mardi 1 juillet 2014

La Salamandre, de Marc Paillet,

Au printemps de l’an 800, Erwin le Saxon se rend à Lyon en mission d’inspection pour y préparer le passage de Charlemagne qui doit gagner Rome où il sera couronné empereur par le pape Léon III le jour de Noël.
Le meurtre d’un maréchal des écuries royales le met sur la piste d’un complot aux ramifications redoutables qu’il va devoir combattre par la ruse et par la force avec l’aide de ses assistants, Timothée le Goupil, frère Antoine le Pansu et Doremus. Le récit de cette enquête fait revivre la vie quotidienne à Lyon, cité burgonde, carrefour de civilisations, qui fut centre de commerces importants comme ceux des étoffes, des bijoux, des esclaves, mais aussi des armes et des manuscrits.
Quatrième de couverture par 10/18.
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« — Parle sans crainte ! conseilla Erwin à l'homme [...] On a dû te dire que je n’aime que vérité et justice. »
P. 160

Excellente découverte de l’an dernier, le premier tome de la série Erwin le Saxon pouvait se vanter de mêler habilement enquête recherchée et contexte historique efficace. Complètement conquise, mon seul regret était que 10/18 ne réédite plus les romans de Marc Paillet et il fallait que je les trouve d’occasion.
Je me suis donc offert les trois tomes suivants et je n’ai pas tardé à me lancer dans la suite des enquêtes de cet abbé un peu particulier.

D’emblée, j’annonce que j’ai moins aimé ce second tome bien que cela n’a rien à voir avec la qualité mais plus le contenu l’intrigue. Si dans Le Poignard et le Poison abordait un meurtre à la Agatha Christie où les causes de la mort étaient incertaines et où tout le monde était suspect, ici, Erwin le Saxon affronte avec ses compagnons un complot bien mystérieux. Un sujet qui me passionne moins que le meurtre.
Ewi, moins y a de sang, moins j’aime. Ce qui reste logique pour un vampire.
[On aime tous Charlemagne à lécole primaire, car même si on nous raconte qu’il "a inventé l’école", le 25 Décembre 800 est sûrement une des dates les plus faciles à retenir. Merci Charlemagne !]
En fait, un meurtre est toujours "plus facile" à traiter qu’un complot royal dans un livre si menu : il y a un ou des coupables, un ou des armes, un ou des victimes (dans le schéma classique en tout cas). Le complot inclut machinations, groupes, ensemble de victimes, divers sujets qui sont trop vite expédiés dans un roman qui atteint à peine les 300 pages : Marc Paillet n’a pas la place d’étudier les motivations des uns et des autres, ou encore la crédibilité des partis et des malfaiteurs et les plans organisés, ce qui m’a laissé une impression d’effleurement, car on observe rapidement les éléments balancés et on accède vite fait à la conclusion ensevelie sous des théories toutes fausses.
Alors je ne dis pas que l’enquête est mauvaise, la qualité est tout de même travaillée et fidèle à lui-même, Marc Paillet a le talent de rendre le Moyen-âge bien réel, mais c’est plus le genre de trame pour un livre de 600 pages car La Salamandre est trop court pour transporter réellement le lecteur.

Par chance, j’ai retrouvé les personnages que j’avais tant adoré dans Le Poignard et le Poison, en commençant bien sûr par Erwin qui ne manque toujours pas de répondant et qui a droit à des passages tendres et comiques (je pense notamment au chapitre 5 où Judith « flirte » pour rire, ou encore ces moments où Erwin agit comme un frère pour Lithaire, la fille du saltimbanque Raoul le Rouvre).
Son partenaire Childebrand occupe un rôle plus mineur et n’apparaît qu’aux derniers chapitres, étant bien plus effacé que dans Le Poignard et la Poison : on comprend pourquoi la série se nomme Erwin le Saxon et non Erwin & Childebrand, mais comme je le disais pour ma première chronique : je n’ai pas encore tout lu et j’en apprendrai peut-être plus sur ce personnage lors d’une prochaine lecture.
Par chance, sont au rendez-vous Frère Antoine, le Pansu ou le Gros Moine pour les intimes, qui ne manque pas de surprise, Timothée le Grec qui reste encore très sympathique et intéressant et enfin Doremus, l’ancien rebelle qui a un rôle particulier et compromis dans ce tome-ci, le rendant attachant.
En bref, une galerie riche et plaisante qui m’a conquise.

Donc si La Salamandre est moins passionnant que Le Poignard et le Poison, j’ai été ravie de retrouver l’abbé atypique de Marc Paillet et je ne regrette pas d’avoir déjà la suite sous le coude : j’attaquerai La Gué du Diable dans quelques mois donc !

Je rattache cette chronique à l’idée 115. Je sais, c’est pas glorieux mais enfin, un bout de la Tapisserie de Bayeux, c’est pas franchement beau pour une couverture. Et pis, ça me fait une participation de plus pour le Challenge des 170 Idées :
http://lectures-de-vampire-aigri.blogspot.fr/2013/11/challenge-04-le-challenge-de-170-idees.html

Et comme l’époque est adéquate, La Salamandre est nickel pour le Challenge du Moyen-Âge :
http://lectures-de-vampire-aigri.blogspot.fr/2013/11/challenge-03-challenge-moyen-age.html

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• La chronique du tome précédent,
             Tome 1, Le Poignard et le Poison
 

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