lundi 13 avril 2015

Trolls et Légendes, un bout de Fantasy en Belgique,



Vous connaissez certainement l’expression karma is a bitch. C’était l’adage du mardi 31 Mars car, au lieu de courir vers la gare pour rouler vers la Belgique, je suis restée au lit, ayant à peine la force de me lever, totalement dégoûtée par mon état.
Mais pourquoi partir en Belgique précisément la première semaine d’Avril ? Les lecteurs de Fantasy les plus assidus connaissent déjà la réponse, pour les néophytes, c’est assez simple : Trolls et Légendes ! Un festival qui se déroule tous les deux ans à Mons et qui se consacre totalement au thème de la Fantasy, touchant à ce courant sous sa forme littéraire, cinématographique, matérielle ou musicale. Bref, un événement que je voulais absolument voir, d’autant plus que les Trolls fêtaient leur 10 ans cette année.

Finalement, la maladie vaincue, j’ai réussi à me traîner jusqu’à la terre promise le vendredi 3 Avril. Bon, un voyage qui débutait donc assez mal car j’étais assez fatiguée et vraiment déçue par l’aspect de Mons qu’on m’avait pourtant décrit comme une très jolie ville...
Enfin, il faut dire que les travaux ne vont à aucune ville...

Finalement, mon regret d’arriver le vendredi soir était minime : aucun auteur n’était présent le premier jour et quand bien même, les portes n’ouvraient qu’à 14 heures, écourtant la journée. Mais la majorité des personnes attendait surtout la première soirée qui accueillait en concert La Horde, Feuerschwanz et surtout, le Naheulband !
Je ne connaissais pas du tout Feuerschwanz mais ils ont mis une telle ambiance que je note leur nom pour pouvoir les réécouter.
À la fin de leur partie, le public s’est mis à réclamer des poulets au Naheulband et on a eu surtout une soirée avec beaucoup d’humour et de bonne humeur où on chantait tous avec le groupe… Bref, je me demande qui ne connaissait pas par cœur les paroles de À l’Aventure, Compagnon, le morceau qui a ouvert le concert.
(Y a p’têt que La Vie d’Aventurier où je ne chantais que quelques couplets que je connaissais en étant sûre de moi, mais sans trop hausser la voix, heh…)


Comme l’hôtel était très éloigné du festival, il ne fallait pas moins d’une heure de marche, mon ami et moi avons raté la fin du concert, mais avec le sourire aux lèvres grâce à cette première soirée prometteuse !
On a un peu revécu les aventures de la Compagnie de Naheulbeuk d’ailleurs car, crevés, sans connaître vraiment le chemin et sous une bruine aveuglante, le retour a été un vrai défi ! On était heureux d’arriver à la chambre et de dormir comme des pierres…

Certains se sont plaints de file d’attente mais avec des billets pris en avance et en débarquant au festival à midi, je n’ai pas eu à attendre avant de pénétrer dans l’antre de Trolls et Légendes. Dès que je suis rentrée, j’ai tout de suite badé devant les cosplays de faune, d’elfes et de fées magnifiquement réalisés. Contaminée, j’ai même failli craquer pour un serre-tête avec des cornes de bélier mais je me suis retenue in extremis… Enfin, avant la prochaine tentation !
Le froid à l’extérieur faisait que le tour du côté du marché féerique fut assez court et, bien que j’ai eu un vrai coup de cœur pour une chemise médiévale (là par contre, je n’ai pas réussi à résister), je ne me sentais pas de retirer mon pull pour l’essayer alors qu’il devait faire 7°C dehors (et puisque la météo avait annoncé du grand soleil pour le lendemain, j’avais reporté mes plans).
Un p’tit tour qui imposait un comportement raisonnable et de permettait de dresser une liste d’envies, car reconnaissons-le : les marchés féeriques sont des stands où reposent de véritables œuvres d’art et il est très facile de se ruiner à chaque fois que le regard croise une petite babiole scintillante !
Ma priorité concernait surtout le coin littérature et j’ai mené ma quête avec succès durant ce week-end, commençant ma chasse avec Pierre Pevel qui n’avait personne à son stand (si je l’avais cru, ça... !). N’ayant personne derrière moi, j’en ai profité pour blaguer un petit peu et j’ai été enchantée par cette première rencontre car l’auteur de la Trilogie de Wielstadt a le contact facile et pour une timide, c’est agréable !
Deux auteurs ensuite me tentaient : John Lang, ou plus connu sous le pseudo de Pen of Chaos, et Sire Cédric. Tandis que mon ami faisait la (très longue) file d’attente pour John Lang, j’attendais pour ma part devant le stand de Sire Cédric... Mais avec 40 minutes de retard et les discussions partagées avec les lecteurs avant moi, j’ai été obligée de rejoindre mon ami qui arrivait à John Lang ! Erreur de calcul que je n’avais pas prévu !
Finalement, j’ai reporté la rencontre avec Sire Cédric pour le lendemain. En attendant, je n’oublierai pas de sitôt la voix de John Lang où je reconnaissais les intonations du Nain : entendre en (presque) live la voix de son personnage préféré, c’est quelque chose ! Et le voir dessiner la poitrine d’une elfe de niveau 10, c’est tout aussi extra !
Le choc m’a frappée à nouveau car il n’y avait personne pour Trudi Canavan ! Elle qui était pourtant l’invité d’honneur en littérature, j’avais presque eu mal au cœur sur le coup et j’espère qu’elle a rencontré un public francophone enthousiaste… (car bon, compter un vampire aigri parmi les curieux, ce n’est pas super encourageant, tient)
Puis il a fallu décoller : hors de questions d’assister aux concerts avec les achats et un petit détour à l’hôtel s’imposait. Bref, je n’avais plus qu’Eluveitie dans la tête. Mais à cause des horaires de bus, nous étions de retour à Trolls et Légendes à 20 heures et nous ne nous sentions pas d’attendre trois heures pour Eluveitie...
Ouais, nous étions de gros faibles pour le coup.
Pardon cher groupe, Dieu sait que je repasse en boucle tous vos CDs depuis maintenant deux ans mais mine de rien, la chasse aux fées et aux dédicaces, ça crève et la perspective de se taper une heure de marche après minuit dans une ville inconnue m’avait coupée de toute humeur barbare helvète...

Alors certes, je n’ai pas chanté avec Anna Murphy sur The Call of the Mountains (bien que j’ai chanté avec mon mp3), mais j’ai dormi comme une pierre (encore) pour bien récupérer et être en forme pour le dernier jour.

En clair, pour vous résumer…
→ Des auteurs très, très agréables, ce fut un vrai plaisir de rencontre Pierre Pevel, John Lang et Trudi Canavan.
→ Des cosplays qui font rêver, surtout quand la donzelle déguisée en créature magique est enlacée par son fier compagnon barbu et/ou chevelu.
→ Un froid de canard dont j’ai perdu l’habitude à force de rester dans le sud de la France…
→ Un chemin qui fait mal aux pieds avec un Quick qui talonnait mon estomac, ergh.
Toujours à cause des bus, on avait abandonné l’idée d’assister aux concerts et on voulait pleinement profiter de cette dernière journée jusqu’à la fermeture... D’autant plus que le ciel était totalement dégagé et que le soleil brillait !
Un détour au marché féerique s’imposait et j’ai finalement cédé pour cette chemise médiévale. Un "caprice" que je ne regrette absolument pas et je sais déjà ce que je porterai pour Nuit d’en Fer en Juillet.
J’ai également cédé à un caprice gourmand avec une crêpe au feu de bois et caramel beurre salé, deux armes redoutables qui me rendent faible et vulnérable (même l’humeur-fière-guerrière-helvète ne résiste pas). Mais là encore, sans regret !
Et j’avais des forces pour terminer ma chasse aux dédicaces, en commençant par Sire Cédric qui n’avait pas grand monde et c’était agréable de pouvoir discuter avec lui (par contre, il aurait été gentil de la part de l’autre lectrice d’attendre son tour au lieu de squatter la dédicace des autres lecteurs... La notion de respect, j’y tiens et je n’aime jamais beaucoup quand on me coupe la parole. Comme quoi, on peut apprécier la bonne littérature et avoir été élevée chez les cochons. Un autre lecteur avait failli faire le coup pour John Lang et je l’avais poussé de la file… En le ménageant, bien sûr)
J’ai été ravie de rencontrer Oliver Peru aussi ! J’étais la seule dans la file à n’avoir aucune BD à faire dédicacer, mais j’ai quand même eu droit à une jolie illustration après avoir laissé carte blanche à Oliver Peru qui m’a d’ailleurs mise au défi de reconnaître le personnage dessiné, personnage qu’il aime tant, durant ma lecture de Martyrs. Challenge accepted, sir Peru.
J’ai été déçue ensuite de manquer de peu la diffusion du premier épisode de la série du Donjon de Naheulbeuk... Trolls et Légendes ne s’attendait peut-être pas à ce qu’il y ait autant de spectateurs et nous ne pouvions pas tous rentrer dans cette minuscule salle de cinéma... Une salle Gaumont n’aurait pas été trop vaste quand je vois combien nous étions !
Mais enfin, nous avons donc fait un dernier tour : j’ai fini quelques emplettes, on a mangé un morceau, discuté avec quelques connaissances croisées… Terminant cette journée de façon très paisible.
Plutôt que d’assister aux concerts, on a profité de la soirée pour faire un tour dans Mons et effectivement, c’est en fouillant au-delà des ruelles pavées que la ville se montre sous un meilleur profil.
En clair, ce que j’ai retenu…
→ D’autres auteurs encore sympathiques avec Sire Cédric, Olivier Peru mais aussi Magali Segura et Jean-Luc Marcastel car je n’ai pas acheté de livres pour l’occasion… Mais il est possible que je découvre ces auteurs très bientôt.
→ J’étais fascinée par les fées et les faunes, mais en fait… Le meilleur cosplay du festival était assurément celui de ces deux nains qui m’ont poliment saluée. Barbus et bourrins, mais délicats et aimables également !
→ Le troll, Zoubov, que j’ai ramené du stand de Flouch le Troll : il a un air tellement comblé, quand je l’observerai dans mon jardin cet été, j’adopterai le même sourire radieux~
→ Mons est finalement une ville jolie et j’ai pu prendre de très jolies photos durant une agréable petite balade.
La carte des 10 ans de la BD de Naheulbeuk, le T-shirt du festival, cette fameuse chemise et l’heureux Zoubov.

Et bien sûr, puisque je passe mes journées à causer littérature, mes nouveaux trésors de bibliothèque :
En bref, ce fût un agréable week-end ! J’aurais pu profiter un peu plus de la Belgique avec un début de semaine touristique mais je me suis reportée entièrement sur le festival finalement et même si il est trop tôt pour se prononcer, il est très probable que je revienne en 2017 !

D’ailleurs, en rentrant, j’ai eu le plaisir de trouver…
Ceci.
Il fallait bien que je termine sur une petite note de douceur poilue et ronronnante ♥


dimanche 12 avril 2015

La Guilde des Magiciens, de Trudi Canavan,

Comme chaque année, les magiciens d’Imardin se réunissent pour nettoyer la ville des indésirables.
Protégés par un bouclier magique, ils avancent sans crainte au milieu des vagabonds, des orphelins et autres malandrins qui les haïssent. Soudain, une jeune fille ivre de colère leur jette une pierre… qui traverse sans effort le bouclier magique dans un éclair bleu et assomme l’un des mages.
Ce que la Guilde des magiciens redoutait depuis si longtemps est arrivé : une magicienne inexpérimentée est en liberté dans les rues ! Il faut la retrouver avant que son pouvoir incontrôlé la détruise elle-même, et toute la ville avec elle.
La traque commence...
Quatrième de couverture par Bragelonne.
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Même si le nom de Trudi Canavan parle à certains lecteurs, j’avoue que je n’avais jamais noté cette auteure auparavant. Ce n’est qu’en voyant qu’il s’agissait de l’invité d’honneur au festival Trolls et Légendes de cette année que je me suis posée l’objectif de lire au moins un roman de Trudi Canavan, emprunté à la bibliothèque, avant de la rencontrer à Mons.
Résultat : j’ai rendu La Guilde des Magiciens à la bibliothèque et je l’ai racheté, avec le second tome, à Trolls et Légendes avec le petit bonus d’une dédicace !

Bon, certes, si ce fut une lecture sympathique, ce ne fut pas un coup de cœur renversant et il est peu probable que je le relise (mais je suis maniaque et je voulais avoir la trilogie complète sur mon étagère). Mais enfin, si je n’ai pas été totalement fascinée, Trudi Canavan mérite bien sa place parmi les auteurs populaires de Fantasy en offrant, dans ce premier tome du Magicien Noir, une histoire de mages un peu jeunesse mais très agréable.
Une impression de jeunesse renforcée par un univers peu détaillé, des rebondissements un peu faciles, des relations toutes simples et surtout, un air frais et léger dans un monde pourtant instable. Concrètement, je reproche surtout l’absence de détails car Trudi Canavan monte tout un décor mais ne nourrit pas assez le lecteur, donnant tout juste quelques indications sur l’alimentation des habitants d’Imardin et l’architecture de la Guilde des magiciens, et c’est vraiment dommage ! J’aurais aimé en savoir plus et j’espère pouvoir mieux visualiser tout ce monde magique dans la suite des aventures de Sonea.
[ci-contre, l’auteure photographiée à Trolls et Légendes]
D’ailleurs, concernant cette héroïne, on reste dans du classique mais la jeune Sonea est loin d’être insupportable (enfin une héroïne qui, bien que dotée de dons magiques, ne rencontre pas que des succès grotesques !) et son histoire éveille assez de curiosité pour pousser à la lecture. Quant aux autres personnages, la complexité n’est pas vraiment au rendez-vous et les rôles sont distribués de façon très conventionnel.
Après, le scénario stagnant beaucoup durant tout le roman, il était assez difficile de s’attacher aux acteurs et je me concentrerai davantage sur eux dans le tome suivant… D’autant que celui qui promet n’émerge vraiment qu’à la fin du livre. Je n’en dis pas plus, vous découvrirez l’individu en vous lançant dans l’aventure~

Je m’arrête sur le terme d’aventure : si l’action occupe une bonne majorité de ce premier roman, l’intrigue pourtant n’évolue pas, voire peu, et c’est une chance que La Guilde des Magiciens se lise assez vite car autrement, il m’aurait demandé plus de courage et de patience. Enfin, que les nouveaux lecteurs ne soient pas refroidis : comme un bon nombre de saga, ce premier tome est très introductif et la conclusion vous récompensera car elle semble promettre des éléments intéressants pour la suite.
Alors oui, je pardonne ce côté introductif car la Fantasy a toujours besoin de construire son nid au début et paradoxalement, je n’aurais pas râlé contre quelques pages pour m’attarder un peu plus sur cet univers à peine esquissé. Je me reporterai donc sur le tome La Novice en espérant mieux me familiariser avec le monde de Trudi Canavan.
La Guilde des Magiciens n’est pas un chef d’œuvre mais m’a laissée une bonne impression : c’est un roman sans prétention qui offre une sympathique histoire de magie. J’attends maintenant que la suite me fasse réellement rêver et m’emporte (même, me kidnappe, je n’ai rien contre) dans cette académie de sorcellerie.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le nom de la traductrice parlera sûrement à quelques lecteurs : il s’agit de Justine Niogret, l’auteure de Chien du Heaume. Toutefois, ce n’est pas elle qui a participé à la traduction du second tome, La Novice, le flambeau a été repris par Claire Jouanneau.

mercredi 8 avril 2015

Le Temps du Mépris, d'Andrzej Sapkowski,

L’heure n’est plus à l’entente cordiale entre les rois et les magiciens. Dans le pays du sorceleur, quelque chose se trame, qui va tourner au drame. La jeune Ciri, élevée pour devenir sorceleuse, se retrouve au cœur des rivalités.
Qu’attend-on d’elle ? Quelle est sa destinée ? L’assemblée générale des magiciens dévoilera les intrigues et révélera les traîtres. Qu’adviendra-t-il de Ciri, objet de toutes les convoitises ? Geralt de Riv, désormais lié à cette enfant comme un père à sa fille, sera-t-il capable de la sauver ?
Quatrième de couverture par Milady.
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Une lecture qui est malheureusement tombée dans une période trop active, une lecture qui a malheureusement traîné… Et pourtant, si ces circonstances ont un peu coupé mon plaisir, Le Temps du Mépris est un tome qui me rappelle combien j’accroche à la saga du Sorceleur.

Un second roman que je place en tout cas au-dessus du Sang des Elfes, car maintenant que les bases sont posées, les intrigues peuvent être lancées : les rebondissements sont nombreux dans Le Temps du Mépris et Sapkowski retrouve ses talents de narrateur aisé.
[ci-contre, un portrait de Emhyr Var Emreis par Avalat, un personnage qui occupe de plus en plus de place]

L’évolution que j’attendais tant remue donc enfin les pages de ce quatrième tome et dévoile quelques clés sur Ciri, un personnage auquel je me suis beaucoup attachée et qui connaît un bon nombre d’aventures… Ou de mésaventures.
Les coups de théâtre dramatiques sont nombreux et tiennent en haleine le lecteur.
Alors certes, j’ai mis un temps fou à finir ce livre mais il n’empêche que j’ai souvent été émue durant Le Temps du Mépris et je garde de nombreux souvenirs frappants. [spoiler] Je pense notamment à la rencontre entre Ciri et la licorne Ihuarraquax qui se retrouve blessée. La petite Ciri enchaîne décidément les situations désespérées… [/spoiler]
Dans un registre plus heureux, j’ai adoré de voir le couple que continuent de former Geralt et sa sorcière Yennefer. Je n’ai pas l’habitude de m’accrocher à des romances comme ça, mais la paire est tellement séduisante que je n’ai aucune honte à dire que je lis avec beaucoup de plaisir chaque rencontre entre cette magicienne fière et ce sorceleur qui devient soudain un peu gauche.
Donc des relations qui s’embellissent sur des catastrophes, et ce pour mon plus grand bonheur.


Sur un plan plus large, il n’y a pas dans ce tome de personnages secondaires particulièrement marquants mais les intrigues deviennent plus claires et je me sentais moins perdue, ce qui a grandement facilité ma lecture ! Certes j’ai trouvé quelques passages un peu confus mais une chose est sûre : le temps d’habituation est passé et je commence à démêler les fils que Sapkowski a intelligemment placé. Mais la trame ne s’essouffle pas pour autant et continue de m’intriguer ! Je ne m’attendais pas à autant de complots politiques dans un univers qui utilise un tel bestiaire de monstres.
Quant aux contes, le recyclage est moins grossier que dans les deux recueils de nouvelles, Le Dernier Vœu et L’Épée de la Providence, mais l’auteur dépoussière des mythes bien connus avec originalité, comme celui de la licorne. Une créature qui change et devient très intéressante dans cette saga !

En clair, un quatrième tome particulièrement encourageant et je ne regrette toujours pas d’avoir acheté les derniers tomes (jusqu’au tome 7, je le rappelle) d’un seul coup. Je continuerai donc cette saga avec grand plaisir… À tel point que j’espère lire les dernières pages des aventures du Sorceleur Geralt avant cet été.
On se retrouve sans faute pour le tome 5, Le Baptême du Feu.


Comme pour les tomes précédents, je peux raccrocher cette chronique au Challenge de Dark Fantasy :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Pour lire la chronique du tome précédent, le premier roman, suivez le lien : Le Sang des Elfes.

Mort à Devil's Acre, d'Anne Perry,

Lorsqu’un docteur est retrouvé brutalement assassiné dans un quartier sordide, même les riverains les plus endurcis sont choqués. Mais le choc se change en horreur quand l’inspecteur Pitt découvre trois autres cadavres portant la même carte de visite : poignardés dans le dos et sauvagement mutilés. Thomas Pitt et sa femme Charlotte s’embarquent alors dans une enquête dont personne ne sortira indemne, de la pire canaille à l’aristocratie la plus respectée.
Quatrième de couverture par 10/18, Grands Détectives.
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Ah là là… Après deux bonnes surprises avec Rutland Place et Le Cadavre de Bluegate Fields, Anne Perry retourne finalement à ses origines en ramenant tous les défauts que je lui reprochais au début de sa série…
Très connecté au tome 2 de la saga, Le Mystère de Callander Square, ce n’est pourtant pas ces nombreux clins d’œil qui m’ont rappelée les premières lacunes de l’auteure pour les enquêtes menées par le couple Pitt, mais le fait de faire piétiner l’enquête avec une romance de moins en moins intéressante entre Charlotte et Thomas et de torcher l’épilogue…
La recette reste la même : un crime sordide avec plusieurs suspects dans un univers où les frontières entre l’aristocratie et les bas-fonds sont troubles, un Thomas qui, fricotant avec les malfrats, tente d’empêcher Charlotte et sa sœur d’enquêter en flattant les bonnes gens de Londres… Et une absence de conclusion, ce qui est très dommage car elle est tout aussi émouvante que celle de Rutland Place.

« — Hypocrites ! cracha Christina.
— Ma chère enfant, cesse de te comporter comme une petite fille. Tu as passé l’âge. La naïveté est excusable à vingt ans, ennuyeuse à vingt-cinq et ridicule à trente. »
P. 74

Le lecteur retrouve des personnages qui sont apparus dans la seconde enquête des Pitt : on compte le colonel Brandon Balantyne, sa femme Augusta, sa fille Christina, Alan Ross et encore d’autres… Je me souviens que j’aimais beaucoup le colonel Balantyne et j’ai été ravie de le retrouver dans ce tome sachant que sa relation avec Charlotte se concrétise. Bah oui, faut bien sortir du cliché du couple éternellement fidèle sans la moindre affection pour un individu qui débarque dans la vie… Malgré ça, malheureusement, Anne Perry me laisse encore sur ma faim avec une trame assez confuse et des relations laissées en plan.
[ci-contre, The Yellow Rose par Sir Samuel Luke Fildes]
Quant à l’enquête, forcément connectée à ces problèmes sociaux, elle en prend un coup aussi. Les crimes sont assez cruels pour interpeller le lecteur mais voilà, il manque un peu de piment par la suite pour vraiment être happé par la poursuite de l’émasculateur de Devil’s Acre. Arrivée aux dernières pages, je me suis même demandée si Anne Perry n’aurait pas mieux fait d’abréger quelques passages au milieu pour mieux se concentrer sur les répercussions de la fin.

Alors voilà, j’ai été contente de recroiser des personnages mais j’ai trouvé Devil’s Acre bien fade comparé aux deux derniers tomes lus. J’espère que Meurtres à Cardington Crescent arrivera à me reconquérir un peu.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• À la page 18 est mentionné, sans importance, le tome 6 de la série Le Cadavre de Bluegate Fields. En revanche, les mentions pour le tome 2, Le Mystère de Callander Square, sont plus nombreuses à partir de la page 20 et ont même une certaine importance puisqu’on retrouve de nombreux personnages. Encore une fois, il est conseillé de lire la série dans l’ordre.
• Comme Seven Dials et Whitechapel, The Devil’s Acre est un quartier qui était connu au XIXème siècle pour n’être absolument pas fréquentable. Le nom viendrait de Charles Dickens lui-même dans son magazine Household Words.
• Pour voir le guide de la série et les chroniques des tomes précédents, suivez ce lien.

mardi 7 avril 2015

Bilan Mensuel : Mars 2015 [30],


Comme chaque Avril, je m’extirpe doucement de mon cercueil pour accueillir le Printemps. L’an dernier, j’avais eu un coup de mou à la même période et je m’étais réveillée à temps pour l’anniversaire du blog, et voilà que je rempile ce rythme pour 2015.
Motivée par ce prochain anniversaire, motivée par le retour du soleil mais surtout motivée par un week-end en Belgique ! Je n’en dis pas plus dans ce bilan, l’article de Trolls et Légendes est en cours et vous aurez droit au compte-rendu dans la semaine.

Mes lectures depuis Février ne sont pas nombreuses :

Et aucune chronique n’est disponible, je sais, aucun sérieux. Surtout que concernant mes achats, euh, je ne m’en souviens plus pour être honnête… C’est que j’ai certainement été très sage !

J’en profite pour attirer votre attention sur un changement : sous les chroniques, vous aviez les liens menant aux sites de la Fnac et d’Amazon, désormais, le premier lien proposé vous redirigera vers Place des Libraires. Pensez à bondir sur ce premier lien avant de céder aux deux autres, surtout si vous trouvez votre bonheur et découvrez des librairies près de vous~

Sur ce, je me régale avec Secrets d’Histoire sur Élizabeth Ière (ouais, j’aime Stéphane Bern, en plus) et j’attaque les articles qui ressusciteront ce blog qui en a bien besoin !

jeudi 12 février 2015

Seul dans Berlin, de Hans Fallada,

Mai 1940, on fête à Berlin la campagne de France.
La ferveur nazie est au plus haut. Derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terreur. Seul dans Berlin raconte le quotidien d’un immeuble modeste de la rue Jablonski, à Berlin. Persécuteurs et persécutés y cohabitent. C’est Mme Rosenthal, juive, dénoncée et pillée par ses voisins. C’est Baldur Persicke, jeune recrue des SS qui terrorise sa famille. Ce sont les Quangel, désespérés d’avoir perdu leur fils au front, qui inondent la ville de tracts contre Hitler et déjouent la Gestapo avant de connaître une terrifiante descente aux enfers.
De Seul dans Berlin, Primo Levi disait, dans Conversations avec Ferdinando Camon, qu’il était « l’un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie ». Aucun roman n’a jamais décrit d’aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.
Quatrième de couverture par Folio.
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« — À son dernier congé, il m’a montré une photo qu’un de ses camarades avait prise de lui... Et il s’en est vanté, de cette photo !... On voit ton Karlemann tenant par une jambe un petit Juif de trois ou quatre ans et lui brisant la tête sur le pare-chocs d’une voiture.
— Non ! non ! crie-t-elle. Tu as menti !... Tu as inventé ça pour te venger, parce que je ne t’ai rien donné à manger !... Karlemann ne fait pas ça ! »
P. 50

Je ne me souviens pas d’avoir déjà lu un livre se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale, encore moins écrit à cette époque et avec un soupçon d’analyse sociologique. Donc pour une première lecture qui concerne cette période, Seul dans Berlin a été une très bonne surprise !

Mes lectures concernent habituellement des enquêtes durant l’Ère Victorienne, des luttes médiévales dans un temps lointain ou un univers totalement fictif… Cette fois, pas de crinoline ou d’épée, on nage en pleine paranoïa sociale, piégée par les symboles nazis et ce, dès le début du roman. Hans Fallada ne piétine pas et nous invite immédiatement dans cette ambiance angoissante et je suis rentrée très facilement dans l’histoire. À la lecture du résumé, j’avais un peu peur de tomber sur une kyrielle de personnages mais en fait, on les repère très vite et leurs histoires sont si bien articulées que le rythme est en réalité très fluide.

Enfin, l’intrigue est intense au début mais s’essouffle au fur et à mesure : certaines intrigues m’intéressaient, d’autres moins ou traînaient trop à mon goût. Par chance, Hans Fallada arrivait toujours à me surprendre et à me relancer dans son roman malgré sa plume assez linéaire, sans artifice. C’est très sobre et j’ai été plus touchée par les situations que par la narration. En contre partie, j’ai été de nouveau incapable de lâcher le roman quand j’arrivais aux derniers chapitres tellement j’étais curieuse de voir la conclusion qui attendait les Quangel, couple qui m’a beaucoup émue avec sa démarche. Écrire des cartes postales pour réveiller un pays semble complètement dérisoire et minuscule et pourtant, l’ironie est que c’était réellement un acte criminel et les conséquences intriguent le lecteur. Seul dans Berlin tient ses promesses donc et piège vraiment le lecteur dans cette triste ère. J’ai beaucoup aimé, malgré moi, le commissaire Escherich aussi et toute sa complexité, sans oublier Eva Kluge et le mystérieux Fromm.
En revanche, j’ai été déçue par la famille Persicke où j’avais l’impression que c’étaient les personnages les moins présents. Je m’attendais à ce qu’ils distillent plus de terreur mais leur rôle est finalement assez minime…

Les photographies d’Elise et Otto Hempel à gauche, à droite, une carte postale.
Zieutez « quelques anecdotes sur ce bouquin » pour en apprendre un peu plus.

Si je ne peux pas dire que Seul dans Berlin est un coup de cœur renversant, c’est en tout cas un livre marquant et émouvant qui m’a réconciliée avec les années 39-45 (je rejette la faute sur une très mauvaise prof’ d’Histoire qui me faisait littéralement dormir en cours à force de nous passer des documentaires assez creux et en ne manifestant aucune passion pour les explications) et je commence déjà à me tourner vers d’autres romans de la même période, en espérant qu’ils soient aussi riches que celui de Fallada.
Je retiendrai donc des personnages émouvants et un huis-clos cruel où les drames s’enchaînent lentement mais sûrement. Heureusement que Fallada laisse une petite note d’espoir dans sa conclusion en réservant un sort plus enviable à quelques uns de ses personnages.

Cette chronique se rattache à l’idée n°108 du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Hans Fallada n’a pas écrit son roman sous le Troisième Reich mais après, inspiré par un fait-divers qui avait été caché et qui a été ressorti à la fin de la guerre : l’affaire d’Otto et Elise Hampel, un couple qui a créé un mouvement de résistance en éparpillant dans Berlin des cartes postales pour dénoncer la cruauté de l’époque.
• Une pièce de théâtre a été adaptée en 2014 par René Fix et Luk Perceval, vous trouverez quelques infos ici et ailleurs sur le net.



dimanche 1 février 2015

Yvain ou le Chevalier au Lion, de Chrétien de Troyes,


Malgré l’amour qu’il porte à son épouse, la belle Laudine, le chevalier Yvain s’en va combattre aux côtés du roi Arthur. Il a fait le serment de revenir au bout d’un an. Mais il manque à sa promesse et perd l’amour de Laudine... Désespéré, Yvain erre alors d’aventure en aventure, suivi par un lion à qui il a sauvé la vie. Saura-t-il gagner, par l’éclat de ses prouesses, le pardon de celle qu’il aime ?
Quatrième de couverture par LivrAddict.
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« — Aimer ? Et qui ? — Vous, ma chère dame.
— Moi ? — C’est vrai, absolument. — De quelle manière ?
— D’une manière telle qu’il ne peut y avoir de plus grand amour,
telle que mon cœur ne vous quitte pas
et que jamais je ne le trouve ailleurs qu’auprès de vous ;
telle que je ne peux pas penser à autre chose ;
telle que je me donne à vous entièrement ;
telle que je vous aime plus que moi ;
telle que pour vous, et sans arrière-pensée,
je veux, selon votre gré, vivre ou mourir. »
P. 175

Ça y est ! Je me suis mise à attaquer le cycle du Graal avec le ouvrages originaux, signés par Chrétien de Troyes. J’avais déjà eu une approche en prose et résumé dans Arthur, Lancelot, le Graal : Le Grand Roman donc je me sentais d’affronter la traduction honnête d’un récit en vieux français.

Déjà, un petit éclaircissement sur ce point : même une néophyte comme moi n’a pas été gênée par ce type de narration et c’est même remarquablement facile à lire ! L’époque veut forcément que les descriptions soient secondaires et que les personnalités n’aient pas une psychologie trop creusée, mais quand on garde en tête ces deux caractéristiques de la littérature de cette époque, on peut passer un excellent moment.

Le chevalier Calogrenant verse l’eau sur le perron de la fontaine merveilleuse et déclenche la tempête ; il se retourne pour affronter le gardien, Esclados le Roux, sorti précipitamment de son château, illustration dans un manuscrit datant des années 1325.

Alors certes, Yvain ou le Chevalier au Lion ne m’a pas emportée comme un tome du Trône du Fer mais cela ne retire rien au merveilleux qui est omniprésent dans le récit. Les surprises étaient nombreuses et on nage réellement en plein surnaturel grâce à des rencontres originales (eh oui, je songe surtout à celle d’Yvain et du lion, mais à d’autres encore), des créatures assez dérangeantes et des périples qui semblent impossibles au premier abord. Adorant les légendes de chevaliers confrontés au monde féerique, je n’ai pas été déçue par les aventures d’Yvain bien qu’il ne soit pas, à mes yeux, le chevalier le plus intéressant de la Table Ronde. Son récit est tout de même agréable et pour les plus curieux, cela sort de l’éternelle romance de Lancelot et Guenièvre car la romance entre Laudine et Yvain est moins barbante (merci l’ours pour l’adjectif, un tel mot ne me surprend pas venant de toi, mwéhéhé).
Enfin, elle reste tordue hein. Tomber amoureux d’une femme qui se lacère le visage et s’arrache les cheveux, c’est toujours comique d’un point de vue extérieur.
Mais c’est précisément ce que j’aime dans les vieilles légendes ! Me dire, en pleine lecture « Mec, on a vraiment pas les mêmes problèmes dans la vie ! » et ces moments absurdes me font tellement sourire (je vous rassure, j’évite le plus possible de rire du malheur des autres) que j’en redemande. Bref, je n’arrive même pas à décider si ce côté too much est un défaut ou un bon point… Mais quand c’est pour le Graal, c’est un bon point !

Surtout quand on visualise le Yvain de la série Kaamelott menée par Alexandre Astier.

Yvain ou le Chevalier au Lion n’est donc pas mon récit arthurien préféré mais il compte de nombreux passages que j’ai aimés (les deux sœurs rivales de la Noire Épine, le lion attaqué, le château de la Pire Aventure avec les trois cents vierges qui y résident…) et j’ai été ravie de connaître les exploits de ce chevalier.

J’attendais de faire enfin mon post pour le Challenge des Légendes Arthuriennes pour enfin écrire cette chronique et qu’elle trouve sa place parfaite parmi mes participations :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Bien que mon édition porte le titre de Le Chevalier au Lion, l’œuvre de Chrétien de Troyes est plus connue sous son titre complet Yvain ou le Chevalier au Lion.
• À savoir, petit détail sympa : les éditeurs Le Livre de Poche et GF Flammarion a sorti la plupart des légendes arthuriennes en version bilingue. À gauche, vous avez donc le vieux français et à droite, le français moderne. Un p’tit bonus que j’ai apprécié et j’ai déjà Lancelot ou le Chevalier de la Charrette et Perceval ou le Conte du Graal dans ma PAL.