vendredi 2 janvier 2015

Un Secret du Docteur Freud, d'Éliette Abécassis,

Vienne, mars 1938. S. Freud et sa fille Ana ont réuni les adhérents de la Société psychanalytique pour une session extraordinaire. Une soixantaine de membres ont répondu présent et se sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois...
Quatrième de couverture par Flammarion.
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« Mais désormais la maison est vide de toutes ces voix qu’il a tant écoutées, qui l’ont inspiré, au point d’en faire son miel et son œuvre. »
Page je-sais-plus, je lai rendu à la bibliothèque...

Je ne vous le cache pas plus longtemps : Sigmund Freud, c’est un peu mon suggar daddy imaginaire. Donc quand j’ai vu le livre à Sauramps, j’ai bondi, je me suis jetée sur le résumé et je ne voulais pas le lâcher. Cependant ! Je suis bien vite redescendue sur Terre : le nom de l’auteur ne me parlait pas, le prix était un peu excessif (comme pour toutes les nouveautés) pour le nombre de pages et une petite recherche via le net s’imposait.
Finalement, après avoir lu quelques avis mitigés, j’ai décidé d’avoir recours à la bibliothèque. Et j’ai bien fait…

La plume d’Abécassis n’est pas désagréable, l’enchaînement des pages non plus et la documentation permet de renseigner efficacement ceux qui veulent en savoir plus sur cette figure de la psychanalyse. Ou d’être renseigné par un livre à tendances pro-freudiennes et je dois reconnaître que, même en ayant énormément de respect pour Freud et son travail, ce point est la raison de mon ressenti assez négatif.
Contrairement à Noir Corbeau où Poe est pleinement (mais fidèlement) revisité, au Meutre aux Chandelles où le fantasme d’Oscar Wilde prend vie sous la plume de Gyles Brandeth, Sigmund Freud est une figure assez pâle dans Un Secret du Docteur Freud. Figure vive, colérique et pesante, Freud devient ici un petit vieillard tranquille et qui se recroqueville, abandonné. Bien sûr que tout homme a ses faiblesses mais je trouvais qu’Abécassis impose trop le statut de victime, du juif persécuté durant la montée du nazisme. Jung devient un salopard, Wilhelm Fliess devient un hargneux bonhomme mais aucun défaut ne vient entacher le pauvre Freud !
La complexité de l’époque demande bien plus que 180 pages de lamentations à propos de trahison et des personnages blancs et noirs qui s’affrontent. Si Jung a accepté de faire un discours comme Goebbels lui a demandé, c’est p’têt que c’est assez difficile de refuser quoique ce soit à un partisan du nazisme qui toque à votre porte et ne vous laisse pas tellement le choix ? Un peu comme Pétain d’ailleurs qu’il faut différencier de Klaus Barbie. Bref, une époque complexe dans le jeu des apparences et des idées personnelles que l’on affichait pas si elles allaient à l’encontre de celles instaurées par le Führer et cette dimension ne semble pas prise en compte dans Un Secret du Docteur Freud.
En clair, je m’attendais à plus d’objectivité et même si j’accroche plus aux théories de Freud que celles de Jung, cette défense excessive m’a gênée. Quant à l’ambiance historique, si elle est installée, elle n’est pas assez complète surtout quand on pense combien cette période est pourtant riche !

Le livre m’a appris quelques anecdotes supplémentaires en plus de mes cours, on sent qu’Éliette Abécassis parle (et sait parler) de la psychologie, mais ce manque d’objectivité m’a complètement refroidi et j’ai du mal à passer au-dessus de cette image d’un Freud sage et indolent, sans réaction. Mon côté psychologie le remporte sur mon côté littéraire.
Je m’attendais plus à quelque chose comme ça…

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• C’est avec l’aide de sa mère, Janine Abécassis, qu’Éliette Abécassis a écrit ce bout de biographie de Freud et car effectivement, étant psychologue clinicienne, elle pouvait diriger sa fille dans tous ces labyrinthes de l’esprit.

jeudi 1 janvier 2015

La Trilogie de Wielstadt, de Pierre Pevel,

Hiver 1620 : après s’être acquitté d’une délicate mission pour l’Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.
Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.
Quatrième de couverture par Pocket.
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Puisque c’est l’invité d’honneur du salon Trolls et Légendes à Mons, il était urgent que je lise enfin du Pierre Pevel, nom bien connu de la Fantasy française. Plutôt que de lire sa populaire trilogie qui reprend (de loin) l’œuvre d’Alexandre Dumas, je me suis essayée à celle de Wielstadt.
Pour éviter l’overdose, je lis chaque tome de cette intégrale séparément : à ce jour, seuls les tome 1 et 2 sont chroniqués. La chronique sera mise-à-jour au fur et à mesure ensuite…

Déjà, il faut reconnaître que lire de la Fantasy dans un décor de cape et d’épée, c’est assez original : on quitte les châteaux forts pour se réfugier dans des demeures plus modernes, on remplace les épées par des rapières élégantes et quelques pistolets. Ce changement est donc agréable mais je n’ai pas été pleinement charmée dans ce premier tome où l’ambiance s’installe difficilement. En fait, je tiquais à cause des certaines précisions que je jugeais anodines (comme la définition criminelle du verbe « forcer » et la différence entre le déjeuner, le dîner et le souper au XVIIème siècle) alors que j’aurais aimé avoir des indications sur les fonctions de Templiers, ou encore plus de renseignements sur cette période très riche que je connais pourtant mal. Je voulais un vrai background historique expliqué en long, en large et en travers en fait, j’espère donc y avoir droit dans les tomes suivants…


Si je maîtrise déjà mal l’époque, il est clair que je maîtrise également mal le sujet de Pevel : j’étais intriguée, très curieuse et j’avais hâte d’en savoir plus sur ces étranges protagonistes. Sauf que Les Ombres de Wielstadt est un tome très introductif et beaucoup de questions (une bonne majorité, en fait) restent pour perturber le lecteur. Les révélations à la fin du livre ne concernent que la trame de ce premier tome et n’ont donc pas vraiment répondu à mes attentes…

Cela dit ! Je soulève quand même quelques points positifs, à commencer par la plume qui est fluide, sympathique et je n’ai connu aucun temps mort dans ma lecture. Pevel se débrouille très bien pour gratifier son récit d’une certaine originalité car il ne se contente pas de nous entraîner dans une époque inhabituelle, mais use aussi d’un bestiaire peu exploité dans la Fantasy : les elfes et les nains sont un peu oubliés et ce sont des faunes et une adorable petite fée qui accompagnent Kantz. D’ailleurs, petite mention à Chandelle qui a été le point lumineux (sans jeu de mots) de ce premier tome, distillant un humour agréable dans cette ville sordide.

Les lecteurs reconnaîtront sur cette illustration de Prince Gallant Chandelle et la bougie qui rappelle un fameux passage.

Un avis donc un peu mitigé mais pas du tout refroidi car je compte bien lire le tome deux prochainement et en apprendre plus sur Kantz et ce fameux dragon qui est vraiment au second plan pour ce début (c’est peut-être ce détail qui m’a déçue aussi…).


Malgré un avis assez mitigé du début, les qualités que j’ai reconnues aux Ombres de Wielstadt font que je me suis vite replongée dans l’histoire du Chevalier Kantz, pressée d’en connaître plus.
En ai-je appris plus sur Kantz dans ce second tome ? Assez pour que je ne reste pas sur ma faim et juste ce qu’il faut pour me faire zieuter le dernier tome avec impatience. Quant au dragon que j’attends tant, le mystère reste entier mais enfin, les autres éléments de ce second tome ont réussi à me faire oublier cette présence qui m’obsède m’intéresse car dans Les Masques de Wielstadt, les complots sont si riches que j’ai été totalement happée !

Je reprochais au premier tome d’être trop avare concernant les informations historiques alors qu’ici, j’ai été ravie : les luthériens et les calvinistes apparaissent sur la scène, des guerres fraîches marquent les esprits et, sans vous en dévoiler de trop, des organisations d’époque croisent la route de notre énigmatique protagoniste. L’influence religieuse est nettement plus importante dans Les Masques de Wielstadt et à l’instar du Chevalier Kantz, on fricote un peu plus avec les ombres et l’au-delà, ajoutant une noirceur beaucoup plus prononcée dans cette suite (et oui, c’était possible !).
Donc une véritable plongée en 1623 en compagnie de personnages que j’aie aimé retrouver avec Chandelle à l’honneur, évidemment, car je ne me lasse pas de ce petit grain de lumière et elle réserve bien des surprises, encore une fois !  On se rapproche de quelques personnages à peine croisés dans Les Ombres de Wielstadt et il se trouve que je me suis attachée à Vecht, sa Annerose et même le grand Miseria Rex ! Mais des nouvelles figures s’invitent aussi et ajoutent du piment, car je ne suis pas prête d’oublier Osiander ou la Baronne de Ludehn.

J’ai également été ravie de retrouver la plume de Pevel qui reste toujours aussi maîtrisée et agréable : encore une fois, je ne me suis pas ennuyée et les pages ont filé à bonne allure.


Bon, je n’ai pas (encore) vendu mon âme à monsieur Pevel mais enfin, j’ai nettement préféré ce second tome au premier et Le Chevalier de Wielstadt, dernier tome de cette trilogie, ne passera pas l’été.
(Même si j’avoue que j’ai commencé le premier tome du Paris des Merveilles… Je n’ai pas résisté et la Belle Époque me parle davantage)

Chronique du tome 3 à venir.
J’en profite pour rattacher cette chronique à deux challenges : le premier, celui de la Dark Fantasy, je complète donc mes cinq lectures et je peux même passer au niveau supérieur ♥ Et ensuite, les 170 Idées où j’atteins le compte rond de 30 en validant la vignette n°91.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le premier tome a reçu en 2002 le Lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire.
• Il n’est pas anodin de noter que cette trilogie se passe dans les années 1620 et que la seconde, Les Lames du Cardinal, en 1633 (et non 1933, désolée pour la faute de frappe !) : Pierre Pevel est un grand passionné de l’époque de la Guerre de Trente Ans qui a frappé l’Europe de 1618 à 1648.

mardi 30 décembre 2014

Top Ten Tuesday [22],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.






Ce mardi, mon thème est...
Les 10 coups de cœur lus en 2014.
(dans l'ordre de lecture)
http://lectures-de-vampire-aigri.blogspot.fr/2014/05/trahisons-et-faux-semblants-de-ludovic.html
Premier coup de cœur de l’année, j’ai eu énormément de mal à rendre Trahisons et Faux-Semblants à la bibliothèque… Bien que classé jeunesse, cette histoire de Dark Fantasy charmera même les plus vieux lecteurs et si vous aimez les mages, les complots sordides et les protagonistes hors du commun, jetez-vous sur ce livre de Rosmorduc !
Emporté durant un voyage en montagne, le Trône de Fer s’est encore une fois très bien marié au décors savoyards et même si je ne l’avais pas fini lors de mon retour, il me suffisait de rouvrir les pages pour sentir à nouveau l’odeur des chalets, le bruit des cloches, la fraîcheur de la neige matinale… Bref, un p’tit bout de bonheur entre les pages qui a forcément influencé mon avis très positif sur ce quatrième tome.
J’ai commencé à lire du Agatha Christie dès le début de l’année mais ce n’est qu’après Mort sur le Nil, Le Crime du Golf et Je ne suis pas Coupable où j’ai clairement commencé à accrocher. Ce n’est pas un coup de cœur livresque comme les autres mais un ressenti globale des aventures de Poirot lues. Forcément, ce n’est pas en 2015 que je vais décrocher !
Et non, Agatha Christie n’a pas détrône pour autant Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes. J’ai relu le tome 2 des éditions Omnibus au début de l’année et j’ai terminé le tome 3 durant l’automne, je peux désormais dire que je suis une Holmésienne qui a lu toutes les nouvelles, tous les romans et je peux les ajouter une dernière fois à un TTT sur les coups de cœur de l’année.
Un pastiche pour l’an prochain, peut-être ?
Le Moine ou comment on peut parler d’un coup de cœur intense. Vous vous souvenez de vos amies au lycée qui vous tannait pour lire Twlilight parce que Edward est beau, parce qu’il y a des sentiments vraies, parce qu’il y a des vampires badass ? Et bien elles avaient des étoiles dans les yeux et la bave au coin des lèvres.
C’est un peu la même chose pour Le Moine et moi (mais j’ai de meilleurs goûts que vos amies du lycée *petit rejet de cheveux en arrière*), parce qu’Ambrosio est un personnage complexe, parce que les retournements de situation m’ont décrochés la mâchoire et le cœur, parce que la fin m’a poignardée et que j’en garde un excellent souvenir. Je l’ai lu durant une période assez difficile et Matthew G. Lewis m’a entraîné très loin dans son livre, me faisant oublier beaucoup de tracas.
Une pure merveille !

Comme j’avais bien accroché au jeu, j’étais curieuse de lire les romans de la saga Sorceleur. Au final, après avoir emporté les deux premiers tomes en vacances et les avoir dévoré (mais dévorer genre, comme une brouxe dévore sans scrupule le cœur d’un jeune puceau romantique), j’ai couru dans ma librairie à mon retour et j’ai laissé un énorme trou dans le rayon Fantasy : tin-tiiiin, les tomes 3 à 7 du Sorceleur avaient été kidnappés ! Je commence d’ailleurs le tome 4 dans peu de temps, je ne résiste pas~
Et voilà le dernier coup de cœur en date : une histoire de fantômes irréels dans une Écosse reculée et brumeuse narrée par une Irlandaise des rues qui n’a pas la langue dans sa poche ! La Servante Insoumise est une excellente surprise et mérite sa place de Coup de Cœur 2014 pour clore ce TTT.


Les chiffres ne sont pas très clairs, mais globalement, j’arrive bien à une dizaine de coups de cœur pour 2014. Ce fût donc une année très plaisante en lectures et je n’ai pas à me plaindre. Alors certes, j’accumule les challenges mais au moins, je les termine et ce sont eux qui me permettent ces excellentes découvertes, mine de rien !
L’année a été positive pour vous aussi ?

mardi 2 décembre 2014

Top Ten Tuesday [21],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.






Ce mardi, le thème est...
Les 10 (ou 7, ce sera déjà bien) livres que je souhaite voir sous le sapin.
Puisque j’ai déjà des pastiches de Sherlock Holmes, il faut bien qu’Hercule Poirot soit à l’honneur aussi. D’autant plus que les critiques, jusqu’à maintenant, sont très positives et que le résumé est assez intriguant. J’espère que Sophie Hannah s’est mieux débrouillée que certains de ses compères holmésiens, maintenant...
Honnêtement, je n’ai même pas honte de vouloir ce livre. Oui, c’est du bonus, de l’inutile et de ce que j’ai saisi, ces pages réunissent des citations qui sont tirées déjà de la saga. Mais je suis faible et George R. R. Martin pourrait me faire avaler que les licornes vertes existent, je dirais avec sincérité « Ok, George, je te crois sur parole, pas la peine de me montrer ton Doctorat en Licornes. ». 
Sans compter que je voue une admiration sans limite pour Tyrion Lannister.
Si le médiéval et le victorien me jettent des étoiles dans les yeux, l’époque des deux guerres mondiales n’a jamais réussi à me captiver. Quand j’étudiais cette période, j’avais une très mauvaise prof’ d’Histoire qui se contentait de nous passer des vidéos et parlait sans la moindre passion. Au final, elle ne m’a jamais donné envie de connaître cette première moitié du XXème siècle.
Bien entendu, j’ai vu des films tels que La Liste de Schindler ou Le Garçon au Pyjama Rayé, je ne suis pas insensible au drame d’Oradour-sur-Glane ou d’Auschwitz. Mais sans avoir jamais eu le déclic historique.
Jusqu’à il y a quelques mois, pour je-ne-sais-quelle-raison, j’ai été happée par les années 39-45. Mais plutôt que de partir au front, je reste dans les villages où les citoyens ont aussi peur que les soldats. Je m’intéresse autant aux français qui vivent difficilement à Paris durant l’Occupation qu’aux allemands qui sont déchirés par l’état de leur pays.
J’ai commencé à lire Seul à Berlin et c’est un début excellent qui m’encourage dans ma lecture, j’espère donc recevoir Deux dans Berlin pour continuer à satisfaire cette nouvelle lubie car, quoique sordide, cette époque est incroyablement riche en psychologie.
Aperçu tout à fait par hasard dans ma librairie favorite, j’ai été attirée par cette belle couverture et je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un large sourire en voyant le nom de l’auteure ! J’avais adoré Notre-Dame aux Écailles et pourtant, je n’ai rien lu de Mélanie Fazi depuis… Avoir Le Jardin des Silences serait l’occasion de me remettre à jour dans les nouvelles de cette talentueuse artiste.
Maintenant que j’ai lu Druide, il serait temps que j’attaque la saga que mijote Oliver Peru. J’aime commencer des sagas quand la suite est déjà sortie et puisque le tome 2 de Martyrs a fait son entrée en librairie depuis peu, je suis tentée de commencer le premier tome.
Je n’avais jamais entendu parler de Mary Elizabeth Braddon jusqu’à il y a quelques mois. Et pourtant, cette auteure est considérée comme l’Agatha Christie du XIXème siècle, l’homologue féminin de W. Wilkie Collins et pour mon plus grand malheur, je n’ai toujours pas trouvé ses romans qui m’intéressaient le plus… Lady Lisle est celui qui m’a vraiment tapé dans l’œil, mais je pense que je vais devoir passer par internet pour pouvoir le lire.
À la bibliothèque, mon regard a été attiré (et c’est bien le mot) par ce titre austère. Intriguée, j’ai préféré fouiller sur le net pour avoir davantage d’informations sur l’œuvre d’Hoffmann. Autant dire que depuis que j’ai lu que Les Élixirs sur Diable était le pendant allemand du Moine, je n’ai plus qu’une idée en tête : lire cette œuvre en espérant qu’elle pourra me transporter comme Matthew G. Lewis l’a fait avec son terrible frère Ambrosio.
Et vous ? Vous avez fouillé dans la hôte du père Noël ? Vous savez quels livres vous voulez découvrir au pied du sapin ?

dimanche 30 novembre 2014

Bilan Mensuel : Novembre 2014 [28]


Mon dos se remet lentement mais sûrement et je serai peut-être capable porter la hôte du Père Noël pour Décembre. Quoique mon but est quand même de redevenir plus active dans mon domaine et de partager davantage de chroniques !
Voici celles disponibles qui concernent mes lectures du mois :

Quant à mes achats, il fallait bien que je me montre raisonnable... Sauf pour une exception qui me fait envie depuis trop longtemps, tant pis pour J’ai Lu, je me tournerai vers Pygmalion pour la saga du Trône de Fer désormais :

Je boucle ce mois-ci deux challenges, celui de l’Écosse qui se termine demain et celui de Sherlock Holmes même si le post sur le blog de Filipa n’existe plus... M’en fiche ! J’ai quand même vaincu ! Il ne me reste plus qu’à terminer les autres challenges mais j’ai encore du temps. Et peut-être à céder pour certains ?

J’en profite pour vous faire une jolie annonce aussi : au mois de Mai 2013 (j’ai fouillé dans les bilans), je vous expliquais que l’écriture était une grande passion chez moi et que je m’attelais sérieusement à une aventure qui connaîtra un jour, je l’espère, son public. Me sentant plus ou moins prête à vous partager des éléments, j’ai décidé d’ouvrir une page Facebook avec son titre provisoire "Quand les Loups hurlent". 
J’espère vous embarquer d’ici quelques mois dans les premiers chapitres (qui seront gratuits) où se mêlent des lycanthropes, une sorcière blanche, un roi solitaire, des Nains disparus, un Dieu Forgeron et d’autres éléments.
Quant à la suite de l’histoire, je compte la mettre en ligne pour 1€, j’y réfléchis encore... À part bien sûr pour ceux qui se proposent comme premiers lecteurs, correcteurs.
Croyez-moi, sensible comme je suis, chaque encouragement comptera énormément pour moi. Cela dit, rassurez-vous : je garde mon rôle de chroniqueuse car comme dit Stephen King, un auteur écrit beaucoup et lit aussi beaucoup~


Sur ce, bon mois de Décembre à tous ! Courage à ceux qui passent leurs examens, courage à ceux qui croulent sous les achats et courage à ceux qui endurent rhume, fièvre ou je-ne-sais-quelle-bêtise-du-froid.
Survivez au moins jusqu’aux cadeaux !

Mademoiselle Else, d'Arthur Schnitzler

Mademoiselle Else ou le soliloque tragique d’une femme piégée par les oscillations de l’âme. A travers les mots et les errances désespérées de son personnage, Schnitzler brosse le tableau exemplaire des fascinants déchirements de la morale viennoise au tournant de la modernité, valse – hésitation entre désir et devoir, entre fantasmes de prostitution et rêves de continence. 
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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Après Madame Bovary, je vous présente une autre bonne surprise dans une version plus jeune avec Mademoiselle Else, une Bovary à l’autrichienne. Plus court et dans un format bien différent, je me sentais obligée de sélectionner les résumés car certains en dévoilent beaucoup trop.

Déjà, la nouvelle aborde un format nouveau à cette époque et assez étrange qui ne plaît pas à tous les publics : le monologue intérieur. Les dialogues ne sont entendus que d’un seul point de vue, les événements sont aperçus à travers les yeux de cette demoiselle qui nous partage, sans le savoir, ses pensées les plus enfouies. Journal intime oral, confessions du moment, le lecteur est emporté sur ses divagations de jeune femme perdue comme un canoë l’est par des torrents troubles. Le rythme est quelques fois répétitifs mais il est rapide, cinglant et cette nouvelle cache en fait un véritable tourbillon !
Délirante, décalée, drôle malgré elle et tragique, je me suis attachée à cette petite demoiselle Else, figure féminine un peu hystérique et prétentieuse mais attachante, les lectrices se reconnaîtront certainement dans quelques parcelles de cette autrichienne qui croque la vie et fonctionne en accéléré.
Amusant et pourtant profondément tragique, Else préfère rire que pleurer, elle préfère se battre plutôt que de s’enterrer, oser plutôt que se cacher. Mais qui n’a pas rêvé faire des miracles ? Qui ne se construit pas les scénarios les plus délirants sans parvenir à les accomplir ? Else est profondément humaine et est exposée avec ses défauts que l’on partage tous sans se l’avouer.
Les personnages secondaires ne sont malheureusement pas creusés, j’aurais volontiers lu d’autres monologues pensés par Fred, Paul mais surtout le vieux von Dorsday qui démontre autant de défauts humains mais réalistes que la jeune Else. [spoiler concernant la fin] La fin est donc assez frustrante puisque jamais on apprendra la réaction de l’entourage d’Else, ce que penseront ses parents,von Dorsday... Mais après tout, morte, Else non plus ne saura jamais comment se déroulera son enterrement et nous emporte dans son sort malheureux. [/spoiler concernant la fin]

L'auteur qui risque de
rejoindre mes chouchous.
Très psychologique, Arthur Schnitzler a entretenu une longue correspondance avec le célèbre Sigmund Freud qui le voyait comme son doppelgänger (et effectivement, ils se ressemblent étrangement !) et Schnitzler fut même un des premiers lecteurs de L’Interprétation des Rêves. On reconnaît des concepts freudiens et surtout, la même audace que le psychanalyste pour aborder des notions sexuelles chez un esprit si jeune. Mais Schnitzler le fait sans perversité mais plutôt pour disséquer l’âme d’une jeune fille qui passe d’un stade prude à une sorte de liberté dissimulée sans connaître le vrai acte en lui-même, ne connaissant que les flirts innocents.

Si le style m’a quelque peu terrifié au début, j’avoue que je ressors conquise de Mademoiselle Else. Le cœur un peu serré pour cette demoiselle, pour le vieux bonhomme Dorsday et surtout, son auteur talentueux et perspicace mais pourtant durement critiqué à son époque.
Curieux, si vous avez une après-midi de libre, n’hésitez pas à faire connaissance avec Mademoiselle Else et de découvrir un des premiers monologues internes de la littérature autrichienne.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Une anecdote assez tragique et perturbante sur la vie privée d’Arthur Schnitzler qui coïncide étrangement avec la fin de son roman : [spoiler sur le dénouement de Mademoiselle Else] sa fille, Lili, s’est suicidée en 1930, à 18 ans. Selon les témoignages du père lui-même, Lili avait laissé une note qui disait « qu’elle ne voulait pas mourir ». Une triste fin qui ressemble à celle d’Else écrit six ans auparavant. On s’en doute : l’auteur ne s’est jamais remis totalement de ce décès et aurait reçu par la suite des lettres l’accusant d’être responsable, qu’avec l’éduction donnée à Lili, elle finirait forcément comme ça. Arthur Schnitzler meurt finalement en 1931. [/spoiler sur le dénouement de Mademoiselle Else]
• Les thèmes abordés sont vus comme « assez tabous » (encore aujourd’hui, peu d’auteurs oseraient écrire sur la confrontation entre une jeune fille ignorante et un vieil homme qui fantasme sur elle) et beaucoup d’œuvres de Schnitzler ont été détruites par les nazis qui allaient jusqu’à interdire les représentations de ses pièces de théâtre.

Madame Bovary, de Gustave Flaubert,

Une jeune femme romanesque qui s’était construit un monde romantiquement rêvé tente d’échapper à l’ennui de sa province, à la médiocrité de son mariage et à la platitude de sa vie. Mais quand Flaubert publie Madame Bovary, en 1857, toute la nouveauté du roman réside dans le contraste entre un art si hautement accompli et la peinture d’un univers si ordinaire.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche, Classiques.
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« Pauvre petite femme ! Ça bâille après l’amour, comme une carpe après l’eau sur une table de cuisine. »
P. 225
[Le 12 Décembre 2011, Google fêtait le 190ème anniversaire de Gustave Flaubert avec cette jolie bannière]

En voilà un livre bien mal aimé ! En voilà un personnage bien méprisé !
On m’avait souvent parlé du style assommant de Flaubert, de son héroïne exécrable, de ses passages longuets… Tant de critiques sévères qui m’ont refroidi durant le lycée, achevant de me désintéresser totalement de Madame Bovary. Toutefois, si je ne serai pas l’avocate d’Emma Bovary, je serai en tout cas celle de Flaubert maintenant que j’ai refermé le livre.

Je ne peux pas le nier : Gustave Flaubert, comme bon nombre d’auteurs de son époque, s’attarde sur des détails qui nous semblent complètement dérisoires pour notre génération du XXIème siècle habituée au rapide et concret. Il y raconte les différents modèles de voiture, la médecine et son enseignement des 1860 à 1892, des oppositions entre les gens de campagne et ceux de la ville… Sauf que certains ne l’ignorent pas : le XIXème siècle est une véritable passion chez moi et les nombreux détails ne m’ont absolument pas dérangés. Madame Bovary n’est pas seulement un roman qui nous ramène en arrière, c’est un étrange manuel à la fois sociologique, mécanique et historique de l’époque, à tel point que j’ai gardé certaine notes et j’espère pouvoir les réutiliser.
Quant au style, je suis déjà venue à bout de classiques riches en descriptions et Madame Bovary n’est pas le pire d’entre eux, malgré les avis que j’ai entendus. La plume de Flaubert aide beaucoup sur ce point car on sent un certain talent dans la narration, une passion pour les mots. Et puis, on se souviendra tous de la comparaison entre l’ennuyeux Charles Bovary et un trottoir. Pauvre gars…

Mort de Madame Bovary (1883) par Albert Fourié.

D’ailleurs, les reproches visent majoritairement les personnages, galerie peu glamour où les défauts et les mauvaises conduites s’accumulent, à commencer par la fameuse Emma Bovary. Non, je ne peux pas dire que j’ai aimé Madame Bovary, mais je ne peux pas dire non plus que je l’ai détestée : certes elle est capricieuse, infidèle, prétentieuse, égoïste… Mais Emma est surtout malade et j’ai été agréablement surprise de voir une hystérique aussi bien représentée dans une œuvre fictive et malgré tout, sa mort m’a fait beaucoup de peine (Ouais, je spoil un peu, mais ce livre est tellement connu qu’on ne dissimule plus le rôle joué par l’arsenic dans la dernière partie).
Je n’idolâtre pas non plus ses compères. En revanche, c’est la richesse d’un personnage que j’aime juger, pas si j’aimerais l’avoir dans mes contacts Facebook. Plus que Rodolphe Boulanger, j’ai été surprise par l’évolution de Léon Dupuis qui offre des images très paradoxales et intéressantes. On sort du roman à l’eau de rose et on a une vision plus ou moins véridique de l’amour adultère, Flaubert dissèque avec réalisme ce genre d’aventures qui connaissent rarement de belles fins (surtout à cette époque).
Malgré son côté benêt, j’ai été véritablement touchée par Charles Bovary, ce pauvre gars balourd, gauche et qui voue un culte naïf à sa femme qui passe les trois quarts de son temps à le rabaisser. C’est « l’idiot du roman » mais son importance ne peut pas être balayée et j’ai eu beaucoup de considération pour ce personnage.
Je n’oublie évidemment pas Homais, le phare éclatant, si éclatant qu’il en devient aveuglant, agaçant. Le personnage si emmerdant qu’il en devient drôle et si représentatif de la fausse bourgeoisie de cette époque. Il connaît d’ailleurs une conclusion où j’ai beaucoup ricané avec des côtés assez burlesques.
Bref, une galerie bien complète qui ne séduira que grâce à ses défauts et non avec ses charmes.

« Elle eut dans ce temps-là le culte de Marie Stuart, et des vénérations enthousiastes à l’endroit des femmes illustres ou infortunées. Jeanne d’Arc, Héloïse, Agnès Sorel, la belle Ferronière et Clémence Isaure, pour elle, se détachaient comme des comètes sur l’immensité ténébreuse de l’histoire [...]. »
P. 101

C’est dommage que j’ai tant tardé à lire ce roman mais c’est maintenant chose faîte et le jour où je tomberais dans une conversation concernant Madame Bovary, je pourrais défendre ce classique noir avec des arguments. Homais a écrit sur une tombe « Sta viator, amabilem conjugem calcas ». À mon tour, j’inscris sur ma chronique « Sta viator, amabilem librum occurris ».

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Avant la publication en librairie de Madame Bovary, Gustave Flaubert a été jugé pour des « écrits immoraux » et de nombreux passages ont été supprimés (il suffit de taper Madame Bovary scène du fiacre). Certaines éditions, comme celle du Livre de Poche, propose des versions complètes et ajoutent des annotations pour préciser quel passage avait été supprimé.
• Quand je dis que Madame Bovary est complet en anecdotes victoriennes, il suffit de voir toutes les références à la Monarchie de Juillet (dur de ne pas comparer la déchéance d’Emma Bovary avec cette petite monarchie vouée à l’échec, au passage), la page 66 est recouverte d’anecdotes sur la médecine (Gustave Flaubert est après tout un fils de médecin), les notes de la page 85 nous présentent les différents types de véhicule, etc.