occasions des questions presque philosophiques sur les conditions humaines, la faiblesse du corps et les barrières que la religion n’arrive pas à dresser contre la violence, les passions irraisonnées et les tentations brûlantes. Il y narre aussi la déchéance ou au contraire l’apogée de certaines vies en nous épargnant, par bonheur, les questions de morale ([spoiler] par exemple, Ambrosio n’est pas puni par la justice de l’Inquisition, il est tout simplement piégé par Satan, mais ça, il était dans son collimateur dès les premiers chapitres…[/spoiler]). Bref, un programme bien intense pour tous ces acteurs.
Le style est bien évidemment dans le registre classique et les moins habitués risquent d’être rebutés, mais armez-vous de courage si les romans noirs vous attirent, foncez si vous connaissez déjà Victor Hugo ou une autre figure du classique, le roman de Matthew Lewis vaut vraiment le coup. Moi-même si j’ai mis tant de temps à écrire cette chronique, c’est que je cherchais mes mots pour exprimer combien cette histoire m’a marquée.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Tout d’abord intitulé Ambroise, ou le Moine, le roman a été écrit en seulement dix semaines en 1794 et fut publié durant l’été 1795. Son livre eut un tel succès qu’on finit par surnommer son auteur  Le Moine Lewis.
• Matthew G. Lewis aurait écrit ce livre pour sa mère, dans l’intention de la « divertir »… Il pensait à quoi alors que c’est une œuvre aussi glauque qu'une nuit brumeuse dans un cimetière ?!

mercredi 15 octobre 2014

Héros ou Couple inoubliables [07],

              

Organisé par Cassie56, le rendez-vous hebdomadaire Héros ou Couple Inoubliables permet de laisser une trace, un article à propos d’un personnage héroïque ou d’une romance qui vous a marqué, ému ou ravi en répondant à trois questions.
Aucun jour n’est fixé, mais j’ai opté les mercredis pour mon blog.




Pour aujourd’hui, j’aborde pour la première fois mon manga préféré, Monster. Si il s’agit de mon manga préféré, c’est grâce à son originalité mais surtout à son protagoniste :

    → Pourquoi ce personnage ?
Exceptionnellement, je parle d'un personnage de manga car Tenma mérite amplement sa place dans ce rendez-vous. C’est un héros comme on en rencontre rarement dans les œuvres modernes, surtout dans les mangas.
      → Est-ce le personnage principal ?
C’est le protagoniste principal en tout cas, l’antagoniste vaut aussi de l’or cela dit.
    → Quel aspect particulier du personnage vous a tant plu ?
Quitte à paraître un peu sadique, le premier aspect qui m’a plu est son histoire. Kenzô Tenma a tout pour plaire : neurochirurgien de génie, fiancé à la fille du directeur de l’hôpital où il pratique, aimé de ses patients et admiré par ses collègues, doux, généreux, tranquille. Puis, un beau jour, il perd absolument tout pour avoir sauvé la vie d’un petit garçon.
Ensuite, sa philosophie bien entendu. Tenma est juste le gars que tout le monde veut comme ami de cœur : souvent à l’écoute, indulgent, social… C’est le gars qu’on ne peut pas détester. Forcément, ses mésaventures dans la série Monster pousse le lecteur/spectateur à compatir avec ce pauvre nippon déchu dans un monde hostile où le nazisme marque encore les esprits.
Forcément, son parcours m’intriguait et j’étais comme un supporter durant un match de foot, suivant les pas de Tenma et souhaitant à chaque fin de tome une fin heureuse pour ce médecin dans l’âme.
Monster est un manga que j’adore et ma fascination pour le personnage de Tenma et sa relation avec l’antagoniste joue une grande partie. C’est une série que je conseille même aux néophytes du monde manga : vous risquez d’être surpris, surtout si vous ne connaissez que Dragon Ball Z ou One Piece.
Sur ce, à un prochain mercredi !