vendredi 30 janvier 2015

The Elder Scrolls IV : Oblivion, Knights of the Nine,

Les Dieux ont abandonné Tamriel.
Un roi déchu a été libéré de l’enfer d’Oblivion et réclame vengeance contre les Dieux qui le bannirent. Seul un héros au cœur pur pourra vaincre le mal qui s’étend aujourd’hui sur le pays. Vous devez répondre à l’appel, retrouver les reliques perdues du croisé légendaire, et redonner leur gloire aux Chevaliers des Neuf.
De nouveaux territoires, personnages, quêtes et mystères vous attendent.
Résumé depuis le site officiel.
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J’aborde enfin le dernier DLC du quatrième titre de la saga The Elder Scrolls, achevant ainsi mes chroniques sur Oblivion. Bien que moins palpitant que l’extension Shivering Isles, Knights of the Nine a le mérite d’être dans un ton bien différent, éloignant le joueur de la science-fiction délirante pour mieux le rapprocher d’une quête qui sent bon l’héroïc-Fantasy.


Si vous avez toujours voulu imiter le vertueux Lancelot ou le téméraire Perceval du cycle du Graal dans un jeu, Knights of the Nine vous autorise à réaliser enfin ce fantasme. Pas question d’être un voleur ou un assassin quand les Dieux vous désignent pour sauver le pays (sans rire, vous annulez la quête si vous vous comportez mal… J’ai essayé pour vérifier), votre personnage devra se montrer droit et pur : un chevalier dans toute sa splendeur.
Adorant les histoires chevaleresques et surtout les légendes Arthuriennes, j’ai été ravie de me glisser dans une armure éclatante et bénie par les Neuf divinités de Tamriel. La ressemblance avec les histoires de Chrétien de Troyes ne s’arrête pas là : votre héros sera bien vite entouré de chevaliers en quête de gloire, il y a aura de nombreux objets enchantés à récupérer avant d’affronter votre ennemi et vous vous rendrez compte que, bien que chevaliers, ceux qui restent sous l’armure restent des hommes rongés par des faiblesses.
Je regrette peut-être juste l’absence d’une donzelle ou d’un jouvenceau à sauver, bien que le mariage ne soit que dans Skyrim, s’attirer l’admiration d’une dame a de quoi flatter l’égo~


La quête et l’esprit m’ont donc totalement charmée car cela faisait un moment que j’attendais une aventure dans un registre purement médiéval et moins tolkienien. La trame est malheureusement trop courte bien que la conclusion reste satisfaisante. Là où je râle vraiment, par contre, c’est que mon engouement a été un peu cassé par de nombreux bugs : des bugs qui m’auraient empêchée de finir la quête si je n’avais pas triché pour passer quelques étapes. Forcément, l’expérience ne s’est pas déroulée sans quelques grincements de dents…

Quant à la difficulté-même de l’extension, Oblivion n’est déjà pas bien dur une fois pris en main et la quête reste aussi modeste que le jeu de base. Un peu d’efforts et de réflexion sera demandé au joueur, rien d’insurmontable.
J’ai constaté avec plaisir que les objets n’étaient pas tant cheatés que ça et ne vous rendront pas surpuissant inutilement (il y a de beaux bonus, mais rien de trop facile qui empêcherait de savourer la suite du jeu). Mon gros regret concerne tout de même les compagnons que l’on récolte durant l’aventure : originaux, sympathiques… Mais surtout inutiles, car à part s’entraîner pour la forme dans la chapelle des Neuf, vous n’aurez rien à tirer d’eux. Il faudra attendre Skyrim pour pouvoir avoir des compagnons de quête. Alors oui, visuellement parlant, c’est bien agréable d’être soutenu par d’autres chevaliers mais voilà, c’est vraiment pour le rendu esthétique car à part quelques combats en groupe, vous ne pourrez plus leur demander de l’aide une fois votre devoir accompli.


Même si mon ressenti s’est retrouvé mitigé à cause des nombreux bugs et de l’absence de nouveauté (pas de nouveaux monstres dans le bestiaire, pas de nouvelles musiques ou de vrais lieux à explorer) par rapport à Shivering Isles, Knights of the Nine a été sauvé pour son thème qui me tient à cœur. Jouer les héros vertueux est bien sympathique et l’esprit reste maîtrisé tout le long de la quête.
Ce n’est pas l’extension la plus prometteuse ou la plus intéressante, mais j’en garderai un bon souvenir et je recommencerai certainement la quête avec un autre personnage à tendance Loyal Bon.


             Quelques anecdotes sur ce jeu,
• Tous les screens de cette chronique sont issus de ma propre partie.
• Pour rassurer : j’ai tendance à jouer en anglais (il n’y a pas meilleur exercice pour s’entraîner) mais le jeu complet existe bien sûr en français.
• Si la quête apparaît dès le début du jeu, je conseille vivement aux joueurs de faire un choix entre cette extension et la quête de la Confrérie Noire. Si vous devenez un assassin après être devenu un paladin, vous perdrez toutes les bénédictions durement obtenues donc il vaut mieux faire l’évolution inverse par précaution.
• Les connaisseurs seront peut-être perturbés par un détail : oui, le point de vue de mes screens est étrangement bas. C’est tout à fait normal : j’ai utilisé un mod pour incarner un Nain. Sur le coup, ça fout en l’air une partie de l’univers de The Elder Scrolls, mais c’était trop tentant !
• Pour ceux qui sont intéressés :

/!\ si vous achetez la version légendaire du jeu Oblivion, inutile d’acheter les extensions, 
elles sont incluses dans le jeu d’office. 

dimanche 25 janvier 2015

Crime et Châtiment, de Fiodor Dostoïevski,

À Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier, renfermé mais généreux, a interrompu ses études faute d’argent. Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir et, dédaigneux de la morale, se pense fondé à commettre un crime : ce qu’il va faire bientôt — de manière crapuleuse.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche, Classiques.
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Illustration, Crime and Punishment par Kashuan sur Deviantart. 
« Quant à la question de savoir si c’est la maladie qui engendre le crime ou si le crime, par sa nature particulière en quelque sorte, s’accompagne toujours de quelque chose comme une maladie, il ne se sentait pas encore capable de la résoudre »
P. 107

Autrefois, il y avait Candide de Voltaire. Plus tard, c’était Le Crime de Lord Arthur Saville d’Oscar Wilde. Mais entre temps, il y avait surtout Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski, œuvre qui écrase sans mal les deux autres tant ses pages sont alourdies par les pensées délirantes de son protagoniste. 

Lourd, c’est le mot ! La littérature classique, notamment russe, compte de nombreux monstres effrayants et Crime et Châtiment peut être inclus dans la liste. J’ai bien mis deux ans à le lire, faisant de longues pauses entre chaque parties (le roman en compte six, plus l’épilogue). Pourtant, je n’ai pas eu besoin de redémarrer ma lecture : si l’écriture de Dostoïevski est très pesante, elle marque et les scènes qu’il distille dans son récit sont suffisamment fortes pour devenir de vrais souvenirs de lecture ! Si je n’ai pas été frappée par la poésie de sa plume (enfin, j’ai lu la traduction en même temps…), j’ai été vraiment marquée par les moments forts que traverse son drôle de héros, Rodion Raskolnikov. 
[ci-contre, Fiodor Dostoïevski peint par Vassili Perov en 1872.]
Certains chapitres étaient vraiment indigestes (comme les chapitres III et IV de la partie II, par exemple) et pourtant, d’autres lecteurs comprendront peut-être si je dis que d’autres passages, comme le rêve du cheval maltraité, l’assassinat, la femme ivre embêté par un inconnu (et qui refuse l’aide d’un policier) ou encore la longue léthargie de Raskolnikov, me hantent encore. L’auteur n’est certainement pas là pour séduire avec des mots et son style s’accorde avec l’ambiance pesante de son roman et de l’état confus de Raskolnikov…

Cela dit, n’allez pas imaginer que Crime et Châtiment est juste un long monologue sur un aliéné qui tente de comprendre lui-même ses propres mobiles, Dostoïevski n’hésite pas à nous entraîner dans un Empire Russe peu reluisant : cabarets peu fréquentables, prostitution à peine voilée, personnes aliénées par la fièvre, dandys lubriques… On fréquente les bas quartiers de St Pétersbourg plutôt que les palais tsaristes, s’approchant plutôt des prisons et des chambres d’étudiants plutôt que des salons colorés et des jardins verdoyants. Et bien entendu, les individus dans ce décor sont nombreux et ne brillent pas par leurs vertus. Dérangeants mais surprenants, on a même droit à une romance comme seuls les russes savent les faire : simple, pudique mais pleine d’espoir.
(Ouais, je crois que je vais préciser la prochaine fois que l’on me pose la question « Je ne lis pas de romance… Sauf si l’histoire a été écrite par un russe. »)

Bon, cependant, je m’attendais à ce que les personnages soient plus creusés dans leur psychologie. Car même si ils ne manquent pas de charme, seul Rodion Raskolnikov connaît une dimension vraiment riche : à la fois philanthrope et asocial, à la fois généreux et violent, à la fois sensible et glacial, ses pensées malades sont nombreuses et pas toujours évidentes à suivre mais son évolution est assez fascinante. Criminel en cavale, assassin peureux, Raskolnikov illustre bien ce qui touche à la dépression et au désespoir. comme un bon nombre de ses voisins qui vivent dans la même misère que lui.
Les acteurs de cette galerie, dans leur misère, attirent l’attention du lecteur et ne le mettront certainement pas à l’aise, seule Sonia Marmeladov se démarque par sa pureté ambiguë. En somme, jai aimé ces affreux personnages car j’ai été touchée par certaines histoires et certaines conclusions.

Des croquis très sympathiques signés Maria Sergeewa et trouvés sur son DeviantArt
« Quelle fille que Sonia ! Quel filon tout de même ils ont su découvrir ! Et ils en profitent ! Car ils en profitent ! Ils ont pleuré un peu mais ils ont fini par s’y habituer. L’homme s’habitue à tout, le lâche. »
P. 54

Concernant les personnages, j’ai relevé un détail un peu idiot que j’ai aimé : les jeux de mots dans les noms, l’onomastique utilisée par Dostoïevski. Par exemple pour Raskolnikov, je vous partage l’explication de l’édition du Livre de Poche : « Le nom de Raskolnikov est parlant : il renvoie à raskol, qui veut dire « coupure » et, plus précisément « schisme ». […] Mais son nom est perçu comme parlant : il indique que le personnage s’est coupé du monde et de lui-même. » (P. 28) et un bon nombre de patronymes bénéficient d’une explication de la même trempe. Qui a dit que la langue russe n’était pas riche ?
Alors certes, c’est un peu idiot, mais j’ai un faible pour les noms qui illustrent subtilement les personnages qui les portent.

Certes, j’ai mis énormément de temps à venir à bout de Crime et Châtiment et je ne me vois pas le relire à l’avenir. Toutefois, c’est une lecture très riche et j’en garderai un souvenir particulier : l’engrenage du récit est intéressant, j’adore l’ironie qu’utilise l’auteur et c’est une ambiance très particulière que je ne pense pas retrouver dans un autre roman… Quand bien même j’ai apprécié cette lecture, je ne la conseille pas à n’importe qui : c’est vraiment un sacré morceau.

J’en profite pour joindre cette chronique à l’idée 36 du Challenge des 170 Idées !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Dostoïevski a été influencé par le chevalier Dupin de l’auteur Edgar Poe pour faire le juge d’instruction Porphyre Petrovitch.
En cours~ (si certains ont des infos à partager, vous êtes les bienvenus).

mercredi 21 janvier 2015

Bilan Mensuel : Décembre 2014 [29],


Oui, je ne vais pas pouvoir me cacher plus longtemps : mon bilan a encore du retard ! Mon excuse ? Que 2015 commence avec beaucoup de changements, tous positifs, ne vous inquiétez pas pour moi. C’est même ironique que je sois sur un p’tit nuage en ce moment avec tout ce qui se passe de dramatique dans le monde…
Je n’ai d’ailleurs pas fait de post concernant le 7 Janvier mais cela ne m’empêche pas d’être Charlie aussi et d’avoir ressenti autant de peine pour tous ces policiers morts durant leur service (psychologue au service des policiers est toujours un métier que je trouve fascinant et primordial et je pense qu’on en a bien besoin en ce moment…). Bref, j’ai fait ma minute de silence et, toujours aussi aigrie, j’ai été choquée par le comportement de certains participants lors de la marche républicaine (les gens, manger des burgers de MacDo à 16 heures quand on rend hommage à des victimes d’un assassinat, ça ne fait pas du tout sérieux). J’espère que vous vous êtes montré plus digne si vous avez participé au mouvement.

J’avais jusqu’au 31 On a tout le mois de Janvier pour souhaiter les bons vœux et je ne vous cache pas que pour l’instant, les gens doivent ressentir un certain malaise quand on leur souhaite du bonheur pour 2015. Cela dit, je vous présente quand même mes meilleurs vœux pour l’année, acceptez-les ou non, je suis la première à espérer que cela ne vous portera pas malheur !

Concernant mes chroniques des lectures de Décembre, seulement deux sont disponibles mais celles de Seul dans Berlin ne devrait pas tarder…
(cliquez sur les couvertures pour accéder aux chroniques)

Et grâce aux achats, ou devrais-je dire cadeaux de Noël, ma PAL a encore grandi !
(Bon, en fait, le premier tome de lÉpouvanteur, je lai offert... Mais je vais profiter du cadeau aussi !)

Et si vous vous posez la question : oui, j’ai reçu le missel de la religion Tyrionnisme Lannistrien, mais enfin, je ne compte pas le chroniquer. Un petit commentaire à la rigueur sur LivrAddict, mais pas plus.
Niveau challenge, j’ai bouclé celui de Goodreads où je m’étais imposée 40 lectures minimum pour 2014... Cette fois, pour 2015, on accorde et j’espère pouvoir lire au moins 50 livres !


Et de votre côté ? 2015 démarre bien ? 
Si cest délicat de souhaiter plein de bonheur, je vous souhaite en tout cas une flopée de lectures enrichissantes !
(sur ce, je réponds à vos commentaires dans la journée, promis je me bouge~)

mardi 6 janvier 2015

Top Ten Tuesday [23],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.






En continuité avec la semaine dernière, aujourd'hui je liste...
Les 10 (ou plutôt 5) déceptions lues en 2014.
(dans l'ordre de lecture)
 
http://lectures-de-vampire-aigri.blogspot.fr/2014/03/chien-du-heaume-de-justine-niogret.html
J’avais hâte de lire ce premier tome d’une série Dark fantasy qui donne dans l’originalité, le médiéval réaliste, sale et sombre. En plus, l’auteure forge à ses heures perdues. Et pourtant, si l’histoire est prometteuse et l’héroïne hors du commun, je n’ai pas du tout aimé ce premier tome assez fade… J’attendrai que davantage de tomes sortent avant de m’y remettre.
Si le premier tome était sympathique, je n’ai absolument pas compris ce que Mireille Calmel avait tenté de faire dans cette suite du Bal des Louves. Romance guimauve, lourde et gluante, bien trop difficile à digérer pour moi…
Une autre histoire trop romantique, une autre déception. Ce pastiche holmésien n’a rien à voir avec Sherlock Holmes si ce n’est qu’on y découvre la romance d’un détective du même nom. Bref, très, très déçue pour Les Vacances de Sherlock Holmes
Un petit livre que j’avais hâte de lire alors qu’au final, je suis restée sur ma faim. Démons faussement lubriques et à l’élégance exagérée, Absinthes & Démons manque cruellement de ce que j’attendais : une pointe d’horreur. Je suis passée de cliché en cliché sur fond gothic lolita et j’ai donc été très déçue…
[chronique ici]
Dernière lecture de l’année, dernière déception ! J’ai trouvé Un Secret du Docteur Freud bien terne et creux, sans compter que le manque d’objectivité dans le conflit Freud-Jung m’a beaucoup dérangée…

Je vais donc éviter de me plaindre car mes déceptions sont en petit nombre. Chien du Heaume a en plus une seconde chance tout comme Mireille Calmel car je n’ai pas oublié sa trilogie du Chant des Sorcières.

vendredi 2 janvier 2015

Un Secret du Docteur Freud, d'Éliette Abécassis,

Vienne, mars 1938. S. Freud et sa fille Ana ont réuni les adhérents de la Société psychanalytique pour une session extraordinaire. Une soixantaine de membres ont répondu présent et se sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois...
Quatrième de couverture par Flammarion.
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« Mais désormais la maison est vide de toutes ces voix qu’il a tant écoutées, qui l’ont inspiré, au point d’en faire son miel et son œuvre. »
Page je-sais-plus, je lai rendu à la bibliothèque...

Je ne vous le cache pas plus longtemps : Sigmund Freud, c’est un peu mon suggar daddy imaginaire. Donc quand j’ai vu le livre à Sauramps, j’ai bondi, je me suis jetée sur le résumé et je ne voulais pas le lâcher. Cependant ! Je suis bien vite redescendue sur Terre : le nom de l’auteur ne me parlait pas, le prix était un peu excessif (comme pour toutes les nouveautés) pour le nombre de pages et une petite recherche via le net s’imposait.
Finalement, après avoir lu quelques avis mitigés, j’ai décidé d’avoir recours à la bibliothèque. Et j’ai bien fait…

La plume d’Abécassis n’est pas désagréable, l’enchaînement des pages non plus et la documentation permet de renseigner efficacement ceux qui veulent en savoir plus sur cette figure de la psychanalyse. Ou d’être renseigné par un livre à tendances pro-freudiennes et je dois reconnaître que, même en ayant énormément de respect pour Freud et son travail, ce point est la raison de mon ressenti assez négatif.
Contrairement à Noir Corbeau où Poe est pleinement (mais fidèlement) revisité, au Meutre aux Chandelles où le fantasme d’Oscar Wilde prend vie sous la plume de Gyles Brandeth, Sigmund Freud est une figure assez pâle dans Un Secret du Docteur Freud. Figure vive, colérique et pesante, Freud devient ici un petit vieillard tranquille et qui se recroqueville, abandonné. Bien sûr que tout homme a ses faiblesses mais je trouvais qu’Abécassis impose trop le statut de victime, du juif persécuté durant la montée du nazisme. Jung devient un salopard, Wilhelm Fliess devient un hargneux bonhomme mais aucun défaut ne vient entacher le pauvre Freud !
La complexité de l’époque demande bien plus que 180 pages de lamentations à propos de trahison et des personnages blancs et noirs qui s’affrontent. Si Jung a accepté de faire un discours comme Goebbels lui a demandé, c’est p’têt que c’est assez difficile de refuser quoique ce soit à un partisan du nazisme qui toque à votre porte et ne vous laisse pas tellement le choix ? Un peu comme Pétain d’ailleurs qu’il faut différencier de Klaus Barbie. Bref, une époque complexe dans le jeu des apparences et des idées personnelles que l’on affichait pas si elles allaient à l’encontre de celles instaurées par le Führer et cette dimension ne semble pas prise en compte dans Un Secret du Docteur Freud.
En clair, je m’attendais à plus d’objectivité et même si j’accroche plus aux théories de Freud que celles de Jung, cette défense excessive m’a gênée. Quant à l’ambiance historique, si elle est installée, elle n’est pas assez complète surtout quand on pense combien cette période est pourtant riche !

Le livre m’a appris quelques anecdotes supplémentaires en plus de mes cours, on sent qu’Éliette Abécassis parle (et sait parler) de la psychologie, mais ce manque d’objectivité m’a complètement refroidi et j’ai du mal à passer au-dessus de cette image d’un Freud sage et indolent, sans réaction. Mon côté psychologie le remporte sur mon côté littéraire.
Je m’attendais plus à quelque chose comme ça…

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• C’est avec l’aide de sa mère, Janine Abécassis, qu’Éliette Abécassis a écrit ce bout de biographie de Freud et car effectivement, étant psychologue clinicienne, elle pouvait diriger sa fille dans tous ces labyrinthes de l’esprit.

jeudi 1 janvier 2015

La Trilogie de Wielstadt, de Pierre Pevel,

Hiver 1620 : après s’être acquitté d’une délicate mission pour l’Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.
Quatrième de couverture par Pocket.
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Puisque c’est l’invité d’honneur du salon Trolls et Légendes à Mons, il était urgent que je lise enfin du Pierre Pevel, nom bien connu de la Fantasy française. Plutôt que de lire sa populaire trilogie qui reprend (de loin) l’œuvre d’Alexandre Dumas, je me suis essayée à celle de Wielstadt.
Pour éviter l’overdose, je lis chaque tome de cette intégrale séparément : à ce jour, seuls les tome 1 et 2 sont chroniqués. La chronique sera mise-à-jour au fur et à mesure ensuite…

Déjà, il faut reconnaître que lire de la Fantasy dans un décor de cape et d’épée, c’est assez original : on quitte les châteaux forts pour se réfugier dans des demeures plus modernes, on remplace les épées par des rapières élégantes et quelques pistolets. Ce changement est donc agréable mais je n’ai pas été pleinement charmée dans ce premier tome où l’ambiance s’installe difficilement. En fait, je tiquais à cause des certaines précisions que je jugeais anodines (comme la définition criminelle du verbe « forcer » et la différence entre le déjeuner, le dîner et le souper au XVIIème siècle) alors que j’aurais aimé avoir des indications sur les fonctions de Templiers, ou encore plus de renseignements sur cette période très riche que je connais pourtant mal. Je voulais un vrai background historique expliqué en long, en large et en travers en fait, j’espère donc y avoir droit dans les tomes suivants…


Si je maîtrise déjà mal l’époque, il est clair que je maîtrise également mal le sujet de Pevel : j’étais intriguée, très curieuse et j’avais hâte d’en savoir plus sur ces étranges protagonistes. Sauf que Les Ombres de Wielstadt est un tome très introductif et beaucoup de questions (une bonne majorité, en fait) restent pour perturber le lecteur. Les révélations à la fin du livre ne concernent que la trame de ce premier tome et n’ont donc pas vraiment répondu à mes attentes…

Cela dit ! Je soulève quand même quelques points positifs, à commencer par la plume qui est fluide, sympathique et je n’ai connu aucun temps mort dans ma lecture. Pevel se débrouille très bien pour gratifier son récit d’une certaine originalité car il ne se contente pas de nous entraîner dans une époque inhabituelle, mais use aussi d’un bestiaire peu exploité dans la Fantasy : les elfes et les nains sont un peu oubliés et ce sont des faunes et une adorable petite fée qui accompagnent Kantz. D’ailleurs, petite mention à Chandelle qui a été le point lumineux (sans jeu de mots) de ce premier tome, distillant un humour agréable dans cette ville sordide.

Les lecteurs reconnaîtront sur cette illustration de Prince Gallant Chandelle et la bougie qui rappelle un fameux passage.

Un avis donc un peu mitigé mais pas du tout refroidi car je compte bien lire le tome deux prochainement et en apprendre plus sur Kantz et ce fameux dragon qui est vraiment au second plan pour ce début (c’est peut-être ce détail qui m’a déçue aussi…).


Malgré un avis assez mitigé du début, les qualités que j’ai reconnues aux Ombres de Wielstadt font que je me suis vite replongée dans l’histoire du Chevalier Kantz, pressée d’en connaître plus.
En ai-je appris plus sur Kantz dans ce second tome ? Assez pour que je ne reste pas sur ma faim et juste ce qu’il faut pour me faire zieuter le dernier tome avec impatience. Quant au dragon que j’attends tant, le mystère reste entier mais enfin, les autres éléments de ce second tome ont réussi à me faire oublier cette présence qui m’obsède m’intéresse car dans Les Masques de Wielstadt, les complots sont si riches que j’ai été totalement happée !

Je reprochais au premier tome d’être trop avare concernant les informations historiques alors qu’ici, j’ai été ravie : les luthériens et les calvinistes apparaissent sur la scène, des guerres fraîches marquent les esprits et, sans vous en dévoiler de trop, des organisations d’époque croisent la route de notre énigmatique protagoniste. L’influence religieuse est nettement plus importante dans Les Masques de Wielstadt et à l’instar du Chevalier Kantz, on fricote un peu plus avec les ombres et l’au-delà, ajoutant une noirceur beaucoup plus prononcée dans cette suite (et oui, c’était possible !).
Donc une véritable plongée en 1623 en compagnie de personnages que j’aie aimé retrouver avec Chandelle à l’honneur, évidemment, car je ne me lasse pas de ce petit grain de lumière et elle réserve bien des surprises, encore une fois !  On se rapproche de quelques personnages à peine croisés dans Les Ombres de Wielstadt et il se trouve que je me suis attachée à Vecht, sa Annerose et même le grand Miseria Rex ! Mais des nouvelles figures s’invitent aussi et ajoutent du piment, car je ne suis pas prête d’oublier Osiander ou la Baronne de Ludehn.

J’ai également été ravie de retrouver la plume de Pevel qui reste toujours aussi maîtrisée et agréable : encore une fois, je ne me suis pas ennuyée et les pages ont filé à bonne allure.


Bon, je n’ai pas (encore) vendu mon âme à monsieur Pevel mais enfin, j’ai nettement préféré ce second tome au premier et Le Chevalier de Wielstadt, dernier tome de cette trilogie, ne passera pas l’été.
(Même si j’avoue que j’ai commencé le premier tome du Paris des Merveilles… Je n’ai pas résisté et la Belle Époque me parle davantage)

Chronique du tome 3 à venir.
J’en profite pour rattacher cette chronique à deux challenges : le premier, celui de la Dark Fantasy, je complète donc mes cinq lectures et je peux même passer au niveau supérieur ♥ Et ensuite, les 170 Idées où j’atteins le compte rond de 30 en validant la vignette n°91.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le premier tome a reçu en 2002 le Lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire.
• Il n’est pas anodin de noter que cette trilogie se passe dans les années 1620 et que la seconde, Les Lames du Cardinal, en 1633 (et non 1933, désolée pour la faute de frappe !) : Pierre Pevel est un grand passionné de l’époque de la Guerre de Trente Ans qui a frappé l’Europe de 1618 à 1648.