mardi 2 juillet 2013

Top Ten Tuesday [10],

              
Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.
À noter cependant que mon thème cette semaine est un thème propre qui ne figure pas chez Lectures Iani, vous pouvez bien entendu le reprendre pour n'importe quelle date.


La fête de la musique est déjà passée mais qu'importe, un thème qui me tient à cœur car j'écoute toujours de la musique lorsque je lis et j'adapte mes playlist à mes lectures pour m'y plonger encore plus. J'espère que cela vous permettra de faire des bonnes découvertes littéraires et musicales~
Attention, les paroles n'ont rien à voir forcément avec le roman, ce sont des morceaux que j'écoutais durant ma lecture et qui collaient si bien selon mes oreilles que je les assimile à telle ou telle œuvre aujourd'hui.
10 musiques pour 10 livres. 


Requiem Waltz d'Emily Jane White pour Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell
Emily Jane White est une artiste que j'adore, que j'acclame et il est très dommage qu'elle ne connaisse pas plus de succès avec tout le talent qu'elle a. Son rythme un peu mélancolique, un peu tragique avec des relents de classiques fait qu'à chaque fois que je lis un roman d'époque Victorienne, j'écoute immanquablement cette fabuleuse violoniste, que ce soit pour Nord et Sud ou autre.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique


The Eternal Forest de Brunuh Ville pour Lliane de Jean-Louis Fetjaine
Il y a deux artistes sur lesquels je me jette sur Youtube dès qu'il y a une nouvelle vidéo : Adrian zon Ziegler et Brunuh Ville. Versés dans les musiques d'ambiance, ils ont un véritable talent pour ce qui est de la musique celtique, de plus, certains morceaux sont relativement longs (chez von Ziegler, quelques morceaux font plus de 20 minutes) et permettent donc des musiques discrètes, épousant les passages de bouquins Fantasy.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique



Byker Hill de Bellowhead pour Il était une fois un Crime de Lee Jackson
Quand je touche aux années 1860 et 1880, j'aime écouter du classique, mais il y a aussi le steampunk qui est très sympa. Entre Bellowhead et The Cog is Dead, les morceaux nous font voyager avec un côté un peu loufoque. Et même si Il était une fois un Crime n'est pas du tout joyeux, il y a un côté précipité et burlesque qui s'accompagne très bien avec le style de Bellowhead.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique



Willow (Instrumental) d'Emilie Autumn pour Jane Eyre de Charlotte Brontë
Emilie Autumn est une artiste un peu particulière, hors-norme qui ne plaît pas forcément à tout le monde. Mais au-delà de son image assez "dark", c'est surtout une violoniste très talentueuse et je ne me lasse pas de ses morceaux instrumentaux, que soit des reprises ou compositions personnelles. Willow, avec ses airs mélancoliques et languissants, s'accorde très bien à Jane Eyre.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique



Don't Turn your Head de Calvin Russell pour Bazaar de Stephen King
Un chouette artiste que je regrette d'avoir découvert quelques semaines après sa mort, Calvin Russell est le typique cow-boy du Texas. Voix enrouée par l'alcool et la clope, paroles simples mais bien rythmées, un excellent chanteur pour imaginer des décors gigantesques et très américains. Bref, je me suis enfilée ses albums en lisant Bazaar et j'ai adoré.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique


The Genius Next Door de Regina Spektor pour Un Homme au Singulier de Christopher Isherwood
C'est très simple : The Genius Next Door est une chanson qui m'a fait pleurer la première fois, Un Homme Singulier est un roman qui m'a fait pleurer. Les deux assemblés, c'était terrible mais magnifique. De plus, elle s'accorde aussi aux plans aquatiques de l'adaptation cinématographique.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique


Unspoken de HURTS pour La Taupe de John Le Carré
L'album entier de HURTS, Happiness, est parfait pour l'atmosphère de La Taupe. Mais Unspoken plus particulièrement car elle pourrait être assortie à la relation de George Smiley et sa femme adultère Ann. Bref, un duo que j'aime beaucoup avec une de mes chansons préférées pour un personnage incroyable.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique



Painted Veil de Cecile Corbel pour Le Trône de Fer de George R. R. Martin
Je peux même citer la page précise où j'ai entendu cette musique durant ma lecture : P. 108 et 109, quand Khal Drogo offre l'argentée à Daenerys. La réplique de "Dîtes à Khal Drogo qu'il m'a donné le vent" reste complétement imprimé sur cette musique de Cécile Corbel : le rythme de la chanson me rappelle le vent, l'épanouissement du moment et depuis, j'imagine Daenerys avec la voix de Corbel (I see the Great Mountains peut s'appliquer à Daenerys aussi d'ailleurs). De plus, je n'ai jamais vraiment saisi le sens des paroles de Painted Veil mais le "noble man" du deuxième couplet me rappelle fortement Littlefinger.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique



Haunted Memories de Nox Arcana pour l'Enfant des Cimetières de Sire Cédric
Shadow of the Raven est un CD des compositeurs Nox Arcana entièrement dédié à Edgar Poe. Haunted Memories est la sixième piste et c'est la première que j'ai entendu du disque, du groupe. Très peu de temps après, j'ai commencé à lire L'Enfant des Cimetières, premier livre que j'essaye de l'auteur Sire Cédric et les ambiances s'emmêlaient parfaitement.
cliquez sur le livre pour accéder à la chronique



Innamoramento de Mylène Farmer pour Harry Potter de J. K. Rowling
Allez, je partage un souvenir d'enfance : quand j'étais petite et que j'étais persuadée que les sorciers ne se cachaient pas, Mylène Farmer était pour moi la sorcière hors-pair. Rousse, jolie (qui ne vieillit pas, en plus) et surtout, des paroles qui semblent incompréhensibles avec mon vocabulaire de petite écolière. Ayant découvert Les Mots et le tome 1 d'Harry Potter, l'assemblage s'est fait et n'a jamais quitté mon esprit. Aujourd'hui, Harry Potter est fini et je n'aime pas les nouvelles chansons de Mylène Farmer, alors je me raccroche à ces souvenirs nostalgiques en relisant des passages tout en écoutant cette artiste. (D'ailleurs, j'écoutais toujours Mylène Farmer même en lisant mes BDs Mélusine, c'est pour dire)

cliquez sur le livre pour accéder à la chronique

J'espère que ce TTT personnel  vous a plu, que vous avez fait de bonnes découvertes et à un prochain mardi~

mercredi 26 juin 2013

Les Chroniques des Elfes [Intégrale], de Jean-Louis Fetjaine,

Bien avant les événements de La Trilogie des Elfes, les hommes ont investi la forêt des elfes pour y construire leurs églises et y installer leurs villages. En ce temps-là, les nains, les elfes, les humains et autres créatures ne se croisaient jamais. Mais lorsque l’armée des Terres Noires a envoyé ses monstres assoiffés de sang sur le domaine des elfes, la guerre fut inévitable.
À l’époque, Lliane était encore une jeune princesse, fille de la reine des elfes. Sa rencontre avec un humain blessé et recueilli par son peuple va bouleverser l’équilibre de leur monde fragile.
Quatrième de couverture par Pocket.
---
« Bientôt, leurs rires allégèrent un peu du chagrin de la reine. Quelqu’un voulut les faire taire, par respect pour les morts, mais elle ne le permit pas. Le plus grand respect qu’on doit aux morts, c’est d’aimer la vie, et ces rires la faisaient renaître dans leurs cœurs. »
P. 159

Avant de commencer cette (longue) chronique, je tiens à préciser deux choses : Les Chroniques des Elfes est, chronologiquement parlant, antérieur à La Trilogie des Elfes mais a été écrit après. Je n’ai pas lu La Trilogie des Elfes pour un détail tout simple : je n’ai trouvé que les Chroniques en librairie. Ensuite, il s’agit d’une trilogie relativement lourde que je ne veux pas lire d’une traite pour éviter une overdose quasiment certaine. À ce jour, les trois tomes sont enfin chroniqués.
Ces informations dîtes, je peux passer à ma chronique.

Quand j’ai lu le premier tome du Pas de Merlin, j’avais apprécié la partie Historique qui avait même empiété sur le côté Fantasy. Là, Lliane est un roman principalement imaginaire où on ne rencontre majoritairement des elfes, les autres peuples étant approchés en l’espace de quelques pages ou seulement mentionnés. Les présentations sont longues, les mœurs étudiées, les légendes racontées… C’est le point principal que j’ai retenu de ce début : Lliane est un tome très introductif et très long, très monotone. Le décor change très peu et le schéma est très simple : plusieurs phases de combats un peu futiles entrecoupées de moments tranquilles pour placer des débuts de révélations. Bref, un tome pas spécialement palpitant et très, voire trop calme en aventure. J’espère que les tomes suivants seront moins paisibles et apporteront leur lot d’action (oui, demander de l’action quand le tome 1 compte quelques confrontations déjà, ça semble étrange mais c’est le cas).

Illustration par Jessica Jung, connue sous le nom de MiladyMorigane sur DeviantArt.
Si j'aimais beaucoup le rendu au début, je trouve finalement l'illustration très peu fidèle aux elfes du livre et je me demande si l'auteure a lu le livre ?

Quant aux personnages, la galerie n’est pas spécialement variée non plus : les elfes forment un peuple très relaxé qui suivent des chemins différentes mais, niveau caractère, ne s’opposent pas ou peu. Je ne me suis pas (encore ?) attachée à Lliane par exemple, ni à Llandon, ni à Gwydion. Par contre, j’ai beaucoup aimé Morvryn, le père de Lliane et époux d’Arianwen, sûrement parce que c’est un des elfes les plus réactifs et que son couple est relativement touchant. J’ai aussi énormément aimé le fait que Fetjaine s’inspire des elfes de base, les Bonnes Gens comme les appelaient les anciens peuples celtes. Presque hippies, les êtres des Chroniques des Elfes s’adonnent au libertinage sans pudeur, vivent dans la misère (pas de château resplendissant, pas de bijoux scintillants) et vivent dans une harmonie très naturelle. Il y a un côté très bestial d’ailleurs où les elfes tiennent surtout des animaux de la forêt plutôt que des esprits malins se cachant dans les bois. Mais si j’ai aimé cette vision, elle n’a pas réussi à me faire rêver pour autant, ce qui est assez dommage.

Publicités pour le grand format. Même si j'accroche difficilement au côté Na'vi d'Avatar à cause de la peau un peu trop bleutée, on se rapproche déjà plus de la vision donnée par Fetjaine.

Quant au style, là encore j’ai décelé une certaine monotonie. La plume de Fetjaine est tout juste poétique mais il y a un je-ne-sais-quoi limité. Peut-être parce que le décor ne change pas spécialement, il n’y a que les elfes pour l’instant (je le répète, on croise des hommes mais trop peu pour se faire une idée concrète) donc les visions communiquées par l’auteur sont très semblables.

La troisième version d'Ophelia de John Waterhouse, peinte en 1910. Un de mes tableaux préférés de mon peintre préféré qui a servi pour le format poche, forcément, c'est ma couverture favorite alors que c'est celle qui a le moins de rapport (mais bon, je fais du favoritisme sans honte)

Comme il s’agit vraiment d’un tome introductif, je me lancerai quand même dans le second tome avec l’espoir d’avoir plus d’action, plus de rencontres avec les autres peuples, plus de voyages, etc. Heureusement que ce tome un est relativement court car un peu plus et il aurait fallu que je m’accroche.

« Mais Kevin était né avec le don particulier de ne faire qu’un avec sa flèche. On disait qu’il pouvait la guider de son regard, toucher le cœur d’une marguerite, fendre en deux une feuille balancée par le vent, couper une ceinture sur la hanche d’une belle, tirer trois flèches avant que la première ait touché sa cible… »
P. 349

Avec une certaine appréhension, j’ai enfin continué ma lecture des Chroniques des Elfes. Si je n’avais pas détesté le premier tome, je ne l’avais pas adoré non plus et je manquais vraiment de motivation pour me lancer dans la suite des aventures de Lliane (il s’est écoulé quand même sept mois avant que je me décide). Pour L’Elfe des Terres Noires, j’étais même prête à sauter des paragraphes pour enfin saisir la trame qui était encore très incertaine… Et après quelques chapitres où j'ai pris sur moi, quelle surprise !

Sans parler d’un coup de cœur, j’ai finalement lu avec plaisir chaque ligne de ce second tome. Le début était tout de même laborieux : le récit n’est pas totalement posé, on ne sait franchement pas où Fetjaine nous conduit mais je me suis armée de patience avant de découvrir les premières esquisses. Il y a de nombreuses références aux légendes arthuriennes, des soupçons de guerres de religion et des relations qui se posent, se tissent.  Bref, tout ce que j’aime et j'ai pardonné les longueurs du début de l'histoire.

Les personnages aussi connaissent une évolution, même s’il reste encore des choses à découvrir. Je suis toujours aussi conquise par Morvryn qui est quelque peu livré à lui-même, devenant un personnage plus présent que dans Lliane. Son importance risque de se maintenir et j’ai hâte de voir ce qu’il adviendra de lui dans Le Sang des Elfes. Maheolas, qui m’avait laissé indifférente dans Lliane, offre un tout nouveau visage et il s'avère que c’est typiquement le genre de personnage que j’aime dans le genre Fantasy, [spoiler] ce genre de gamin un peu perdu qui tente vainement de lutter contre le Mal sans pour autant se raccrocher vraiment au Bien. [/spoiler] Concernant Lliane, si ce n’est pas ma déesse, mon héroïne favorite, je l’ai davantage apprécié et je suis curieuse de découvrir ce qui pourra bien lui arriver dans Le Sang des Elfes.
J’ai par contre eu du mal avec les humains qui ont une trame assez coupée pour l'instant, entre Pellehun, Burcan, Dragan… Car même avec le plan, j’arrive à en confondre certains. Les noms finiront peut-être par rentrer dans ma tête et je serai plus à l’aise pour le dernier tome.
« Les hommes avaient tout d’abord retenu leurs montures, mais ils s’étaient vite aperçus que Morvryn était capable de soutenir le train d’une galopade, des heures durant, et ce qu’ils avaient ressenti au début comme un jeu avait fini par leur sembler effrayant. »
P. 388

Certains seconds tomes ont le défaut d’être des "tomes transitoires", le chemin qui mène d'un point A à un point B. L’Elfe des Terres Noires peut se targuer d’être différent de ses semblables : les paysages sont plus divers, on quitte les forêts pour les villes malfamées, les quartiers gobelins, les caves d’Orcs ou encore les montagnes des Nains. On découvre les vrais éléments de l'intrigue et les clans dans les personnages se forment. En fait, une bonne partie de L'Elfe des Terres Noires aurait dû figurer dans Lliane, car j'avais déjà reproché à ce premier tome son caractère introductif. Mais enfin, j'ai passé le cap, j'espère que le rythme sera maintenu pour Le Sang des Elfes.

Si la plume de Fetjaine est toujours un peu particulière, elle reste néanmoins très belle et le récit bien mieux rythmé que dans le premier tome.
Comme dans Lliane, les Elfes forment un peuple très animal, loin du niant-niant que présente la couverture de l'intégrale. Mais au-delà du peuple, les sujets abordés aussi sont sombres et d'une grande maturité, quelque chose auquel je ne m'attendais pas. Du Dark Fantasy très agréable.

Miranda, The Tempest (1916) par John William Waterhouse.
Un tableau qui n'a, encore une fois, que très peu de rapport. Mais Pocket ne résiste toujours pas à Waterhouse, ce qui est normal !

Si L’Elfe des Terres Noires n’est pas un coup de cœur immense, c’est un excellent tome qui m’a agréablement surprise. À tel point que ma lecture du Sang des Elfes ne se fera pas sept mois plus tard.
En plus, on rencontre enfin des Nains.


Et voilà, j’achève ma chronique de l'intégrale Les Chroniques des Elfes avec mon avis sur le troisième et dernier tome Le Sang des Elfes.
Dire qu’il y a à peu près un an, Lliane m’avait laissé perplexe et je n’étais même pas certaine de finir la saga, mais il s’avère qu’en plus de l’avoir lu, je l’ai énormément apprécié. Je parlerai plutôt de bonne surprise que de coup de cœur car, Les Chroniques des Elfes étant antérieures à la Trilogie des Elfes, le Sang des Elfes est très explicite quant à la suite que l’auteur avait déjà écrite quelques années auparavant. Si je ne savais pas que l'histoire continuait, mon avis aurait été certainement moins enthousiaste concernant ce dernier tome.
Mais je m'explique...

Déjà, si on restait dans l'esprit forestier dans le premier tome, le troisième et dernier tome des Chroniques des Elfes est entièrement axé sur la guerre. Les pages sont bourrées de batailles, tactiques, confrontations, marchandages et invasions qui combleront de plaisir les plus chevronnés en matière militaire tout en restant ancré dans l’esprit médiéval, par chance. Ceux qui désirent de la romance, de la magie ou de l’elfique seront peut-être déçus mais auront tout de même leur part du gâteau : les personnages font de nouvelles rencontres, leurs relations et leur comportement subissent quelques changements...
[ci-contre, The Little Foot Page (1905), par Eleanor Fortescue Brickdale qui a servi d'illustration pour la couverture du poche.]
J’ai beaucoup aimé l’affection presque pudique entre Lliane et Llandon lors de l’approche d’une bataille, les doutes de Morvryn avec ses nouveaux choix et sa position vis-à-vis de sa fille, les projets de Gael concernant les elfes gris et sa nostalgie concernant sa Guilde à Ha-Bag, les décisions que Troïn, roi des Nains, doit prendre tout en espérant être aimé de son peuple... J’ai cependant regretté que Maheolas n’apparaisse que durant l’espace de quelques pages (et encore). Heureusement que Parthenia m’a prévenu qu’on le reverrait pour La Trilogie des Elfes !
Et bien sûr, je n’oublie pas le nain Vali, très sympathique mais je n’en dévoilerai pas davantage sur son compte.

L’histoire de ces acteurs est donc interrompue : il s’agit de la première bataille et non de la guerre et Les Chroniques des Elfes servent plus ou moins à mettre en haleine pour La Trilogie. Pour ceux qui connaissent déjà la suite des aventures, Les Chroniques font office d’un immense et chouette prologue qui permet de découvrir l’arrière du décor du monde de Fetjaine, les racines de certains peuples et le calme avant la tempête.

Au final, bien que ce long récit de guerre me pesait à certains passages, ça n’empêchait pas de très beaux moments, des passages mémorables et des personnages davantage touchants qu’au début de la trilogie. De plus, Fetjaine a tenu son pari : me donner envie de lire La Trilogie des Elfes et découvrir, peut-être, le fin mot de cette confrontation des peuples.

Je m’arrête sur une petite note finale puisque je viens de me souvenir que quelqu’un m’a dit un jour qu’il n’appréciait pas Fetjaine qui, à son goût, copiait trop Tolkien. Je peux affirmer après avoir lu les deux auteurs que je ne partage pas cet avis : le monde de Tolkien s’axe sur la mythologie, l’Heroic-Fantasy. L’imaginaire de Fetjaine se rapproche davantage de notre réalité et s’appuie plus sur le monde Arthurien. Ceux qui sont attirés par l’univers celte trouveront certainement leur compte, comme j’ai trouvé le mien.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Comme précisé plus haut, Les Chroniques des Elfes est une saga antérieure à la Trilogie des elfes mais qui a été écrite bien plus tard. Personnellement, j’ai commencé par les Chroniques et je n’ai pas été gênée.
• À la fin de Lliane, Jean-Louis Fetjaine partage une bibliographie sur laquelle il s’est appuyé concernant les runes, la culture druidique et la langue elfique. L’elfique qu’on lit est du sindarin et le dictionnaire le plus complet et gratuit que l’on puisse trouver est sur Hiswelokë, Dragon de Brume. Un site à garder sous le coude durant la lecture ! Dictionnaires ici.
• Il y a un rapprochement important de Le Sang des Elfes avec la mini-saga du Pas de Merlin. Les lecteurs qui auront lu l’un, l’autre ou les deux ne resteront pas insensibles aux révélations qui connectent les deux ouvrages. 

vendredi 21 juin 2013

Silent Hill 4: The Room,

Il y a deux ans, Henry Townshend emménageait au 302 South Ashfield Heights, immeuble collectif de Ashfield. Henry était heureux, sa nouvelle vie lui convenait. Mais depuis 5 jours, il vit quelque chose d'étrange; chaque nuit il fait le même rêve… Il est inexplicablement coincé dans son appartement. Il découvre alors un mystérieux portail qui l'amène dans un effrayant monde parallèle et lui révèle l'incroyable vérité d'un horrible mystère.
Résumé venant de l’article de Wikipédia.
---

Mettre 1/5 à un Silent Hill chez moi, cela semble aussi illogique que de voir un happy ending dans la saga du Trône du Fer. Mais comme quoi, tout est possible (j’espère que George R. R. Martin m’entend) et autant y aller franco : oui, Silent Hill 4: The Room a été une grosse déception. Sans vouloir lyncher le jeu, que j’explique quand même les raisons…

C'est d'autant plus dommage quand l'introduction promet du lourd...

Le scénario est pourtant très bon dans cet opus : une série de sacrifices dont on ne connaît pas la source, un tueur en série avec le syndrome de Peter Pan version morbide, un huis-clos angoissant car avec des fantômes… Malheureusement, si The Room ferait un très bon jeu d’angoisse dans les genres de thrillers surnaturels, il s’écarte avec ses nouvelles métaphores de la mentalité de Silent Hill-même. Disons que, sans faire un cours de philosophie à deux ronds, les premiers opus s’axaient surtout sur des révélations sur l’identité du personnage lui-même, les démons intérieurs et tout le délire. Ici, grâce à un protagoniste insipide, on court (très lentement, très tranquillement) à la poursuite de celui qui veut nous assassiner pour compléter sa folle quête, et... C'est tout, en fait.
Déjà, le héros principal me pose gros problème. On passe de Heather, tête brûlée et fière jeune femme dans Silent Hill 3 à un mec, Henry Townshend, qui a des répliques courtes et sans saveur, une personnalité fantomatique et un manque de réaction affligeant. On ne s’y attache pas (sauf les fangirls parce qu’il a une bonne bouille. C’est vrai mais une bonne personnalité n’aurait pas fait de mal non plus), on ne ressent même pas la sympathie ou la peine habituelle. De plus, contrairement aux autres protagonistes des autres opus, il n’y a rien à découvrir chez Henry, ni Eileen, sa voisine qui nous accompagne durant une moitié d’aventure et, malgré l’intérêt grandissant, l’antagoniste ne relève pas la barre malgré les quelques surprises qu'il réserve.
Quant aux autres personnages, ils sont ironiquement plus intéressants avec de meilleures scènes, de meilleures intrigues mais ne durent pas assez longtemps, je pense surtout à Cynthia et sa métamorphose ou encore Richard.
Concernant le gameplay, on ne change pas vraiment des autres opus donc par de temps d’habituation pour les connaisseurs. La difficulté est très raisonnable par rapport à ce que j'avais imaginé (un détail tout bête : les fantômes peuvent vous causer du mal sans vous toucher, leur aura suffit à vous affaiblir en fait, j'avais aimé l'idée franchement). Mais le cheminement me pose, lui, de gros problèmes. Passer d’un monde hanté à un l’appartement, à un monde hanté à l’appartement n’est pas un mauvais principe. Mais il y a une coupure au milieu du jeu où les cinq premiers endroits visités sont à reparcourir à la seconde moitié avec plus de monstres. Silent Hill aime jouer avec des mondes parallèles mais ce concept est si mal géré dans The Room qu’il rend le jeu répétitif et lassant. Pour faire simple : c’est comme lire deux fois le même roman avec écrit par un auteur de thriller puis par un auteur d’horreur. Redondance, redondance…

Le bon souvenir que je garde de ce parcours reste l’horreur qui, par chance, reste présente. Rien de grandiloquent, on touche surtout à des métaphores malsaines et dérangeantes, bien qu’on se rapproche plus du sens artiste de Se7en que de l’Échelle de Jacob, si on veut comparer avec des films. Concernant les monstres, certains bruitages sont réussis et, outre les fantômes qui apportent une touche d’originalité et de bonne frayeur, le design est sympa mais pas extraordinaire non plus. J’ai surtout retenu l'espèce de bébé siamois géant qui est le seul vraiment impressionnant avec sa brusquerie de taureau.
[à droite, la belle bête]

L’horreur est aussi soutenue par un bande son signée Akira Yamaoka. Dieu vivant, comme l’appellent les plus passionnés mais à croire que son heure de gloire est passée avec les musiques de Silent Hill 2 car j’ai été assez déçue là aussi. Disons que, si je peux réécouter les CDs des autres opus plusieurs fois par jour, celui de The Room, je me contente d'une fois tous les sept mois, quoi. On accueille quand même avec plaisir Mary Elizabeth McGlynn qui partage sa superbe voix et semble au mieux de sa forme, surtout dans Room of Angels ou Waiting for You :

En somme, dans la liste de tous les Silent Hill, The Room est définitivement le dernier, à cause de ses personnages amorphes, de son gameplay monotone et le très bref souvenir qu’il m’aura laissé. Pour dire, je ne l’ai fini qu’une fois et sans curiosité, ne laissant même pas les crédits défiler et éteignant la console avec lassitude. Konami, qu’as-tu fait ?!


             Quelques anecdotes sur ce jeu,
• Silent Hill 4: The Room n’est pas inclus dans le remake HD pour la PS3, je suspecte les développeurs de vouloir enterrer cet opus.
• Si il y a quelques références aux opus précédents, le plus gros à retenir est qu’on rencontre dans The Room le père de James Sunderland, le protagoniste de Silent Hill 2 : Frank Sunderland. De même que Rachel, une infirmière de l’appartement, s’occupait de Mary, la femme de James. À noter que la tombe de Walter Sullivan, antagoniste de The Room, est visible dans Silent Hill 2.
• Pour ceux qui sont intéressés, deux Silent Hill qui font honneur à la saga et que je conseille vivement personnellement : Silent Hill 2 et Silent Hill 3.